(roman) Travaux sur INDIANA TOM Illustration d'un épisode d'Indiana Tom, le roman de Nabolo d'un stagiaire à l'ambassade de France en Inde

Published on avril 13th, 2010 | by Nabolo

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L’épisode du cours de Yoga

classe yoga

Poussez fort, ça va sortir!

J’ai besoin de votre aide ce coup-ci, c’est un peu compliqué! L’épisode suivant est inclus dans une partie du bouquin que je ne suis pas certain de conserver… Si je la conserve, je conserverai cette épisode, mais je ne suis pas certain de conserver la partie concernant les souvenirs de collège de Thomas. Bien que drôle, ça n’a pas de rapport avec l’Inde… Trouvez-vous qu’elle fassse « intruse » dans le récit? D’avance merci pour votre aide et soutien!


Une fois déchaussé, Thomas suit ses condisciples à l’intérieur de la salle de yoga, une chambre du dernier étage. Le Gourou est là qui attend, souriant. En rang debout face à lui, ses tout nouveaux disciples se laissent expliquer ce qu’est le yoga, son fondement, ses règles et pratiques qui vont biiiiiiiien au-delà de celles d’une simple gymnastique et qui, à force de persévérance, leur permettront d’obtenir santé, vigueur, « as well as a fit and well shaped body » ajoute le Gourou du haut de son mètre soixante en remontant son pantalon sur son ventre bedonnant. Charlotte a un mouvement de sourcil dubitatif tandis que la crédibilité du Maître chute à « un » sur une échelle de dix.

Thomas, Charlotte et Perrine entament la séance par des étirements. Tandis qu’ils s’échauffent, Raoul s’introduit discrètement dans la salle pour s’asseoir sur un fauteuil et observer le cours. Il n’a rien trouvé de mieux à faire en attendant son massage.

Le Maître enseigne à ses disciples des positions diverses : celle de la montagne, du cobra, de l’aigle, etc… Sur un pied, et en levant les bras, les trois apprentis répètent des formules étranges.

« Probablement des mantras yogi qu’on pourrait transcrire en alphabet latin par « INAAL » et « EK ZAAL ».

Tandis que Thomas s’efforce de tenir sur une jambe, des souvenirs du collège viennent perturber sa concentration.

« C’était pendant le cours de gymnastique, en 4ème 2, durant lequel, filles et garçons en collants, avaient du, chacun à leur tour, présenter un enchaînement de figures au sol devant le reste de la classe.

– Je ne veux pas le faire.

– Thomas, c’est obligatoire.

– Je ne veux pas le faire.

Madame Brémond essaya un regard sévère qui n’eut pas le moindre effet : c’était la prof la plus gentille du collège, et moi, en l’occurrence, l’élève le plus déterminé. ça allait bien qu’on se foute de ma gueule toute la journée à cause de mes boutons ou qu’on jette mon cartable au premier rang des exclus, je n’allais pas en rajouter en me ridiculisant avec des enchaînements que de toute façon, doté d’une souplesse de porte, je ne serais jamais parvenu à exécuter.

– Très bien, je te mets un zéro dans ce cas là.

– Merci !! m’étais-je exclamé, rayonnant de bonheur et soulagé d’avoir évité le pire.

Hélas, une semaine plus tard, Mme Brémond était revenue à la charge, en employant les sentiments cette fois : « Tu es sur que tu ne veux pas le faire Thomas ? S’il te plait, fais-le, ça me ferait tellement plaisir… »

Damned ! J’aurais résisté si Medhi ne s’en était pas mêlé, nous proposant, avec une gentillesse extrêmement suspecte de s’occuper de mon enchaînement, d’en dessiner les différentes phases qu’il fallait coucher sur papier et surtout, de « m’entraîner ».

– Regarde Thomas, même ton camarade t’encourage !

– Ca va, ça va.

Medhi était le premier à rire de mes boutons, s’il s’impliquait de mon côté, après tout, je risquais moins : ça privait les rangs du public d’un de ses plus gros moqueurs.

Mauvais calcul.

Contrairement à ce qui avait été convenu, nous ne prîmes jamais le temps de répéter avant le mercredi suivant.

