Philosophie Ellen Page coming out

Published on février 20th, 2014 | by Nabolo

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Coming out ! retour sur celui d’Ellen Page

AVANT TOUT PROPOS JE PRECISE QUE MA POSITION EST RADICALEMENT ET INVARIABLEMENT EN FAVEUR DU DROIT A L’éGALITé DES HOMOSEXUELS ET DU DROIT A L’EGALITE DE TOUS EN GENERAL. SI JE SUIS MALADROIT DANS MES FORMULATIONS JE M’EN EXCUSE, MAIS MA VERITE C’EST CELLE-LA. QUE RIEN DE CE QUE VOUS ALLEZ LIRE CI-DESSOUS NE VOUS AUTORISE A MINIMISER LEUR COMBAT POUR L’EGALITE QUI DOIT-ETRE CELUI DE TOUS LES CITOYENS: PARCE QU’IL EST JUSTE.

Vous avez peut-être vu récemment, sur internet, le coming out d’Ellen Page, l’actrice de Juno ? Sinon c’est par ici que ça se passe >>>









Chacun est en droit d’en penser ce qu’il veut (puisque tout le monde a encore le droit de penser) mais a-t-on le droit d’exprimer cette pensée ? Je m’y suis maladroitement et incomplètement essayé sur Facebook, sans doute pas au bon endroit et de la bonne façon. L’ami dont je commentais la publication m’a donc assez désagréablement renvoyé, pour m’exprimer, vers un espace dont j’aurais la « propriété » (c’est-à-dire « pas son mur »). Les règles de l’intimité facebookienne sont impénétrables…:/
Mais c’est l’occasion d’un nouvel article : pif paf, c’est parti !

Le « pour »

Tout d’abord le « pour ».

Le moment est… bouleversant. Au regard de ce que cette déclaration semble lui coûter, Ellen Page nous (nb : elle a fait le choix de se déclarer à la Terre entière) fait une belle démonstration de courage. Et le courage est sans aucun doute une des qualités les plus nécessaires à l’élévation de l’humanité. Chaque démonstration de courage, apprend à ceux qui la voient à être courageux eux-mêmes, et c’est parce qu’il y a des humains pour repousser les frontières de la peur que l’humanité avance : dans le domaine des découvertes, dans le domaine de la solidarité, etc.

Au-delà du courage, le choix qu’Ellen Page a fait de se déclarer participe à cette grande révolution des mœurs en cours qui popularise l’idée qu’il n’existe pas qu’une seule « sexualité normale ». Et ça, c’est génial, important et nécessaire. Une nouvelle petite pierre de déplacée pour faire bouger la grosse montagne ? Peut-être !

Le « contre »

Le « contre » c’est que, au-delà de l’émotion que ça provoque chez moi dans un premier temps, je ressens, dans un second temps, le sentiment de quelque chose d’incomplet.

Pour deux raisons majeures.

Premièrement, parce qu’Ellen Page parle de son homosexualité un peu comme on le ferait d’une maladie, comme si c’était quelque chose d’anormal, qu’elle n’avait pas décidée elle-même, qu’elle subirait, dans la souffrance (j’évoque là l’idée d’une souffrance intime, pas celle qu’inflige une société héterroriste ).

Ce n’est pas une surprise : j’en ai déjà longuement débattu avec des amies américaines que mon point de vue outrait alors, mais il y a traditionnellement une différence dans la manière d’aborder le cas de (ce qu’on appelle) « l’homosexualité » de part et d’autre de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, pour des raisons historiques, l’homosexualité est considérée comme décidée à la naissance, innée, découlant d’un gène de l’homosexualité (a-t-il été identifié ?) mais surtout découlant d’une décision de justice qui, pour rendre un avis favorable au plaidant « homosexuel » avait du s’appuyer sur une fiction juridique expliquant que le plaidant n’étant pas responsable de son attirance pour les personnes du même sexe, cette attirance ne pouvait pas lui être reprochée…

