Aventures Zèbres en liberté dans le cratère du Ngorongoro

Published on janvier 14th, 2012 | by Nabolo

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L’aventure africaine XII – Dans les tréfonds du cratère

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Quand je vous dis qu'il s'agit d'un cratère géant !

Après quelques photos de grande qualité qui marqueront probablement la décennie, nous nous engouffrons dans le cratère en cahotant sur le chemin qui longe la paroi des collines. Toujours pas d’animaux, au point de se demander s’il y en a vraiment puisqu’en apercevant le cratère dans son ensemble, je n’en avais pas vu l’ombre d’un seul… Pourtant la jeep à peine arrivée sur le plat de la plaine dont je me plains qu’elle est pleine de vide (je m’octroie +2 nabolo-points pour cette magnifique allitération) voilà que deux gnous, ces animaux réputés idiots mais que je trouve étonnement beaux (comme quoi l’un n’empêche pas l’autre) se donnent la chasse à nos côtés. En fait il y a des animaux partout, partout, partout, mais qui parviennent à se cacher derrière la moindre distance, tout en continuant leur train-train quotidien. Nous avons vu des gnous donc, des antilopes de x variétés, des autruches, des zèbres, des buffles… Et un grand nuage de flamands roses ondulant sur les bords de l’eau. De jeunes bergers Masaï menaient également leur troupeau dans le cratère, et nous réclamèrent plusieurs mois de salaire pour leur photo. Si ça c’est pas du narcissisme ! Moi je ne les blâmes pas d’agir ainsi, mais je blâme ceux qui ont répandu auprès d’eux l’idée que c’était convenable en accédant à leur requête alors qu’une grande partie des cultures humaines faisaient du bon accueil aux étrangers une des règles première du savoir vivre quand, de nos jours, on se sent coupable de recevoir des présents en guise de bienvenue et normal de payer certaines invitations. Scandaleux ! Comme quoi la colonisation n’a pas eu que des bienfaits sur le rapport entre les peuples.

Les nuages se sont massés sur les bords du cratère… A part ça il y a aussi des zèbres.

Mais plus que tous ces trucs que j’ai déjà mentionnés, ce que je voulais voir, c’était des lions. La présence des Masaï n’était pas bon signe en la matière car, bergers, ils détestent le royal animal saccageur de troupeau et lui tapent sur la gueule à la moindre occasion… C’est leur loup local quoi, mais en plus classe. Pas l’ombre d’une crinière à l’horizon donc… cet horizon que je scrute avec les jumelles empruntées au guide et qui font le même effet que des lunettes pour aller sous l’eau, mais sans te déformer la tronche de tous les côtés… à moins que la jeep ne freine brusquement et que tu te prennes le bitoniau dans l’œil, ce qui peut arriver quand des lions dorment au milieu de la route. Ca ne servait pas à grand-chose de les chercher au loin. Pourquoi préfères-t-ils dormir sur la route que n’importe où ailleurs ? Je n’en sais rien… Peut-être qu’il y a moins de parasite à cet endroit là et qu’ils imitent en ce sens les sans-abris des carrefours de Delhi. Ce qui est sûr c’est que dépourvu de prédateur, au sommet de la chaîne alimentaire : le lion n’est pas un animal farouche. Le lion est même un putain de gros fainéant. On en a vu plein des lions en fin de compte, dans le Ngorongoro, et TOUS dormaient. Dans les zoo, au moins, ils tournent parfois en rond. A chaque fois qu’on croisait un nouveau groupe de lions (et il s’agissait bien de lions en grande majorité, plutôt que de lionnes) notre chauffeur faisait son créneau autour et on prenait nos photos. On se lassait tellement de les voir immobiles que le chauffeur a pris l’initiative de leur balancer un fond de bouteille d’eau sur la tronche. Le lion touché s’est réveillé en sursaut, nous a regardé d’un air désapprobateur et s’est léché les pattes avant de se rendormir. Nous aussi nous avons désapprouvé, tout en prenant un max de photos. De cela j’ai tiré plusieurs conclusions.

Des antilopes. Elles fonctionnent vachement bien: nous n'avons pas croisé une seule lope de toute la journée.

Tout d’abord, grand B : les chasseurs de fauve qui se la sont racontée pendant tout le siècle dernier en posant avec leur trophée (un lion abattu) pipe à la bouche et bob à rebords solides vissé sur la tête sont vraiment des ehodmndffbbirmbzprfhb. Parce que pour buter un lion c’est pas bien difficile : tu prends un fusil, tu marches, tu trouves un lion, tu marches, tu lui mets le fusil sur la tempe et tu tires. Au pire y a moyen qu’il te lance un regard dédaigneux juste avant, façon : « quel est cet être inférieur qui ose s’approcher de moi » mais à part pour la conscience c’est pas vraiment insurmontable comme obstacle.

Des gnous.

