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Sept jours que je suis parti en Afrique. Ca paraît rien comme ça et pourtant ! J’connais même des types capables de bâtir un monde en sept jours. Moi perso je me suis contenté d’observer (modestie quand tu nous tiens).

Pour pas que je me fasse trop chier à la rédaction, on va faire comme si je vous écrivais directement de là-bas, vu que c’est ce que j’ai fait, sauf que mon cahier Clairefontaine n’a pas de modem. J’écris donc au présent, tout en massacrant la concordance des temps comme d’habitude. 3… 2… 1… go pour l’aventure africaine !

Kenya… le soleil se lève dans sa robe rouge terre, rouge sang, en découpant la silhouette tordue de grands arbres noirs qui prêtent leurs formes à l’horizon. Les insectes intensifient leur chant. On dirait un chœur dont les voix se démêlent au fur et à mesure que le soleil s’enflamme…

Il pète le générique du Roi Lion sérieux, on s’y croirait ! Je me le suis tapé en boucle toute la semaine pour bien me préparer. Maintenant je sais dire « hakuna matata » par cœur ! Ca me changera du « il en faut peu pour être heureux » indien : j’avais besoin d’un nouveau modo pour me donner un coup de fouet. Voilà qui est fait ! Je range l’ordi et j’enfile mon sac rempli de trucs d’aventuriers. Je me suis fait plaisir pour ce trip. L’aventure c’est comme la vie : c’est un jeu (et une boîte de chocolat), alors autant y aller à fond, j’ai investi ! J’emporte avec moi :

  • – Un anti-moustique peau ET vêtement (finalement je l’ai acheté)
  • – Une tablette de Malarone pour me protéger du palu (finalement je l’ai achetée aussi)
  • – Un porte-clef anti-moustique-solaire-d’aventurier (acheté chez Nature & Découverte) : tu le charges au soleil et ça produit des ultra-sons qui chassent les moustiques femelles.
  • – Une moustiquaire (dont j’aurai sûrement pas l’usage mais pour le style)
  • – Une cuillère-fourchette-couteau-ouvre-boîte-tout-en-un (ils commencent à me connaître chez Nature & Découverte)
  • – Une écharpo-bonetto-cagoulette-cache-oreille-tient-cheveu-masque-de-sommeil-tout-en-un (en gros c’est une chaussette sans fond qu’on porte autour du cou et pour laquelle je n’ai pas obtenu de réduc chez Nature & Découverte)
  • – Une lampe-torche-rechargeable-à-la-main-porte-clef qu’on m’a offert (mais provenant tout droit de chez Nature & Découverte)
  • – J’aurais bien pris mon ceinturon-joystick-nintendo mais j’ai pas encore trouvé comment le fixer à ma ceinture. Fait chier. Tant pis pour le style.
  • – J’ai aussi pris un cahier de voyage, celui sur lequel je vous écris ces lignes chers EXCELLENTS lecteurs. Pour le coup j’ai fait classique : un bon vieux cahier Clairefontaine à carreaux alors que j’aurais très bien pu prendre un carnet de voyageur à revêtement de cuir et pages-gros-grain-fripées-à-l’avance pour me la péter, et ce pour seulement 35€ de plus. Je ne suis donc pas totalement un m’as-tu-vu.

Après je suis allé à l’aéroport et tout – là je suis dans l’avion -.

A l’aéroport j’ai découvert qu’on aurait une escale au Caire. Ca m’étonnait aussi : 13 heures de vol pour aller au Kenya ! Ca paraissait longuet même si je m’étais expliqué la chose par des vents contraires et la rotondité de la Terre (vous comprendrez quand vous serez grands).

Dans l’avion, la moyenne d’âge des passagers est d’environ 60 ans. A ma gauche, ma voisine joue au sudoku et répète ses phrases trois fois lorsqu’elle s’adresse à son mari. En diagonale et sur ma droite, un passager est plongé dans la lecture d’un article de magasine au titre souligné de rose « les problèmes d’une diva » avec des photos de Britney Spears presque habillée (scandaleux !). J’ai donc pris un jus de tomate. Ne me demandez pas pourquoi. Il n’y a qu’en avion qu’on boit du jus de tomate. Moi-même, jamais de ma vie entière jamais je n’ai jamais bu du jus de tomates en dehors d’un avion. Ca paraît fou que les hôtesses continuent d’en proposer. Le pire c’est que ça doit marcher sinon elles arrêteraient, non ? Je sais que c’est pas passionnant et je vous aurais bien raconté chameauchade à travers le Sahara mais c’est en avion que je voyage. Peut-être que dans cent ans y aura des gens pour trouver ça exotique et aventuresque, à une époque où tout le monde voyagera par téléportation… tandis que moi je brave pas mal de dangers (y a la guerre au sol, en Somalie !) …même si je me rends bien compte que j’écris surtout pour les générations futures.

Il est donc l’heure pour moi de vous laisser : pour me plonger dans mon aventure. Toutes les conditions sont réunies puisqu’on va bientôt m’apporter mon plateau repas  et que le film (les choristes ?) va bientôt commencer. Simba ! Poumba ! Et le pt’it là ! Me voilà !

Ps : je sais pas comment mes voisins s’en sortent avec leur sudoku mais pour remplir les papiers d’entrée au Kenya ils galèrent !

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