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shanghai contraste

La Chine: un contraste de modernité et de portes avec des toits.

Ayé ! J’ai quitté l’Inde, ce mini-continent à lui tout-seul, ce pays des merveilles où tout peut arriver parce que tout le monde est fou… Ce qui est fatigant à force : ça va me faire du bien de faire une pause dans toutes ces divagations qui, je le sais, vont me manquer tout de suite après. Le choc culturel Indien est plus fort au retour qu’à l’aller, je m’en étais déjà rendu compte la première fois et rebelote ce coup-ci.

Je retourne en Asie donc, la vraie Asie, celle avec des chinois. Ce qu’il faut savoir c’est que les chinois d’Asie ne sont pas tous des chinois. Ils sont chinois oui, mais ils portent d’autres noms selon les pays. Seulement cette fois-ci, je vais chez les vrais Chinois de Chine, ceux qui marchent la tête en bas, qui ont inventé les panzanis, les feux d’artifices, le thé et qui mangent du chien… Beurk ! Dégueulasse ! Ils peuvent pas bouffer des grenouilles et des escargots comme tout le monde ?!

Faisant fi de mon a priori à l’encontre de cette culture barbare, j’ai donné l’autorisation à l’avion d’atterrir à l’aéroport de Hong Kong.

J’ai tout de suite été déçu par la Chine, les grandes villes du monde sont décidément partout pareil et Hong Kong n’échappe pas à la règle : c’est un grand melting-pot de gens qui trimballent leurs valises d’un bloc de béton à l’autre, les quelques espaces verts qui restent étant occupés par des avions.

Mais en tant qu’aventurier je me suis juré de ne pas m’en tenir aux apparences et c’est pourquoi j’ai accepté de monter dans un nouveau jet (en fait il s’agit d’un avion, mais je voulais éviter les répétitions), en direction de Shanghai cette fois, non sans farfouiller dans les magasins de l’aéroport afin de m’informer sur de potentielles occases. Dans cet esprit j’ai demandé au vendeur de combien les prix y perdaient en taxes ?

– Rien du tout m’a-t-il répondu, debout à côté d’un panneau « Duty free ! », il n’y a pas de taxes à Hong Kong, c’est le même prix partout pareil.

shanghai ville

C’est tout bien rangé Shanghai… On dirait que c’est vide en comparaison de Bombay.

J’ai aussi du passer par tout un tas de contrôles de sécurité anti-terrorisme, le genre de mesure qui n’empêche pas des attentats mais multiplie leur efficacité.

Depuis quelques années il est interdit d’avoir des liquides sur soi. Je me demande pourquoi on ne nous demande pas direct de venir en pyjama, histoire qu’on n’ait vraiment rien de dangereux dans nos poches, parce que si je peux détourner un avion avec une bouteille d’eau, j’imagine même pas le carnage que je peux faire avec ma ceinture ou les quatre vis de mon téléphone portable.

A cette heure matinale, j’étais le seul passager au poste de vérification des bagages à main, mais l’officier Chinois a insisté pour glisser sa plaquette numérotée dans le fond de la bassine où j’avais posé mes affaires pour les passer aux rayons X… Il a récupéré sa plaquette un mètre plus tard, exécutant ainsi la procédure à la lettre et confirmant l’idée que je me faisais du rapport à la loi qu’entretiennent les gens de ce pays.

Découvrir un pays c’est avant tout découvrir sa culture. Quand je voyage c’est ma ligne de conduite : voilà pourquoi j’ai choisi de regarder « Karate kid » plutôt que « Iron man 2 » sur mon écran d’avion. J’ai même poussé la curiosité intellectuelle jusqu’à jouer à un jeu qui permet de retenir les mots chinois (je sais désormais dire « chat/mao » et « chien/gao »).

J’avais des amis à voir à Shanghai et, outre cela, la fameuse « Exposition universelle », celle qui avait donné naissance à la tour Eiffel en 1889. Le problème c’est que le concept n’a pas beaucoup évolué depuis, et qu’entre temps un tas de gens sont allés à Disneyland… L’Expo ne tient pas la comparaison.

