Aventures pic d'adam sri pada nabolo

Published on mars 19th, 2014 | by Nabolo

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Pic d’Adam ou Sri Pada ? L’ascension nocturne !

Malgré mon doigt blessé, j’ai continué ma route, quittant Nurawa-Eliya pour le Pic d’Adam, ou plus exactement le pied du pic d’Adam : la bourgade de DEL-HOUSE » qui se prononce à l’anglaise, « Del » comme « Del » et « House » comme une maison, RIEN-A-VOIR donc, avec le nom bêtement francisé de DALHOUSIE qu’on trouve dans le guide du routard. Ceux qui voyagent avec chauffeur privé s’en foutent (c’est le moyen de locomotion recommandé par ce guide !) mais pour ceux qui prennent le bus, merci la galère. Avant de parvenir à faire comprendre où je voulais aller… bref.

pic d'adam sri pada nabolo

Bon… Forcément l’appareil photo a gommé les étoiles. Pourtant je vous jure que j’étais à deux doigts de me perdre dans la galaxie, tout ça !! Allez-y vous-même si vous ne me croyez pas :p

Del-house et le pic d’Adam c’est toute une histoire. Je ne le savais pas mais le Pic d’Adam est un truc méga connu, également appelé « Sri Pada », un mont tout pointu comme on en trouve que dans les bandes dessinées, au sommet duquel trône un micro-temple et une empreinte de pied de Bouddha. Là n’est pas l’intérêt bien sûr. Surtout pas l’empreinte de pied, la même qu’on voit partout ailleurs : un pied carré avec cinq doigt carrés et des roues sculptées dedans (oserais-je dire que ce n’est pas une « vraie » empreinte ?). L’intérêt c’est l’ascension, qui se fait de nuit, pour voir l’aube se répandre sur l’île à partir du sommet. Et cette ascension a vraiment quelque chose de magique… Ne manquez pas de la faire si vous passez au Sri-lanka. C’est touristique certes, mais pour tout le monde : occidentaux, hindous, bouddhistes, musulmans et ça m’étonnerait pas qu’il y ait des chrétiens qui se cachent dans le tas. On part à deux heures du matin de Del-house et il y a foule sur un chemin – en fait des marches – à n’en plus finir (5.500 au total) cerné de boutiques. C’est quand même un peu sportif comme truc, même si les moins de sept ans et les plus de soixante-dix en viennent à bout. étonnement, ceux que j’ai vus s’évanouir sur la route (parfois portés jusqu’au sommet/ou dans la plaine par leurs compagnons) étaient souvent dans la force de l’âge. Sans doute avaient-ils présumé de leurs forces ! Ma théorie c’est qu’il faut s’arrêter de temps en temps, fatigue ou non, pour s’habituer à la rareté de l’air et aux paliers de pression (bon j’y connais rien en fait, mais je me donne raison).

L’ascension du Pic d’Adam

Il y a vraiment de la magie dans cette ascension… On monte, on monte et on perd complètement les repères de distance et d’espace. Il fait tout noir en dehors du chemin lumineux que dessinent les boutiques qui longent le chemin. En le regardant de loin, ces lumières se confondent avec les étoiles. Où le chemin s’arrêtera-t-il ? On croit entamer un tour de la voûte céleste en cheminant parmi ses étoiles… De temps à autre je m’imagine dans l’Himalaya, des tibétains partout autour : des Sri-lankais équipés de moufles, de bonnets, voire de couvertures. Il ne fait pourtant pas si froid, et on peut toujours s’arrêter à quasi-n’importe quel étage : pour prendre le thé. De fait, même si je parle d’étages, au bout d’un moment je ne suis plus bien sûr de ce que je suis en train de grimper. Il fait tout noir au-delà de l’escalier. Est-il bâti sur du vide ? Seules les boutiques témoignent qu’il doit y avoir quelque chose au-delà du chemin… Une montagne, c’est sûr, donc un précipice ? Des groupes de compatriotes interrompent cette évasion, de temps en temps, lorsqu’ils passent à la queue-leu-leu, discutant de l’actualité française pour s’occuper l’esprit pendant leur ascension.

pic d'adam sri pada nabolo sommet

Le jour s’est levé : j’entame la descente en croisant ceux qui montent.

Je me rapproche du sommet.

Les marches deviennent de plus en plus hautes et étroites et je dois désormais m’aider d’une rampe pour avancer. La largeur des marches aussi en prend un coup ; le vent souffle ; il n’y a plus de boutiques. Derrière moi, j’aperçois le chemin parcouru, vertical et sinueux comme un grand serpent à la robe phosphorescente. J’ai le vertige butin, alors même que je ne vois rien. Mais vous ne le savez déjà que trop : je suis un aventurier-chochotte.

Plus haut encore, l’escalier se mue en file indienne. C’est la cohue, forcément, l’espace au sommet étant minuscule ! Et ça pousse encore derrière.

C’est le moment de s’armer de patience, de ralentir son rythme cardiaque et d’adopter la vitesse d’action d’un Sri-lankais, ou d’une limace.

Je dis pas ça pour blâmer les Sri-lankais, hein ? C’est très bien que chacun ait son rythme. Et celui des Sri-lankais c’est lent. Vous savez ce que les Sri-lankais ont dit des Portugais lorsqu’ils les ont vus débarquer au XVème siècle ? Ils les ont décrits comme « des nouveaux-venus excessivement blancs, vêtus de casques et de bottes de fer qui s’agitent et s’affairent toute la journée… »

…des Portugais !!! Imaginez un peu si ça avait été des Allemands.

C’est donc un « petit » moment plus tard que j’accède au plateau. Je vais pas vous dire que c’était beau vu qu’on voyait rien. Le spectacle ne commença qu’au levé du soleil lorsque le paysage se découvrit peu à peu devant tous… Butin de mer ! On était vachement haut ! En même temps, les prêtres et les fidèles s’adonnaient à leurs célébrations, en musique et en chansons… Et puis, lorsque le soleil s’est élevé suffisamment haut, j’ai pu voir ce phénomène étrange décrit dans le routard (mon guide préféré que je déteste le plus au monde) : le triangle parfait que l’ombre de la montagne projette dans les nuages… Je vous ai même ramené la photo. Tadaam !

pic d'adam sri pada l'ombre en triangle nabolo

Voilà. Après je suis redescendu, jambes tremblantes, en découvrant à moitié tout ce que je n’avais pas pu voir de nuit : le zoli spectacle de la montagne (« à moitié », étant le degré d’ouverture de mes paupières).

Dans le prochain épisode je vous embarque pour un petit tour du pays avant d’aborder la question du bouddhisme et l’aventure de séjourner en monastère… =)

En attendant vous pouvez consulter les photos de ce voyage sur la page Facebook

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2 Responses to Pic d’Adam ou Sri Pada ? L’ascension nocturne !

  1. Julien says:

    Toujours la pêche, et toujours aussi communicatif. Bon pour le guide du routard faut te mettre à la place du touriste lambda qui va pas perdre son temps avec la plèbe alors que son planning est serré et qu’il n’a pas encore acheté les souvenirs à la boutique de l’hôtel. CONSEIL à toi même : compile tes articles et publie nous un guide de l’aventurier content pour rien.

    • Nabolo says:

      Pas con… j’y avais même pensé figure-toi ! Mais il y a tellement de « guides du voyageur » qui sortent en ce moment que j’osais pas. J’y réfléchis !!!

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