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adam eve pomme

L’histoire d’Adam et Eve a fait le bonheur de leurs descendants…

Le sexe, du naturel au sophistiqué

Faites l’expérience suivante, c’est un tour de magie plutôt surprenant : allez dans la rue (une rue piétonne par exemple) et arrêtez-vous au milieu. Puis tendez votre index droit et mettez-le sur la tête… Il ne se passe rien. Mettez-le ensuite sur votre menton… Il ne se passe toujours rien. Essayez dans le nez, les oreilles et entre les orteils, c’est le même résultat. Mettez-vous le dans le cul… C’est la panique ! Les « gardiens de la paix » peuvent même vous arrêter pour ça : la position de votre index sur votre propre corps est réprimée par la loi. Bizarre, non ?

Pourquoi ce qui a trait au sexe est-il condamnable ? Dans notre société occidentale judéo-chrétienne, c’est dû à un bouquin publié il y a de cela looooooooooongtemps, qu’on appelle « La Genèse », qui relate notamment l’histoire d’Adam et Eve, une histoire inspirée d’un vieux mythe sumérien qu’elle a totalement perverti. L’idée relatée dans cette tragique histoire, c’est qu’Adam et Eve sont chassés du paradis pour avoir eu des rapports sexuels : de quoi rendre la chose coupable aux yeux de tous leurs descendants (nous, censément).

Maintenant réfléchissez un peu : si vous donnez foi à cette histoire, que pour vous la vie est une punition héritée de ce péché originel et qu’avoir des rapports sexuels n’en est que l’insupportable répétition : respect… Mais soyez cohérent avec vous-même : n’allez pas forniquer à droite, à gauche, ou condamner les plus sensuels que vous.

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Sous prétexte que c’est de l’art, une statue a le droit de nous montrer sa bite?!

Si vous ne donnez pas foi à cette histoire, en revanche, vous n’avez aucune raison de vous préoccuper de la sexualité d’autrui ou de faire plus grand cas d’une zizette que d’un genou ou d’un coude car, à moins d’être concerné vous-même par l’objet en question, il n’y a pas de raison que vous vous y intéressiez plus avant. Si tout le monde marchait le sexe à l’air, ça n’interpellerait personne : les Grecs ne se contraignaient pas aux slips et on ne force pas les chiens à en porter.

Bref, mon propos est le suivant : s’il y a des pratiques sexuelles condamnables aux yeux de certains, c’est simplement parce qu’elles sont condamnées, et non l’inverse, comme ça devrait.

La codification de la sexualité

A partir du moment où une société considère la sexualité comme une invention diabolique directement inspirée par Satan, elle la condamne. Mais ce genre de société, dépourvu de sexualité (monastères, couvents) ne se renouvèle pas. C’est con comme chou mais sans sexualité, pas de bébés ! Alors les plus fervents serviteurs de Dieu sont contraints, pour renouveler le stock de leurs disciples, d’admettre la pratique du sexe, non sans la codifier.

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Ces trois jeunes femmes ont consacré leur sexualité à Dieu. Elles ont fait le bon choix: leur épanouissement se lit sur leur visage…

La codification de la sexualité a évolué depuis le temps où il était recommandé de ne pénétrer son épouse qu’au travers d’une fente discrètement percée dans sa robe de chambre… Néanmoins la fellation est toujours interdite dans certains Etats aux Etats-Unis et d’autres pratiques sexuelles condamnées, sinon sur le papier au moins dans les têtes, alors que s’il y a un truc dont personne ne devrait se mêler, c’est bien la manière dont le voisin utilise ses attributs génitaux.

On le voit, l’ancienne codification demeure. Autre hérésie, la classification des sexualités qui découle des mêmes sources.

La classification des sexualités

Toujours dans la perspective de définir quelles pratiques sexuelles sont autorisées et lesquelles ne le sont pas, notre société a divisé la sexualité pour en faire des sexualités : hétérosexuel, homosexuel, zoophile, nécrophile, pédophile, etc. sont des adjectifs qui caractérisent une personne d’après son comportement sexuel. Cette classification me paraît absurde. Voici quelques exemples concrets qui me semblent révéler cette absurdité :

– Un homme de 30 ans couche avec une fille de 17 ans, le lendemain la majorité passe de 18 à 16 ans, l’homme est-il pédophile ? Et si la majorité passait de 18 à 10 ans ?

