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Qui se douterait que derrière cette innocente boîte d'épinards se cache en fait une boîte de petits pois?

Qui se douterait que derrière cette innocente boîte d’épinards se cache en fait une boîte de petits pois?

Enfant, je détestais les épinards, jusqu’à ce que je fasse la connaissance de Popeye, ce héros au regard si doux qui devint rapidement mon mentor et mon modèle (avec Candy, aussi, un peu). Dès lors, j’allai, à son instar, puiser ma force exceptionnelle dans les épinards… Hélas ! Ca n’en changea pas moins le dégoût que m’inspiraient ces petites chénopodiacées originaires d’Iran (je parle des épinards) une fois servies dans une assiette. Car pour bien faire il aurait fallu que, à l’exemple de mon héros, je les fasse directement gicler de la boîte jusque dans ma bouche.

Pas facile d’orienter le jet tout en éclatant la ferraille à bout de bras. J’en aurais probablement mis partout si je n’avais été que capable d’entrouvrir le couvercle. Or, même secondé d’un ouvre-boîte, du haut de mes quatre ans, cela relevait de l’exploit.

Pour bien faire il aurait fallu que j’aie des épinards sous la main chez qui puiser la force d’ouvrir ma boîte d’épinards… Problème insoluble : c’est là qu’opéra la magie de l’imagination !

Courant partout dans le supermarché je pris l’habitude de me saisir des boîtes de conserve que j’ouvrais par la pensée, tout en chantonnant « tintin tin tintin tintintintin tintintin tintin ! » (les initiés auront reconnu le générique du dessin animé).

Alors le miracle se produisait inéluctablement, Musclor pouvait se rhabiller.

Un jour que je faisais la démonstration de ma force à ma mère en déplaçant pour elle, à la seule force de mes bras, un cadi de plusieurs tonnes, elle me fit remarquer que la boîte de conserve que je tenais en main était en fait une boîte de petits pois !

Stupeur et tremblements… J’avais été berné par la société de consommation !

En homme d'expérience, Popeye vérifie toujours l'étiquette avant d'ingurgiter une boîte d'épinards qui n'en sont pas.

En homme d’expérience, Popeye vérifie toujours l’étiquette avant d’ingurgiter une boîte d’épinards qui n’en sont pas.

Suite à cette douloureuse aventure, les autorités ont révélé que la teneur en fer des épinards était dix fois inférieure aux chiffres officiels… Qui avaient été exagérés à l’occasion d’une malencontreuse faute de frappe (probablement sponsorisée par l’industrie de l’épinard qui comme chacun sait contrôle les tenants et aboutissants des conflits du moyen-orient). A croire que c’est la boîte de conserve qui donne son fer à l’épinard et non l’inverse. Douleur. Traumatisme. Aujourd’hui encore je souffre en mon moi intérieur d’avoir été si crédule. Les petits pois me dégoutent, surtout cuits à la vapeur. Et je m’adresse à ceux qui, comme moi, ont subi les affres de la conserve, unissons-nous, camarades, pour épargner à nos enfants les déconvenues de leurs parents, votons pour que Popeye mange des bananes.

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