+ – Quelques précisions supplémentaires en cliquant ici –

(en fait c’est un peu plus compliqué que ça, si je ne m’abuse – et il se peut grandement que je m’abuse – mais je crois bien qu’il s’agit de la décision de justice de la court suprême d’Hawaï « Baehr vs Lewin de 1993 », concernant l’autorisation ou non, du mariage entre personnes de même sexe. La question posée par la cour était de savoir ce qu’on entendait par « sex », sachant que si « sex » impliquait aussi la « sexuality » elle ne pouvait interdire le mariage homosexuel puisque ne pouvant pas autoriser de discrimination de sex/sexuality au regard de la Constitution. D’où il résulta une association entre les deux et l’officialisation, par la jurisprudence puis l’opinion publique pro-gay que l’homosexualité était quelque chose d’innée. Pour contrer cette décision pro-gay, les anti-gays ont donc fait changer la loi afin de n’autoriser précisément le mariage qu’entre homme et femme… si je me goure de décision, et que vous savez de laquelle il s’agit, help ! Merci ! Plus de détails en anglais, ci-dessous, extraits de la page http://isites.harvard.edu/icb/icb.do?keyword=k78405&pageid=icb.page414413 :

Courts have interpreted the concept of immutability differently, with some decisions weighing heavily on the genetic basis of sexuality. Early cases in federal courts denied that sexuality was immutable. In High Tech Gays v. Defense Industrial Security Clearance Office (1990), for example, a federal court of appeals puts its findings on immutability bluntly:

Homosexuality is not an immutable characteristic; it is behavioral and hence is fundamentally different from traits such as race, gender, or alienage, which define already existing suspect and quasi-suspect classes. The behavior or conduct of such already recognized classes is irrelevant to their identification. (High Tech Gays v. Defense Industrial Security Clearance Office 1990)

Such decisions perhaps fueled the argument that if a biological basis for sexuality were found, it would help fight against discrimination (Associated Press 2007). Courts, at least, would be forced to consider sexuality as an immutable characteristic, which would be a step toward the legal understanding of gays and lesbians as a protected class.

Federal courts have done little to reverse the precedent set by this and earlier decisions that the LGBT community does not constitute a protected class, however, several states have tested the constitutionality of bans on gay marriage and addressed the issue of protected status directly. The first state to successfully challenge the constitutionality of a ban on gay marriage was Hawaii where, in Baehr v. Lewin (1993), the state’s highest court found that the prohibition on gay marriage violated the equal protection clause of the state constitution. Importantly, the court found that strict scrutiny must be applied because the law discriminated based upon a previously defined protected status: sex. In a consenting opinion, Justice Burns described how sexuality was related to sex:

As used in the Hawaii Constitution, to what does the word “sex” refer? In my view, the Hawaii Constitution’s reference to “sex” includes all aspects of each person’s “sex” that are “biologically fated.” (Baehr v. Lewin 1993)

He goes on to cite reports that sexuality is indeed biologically fated, ending with:

If heterosexuality, homosexuality, bisexuality, and asexuality are “biologically fated,” then the word “sex” also includes those differences. Therefore, the questions whether heterosexuality, homosexuality, bisexuality, and asexuality are “biologically fated” are relevant questions of fact which must be determined before the issue presented in this case can be answered. If the answers are yes, then each person’s “sex” includes both the “biologically fated” male-female difference and the “biologically fated” sexual orientation difference, and the Hawaii Constitution probably bars the State from discriminating against the sexual orientation difference by permitting opposite-sex Hawaii Civil Law Marriages and not permitting same-sex Hawaii Civil Law Marriages. If the answers are no, then each person’s “sex” does not include the sexual orientation difference, and the Hawaii Constitution may permit the State to encourage heterosexuality and discourage homosexuality, bisexuality, and asexuality by permitting opposite-sex Hawaii Civil Law Marriages and not permitting same-sex Hawaii Civil Law Marriages. (Baehr v. Lewin 1993)

