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Mais qu’est-ce que j’irais bien foutre au Kenya ??? C’est la question que je me suis posée, ce matin, après avoir filé mon numéro de carte bancaire à un site de vol aux enchères, sur internet. Il y avait un aller-retour pour Mombasa à 299€, au lieu de 786€ et j’ai sauté dessus comme mamie sur une réduc de super marché.

–          Merde, merde, merde ! Mais en fait… j’ai pas envie de partir !!!

Alors pourquoi ? C’est simple chers lecteurs, c’est à cause de la philosophie de l’Aventure et de ce butin de blog (et certains d’entre vous qui m’ont mis la pression sur facebook).

–          Des mois que je poste plus régulièrement, « ils » (= vous quatre) vont croire que je me suis « rangé ».

Oui, je suis faible, et c’est pour ça que j’ai cliqué.

Ensuite j’ai prié pendant 47 minutes et 38 secondes pour que quelqu’un surenchérisse sur moi, histoire d’enterrer cette histoire, ce qui me permettrait au passage de raconter que j’étais quasiment parti puisque j’avais essayé de toutes mes forces (c’est presque pareil).

Manque de pot j’ai gagné le gros lot. Du coup je pars dans dix jours tandis qu’au moment où j’écris ces lignes, sur France 2, « Envoyé spécial » nous rappelle la mort de « notre compatriote* », kidnappée il y a peu à la frontière somalienne (*j’ai oublié son nom : comme elle n’est pas journaliste, et qu’en plus elle est morte, ils n’ont pas montré sa tête tous les soirs à la télé – c’est plus difficile à mémoriser).

Bien sûr j’ai immédiatement prévenu ma maman chérie, la seule femme au monde dans laquelle j’ai passé plus de dix minutes (ça créé des liens) : elle m’a immédiatement proposé de me rembourser le billet ô combien moins cher que ma future rançon :

–          Mais c’est évident que tu vas te faire kidnapper ! Et paludismer ! Ne pars pas mon petit !!

–          Je… j’ai peur môman… Je sais pas quoi y foutre moi, au Kenya, et j’ai pas envie d’y aller… J’ai peur mais… mais… n’est-ce pas là que l’Aventure commence ?! Dès lors qu’il faut faire appel au courage !!!

(avis aux journalistes qui s’intéresseraient à mon blog suite à mon kidnapping : c’est la phrase précédente qu’il faut garder pour la postérité – et non pas celle sur ma mère – la loupez pas !)

Bon eh bien y a plus qu’à !

L’autre raison pour laquelle j’ai pris le billet, c’est qu’il faut que je colorie ma map perso de partout avant mes 33 ans (l’âge de la mort de Jésus et d’Alexandre comme tous ceux qui ont joué à Trivial Pursuit le savent déjà) et que l’Afrique orientale manquait cruellement de vert. C’est con comme raison, non? Si, c’est con.

Depuis que j’ai mon billet j’écoute de la musique kenyane (au début c’est nul mais après aussi) et je sais où se trouve le Kenya sur une carte de l’Afrique (et même sur une carte du monde) ; je connais par cœur la date de la saison des pluies (c’est celle à laquelle je pars) et cerise sur le gâteau : j’ai appris quelques mots de Swahili… « Pour quoi faire ? », me direz-vous, « Tu ne pars pas en Swahilia ? ». Certes, et ça risque d’être un peu difficile à comprendre mais sachez que les Kenyans ne parlent pas kenyan mais que…  (bon laissez tomber, on reviendra dessus plus tard).

…et donc je sais dire : « Hujambo ? » en swahili, ce qui ne sert pas à demander à son voisin s’il a eu sa part de lard mais bien des nouvelles de sa santé. Question à laquelle il répondra donc « Sijambo », ce qui signifie « Oui je vais bien », rendant clairement apparentes les influences du français et du latin sur cette langue indoeuropéenne > c’est quasi comme demander : « Es-tu en jambe / in gambe ? » et de s’entendre répondre « Si, j’suis en jambe » en hyper contracté.

Et si la personne n’est pas en jambe ? Là ça devient le bordel, aussi ne prévois-je pas de poser cette question à quelqu’un qui ne me paraîtrait pas bien portant.

Et puis il va falloir que je relise « Le Lion » de Kessel… Et que j’écoute en boucle le tube de Pascal Daniel…

(ATTENTION : de là, à là : ma coloc’ espagnole est entrée dans ma chambre pour me demander de tester son nouveau masque relaxant pour le visage – je sais pas pourquoi – et m’a badigeonné la gueule de crème qui pue. J’arrive même plus à plisser les yeux. En plus elle a un accent horrible et elle parle que de cul, c’est insupportable.)

