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Je + écris.

J’écris.

J’écris !! Putain ça faisait longtemps !

Mais trève de sensibleries, je sais que vous ne lisez pas VRAIMENT ce blog par goût pour ma littérature : ce que vous voulez c’est du sexe et des femmes à poils… encore… et encore… Mais pourquoi mon Dieu, pourquoi TOUJOURS vouloir des femmes à poils alors que celles sans poils sont bien aussi ?! Heureusement que mes lectrices sont là pour relever le niveau : je ne les oublie pas et il y aura des sacs à mains et des aiguilles à tricoter plein cet article puisque je vous y raconte…

…Mon été 2013 en gros

Alors cet été en gros j’ai :

– appris à jouer au badminton

– rebossé en Suisse pour le festival de Jazz de Montreux (et je me suis aperçu que j’avais raison en prétendant qu’une aventure est moins aventuresque lorsqu’on la vit deux fois)(notez le soin que je prends de vérifier tout ce que je raconte sur le terrain, même les choses les plus évidentes).

– célébré un mariage en tant que prêtre

– rebossé pour la compagnie « Sac à mains et Aiguilles à tricoter » (nom censuré pour des raisons politiques), dans un summercamp en tant que moniteur de colo (c’était en Angleterre cette fois, j’y ai donc nécessairement vécu moins de péripéties qu’à Malte)

– voyagé dans le far-east : Slovaquie, Autriche, Slovénie, Italie et Irlande

– vécu l’aventure d’être un hippie dans un camp hippie

Je vais pas tout vous raconter : notamment pas mes aventures en Suisse et en Angleterre qui sont trop semblables à celles de l’an dernier. Je vous parlerai de l’aventure d’être un hippie et d’être prêtre dans un article à part… accrochez-vous donc, voici l’aventure de voyager dans le far-east.

Voyage dans le far-east

Le far-east, c’est cette région du monde peuplée de pays aux noms compliqués que tu dois apprendre par cœur si tu tiens à avoir une mention au BAC mais sinon c’est bon. Et pourtant, certains de ces pays sont des pays européens, comme la Slovénie, ou la Slovaquie, je crois.

Mais si même le président de la plus influente nation du monde les a confondus (Georges W. Bush), qui suis-je pour douter qu’ils soient confondisibles ? En effet, ne pas confondre la Slovénie et la Slovaquie serait sacrément prétentieux, et j’ai mis un point d’honneur à rester modeste pendant des années… Tout a basculé depuis que j’y m’y suis rendu.

La Slovaquie

La Slovaquie, c’est le bout de droite de l’ancienne « Tchéco-slovaquie » : c’est mon truc à moi pour me rappeler quoi c’est. Quand le doute m’habite je pense « Tchéco-slovénie ? Mais non, Tchéco-SLOVAQUIE ! » et tout rentre dans l’ordre. Bien sûr, si nous parlions de la Slovénie et de la Slovaquie au café du coin, on ferait semblant de savoir qui que quoi dont où mais, entre nous, sur ce blog, on peut bien le dire : on n’a fichtre pas idée de quoi c’est quoi.

Et pourquoi cela ? Serait-ce du au timide éclat culturel de ces pays sur l’histoire de l’humanité ? Peut-on blamer les Slovaques et les Slovènes d’avoir produit moins de génies et de talents que notre mère patrie, la belle, la grande, la franche, la France ? Bien sûr que non ! Ou alors juste pour rigoler.

Bon alors pourquoi je suis allé là-bas déjà ? Eh bien c’est pour me rendre dans le « camp de hippies » que j’évoquais tout à l’heure et dont je vous parlerai plus tard plus en détail. Le camp étant censé se tenir dans le sud autrichien, j’ai jugé à propos d’aterrir à Bratislava pour rendre visite à ma colocataire qui habite Vienne, avant d’aller dans ce fameux camp puis de partir pour Venise en passant par la Slovénie. Ca c’était le programme.

Bratislava est un joli petit visage défiguré par une grosse méchante route soviétique et centrale où il ne se passe pas grand chose le dimanche.

Le lundi midi, après m’être fait expliqué par une guide locale que beaucoup de choses qui se sont passées ou ont été inventées ailleurs ont en fait été initiées ici (= le discours classique du petit complexé), et non sans avoir subi de nombreuses critiques quant à l’attitude de Napoléon lors de la prise de la ville, j’ai quitté cette terre moyennement hospitalière, ennuyeuse mais jolie, pour me rendre à Vienne.

