Vidéos Cyrano de Bergerac Tirade du nez en forme de bite Edmond Rostand Nabolo

Published on décembre 28th, 2014 | by Nabolo

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La tirade du NEZ – Cyrano de Bergerac









Il y a quelques mois j’ai commencé une formation d’acteur à Paris… Et je ne regrette pas une seconde, malgré la sédentarisation qu’une telle entreprise impliquait : j’ai toujours prêché que l’aventure et le voyage étaient deux choses bien distinctes, chose que Patrice Francesci, Gérard Chaliand et Jean-Claude Guibert vous expliqueront mieux que moi dans leur EXCELLENT bouquin « De l’esprit d’Aventure ». 

D’ailleurs il n’y a pas d’aventure à trop voyager toujours de la même façon, point où j’en étais rendu. En revanche découvrir ce qu’est vraiment le métier d’acteur est passionnant !

Pour ce premier semestre, ma formation est divisée en trois classes :

– espace, corps et mouvement

– écoute et improvisation

– voix, diction & respiration

La première s’apparente au mime et nous pousse à préférer le geste à la parole, l’objectif, si je l’ai bien compris, étant de faire de nous des acteurs en mouvement plutôt que des bouches, statiques.

La seconde développe l’écoute de son ou de ses partenaires, et nous invite à retrouver le vrai, donc le juste, en portant son attention sur soi et sur les autres, sur l’action, plutôt qu’en se focalisant sur le résultat.

La troisième en plus de nous faire travailler la voix, la diction et la respiration, nous apprend à interpréter un texte… c’est pour cette classe que j’ai à préparer la tirade du nez de Cyrano de Bergerac.

Interpréter un texte, ce n’est pas seulement le lire en jouant de la voix. Dans le cas d’un monologue, on doit commencer par répondre à une foule de questions : qui suis-je ? Pourquoi ai-je pris la parole ? Quel est le sentiment qui m’habite à ce moment précis ? A qui suis-je en train de m’adresser ? Qui d’autre est présent ? Que provoque mes paroles chez les autres ? Etc.

Une fois qu’on aura répondu à toutes ces questions, on sera en mesure d’étudier le texte, et de le colorier…

Ma première vocation ayant toujours été la bande dessinée, j’y rapporte souvent mes autres expériences et découvertes… avec le théâtre, rien de plus facile ! A mes yeux, la classe « espace, corps, mouvements » c’est apprendre à dessiner le squelette d’un personnage ; celle d’impro nous enseigne à maîtriser son apparence, ces détails, muscles et vêtements qu’on ajoute au squelette ; la dernière classe nous apprend comment remplir les phylactères… Et ce personnage de BD que nous constituons petit à petit, c’est nous-même (nos professeurs préférant le terme d’ « instrument » à celui de « personnage de bd » – je ne le leur reproche guère).

Pareillement, quand il s’agit du texte (plutôt que de mon instrument), je me l’imagine en référence au dessin, comme des lignes noires tracées au pinceau… le détail des lettres mis à part, c’est d’ailleurs à ça qu’il ressemble le plus souvent. Au moment d’apprendre ces lignes par cœur, cependant, on les tourne, on les plie, on les casse pour se les peindre dans la mémoire : elles deviennent une sorte de grand dessin à colorier sur lequel on va pouvoir user ses feutres… ou sa voix. Colorier son texte c’est y mettre des tons, des intonations, des coupures, des variations d’énergie, tout ça !

Je suis absolument ravi du monologue (« la tirade du nez », donc) que mon prof a choisi pour moi. J’ai l’impression qu’il est facile dans le sens où il est tellement imagé qu’il en ressortira nécessairement quelque chose… En revanche rendre exactement ce que ressent Cyrano à ce moment-là, et qui est si riche puisque le personnage est si sensible, ça c’est un sacré défi ! …que je ne crois d’ailleurs pas avoir relevé au cours de la prestation que je vous présente ici en vidéo. Certains éléments me manquaient, je n’avais pas lu la pièce (quel manque de professionnalisme !), juste la tirade… La prochaine fois j’essaierai de trouver un ton beaucoup plus désinvolte : car en dépit des risques que prend Cyrano en s’exprimant en public comme il le fait ; de la blessure que lui cause la difformité de son nez ; de la présence de l’élue de son cœur ainsi que ses compagnons de combat ; je me demande si la seule chose qui devrait transparaître de lui à ce moment-là n’est pas cet incroyable souffle de vie dont il fait preuve au moment des combats. Or il combat avec cette tirade, c’est la chose qu’il sait faire le mieux, il ne doute pas qu’il va triompher étant maître en paroles comme à l’épée : cet état d’esprit laisse peu de place à la colère et ses variantes, puisque ce sont tous des aveux de faiblesse.




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