Autre conclusion (petit E) en voyant que les lions dorment à une vingtaine de mètres des zèbres et compagnie : les zèbres acceptent de se faire bouffer. Ca paraît dingue, et moi-même je pensais : ils se sont bien foutus de notre gueule chez Disney, au début du roi lion, quand tous les animaux viennent fêter la naissance de celui qui va les bouffer. Et pourtant, Mouphassa disait vrai : c’est l’histoire de la vie, le cycle éternel. Alors comment ça se passe ? Ben le lion bouffe, admettons, tous les trois ou quatre jours. Donc quand il a faim il se réveille, et il va faire un tour à la supérette du coin, vint pas plus loin : le point d’eau où toute la boustiffaille est rassemblée. Y a du zèbre, du buffle, de l’antilope, du phacochère (super marrants les phacochères au fait, je vous en ai pas parlé) etc. Et il a plus qu’à choisir et s’approcher du groupe choisi. Le groupe en question, les zèbres mettons, SAIT qu’un lion s’approche (ça vaudrait bien la peine d’avoir des narines de la taille d’une orange et de porter ses oreilles sur le dos du crâne sinon) mais au lieu que tous les zèbres se cassent à toute jambe comme ça nous paraîtrait logique (et vu qu’ils courent beaucoup plus vite qu’un lion) ils se décalent. Parce que la stratégie défensive du coin c’est pas de fuir, c’est d’espérer que son voisin se fasse bouffer à sa place. C’est ça ou passer sa vie à fuir les lions d’un point d’eau à un autre, de toute façon. Et c’est finalement là qu’on retrouve un point commun entre la société animale et la notre puisque, comme chez nous, ce sont nécessairement les plus faibles et les plus mal lotis qui trinquent : ceux qui trainent en périphérie du groupe plutôt qu’au milieu, qui courent moins vite, sont handicapés, cons ou naïfs. Et quand un de ceux là se fait choper, tous les autres disent ouf ! et retournent à une activité normale… exception fait des buffles et des éléphants, des canards peut-être aussi : je n’en sais rien donc je ne l’exclus pas.

Des buffles.

Comme cette aventure africaine commence à s’éterniser et que j’aimerais bien en finir pour vous raconter la dernière blague de Toto hyper poilante qu’on m’a racontée hier je m’autorise une ellipse temporelle et vous laisse profiter des photos : nous avons continué à sillonner le cratère, le long des routes qui le quadrillent et je ne sais pas à quel point c’est dérangeant pour l’environnement. Nous avons aperçu un rhino de loin, seul et immobile, sympa la vie, ainsi qu’un vieil éléphant avec toutes ses dents qui traversa pas à pas toute l’étendue de la plaine dans sa démarche lente et majestueuse… d’habitude j’aime pas les phrases à la con comme ça mais pour le coup c’était vraiment prenant de voir passer le géant juste sous notre nez.

Autruche.

On a fait une pause-déjeuner au moment du déjeuner, dans un coin retiré, près d’un point d’eau où conversaient des hippopotames (dont il faut se méfier paraît-il parce qu’ils n’hésitent pas à se mettre en mode sous-marin pour te rusher sous l’eau et te chopper par surprise). La consigne était l’interdiction absolue de nourrir les animaux du coin, principalement de petits oiseaux. Les Danois de manière générale, respectent les consignes, et d’autant plus mes Danois que celle-ci concerne la nature, pourtant l’un d’entre eux ne pue s’empêcher d’offrir une miette à un petit oiseau magnifiquement coloré, et Erik-le-rouge le lui signaler :

« Mais il était tellement mignon !! » s’exclama l’autre, tout surpris lui-même d’avoir dérogé à la règle : cri du cœur.

Après on est rentré. Quand je repense à cette journée elle me semble irréelle, il me faut voir les photos pour me convaincre que j’ai vraiment vu tout ça.

Mais mon voyage ne s’arrête pas là…

Un authentique smurfle (vivant)

Votre héros n'hésite pas à mettre la tête hors de la jeep, et ce malgré la présence de fauves rapides et agiles comme la braise !!

Votre héros (encore lui!!), sûr de sa force, n'hésitant pas à narguer le roi des animaux.

Les lions sont sur le qui-vive: c'est l'heure de la chasse !

J'aurais intitulé cette photo "la marche de l'Empereur" si le titre n'avait pas déjà été piqué par des pingouins.

Et pour finir, l'authentique (je vous le parie!) rocher du "Roi Lion", au beau milieu du cratère (cliquez pour zoomer).




3 Responses to L’aventure africaine XII – Dans les tréfonds du cratère

  1. « Des antilopes. Elles fonctionnent vachement bien: nous n’avons pas croisé une seule lope de toute la journée. » HAHA.
    Sympa les photos, merci de nous avoir fait profiter d’un peu de ton voyage (un peu parce qu’on y était pas vraiment, on a que les photos et les jeux de mots sur les noms d’animaux) ! J’espère que tu as quand même pu appliquer la super technique de tabassage en règle du lion dont tu nous avais parlé précédemment, malgré le manque de coopération de la bête … Vivement la suite, et le reste aussi.

  2. Schtroumpf à bérêt says:

    Tu le croiras si tu veux, mais au moment où je clique sur la dernière photo, il y a la musique « Can you feel the love tonight » du Roi lion qui passe sur mcm pop (ça sent la St Valentin)… un signe du destin!!

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