…et puis ce sera enfin l’occasion de vérifier qui est le plus fort du tigre ou du lion, des fois que j’en débusque deux dans la nature et que j’arrive à les convaincre de se fighter devant moi (je vous ramènerai les photos).

A ce propos j’ai déjà commencé à faire des plans sur comment me défendre contre une attaque de lion. Y a pas trente-six solutions toute façon, il y en a quatre :

1-      Je lui fonce dessus pour qu’il ait peur : sur un coup de bol il peut se dire « tiens, d’habitude on s’enfuit devant moi, doit y avoir anguille sous roche, hop je me casse ! ».

B- Je lui mets une grosse fourchette dans les yeux, façon Rougerie sur McCaw, except that McCaw is a chick-thief, not a lion (en anglais, s’il vous plait : des fois que j’arrive à capter l’attention des moteurs de recherche néo-zélandais, paf ! Nargage de la mort !).

B- Grâce à ma science des arts martiaux j’anticipe son coup de patte et je lui fais une clef de bras ; je le maintiens au sol puis je lui dis : « Ecoute mec, je comprends ta colère, mais malgré nos différents, sache que j’ai beaucoup de respect pour toi. Pourquoi nous battre alors que nous pourrions, sereins et paisibles, retrouver chacun foyer et famille dans le soleil couchant ? La rosée du matin n’est-elle pas plus belle dans la joie que dans la peine ? Dans l’amour que dans la haine ? Dans les bois que sous des chaînes ? Près des siens que près des hyènes ? [etc.] » Et paf, dès qu’il s’endort j’en fais de la poudre pour zizis chinois, je l’exporte et je deviens riche !

3- Je cours vers lui ; il bondit sur moi ; je me jette à terre et je lui passe dessous pour lui mordre les couilles… après c’est alea jacta est : je lâche pas prise quoi qu’il m’arrive, jusqu’à ce qu’il admette que je suis un animal vachement dangereux.

Un jour je ne vous donnerai pas la liste des « conseils beauté » de ma coloc’ espagnole. Pour votre propre bien.

Bon ça c’est en cas de problème avec un lion. EN CAS de problème avec un kidnappeur Somalien…

(ATTENTION : de là, à là : ma coloc’ espagnole s’est rendue compte qu’on n’avait pas utilisé le tube en entier et m’en a remis une couche. Mon masque est devenu très très dur à présent : je crois qu’elle cherche insidieusement à m’épiler la moustache, parce qu’elle aime pas que je laisse trainer des poils quand je me rase – je suis tellement viril)

…je disais donc : en cas de problème avec un kidnappeur Somalien je me vois bien lui arracher une des grenades qu’il porte à la ceinture, la dégoupiller et lui planter mes yeux dans les siens en lui susurrant à l’oreille : « Maintenant, c’est toi qui choisis… ».

Problème : je suis pas sûr d’être assez souple de la bouche pour le regarder en face tout en lui susurrant à l’oreille. Mais j’ai une bonne semaine pour m’entraîner.

Je vous tiens au courant en tout cas, tant que je suis vivant. Si je meurs mangé par un lion, c’est pas grave : relisez mon poème à ce sujet et votez pour que j’entre au Larousse 2012. Si je me fais kidnapper, c’est pas grave non-plus : dites-vous qu’au moins je vis une aventure et qu’en plus, quand je reviendrai (sous-entendu : faudra quand même venir me chercher au bout d’un moment), y aura enfin un connard pour éditer mes œuvres, que je n’aurai plus besoin de vous vendre à des prix exorbitants, ce qui ne doit pas vous empêcher de les acheter ici.

Ca va pas être si facile que ça de vous rapporter de la neige: faudra d’abord dodger les éléphants.

Bon, je vous laisse : je dois convaincre ma coloc’ de s’occuper du palmier nain durant mon absence ( oui, il est toujours vivant). Soyez bien aventureux en mon absence et je vous rapporterai un peu de neige du Kilimandjaro !

Ps : attention, des liens publicitaires ce sont cachés dans ce post, saurez-vous les retrouver ?

Pps : Une idée me frappe tout à coup. Pour moi, les voyages ne sont plus une aventure. Voyager m’est devenu trop facile, je ne m’intéresse même plus vraiment aux destinations, j’y vais et je me les avale comme les dernières parts d’un gâteau dont j’aurais déjà enfourné plusieurs tranches.

C’est autant de parts que je ne laisse à personne de partager avec moi. Si je vois le Kilimandjaro dans dix jours, je le verrai seul. Si je lui fais une nouvelle visite, plus tard, avec quelqu’un, je ne ferai plus alors que le revoir.

Muses… ne me laisserez-vous jamais en paix ?

C’est quand même hyper dark comme fin… 10 Nabolo-points à qui peut me trouver une chute sympa !

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