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Bimbo, mon ami l’éléphant.

Certains d’entre vous savent déjà que j’ambitionne de vivre, peut-être un jour, de ce que j’aurais écrit (c’est pas fait, loin s’en faut, gagner un centime ce sera déjà beau).
A l’origine de cette ineptie il y a le premier roman sur lequel je me sois vraiment donné la peine de travailler sur la durée et qui est très largement inspiré de mon expérience en tant que stagiaire à l’ambassade de France en Inde de février à juillet 2006. L’histoire de ce projet est la suivante: de retour d’Inde avec une grosse quantité d’anecdotes et de récits plus ou moins rédigés dans mes correspondances (300 pages), je me suis mis en tête que ça ferait une bonne base pour un roman…
J’ai travaillé un an dessus avant de, à bout de souffle, présenter le résultat aux maisons d’éditions qui ont gentiment décliné ma proposition d’en faire le best-seller du XXIème siècle…
Bizarre, mais a posteriori compréhensible car le texte manquait clairement de maturité. 
Aujourd’hui (depuis deux semaines même, et c’est loin d’être fini) je retravaille le texte et comme disait Boileau:

Hâtezvous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :

Polissezle sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

…donc j’efface, beaucoup, des grosses parties du texte original.

Comme de temps en temps ça m’arrache la gueule de jeter à la poubelle des heures de travail, je me suis dit que, je pourrais, au moins, un peu comme un « teaser », en publier quelques morceaux sur l’excellent Nabolo-blog pour peu qu’il méritent d’être lus ou que ce soit trop douloureux pour moi de les jeter sans autre forme de procès… Disons que ce sera un coup de pouce majeur dans ma « cure d’écrivain », pour me permettre d’avancer.Ces morceaux n’apparaîtront pas dans la version définitive, si je les publie ici c’est qu’ils sont justement jugés trop peu pertinents par rapport au fil de l’histoire ou pas assez « bons ». Mais peut-être éveilleront-ils la curiosité de certains d’entre vous quant au futur roman ? Son ancien titre était « Trompidouf », son nouveau titre provisoire est « INDIANA Tom ».
Pourquoi Trompidouf à l’origine? C’est expliqué dans le dialogue ci-dessous, tiré du manuscrit originel.
Vous trouverez d’autres extraits de la version avorté de « Trompidouf devient INDIANA Tom » dans la catégorie du même nom.Bonne lecture!


Les mois ont passé. Thomas a avancé dans son projet. Cependant il lui manque un titre. En voiture avec Raoul, son père, il s’en ouvre à ce dernier :

– Bon alors ne te moque pas, voilà à quoi j’ai pensé, va falloir trier dans le
tas : « Soyons diplomates », « Ambarassadeur de France en Inde »…
– Mouais.
– …« Cinquante roupies pour l’Ambassade », ou « Pipty roupies », tout court…
– Bof.
– …« La vie secrète de Jacques Chirac ». Celui là c’est pour si je veux vendre.
– Hm hm.
– Mais le VRAI titre auquel j’ai pensé, c’est : « La Poignée de Mains, rapports de stage à l’Ambassade de France en Inde ».
– C’est nul.
– Pourquoi ?!
– La question « pourquoi ? » est une question métaphysique, donc puérile, à laquelle…
– Non mais comment ça c’est nul ? T’arrêtes pas d’être critique…
– Eh oui je suis critique ! Oui je suis critique ! Si ça te plait pas…
– Non mais tu peux pas justifier plutôt que de dire simplement « c’est nul » là comme ça et me décourager ?!
– Mais je vais pas te dire que c’est bien alors que c’est nul ?! C’est nul : « La poignée de mains » personne a envie de lire ça !
– Et le « s » ?
– Quoi ?
– T’as pas vu le « s » à « rapports » qui révèle que je parle des rapports humains du stagiaire et non d’un quelconque « rapport de stage » ?
– Bof.
– Tu m’énerves. Je sais pas, tu pourrais au moins me donner des exemples ! C’est quoi un bon titre ? « La grâce du porc-épic » c’est un bon titre pour toi ?
– Très bon. Excellent titre. Quand on voit « La grâce du porc-épic » on a envie de prendre le bouquin, de le retourner et de lire le résumé pour savoir de quoi il peut bien s’agir.
– Ah bon alors c’est facile, il suffit d’attirer la curiosité ?
– Oui. Forcément.
– Bon ben alors on s’en fout, j’ai qu’à l’appeler « Trompidouf » tant qu’à faire…
– Très bien « Trompidouf ».
– Tu plaisantes ?
– Non non, « Trompidouf » c’est très bien.
– Haha ! Et le prochain je l’appellerai « Rumurum Ragschripiruk » !
– Ah non, ça c’est nul.
– Désolé mais je vois pas la différence avec « Trompidouf ». Je voulais dire « Trucbidule » mais ma langue a fourché, c’est juste du n’importe quoi.
– Non, « Trompidouf » c’est bien. ça sonne bien. On a l’impression que ça veut dire quelque chose… On cherche, on se demande, on a envie de retourner le bouquin. « Rumurum Ragschripiruk » c’est nul.
– Tu m’énerves.

Par la suite Thomas vécut heureux, sans avoir d’enfants, jusqu’à ce qu’il meure, dans d’atroces souffrances, des suites de la pollution ou de la troisième guerre mondiale que la disparition des ressources naturelles allait engendrer.


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