– Un homme couche avec une femme qui est anciennement un homme, ou qui le deviendra ensuite, l’homme est-il homosexuel ?
– Une femme se masturbe à l’aide d’un escargot consentant (arrivé au bon endroit par hasard), est-ce qu’elle est gastéropodophile ou juste zoophile? Et si c’est un bébé escargot ?
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Les bonobos seraient les champions de la galipette s’il n’y avait pas eu l’homme. Ici, sous l’oeil surpris du photographe, ils s’adonnent de nouveau à l’un de leurs jeux interdits. Bouh, les vilains!

La réponse à ces questions est qu’on s’en fout complètement, non ? En quoi ça peut bien nous importer de classifier tout ça alors que l’évidence même c’est que l’être humain est simplement « sexuel », plus que n’importe quel autre animal d’ailleurs, et qu’il assouvit ses besoins sexuels de manières extrêmement variées, oui, plus encore que le bonobo.

De ce point de vue, la classification des sexualités n’a donc aucun sens. Je ne vais pas entrer dans les détails de pourquoi le « condamnable » de certaines pratiques sexuelles naît directement de la culpabilisation social qui pèse autour sans quoi je vais avoir des problèmes avec mon hébergeur (j’aime bien faire genre « il y a des gens qui me lisent » + « je suis censuré ! »), mais je vous laisse réfléchir seuls à la question.

Sexualités et cultures

Selon les cultures (elles tendent malheureusement à l’uniformisation), les pratiques sexuelles sont perçues différemment, la maturité sexuelle ne s’acquiert pas au même âge, etc. Bref, il n’y a pas de vérité suprême à ce sujet, c’est ce qu’il est bon de retenir.

A ce sujet, il y a un exemple assez comique, qui souligne à nouveau l’absurdité de la classification des sexualités : c’est le cas de la perception, en France et aux Etats-Unis, de l’homosexualité.

En France, un homosexuel est quelqu’un qui est attiré par des personnes du même sexe, qui assume ses goûts, et qui les suit, par choix.

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Le Kama Sutra est un traité religieux et social avant d’être sexuel. Une sexualité épanouie peut rapprocher l’homme de Dieu dans certaines cultures, alors qu’elle l’en éloigne dans dautres…

Aux Etats-Unis, un homosexuel est quelqu’un qui est né avec le gène de l’homosexualité, on ne saurait donc lui reprocher son attirance pour des gens du même sexe car cela est complètement indépendant de sa volonté.

On peut facilement imaginer les embrouillaminis que causent l’opposition de ces deux points de vue défendant la même cause, alors pourtant que ce serait tellement plus simple de conclure que ce qu’autrui fait avec ses fesses ne nous regarde pas, que le plaisir sexuel est l’un des meilleurs et des plus accessibles plaisirs qui soit, et que chacun devrait en profiter autant que possible, seul ou avec des partenaires dont la nature importe peu pourvu qu’ils soient consentants.

Le viol

Il apparaît finalement que, ce que la plupart des gens condamnent, sans bien toujours l’identifier, dans les rapports sexuels, c’est surtout le viol, ou dans les sexualités, la peur du viol, la crainte d’être impliqué contre leur volonté dans quelque chose qui en fait ne les implique pas. Si je me joins à eux pour condamner le viol, de toutes mes forces, je souhaite tout autant que le viol soit distingué de la sexualité, ou des « types de sexualité » puisque ce concept incongru ne semble pas devoir disparaître bientôt.

Par ailleurs j’ajoute qu’il faut parfois savoir faire l’économie de certains termes qui désignent des choses graves, trop graves.

L’amour et le sexe

De nos jours on fait presque systématiquement la distinction entre l’expression de sentiments amoureux et le rapport sexuel. Mais l’un n’est pas nécessairement distinct de l’autre, non ? Alors, si on peut s’aimer, ne peut-on pas s’embrasser ?

(Et laisser les gens b*** tranquille, c’est possible aussi…?)

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