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kung-fou

Kenabolo – Ryu, j’aurai ta peau!

La Chine, c’est le pays des arts-martiaux. Ils ont peut-être été inventés en Inde et popularisés au Japon mais a priori c’est en Chine que c’est le plus typique, et l’Aventure attendait de moi que je m’y intéresse : voilà pourquoi j’ai pris rendez-vous avec un maître local, qui m’a proposé de le rejoindre au MacDonald de son quartier.

Pour le côté typique, j’ai été déçu. Le type avait mon âge et finissait son coca. Seul son crâne rasé (de ce que j’ai lu dans Dragon Ball, la tradition l’impose) trahissait son activité.

La conversation a commencé de manière assez classique. On a comparé mes attentes avec ce qu’il enseignait. Je lui ai expliqué que j’étais écrivain (j’hésite encore à dire que je suis acteur, vous connaissez ma modestie naturelle) et que je cherchais de la matière un peu partout à travers le monde, des expériences qui m’enrichiraient et enrichiraient mes écrits, et que j’étais beau, intelligent, tout ça.

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Yaah!

Le bon Kung-fu

La leçon a commencé là. Façon karaté kid. Je ne veux pas dire que le maître m’a demandé de bois-ton-coca ; bois-ton-coca ; bois-ton-coca pour m’entrainer à la parade mais que le kung-fu ne se résumant pas à l’art du combat, j’étais déjà en train d’apprendre et de pratiquer, rien qu’en conversant.

En fait il y a trois types de kung-fu.

Celui du cinéma ou des tournois qui met en avant le côté sportif et spectaculaire ; celui qu’on emploie comme exercice pour la santé du corps ; et le dernier, qui est partout et que le maître se proposait de m’enseigner.

Selon lui, c’est ça le bon kung-fu. Car quelle est la différence entre le bon et le mauvais kung-fu (m’a-t-il demandé) ? Facile, ai-je répondu : le mauvais kung-fu, tu vois un mec, tu tapes. Le bon kung-fu, tu vois un mec, tu tapes mais… c’est du bon kung-fu.

Ca n’était pas la bonne réponse.

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Coud-coude buloken!!

Ce qui fait qu’une chose est bonne, à ses yeux, c’est qu’on peut en faire un usage permanent et universel : ça ne sert à rien de savoir donner des coups de pieds et poings si l’apprentissage de ces techniques n’apporte pas quelque chose dans la vie au quotidien.

Un livre d’Agatha Christie (ou de Babar l’éléphant), qu’on ne peut comprendre que d’une seule manière
n’a qu’un intérêt limité à ses yeux, contrairement à la Cabale ou aux écrits de Lao-Tseu dont la compréhension varie selon les âges.

Il dit que c’est un tort de devenir maître dans un domaine, si l’acquisition de cette maîtrise nous affaiblit dans tous les autres, comme dans le cas d’un passionné d’arts martiaux qui sacrifierait sa famille et son bien-être au perfectionnement de ses techniques.

Le bon kung-fu, c’est une sorte d’habileté générale, qu’on développe en s’enrichissant dans tous les domaines à la fois : santé, capacités physiques, capacités intellectuelles, amour, créativité, connaissances, etc.

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Position de l’aigle!

Le carré parfait, c’est celui qui n’a pas d’angles.

Le maître (qui ne veut pas que ses étudiants l’appellent « maître » tant il est conscient qu’il lui reste à apprendre) pratique différents type de kung-fu, et notamment celui de Bruce Lee, qui disait : « Le kung-fu, il est là une seconde, et la seconde d’après il est ici ».

Esotérique ? Seulement aux oreilles occidentales d’après lui… Oui ! Il s’est permis de cracher sur notre civilisation préférée : le grand ouest !

J’étais bien content qu’il se lâche, connaître le point de vue chinois (enfin d’un chinois) c’est justement ce que je cherchais.

Il m’a parlé du projet « HAARP », la nouvelle arme secrète américaine qui est capable de provoquer des tremblements de terre à distance en projetant des milliards de watts dans le ciel, ou des virus développés par les laboratoires américains (tremblement de terre et épidémie : autant de maux qui frappent la Chine à l’heure de sa concurrence avec les USA) et de la manière dont les pharmacologistes vont dominer le monde : comment ils influencent déjà nos humeurs à travers leurs produits chimiques ; comment, de la même manière qu’en informatique, ils peuvent créer des maladies et proposer ensuite leurs vaccins ; comment ils préparent déjà des OGM qui ne réagiront qu’à leurs propres pesticides ou engrais ; comme il est déjà possible de s’approprier certains codes ADN, etc. Autant de terribles projets sur lesquelles il m’a invité à ouvrir les yeux, puisque ces choses interfèrent avec mon quotidien, tout en m’encourageant à ignorer ce qui se passe au-delà du voisinage: le secret du bonheur serait de se couper de cette overdose d’informations qui nous pousse à nous sentir concerné lorsqu’un homme tombe de sa fenêtre et se tue, à Caracas.

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Yaaatah!

Le maître m’a ensuite parlé des différentes perceptions qu’on peut avoir d’une même chose et comment manipuler ces perceptions : lui aussi connaissait le pouvoir absolu ! Ca me serait utile, m’a-t-il dit, pour tenter de comprendre ce qu’il veut dire par « le carré parfait, c’est celui qui n’a pas d’angles » ou « la musique parfaite, c’est celle qui n’a pas de mélodie », ainsi que son discours sur le fait que nommer les choses et les classifier, c’est en fait les diminuer : la meilleure chose ne l’est plus, une fois qu’on l’a réduite à cela.

