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Cancun, tel que ça AURAIT DU être.

Au début ça a commencé un peu comme dans cet épisode de l’EXCELLENT « BREF ».

Sauf que moi finalement, je suis parti, vers ces territoires sauvages et (plein de) vierges d’une péninsule qui pue l’aventure à plein nez : le Yucatan.

J’aurais pu dire « Mexique » mais ça l’f’rait moins. J’aurais même du parler du « Quintana Roo » vu que c’est dans cet Etat là que je me suis retrouvé dans un sale état : afin de célébrer le sex, le drug et le alcohol, dans la cité des rêves, THE place to be, j’ai nommé… CANCUN et ses orgies de la springbreak !! …qui ont généralement lieu à « springbreak », c’est-à-dire début mars et non début juin, date de mon arrivée là-bas.

Aussi m’attendais-je à ce que la fête soit un tout petit moins intense que sur youtube, où 300 filles aux seins nues se savonnent les unes les autres, tirant la langue de côté, pareil à de bondissants labradors qui s’élanceraient contre le vent… (Muses ! Mais Muuuuses ! Ne me laisserez-vous donc jamais en paix ?!?) Pas grave : elles pouvaient n’être qu’une petite trentaine, je m’en contenterais. Or, à mon arrivée, j’ai du constater qu’elles n’étaient pas loin de zéro : Cancun down town, une petite ville toute morte.

Bon, il y avait bien un concours de chant pour les lycéens de la région mais pas exactement ce à quoi je m’attendais. Merde alors ! En serais-je réduit à faire du tourisme culturel ??

Arrivé tard, en bus depuis l’aéroport, j’errais dans les rues en demandant à qui voulait l’entendre : « Perro, dondé esta la fiesta !? ». Une aventure qui se termina dans une auberge un peu puceuse, mais qui ne devait pas le rester : mon coloc’ d’un soir ayant réclamé qu’on désinsectise le dortoir… ou comment tuer l’aventure avant même qu’elle ait commencée !

Etrange ce coloc’, décidément. Levé aux aurores, le lendemain matin (par opposition à « levé aux aurores, au beau milieu de la nuit » et « levé aux aurores, le surlendemain matin »), je m’étonnais que mon coloc’ traine au lit. Il y avait tant à voir ! Mais lui tripotait toujours son ordinateur lorsque je décidais de partir en quête de « la gran fiesta ».

C’est ce faisant que je découvris qu’à Cancun, il y a deux Cancun : le « downtown » où j’avais passé la nuit, et le « hôtel center » où chaque printemps des milliers de jeunes Américains viennent perdre la raison et leur virginité. Je me dirigeais vers ce second Cancun, en demandant « la plage ». Grossière erreur ! Le chauffeur, qui m’avait mal compris, me fit descendre à la plage : un coin sympa, peuplé d’aimables locaux… Quid de la téquila, des gros seins et du vomi ? Je repris le bus dard-dard sur la piste de l’aventure Cancunienne et arrivai, quelques minutes plus tard devant la vraie plage, celle réservée aux touristes gringos.

La plage ne se voit pas tout de suite, étant entièrement séparée de la route par une gigantesque (elle s’étend sur plusieurs kilomètres) rangée d’hôtels construits toute en finesse dans ce matériau qui sied si bien aux paysages des Caraïbes : le béton.

Les hôtels forment une barrière de 40 mètres de haut qui empêche l’accès à la plage… Eh oui car, voyez-vous, au Mexique toutes les plages sont publiques : donc tout le monde peut y accéder. Comment donc empêcher les méchants locaux de se mélanger aux gentils touristes ? En construisant solidaire : bien compact, les uns contre les autres. Du coup pour accéder à la plage il faut passer par la réception, où se taper des kilomètres aller-retour en longeant la côte. Ouf ! Les gringos sont protégés !