C’était là une fiction juridique  nécessaire dans un pays comme les Etats-Unis où les mœurs sexuels des individus font partie du domaine public : c’est-à-dire que la vie sexuelle de chacun concerne tout le monde, on le voit dans la manière dont a été traitée l’affaire Clinton-Lewinski ; ou dans le fait qu’il est possible, au Texas, de dénoncer ses voisins à la police pour pratique de la fellation… (apparemment ce n’est plus possible depuis quelques années – à confirmer).

Cette fiction juridique n’a jamais été nécessaire en France, pays plus tolérant en matière de mœurs, pays où, ce me semble, on peut encore défendre la liberté sexuelle dans l’absolu, sans passer nécessairement par l’idée qu’on « subit » sa sexualité, mais simplement en défendant l’idée que chacun a bien le droit d’avoir la sexualité qu’il veut, et que la sexualité fait partie du domaine privée : ça ne regarde pas le reste de la société.

Ce qui me dérange dans le coming out d’Ellen Page (mais ce n’est pas de sa faute à elle, bien entendu) c’est qu’il diffuse ce « modèle américain » de la vision de la sexualité, moins mature et moins universaliste, ce me semble, que celui que je m’aventure à appeler le « modèle français » (quoique ce modèle puisse sûrement se retrouver ailleurs dans le monde, ou qu’il y en ait de plus matures encore).

A tel point que l’ami facebook dont je vous parlais, dans son contre-commentaire, a très clairement exprimé l’idée que « on naît ainsi ». Le modèle américain aurait-il traversé l’Atlantique ? Ou a-t-on fini par démontrer qu’il existe un « gène » de l’homosexualité ?

Si l’existence de ce gène n’a pas été démontrée, alors mon sentiment spontané est qu’il serait davantage progressiste encore que ceux qui se reconnaissent en tant que « homosexuels » et combattent pour leurs droits se reconnaissent plutôt ou aussi en tant qu’ayant droit à une liberté sexuelle totale et combattent pour la liberté sexuelle pour tous et le droit au respect de l’intimité de chacun. Ils ne pourraient que s’en trouver plus forts, non ?

Ce qui m’amène à mon deuxièmement.

Deuxièmement, le coming out d’Ellen Page est un appel au droit d’être homosexuel, c’est-à-dire un appel à la défense des droits des « homosexuels », c’est-à-dire aussi un appel au rassemblement des « homosexuels » pour la défense de ces droits et de cette identité. Quand je dis « c’est-à-dire », je n’entends pas que ça l’est objectivement, ou que c’est la volonté très claire d’Ellen Page, mais que ça peut être compris comme tel par une très large partie de son audience. Or, je me pose la question suivante : à long terme, l’existence d’une communauté « homosexuelle » est-elle quelque chose de bénéfique ? Plutôt qu’une communauté qui défendrait la liberté sexuelle, dans son ensemble ? Voire une communauté mondiale qui défendrait la liberté et le respect, vraiment-pour-de-bon et vraiment-pour-tout-le-monde (pas comme les faux-chrétiens et consorts) ? Quelle influence pourrait avoir une telle communauté, sur le plan mondial ? Tellement plus grande car plus fédératrice que les petites qui la composent et qui peuvent tout aussi bien, en remportant leurs difficiles combats personnels, se montrer intolérantes de celui des autres.

Si l’émergence d’une communauté homosexuelle a été, et reste sûrement nécessaire pour la défense des droits de ceux qui se reconnaissent comme tels, comme une étape sur le chemin vers la liberté et l’égalité, le bout du chemin ne ressemble-t-il pas davantage à une communauté élargie de gens universellement tolérants et respectueux ?