Le kung-fu, c’est aussi laisser une place à des choses qu’on ne nomme pas, ne pas constamment subtiliser la sensation par des mots, laisser s’exprimer son côté animal, son instinct.

En Inde, on m’a beaucoup parlé de la méditation, et des découvertes qu’on peut faire en s’y adonnant sur le long terme, sur soi et sur le fonctionnement de son corps. Le kung-fu passe par là aussi, par l’écoute de choses auxquelles l’éducation occidentale n’apprend pas à prêter attention.

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PAF! Coup de pied dans les coudes!

La philosophie de l’Aventure, remise en question ?

Puisqu’il avait évoqué ce que j’appelle « le pouvoir absolu » (ou la « force toute puissante », pour parodier Musclor) je lui ai décrit la philosophie de l’Aventure et sa négation du bien et du mal qui, quelque part, me pose problème, parce que j’ai le sentiment qu’il existe du bien et du mal, quand bien même je n’arrive pas à m’expliquer cette existence de manière rationnelle (il faut avoir lu ça pour comprendre).

J’ai peut-être trouvé une explication à cela à travers certains de ses exemples, quand il m’a expliqué que de deux plantes, arrosées de la même manière et placées au même endroit, c’est celle à qui on donne le plus d’amour qui s’épanouira le mieux.

Comme il dit, les Occidentaux sont très forts pour analyser, mais pas très efficaces pour trouver les remèdes. La culture occidentale enseigne qu’un être humain a besoin de dormir, boire et manger pour vivre : mais qu’on enferme un enfant dans une cave sans l’amour de sa mère et il se laissera mourir. Là où il veut en venir (je crois) c’est que l’analyse est trompeuse en ce sens qu’elle énumère, alors que c’est l’ensemble qui importe (comme il dit encore : « Ce n’est pas l’abeille qui compte, c’est la ruche »).

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Ye-oups! Glissade de la mort!

Bref, ma découverte, c’est que même si le bien et le mal n’existent pas dans l’absolu, je n’ai pas accès à cet absolu. C’est-à-dire que même sans remettre ce constat en cause, je ne peux pas m’extirper de ma réalité pour rejoindre cet absolu, l’endroit où effectivement, bien et mal sont indifférents.

A partir du moment où je choisis la vie, j’accepte ma condition d’être humain et je me lie à cet ensemble dans lequel j’évolue, « ma ruche », et qui réagit aux influences du positif et du négatif.

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– pour des raisons de sécurité publique, le nom de cette texhnique ne sera pas dévoilée ici –

Donc à l’échelle de la vie, il y a du bien et du mal (du positif et du négatif dirais-je) et si je veux que mon propre développement soit positif, il faut que je m’intéresse au développement positif du monde dont je fais partie (bien sûr, comme le bien et le mal n’existent pas dans l’absolu, je peux aussi me foutre que mon développement soit positif, mais la philosophie de l’Aventure –la raison pour laquelle j’ai choisie la vie plutôt que la mort- m’enseigne de préférer le positif au négatif, plus fécond en aventures, que ce soit par l’altruisme ou la longévité) D’OU IL RESULTE QUE… il est plus aventureux et profitable d’être positif que négatif dans la vie (tout ce chemin philosophique parcouru pour en revenir à ce que me disait ma grand-mère quand j’avais quatre ans).

Et ça me soulage ! Vous pouvez-pas savoir ! Parce que ça me contrariait d’avoir la liberté de me comporter comme un enfoiré d’après un grand nombre de critères (y compris ceux que j’avais enfant). Maintenant j’ai une vraie raison de m’interdire tout acte aux conséquences négatives. Me voici un peu plus en accord avec moi-même, c’est bien le kung-fu.

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Hayuken!

L’arbre et le kung-fuka

Notre conversation aura duré quatre heures, et c’était tellement passionnant que j’ai oublié de lui proposer un autre coca.

Il m’a encore parlé de l’arbre que son oncle (qui pratique la médecine chinoise) avait un jour ramené d’Amazonie. L’arbre s’en était rendu compte (pas dupe le mec !) et avait entrepris de se laisser mourir. Mais l’oncle en avait pris tant soin que l’arbre s’était accroché à la vie pour refleurir (voyez qu’on est à cent lieues de l’explication logique occidentale : eau + soleil = arbre qui pousse… et je préfère cent fois!).

Un jour l’oncle était rentré à la maison et avait demandé à son neveu s’il avait pensé à arroser l’arbre comme il le lui avait demandé ?

– Euh non, j’ai oublié…

– Eh bien tu vois petit, tu ne vaux pas la moitié de cet arbre. Aujourd’hui il a produit de l’oxygène pour toi et pour tous, sans contrepartie. Il a forci son bois dont d’autres animaux, nous y compris, pourront se servir un jour. Et toi, qu’as-tu fait ?

Son neveu n’avait rien fait d’autre que de consommer.

Rien qui puisse apporter quelque chose de positif à l’ensemble, le « grand ensemble » dont nous faisons tous partis.

D’où le maître prétend qu’il est plus facile de trouver le bonheur en s’intéressant au bien-être du grand ensemble qu’à soi d’abord ; que si on est accueilli dans la vie par des sourires, il faut la quitter en laissant des pleurs derrière soi (et autres exemples imagés plein de sagesse ancestrale)…

– C’est bon, l’ai-je interrompu, je suis conquis : apprend-moi à casser la gueule aux gens.

– C’est 250 yuans de l’heure.

On a rendez-vous demain.


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