« Tout va bien se passer ! m’avait-il affirmé la veille, au téléphone, Je t’ai préparé un programme à la waneguène, tu vas tout déchirer ! »

Le lendemain j’étais dans les vestiaires en train d’enfiler mes collants cependant que Madame Brémond demandait à toute la classe de s’asseoir pour libérer le tatami où j’allais effectuer ma démonstration. J’étais le dernier élève à passer, j’allais bénéficier de toutes les attentions. ça ne s’annonçait déjà pas facile quand j’entendis la prof, à travers l’entrebâillement de la porte, qui criait d’une voix forte et impérieuse : « Thomas va finalement nous présenter son enchaînement. Je vous demande à tous de ne pas rire car il a très peur que vous le trouviez ridicule, alors soyez gentils ! »

Je n’avais jamais été asthmatique, avant : la tête baissé, les boutons rouges de honte, j’avais fait mon entrée dans le silence, adressant à Medhi un « Bon, on en finit vite ? » tout en lançant une violente rafale de « regards-qui-tuent » en direction de Brémond.

Au bout de la salle, assis sur le sol, sur des caisses ou des chevaux d’arçons, une demi douze-centaine d’yeux fixaient mes moindres gestes. Le spectacle pouvait commencer.

Je me tournai vers Medhi dont j’attendais les instructions. Il était tout sourire. Je compris pourquoi en découvrant avec horreur les mauvais croquis de karatéka qui couvraient les pages de son cahier de cours : sous l’influence de Dragon Ball, il traversait comme nous tous une période d’admiration pour les arts martiaux. J’allais en faire les frais.

« La position de la tortue ! » s’exclama-t-il après avoir vérifié ses notes. Mes yeux écarquillés disaient : « Non ?! », mais les siens, plissés derrière ses grosses lunettes répondirent : « Si ! ». Il me tendit son cahier pour que j’en imite les acrobaties, et continua d’annoncer au public : « La défense du blaireau ! » « Le pigeon qui s’élance ! »  « Le camouflage du chacal !» et enfin « Le saut du chamois ! ».

A l’instar de Perrine et Charlotte, Thomas ouvre les yeux sur l’ordre du Maître. Ce n’est pas le cas de Raoul, qui, vautré dans son fauteuil, la langue pendante, dort comme un bébé de quatre-vingt kilos. Leur gourou n’a cessé de répéter ses formules magiques que Thomas décrypte enfin : « inhale » et « exhale » deux mots d’un anglais imaginaire censés rythmer leur respiration et qui, faute que Thomas les ait traduits plus tôt, lui ont épargné tout l’intérêt de l’exercice.

Pour clore la séance, les initiés s’assoient en tailleur pour souffler « OM » le son originel de la création de l’univers.

« C’est aussi le nom d’une marque de lessive, quand on le répète plusieurs fois. »




3 Responses to L’épisode du cours de Yoga

  1. Abyna says:

    Ca ne fait pas bizarre. Le Yoga marche bien pour un aventurier désireux de découvrir toutes les facettes de cette contrée lointaine, et ça lui rappelle des souvenirs honteux du collège..

    J’aurai encore plus détaillés ses sentiments à la fin de l’expérience de sa jeunesse ou au retour dans la vie actuelle, pour terminer la comparaison avec ses réminiscences, mais rien de plus :)

    Je valide :p

    Et j’ai hâte de lire toute l’histoire, d’une traite.

  2. Angbryn says:

    C’est marrant, moi je serais plutôt de l’avis contraire. Je trouve cette partie du récit lente et au final le souvenir n’a rien de suffisament frappant selon moi pour justifier qu’on le partage
    avec le lecteur. Je n’ai pas lu tous tes extraits mais je trouve celui-ci beaucoup moins interessant que les autres.

  3. julien says:

    Je suis un peu de l’avis de la deuxieme personne, je le trouve en effet moins drole que celui du moustique, et moins interessant que celui du temple de Kali, ou ça n’avait certe pas de rapport
    directe avec l’inde mais interressant. Mais bon apres c’est très plaisant à lire, il faudrait peut etre comme le disait abyna approfondir un peu, nottament sur le lien entre les deux récits,
    et l’interet de rappeller le souvenir pour cette scène la… Encore une fois ça reste plaisant à lire mais je comprend pas trop où tu nous emmenes.

    Rien à voir, mais as-tu abandonné l’idée de ton recueil de nouvelle ?

    Bon courage pour l’écriture, j’ai hate d’avoir l’oeuvre en entier !

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