Aventures ouvrir une noix de coco

Published on mars 18th, 2014 | by Nabolo

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Ouvrir une noix de coco is dangerous

Suite de mes aventures au Sri Lanka. Sur le chemin du retour vers Kandy, je m’arrête au jardin botanique… et c’est l’accident. Alors que je me balade tranquillement entre les arbres, surgissant de nulle part, sans un bruit, sans un geste, je suis sauvagement assailli par la soif. Je m’offre donc une noix de coco que je compte bien manger, après l’avoir bue (c’est trop bien la noix de coco !). Reste à ouvrir le coffre au trésor que le vendeur a taillé de sorte qu’il puisse tenir sur une table, au format dit de « cul plat ». Je l’attaque donc par la culasse avec mon couteau suisse… Pas facile d’ouvrir une noix de coco. Pas de bol non plus : les noix de coco oranges du Sri-lanka sont beaucoup plus tendres que leurs cousines thaïlandaises (je ne dis ça que pour me justifier/me la péter : en fait j’en sais rien). SCHLAK ! Le couteau traverse la noix de coco et la moitié du doigt qui se trouve derrière. Or ce doigt en question, ami lecteur, ne faisons pas durer le suspense plus longtemps : c’était mon doigt ! BORD D’AILES DE MER !!!!

Splash, le sang me gicle partout sur la gueule. Je me rappelle avoir successivement pensé :

  1. Merde je saigne !

  2. Putain j’ai taché mon sarong tout neuf…

  3. Mais merde, je saigne vraiment beaucoup !

Ouvrir une noix de coco is dangerous

Indeed ! Le doigt étant raisonnablement entamé je me remue pour trouver de l’aide, qu’on m’emmène à l’hôpital pour me coudre ou quelque chose. Je réalise alors que le dénouement de cette histoire ne sera pas si simple, ou du moins pas si rapide en chronométrant la réaction de mon premier interlocuteur, façon « Oh, mais tu saignes dis donc, comme c’est curieux », mode « indian style ». J’ai quand même du sang partout sur le visage, et ça fait déjà deux fois que je remplis mes mains à ras bord d’hémoglobine… lui réagit comme si je lui montrais un papillon.

D’un autre côté il n’est pas médecin et je lui tombe sur le râble en demandant peut-être plus qu’il ne peut, comme de m’indiquer le robinet d’eau froide le plus proche, par exemple, c’est pas si compliqué bord d’ailes de mer (bis) !! Lorsqu’il se met finalement en mouvement, je lui emboîte le pas tout en continuant de regarder le sang s’écouler, comme on peut être fasciné par quelque chose d’inhabituel, un aspect de son corps qu’on n’a jamais remarqué avant. Je suis alors envahi par une sorte de nausée qui m’étonne parce que je ne ressens pas spécialement de dégoût pour ce que je vois. Cette nausée est de plus en plus forte : en fait je suis carrément en train de tourner de l’œil !!!

Quelle honte pour un aventurier. Déjà que se blesser avec une noix de coco c’est pas terrible… alors s’évanouir en voyant du sang, je suis une vraie chochotte !

Un sursaut d’orgueil me permet de rester conscient tandis que le haut de ma vision devient gris, un peu comme un écran d’ordinateur qui bug. Je ne l’ai compris que plus tard mais en fait j’étais en train de me désoxygéner à force d’hémorragie… si c’est possible ?! On m’a confirmé que oui. Aussi je prends note, pour plus tard : en cas d’hémorragie, penser à… arrêter l’hémorragie.

Ça me servira de leçon pour quand il m’arrivera des choses plus dangereuses qu’un accident de noix de coco…

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Niveau 10 à 14 quand même…

Finalement mes nouveaux amis Sri-lankais, qui sont devenus de plus en plus nombreux, pour voir, me versent de l’eau puis du café en poudre sur la plaie. J’étais pas 100% sûr que ce soit une bonne idée mais j’avais tort, ça a marché. Pradeep, mon chauffeur de rickshaw préféré du-monde-de-la-Terre, m’emmène ensuite à l’hôpital, éloigné du jardin botanique d’une grosse vingtaine de mètres : coup de bol.