(pause : je vous écris du starbuck de l’aéroport de Shanghai où j’attends mon vol pour Beijing et j’arrête ma narration pour vous signaler qu’EN CE MOMENT MÊME ils passent Tino Rossi, « Il est né le divine enfant » comme musique d’ambiance. C’est pas une blague !! Vive la mondialisation…)

Le parc de l’Expo est grand au point qu’on s’y déplace en métro. Il y a du monde, beaucoup de monde (ils ont atteint la barre des 1 million de visiteurs par jour) ce qui fait que peu de pavillons sont accessibles… Car pour ceux qui ne le savent pas, l’expo universelle permet à chaque pays de présenter un « pavillon » sur un thème donné ; cette année : « une ville meilleure pour une vie meilleure ».

CHIOTTES EXPO

J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un pavillon mais ce que vous voyez sur cette photo est en fait la pissotière ultra-moderne de l’expo, avec gyrophares intégrés.

Le pavillon de la France est triste à pleurer. C’est un bloc blanc avec rien à l’extérieur et des bandes d’herbes le long des murs à l’intérieur, plus des couloirs où des vidéoprojecteurs passent des images de la tour Eiffel, autour des stands Citroën, Vuitton et Michelin. Le parrain de l’expo est Alain Delon, ce qui en dit long (justement) sur les messages d’avenir et d’espoir que lance notre pavillon.

J’aurais aimé voir les autres pavillons Européens pour comparer, mais ça n’a pas été possible : mon passeport ne m’octroyant l’accès prioritaire qu’au seul pavillon Français, ce qui est d’autant plus navrant que je me sens profondément Européen. J’ai d’ailleurs souvent l’occasion de prouver ce sentiment d’appartenance, par exemple lorsque je ne donne pas de pourboire au restaurant et que le serveur, une lueur de revanche dans les yeux, me demande d’où je viens ?  Là je réponds sans faillir que je suis Allemand ; si je suis pris à mentir ou à exagérer, j’explique que c’est à cause de mes racines Italiennes ; ou quand il arrive qu’une odeur malpropre remonte le long de mon short jusqu’aux narines de mon voisin d’ascenseur, je suis inévitablement Anglais (en revanche lorsque je propulse une belle étrangère au septième ciel et qu’elle me demande si tous les Francais sont comme ça ? Je lui rappelle bien sûr qu’il ne faut pas faire de généralités).

Quand je me suis présenté au pavillon Belge ET Européen, comme ils l’appellent eux-mêmes, les gardiens m’ont refusé l’entrée. J’ai insisté, ils ont levé les yeux au ciel. J’ai eu beau argumenter que la Belgique ferait bientôt partie de la France ; que c’était un tout petit pays, etc. Ils n’ont pas voulu me laisser passer… ‘décidément à cheval sur le règlement ces Chinois !

Pour me venger je suis allé faire chier leurs compatriotes en passant devant leurs appareils photo au moment où ils photographiaient. Je ne l’ai pas forcément fait plus exprès que d’habitude (les Chinois prennent des photos de partout) mais cette fois j’en ai retiré le plaisir de la vengeance. Et j’en avais des raisons de me venger, surtout contre mes pires ennemis : les bébés à poussettes !

exposition universelle

Un putain de bébé à poussette!! Il fait même pas semblant de s’intéresser.

Alors les bébés à poussettes c’est des mecs, ils viennent, ils comprennent rien à ce qu’ils voient mais c’est eux qui prennent le plus de place dans la queue, sans compter que les ¾ du temps ils sont prioritaires. Et demandez à un bébé ce qu’il a pensé de l’expo ? Il s’en biberonne les castagnettes !

En passant devant le pavillon Serbe j’ai ressorti mon passeport Français et je me suis présenté comme Européen… La file d’attente « prioritaire » était vide. C’était plus pour rendre service qu’autre chose que j’ai demandé, mais ils m’ont refusé le passage quand même, et idem au stand de Monaco, bien qu’ils ne sachent pas où ça se trouve et quoi que je les ai prévenus qu’on pourrait l’envahir à tout instant.

Bref, l’Aventure m’avait dit d’aller voir l’Expo. Et voilà qui est fait. A présent je suis arrivé à Pékin où je me repose un peu, en banlieue. Je n’ai donc pas encore visité le Pékin moyen auquel on m’a si souvent comparé, mais ça ne saurait tarder. Si l’Aventure est là-bas, je vous préviens.

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