Ils peuvent donc ne rien faire à loisir, comme j’ai eu l’occasion de l’observer moi-même. Ayant plutôt le look gringo que mexicain, je suis passé par la réception sans problème : en mettant la main dans mon short… non pour assouvir une de ces envies subites qui vous prend parfois, chers lecteurs, lorsque vous lisez ma prose, mais pour dissimuler mon poigné. En effet, tous les joyeux membres de la rangée d’hôtels y portent des bracelets de couleur qui indiquent le prix qu’ils ont payé, ce qu’ils ont droit de boire au bar, s’ils sont riches, pauvre ou si tu peux les insulter.

Et là que vis-je de l’autre côté de la muraille en béton ?? La mer. Bleue turquoise avec sable blanc. Tout en ligne droite, pas de dunes : juste les escaliers des hôtels, leurs piscines et leurs bars flottants, remplis à craquer d’obèses bronzés à la denture impeccable.

Je repensais à ce que j’avais lu dans mon guide (le « Lonely Planet » pour cette fois), au sujet de « Playa del Carmen », la station balnéaire d’à côté : « C’est le coin des Européens en pleine forme ! », lisait-on, d’où un esprit plus vif que le mien aurait pu conclure : « A Cancun, c’est la bourrelets party… ».

Malgré tout le matos mis à leur disposition (terrain de volley, de foot, jeux d’échecs géants, etc.) les gringos étaient plutôt mous. Il était pourtant midi passé. Mais qui, que, quoi, dont, où rendait donc les touristes amorphes en ce joli coin du globe ? J’allais le découvrir bientôt.

Cancun, tel que c’était…

Cancun y la Gran Fiesta

Après cette introduction de dix mètres de long vous l’aurez compris : si je suis venu au Yucatan c’est avant tout pour voir les pyramides. Néanmoins je ne pouvais pas ne pas vivre l’aventure de ce que c’est que de faire la fête à Cancun. Défi relevé ! Voyageant seul, je décidai de m’inscrire pour un « bar crawl » (barathlon) « convivial » où j’allais me faire mes meilleurs amis de la vie, disait l’annonce, et essayer tout plein de bars mieux qu’à Las Vegas. Rendez-vous sur place à 22h. Bon.

Surprise, à l’évidence Cancun n’est pas comme je me l’imaginais : l’endroit est extrêmement petit. Je parle du Cancun côté fête, qui peut se résumer à :

1-      Une grande bande de plage étroite et toute droite coincée entre la mer azure et d’énormes hôtels piscineux-luxueux où il y a des fêtes de jour durant la haute saison.

2-      Même pas un « quartier », au bout de la route qui longe les hôtels : à peine deux rues qui se croisent de bars/boîtes branchées avec des animations paraît-il spectaculaires.

Je pense qu’il faut être complètement bourré pour trouver ça bien, et justement on n’était pas là pour rester sobre, ai-je compris en rejoignant une quinzaine d’anglo-saxons au « Congo Bar » (ça les fait marrer que je les appelle des anglo-saxons tellement ils n’ont pas conscience de leur anglo-saxonisme).

Harold, flirtant avec la cinquantaine, était là avec sa femme et sa belle-sœur. Il m’a expliqué que ce n’était pas la première fois qu’il venait, ce que j’avais compris tout de suite. La plupart des mes 15 compagnons étaient des couples brûlant de se remémorer leurs printemps passés, semble-t-il, qui partageaient des shots quand je suis arrivé. Il y avait aussi l’organisateur, mexicain, qui était là pour gérer notre bien-être (pas notre santé) en nous facilitant l’accès aux services du bar.

L’endroit n’était pas bien rempli mais tout le monde avait l’air bien à fond pour faire semblant de s’amuser. La musique cassait des chaises, et de temps en temps on nous faisait pleuvoir des confettis dessus qu’un petit mexicain venait ramasser discrètement avec son p’tit balais. Quand il avait fini on recevait des confettis à nouveau : la magie du recyclage. « Et t’as pas tout vu ! » m’avertit nt Harold « bientôt va y avoir les ballons ! ».