L’Autriche

L’Autriche, avant, s’appelait l’empire « Austro-hongrois ». Mais suite à des alliances hasardeuses (contre la France) et des ambitions contestables (nuisibles à la France), l’Empire austro-hongrois se cache la tête dans le trou et change de pseudonyme en conséquence (rires). Aujourd’hui donc, l’Autriche est un pays officiellement neutre qui accueille un tas d’organismes internationaux. C’est aussi un pays petit, avec peu de population : une neuzaine de millions en gros; c’est à dire qu’il y a autant d’habitants à Bombay que trois fois la population autrichienne mondiale !!!

Cette comparaison me choque particulièrement parce que dans mon imaginaire (= ma collection d’images mentales) l’Autriche est un pays extrêmement prestigieux.

Plein de types célèbres étaient autrichiens: Mozart, Marie-Antoinette, Kant, Freud, Hitler (mais pour le prestige c’est bof) et Anne d’Autriche elle-même, la mère de notre glorieux roi soleil était d’Autriche, ce qui fait que Louis XIV aurait pu être moitié autrichien si Anne n’avait surtout été espagnole, d’après l’état de l’étendue de mes connaissance actuelles du moment sur les Habsbourgs, que je connais plutôt pas mal, bien que je ne m’y sois jamais rendu.

Petite parenthèse historique :

Le roi soleil était à moitié espagnol (ça fait un choc) + Notez que si on s’attarde trop sur la généalogie des souverains européens on tend à conclure que des siècles de guerres et de glorieuses batailles ne sont en fait qu’une série de disputes entre cousins qui se tuent leurs gens par gens interposés… et ce terrible constat sur l’inutilité réelle des nations blesse mon coeur de patriote, évidemment.

J’en étais où ? Ah oui, Vienne !

Ben franchement, coup de coeur Vienne ! Superbe ville, pas trop grande, des jardins, des statues, des monuments, de la culture, de l’histoire… que demande le peuple ? Eh bien qu’il mange de la brioche.

A Vienne j’ai été accueilli par mon ex-coloc viennoise, douce comme du beurre, super bonne et dorée au four: une véritable viennoiserie vivante !!! (? ça c’est de la littérature). J’ai passé quelques jours dans sa famille, en plus d’expéditions ponctuelles vers les quartiers historiques j’ai donc eu l’opportunité de faire du pédalo sur le Danube au soleil couchant tout en jetant de jeunes indigènes (les petits frères de ma coloc) par dessus bord. C’était top.

A part ça j’ai révisé mon allemand et j’ai parlé de Jésus, beaucoup. Mon amie et sa famille étant très chrétiennes j’ai même commencé à lire la bible. Je ne viens pas d’une famille trop beaucoup spirituelle et je me suis enthousiasmé à l’idée de découvrir cette religion par le truchement d’une autrichienne. Un soir je lui ai même proposé de regarder l’EXCELLENT « La vie de Brian » des Monthy Python, presqu’en même temps qu’elle-même me proposait de voir « La Passion » de Mel Gibson (enfin celle du Christ, mais directed by Mel Gibson).

C’était cool. J’ai réussi à faire plein de ponts entre ma sensibilité personnelle et le message de Jésus tout ça, mais je dois dire que ma foi naissante a été fortement ébranlée par la lecture de l’Ancien Testament… Il faut une foi en béton armé pour croire ce qui est raconté là-dedans… De toute évidence, je ne suis pas prêt.

Mais passer quelques jours avec ces Chrétiens qui vivaient vraiment leur foi à fond les marrons était super intéressant et agréable, parce que c’est trop bien de se poser des questions sur l’origine et la destination du monde, le lien entre les hommes et de chanter à table avant les repas !!

Et le plus étonnant dans tout ça, quand t’as bien parlé de l’amour pendant des heures et des heures et de comment tout le monde est frère et que tu t’écris « Mais alors, politiquement, on est tous d’accord ?! », c’est de t’apercevoir que pas du tout.

Comme quoi le monde entier peut bien avoir les mêmes bonnes intentions (c’est d’ailleurs ce qu’il fait) on n’est pas sorti de l’auberge.

Mais je ne me lasse pas de découvrir que les hommes espèrent le plus souvent faire le bien en faisant du mal aux autres… Oui, vous pouvez la passer à la postérité celle-là :

« C’est lorsqu’il est persuadé d’agir pour la bonne cause que l’être humain fait souvent le plus de mal. »

Nabolo, 26 sept. de l’an de grâce 2013

Affaire à suivre donc, en ce qui concerne ma conversion chrétienne, ou pas. Je dois encore lire le Coran et la Baghavad-Gitah; Les Misérables et Trois Royaumes… Bref, j’ai trop peu de temps à m’investir dans tout pour m’investir dans quelque chose en particulier.