Autre coup de bol : toute la famille de Pradeep travaille à l’hôpital, et même sa fille est là, en visite. Marchant dans les pas de Pradeep, je snobe tout le monde dans la file indienno-sri-lankaise, en bousculant les agonisants, les mourants, les comateux, les trépassés, etc. Tous les vrais malades quoi : parce que je saigne de mon doigt. J’ai bobo et, tel une hyène, un chacal ou tout autre animal inspirant sympathie, noblesse et courage, je suis prêt à piétiner le reste du monde pour avoir mon pansement.

N’exagérons pas : je constate simplement que quand on se sent (même un peu) en danger, on n’hésite pas à se donner la priorité à soi (où dans ce cas-là « à se la laisser donner par d’autres » – ce qui ressemble) et quoiqu’on désapprouverait totalement cette attitude si on se trouvait dans une situation plus confortable.

Le médecin en chef, qui ne semble pas choqué qu’on me fasse passer devant tout le monde, observe mon doigt mais surtout le tripote (aïe) puis m’envoie chez une infirmière pour qu’elle me le nettoie.

L’infirmière en chef me tripote le doigt (aïe) puis me confie à une infirmière qui me tripote le doigt (aïe) et le nettoie pour me renvoyer chez le médecin en chef qui me re-tripote le doigt (re-aïe) et accepte enfin de me mettre des points non sans me prévenir d’abord : les infrastructures de son hôpital ne ressemblent en rien à celles du pays d’où je viens.

– Etes-vous prêt à prendre ce risque ?

Gné ? Je comprends pas la question…

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?! Je bug en m’imaginant des trucs affreux… Quel matériel utilise-t-on ici pour recoudre quelqu’un plutôt qu’un fil et une aiguille ? Des aiguilles à tricoter sales et un cordage marin ?!

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Un aperçu de la situation.

Le temps que je revienne à la réalité Pradeep a tranché. Il me confie directement à sa belle-mère qui me tripote le doigt (aïe) pour en scotcher les deux bouts et enrubanner l’ensemble.

Voilà. Ça fait dix jours maintenant, et je vous écris à l’aide du majeur plutôt que de l’index parce qu’ayant coupé le nerf, j’ai plus de sensation, ou que du tout bizarre. Ca fait bien chier. Dire que la francophonie a failli perdre un écrivain à cause d’une butin de noix de coco… Je suis vraiment très con.

D’autant plus, il faut le savoir, que les noix de cocos sri-lankaises sont extrêmement pauvres en chair, ces grosses salopes de mes deux (pardon), et qu’il y a presque rien à bouffer à l’intérieur… Bref : ouvrir une noix de coco is dangerous.

 Tooth & Kandy

Encore un mot sur Kandy, histoire de justifier le titre, drôlissime, de ce sous-titre : j’y ai aussi visité le « temple de la dent de Bouddha », où est conservée la canine du grand homme, laquelle aurait résisté à son incinération. Je n »ai rien à raconter sur le temple en lui-même, c’est un joli palais. C’est cool quoi. Le plus extraordinaire dans tout ça étant l’ironie du destin qui veuille que la dent de Bouddha termine ses siècles de voyages, disputes et péripéties dans une ville appelée « friandise » (Kandy = Candy = friandise = haha).

Ca vous fait rire ? Ca vous fait pleurer ? C’est bien normal car au pays de Kandy, comme dans tous les pays, on s’amuse on pleure on rit, tout ça.

Après Kandy je suis allé voir les plantations de thé du côté de Nuwara-Eliya, encore plus haut dans les « montagnes ».

Ce n’était pas tellement la peine d’en visiter une en particulier : l’intérieur des terres est COUVERT de théiers. A cette occasion j’apprends que tous les thés proviennent du même arbre, seul diffère la manière dont on prépare la feuille, temps de séchage, humidité, etc. Tout ça est bien compliqué en comparaison du plaisir simple (mais dangereux) de boire du lait de noix de coco.

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La pelouse qui m’arrive au niveau du genou, c’est du thé. Voilà.

Dans le prochain épisode, vous en apprendrez plus sur le Pic d’Adam, une des sept merveilles de cette île, et moins sur mon doigt. Je vous dis donc à très bientôt !

En attendant vous pouvez consulter les photos de ce voyage sur la page Facebook

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