Et effectivement, peu de temps après on nous distribua des ballons, de ces longs ballons de baudruche qu’on peut plier pour faire des formes et qu’Harold et ses amis transformèrent immédiatement en bite : pour le plus grand plaisir des Mexicains qui espéraient bien gagner un pourboire en trouvant ça très drôle.

Ceci dit, je préfère prévenir tout de suite en me relisant : j’ai l’air de critiquer comme ça mais j’ai fait exactement pareil que tout le monde (bon, j’avoue : j’ai pas réussi à faire une bite avec mon ballon…) et je comprends parfaitement qu’on puisse s’amuser de la sorte. C’est peut-être même mon truc, dans une certaine mesure. Ca n’empêche pas d’être critique.

Et puis après quoi donc ? On a fait un tour à la queue-leu-leu en se faisant verser des alcools non-identifiés direct en bouche par une nana du bar montée sur un escabeau. Et puis on a changé de bar, parce que c’était un bar crawl quand même : on n’avait pas le temps de s’attarder.

Quand j’ai voulu passer par les toilettes du second bar, le monsieur pipi m’a accueilli en anglais ou en espagnol, je sais plus, mais c’était pas la langue que je m’attendais à parler à ce moment là (excusez-moi du peu). J’ai donc répondu « Yes ? » (ou « Si ? ») pour savoir ce qu’il voulait, ce qu’il a du prendre pour un consentement… Oui mais à quoi ? Il a bondi de sa chaise pour m’ouvrir la porte des toilettes, lui m’attendant à l’intérieur : une attitude que mon instinct d’aventurier associe généralement au danger. Son geste répétitif du doigt gauche sur sa narine gauche ne me disait rien qui vaille : on ne m’avait jamais encore proposé de me moucher avec autant d’insistance.

Retour illico à la fête et à de vrais moyens légaux et bons pour la santé de s’amuser : téquila-vodka-curaçao et cie. Et puis il fallut bouger, encore, pour une autre boîte… C’est ça la vie d’aventurier.

Cette nouvelle boîte était sous-peuplée de jeunes Mexicains venus fêter leurs dix-huit ans. Il y avait aussi des gringos du même âge, chemise ouverte sur leurs torses soigneusement épilés où se dessinaient des muscles débutants… Ahlala ! Ca m’a rappelé ma jeunesse, il y a deux ans ! Je me suis senti tout à fait à ma place, ce qui est sacrément balèze pour un type de trente et un ans.

Bref, au matin, fourbu et brocouille, je me suis traîné dans un bus en m’endormant, la bouche grande ouverte entre les cahots… Tandis que la jeunesse continuait sa soirée par papotages et récits, la mienne se finissait par le sommeil. Demandant à des jeunes où était mon arrêt, je m’indignai qu’ils me vouvoient. Et je leur posai la pathétique question… :

–          Mais pourquoi vous me vouvoyez ?

…à laquelle ils eurent le tact de répondre : « Euh… On sait pas… comme ça ! », plutôt que : « Ben parce que t’es vieux ! ».

Les braves petits.

Ah, la casquette à hélices ! Que celui qui n’en a jamais porté me jette la première pièce !

N’empêche que si j’avais pas eu le décalage horaire dans les pattes, je doute qu’ils eussent pu débusquer le vieillard en moi ! Après tout : je passe mon temps à jouer ou à étudier, je mange de la merde et j’habite chez mes parents 6 mois sur 12, je suis comme eux ! Prochaine étape : m’acheter une casquette à hélices afin d’éviter les malentendus.

Mais en attendant, et après cette aventure cancunienne je suis allé m’intéresser à des trucs de mon âge : comme les pyramides mayas par exemple, et des mecs morts depuis 500 ans.

A lire bientôt, sur l’EXCELLENT Nabolo-blog ! (pensez à partager mes articles sur facebook sinon je vous sacrifie tous à Quetzalcoatl)

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