« Y’a d’jà pas l’temps d’s’investir dans tout alors dans un truc en particulier, pff ! »

Nabolo, 26-09, après bouffé.

Point bénéfique ceci dit, mais je ne m’en apercevrai que plus tard: j’ai apppris énormément de choses en lisant la Bible, tant les références aux textes qu’elle contient abondent dans le langage courant !

Exemple en direct live : saviez-vous que c’est Jésus qui a dit « Nul n’est prophète en son pays » ? Parce qu’il galérait à convaincre ceux qui l’avaient connu depuis l’enfance… Et il a parfaitement vu juste : mes amis et ma famille ne me croiront jamais si demain je leur dis que je suis le fils de Dieu (surtout pas mon père), alors qu’en Inde j’ai fait croire à une pote que je pouvais bouger les objets par la pensée (ce qui n’est pas vraiment un mensonge : c’est juste que je m’aide avec le bras).

En tous cas maintenant je reconnais les bonhommes des statues et des peintures quand j’entre dans une église, ce qui rend l’endroit tout de suite moins chiant.

Mais reculons à dos de moutons : pour mon dernier jour à Vienne mes viennoiseries m’ont emmené visité le château de Schönbrunn, qui n’est pas une brasserie antique mais le Versailles autrichien. Et c’est vrai que ça ressemble, y a des jardins tout ça, et le bâtiment est un peu pareil, plein de galeries et de trucs de luxe. Mais est-ce que c’est plus grand ou plus petit que Versailles ? Plus ou moins beau ? J’étais incapable de faire la comparaison, et avec mes viennoiseries, curieux et curieuses, on s’est renseigné auprès d’une touriste française :

– Non mais vous rigolez ou quoi ? Comment vous voulez comparer les deux ? Non mais regardez ça, ils l’ont même pas fini leur machin, on dirait un château pour playmobiles ! Et puis les volets verts là, je sais pas quelle était l’intention mais c’est raté. Versailles ! Han ! Manquerait plus que ça ! Déjà qu’ils ont essayé de nous refiler toutes leurs princesses. Marie-Antoinette ça lui a pas trop réussi d’ailleurs, et l’autre… l’autre je me rappelle plus, on lui a tranché la caboche à elle aussi ou… ? Je sais plus. Jean-Pierre ! (elle appelle son mari) Ils me demandent si c’est aussi grand que Versailles ici !!

– Non ! Oh oh, non !

– Vous voyez. Bon, l’intérieur est pas mal, ça doit se valoir, mais l’extérieur… alors là y a pas photo ! »*

 *je précise que je n’en ai pas rajouté…

Vous auriez du voir, chers lecteurs, mon visage se décomposer au fur et à mesure de la réponse de ma compatriote. Mes amis autrichiens écoutaient sans mot dire, grands yeux et grandes oreilles avec ce que je décrirais comme une impassible candeur polie… C’est bien, les Français ont du franc-parler… et un sacré manque de savoir-vivre. D’accord, on se perd toujours à faire des généralités, mais quand même, c’est pas pour rien qu’à chaque fois que je débarque dans une nouvelle auberge de jeunesse je passe du «Where are you from ? » enthousiaste au « Nice…» de circonstance. On se tape une espèce de réputation mes amis !! Un truc de dingue, et de pas mal mérité, même si tout n’est pas entièrement de notre faute : chaque culture développe ses propres codes de sociabilisation… pas de bol : nos codes sont probablement les moins inter-compatibles de tout le monde occidental. Toute façon on est à part là-dedans : y a les anglo-saxons, les germains, les latins et puis nous. Juste ce qu’il faut de chaleur latine, de froideur germaine et d’un troisième truc qui vient d’on ne sait où (et qu’on va donc appeler « gaulois ») pour que nos voisins sachent jamais sur quel pied danser. Bon, encore une fois les généralités c’est un piège qui conduit forcément à dire des trucs faux (c’pas grave, on aime tellement ça), mais reste que dans les faits, pour les occidentaux, sociabiliser avec un Français, c’est compliqué. En général. Peut-être.

Je suis reparti de Schönbrunn la tête basse… C’était vrai : les chauvins arrogants que je caricature souvent existent pour de bon, au premier degré. Note pour plus tard : faudra faire bien gaffe à ce que je m’en dissocie.

Et c’est ainsi que j’ai quitté la civilisation pour me rendre chez les hippies.

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