Cela ne veut pas dire que je regrette qu’Ellen Page ait fait ce discours. Dans le cours des choses, son intervention aura sûrement un impact positif. Mais je redoute le communautarisme, et un communautarisme gay & lesbiens en réponse au communautarisme des anti-gays & anti-lesbiens ne me semble pas devoir accoucher d’autre chose qu’un fruit pourri, à terme. La multiplication des communautés, c’est souvent une division de l’humanité.

Est-ce qu’on ne serait pas en train d’importer tout cru, le modèle américain ? Comment font-ils en Suède ?

Ellen Page, si tu lis ces lignes, tu comprendras j’espère que rien de ce que j’ai écrit plus haut ne se veut une critique personnelle. Qu’on me juge comme étant quelqu’un de bien ou de mauvais, les deux questions que j’expose ici concernant « l’homosexualité en tant qu’héritage génétique » et « le communautarisme homosexuel » me sont venues spontanément et malgré moi au moment de t’écouter et de te regarder. Je n’ai pas pu refréner ces questions, j’aurais pu me refréner de les exprimer, mais ce n’est pas comme ça qu’on avance. Si quelqu’un de plus tolérant et de plus sage que moi pouvait lire cet article pour me convaincre d’élaborer ma réflexion dans une autre direction ou me confirmer que je suis sur la bonne, je lui en serais grandement reconnaissant et je vous garantie que :

1-      je suis apte au progrès

2-      je ne souhaite blesser personne

Pour les insultes etc., soyez certains que, hélas, elles ne me feront pas avancer : le monde serait un paradis si elles pouvaient.

[EDIT] Dans les quelques minutes qui ont suivi cet article, j’ai blessé plusieurs amis et connaissances qui, à l’heure actuelle, refusent toujours de me parler. Comme je l’ai rajouté en intro, je suis bien sûr en faveur du droit des homosexuels. Quant au fait que l’homosexualité soit un choix, je tiens à préciser ma position comme je l’ai fait sur Facebook:

– pour toi Nabolo, l’homosexualité n’est pas innée ?

– Pour moi la question de innée pas innée n’a pas vraiment d’intérêt: tout le monde doit pouvoir avoir les pratiques sexuelles qu’il veut. Le concept d’homosexualité n’existait pas dans l’antiquité, il existe de nos jours parce qu’il est né de la discrimination de ce type de sexualité. Lorsque l’homosexualité sera parfaitement intégrée, le concept pourra disparaître à nouveau (et c’est cette intégration que je souhaite, au cas où ce ne serait pas clair oO). Quant à répondre à ta question, en toute sincérité, et en l’état actuel de mes connaissances, et avec la volonté d’évoluer vers une opinion plus juste si la mienne ne l’était pas: je pense que l’homosexualité est aussi innée que le goût. Est-ce qu’on aime tel ou tel aliment ou telle ou telle couleur ou musique du fait de la naissance ou de l’environnement ? J’ai tendance à concéder à l’environnement l’influence la plus importante. Ce n’est pas pour autant qu’il s’agit d’un choix comme celui de prendre le taxi ou le métro, des raisons nous poussent à ce choix, voire nous y contraignent mais pas toujours. J’ai un ami en couple avec un garçon qui ne s’est jamais considéré comme homosexuel…

+

Je ne comprends toujours pas pourquoi: cet attachement à l’idée que ce soit inné. Qu’est-ce que ça peut apporter de plus ? Je n’y vois que des désavantages, comme l’abandon d’une liberté. Pourquoi cette question-là en particulier blesse-t-elle ceux qui la lisent alors même qu’ils savent parfaitement bien que je suis 2000% en faveur de l’égalité ?! Je ne comprends pas !

Ce que je ne comprenais pas, je l’ai compris grâce à XXXX que je remercie mégament. Je copie son témoignage ici, peut-être aidera-t-il certains d’entre vous à comprendre, à votre tour, ce que peut représenter l’intervention d’Ellen Page. Avec des yeux différents :

– Nabolo, YYYY te répondait en disant que tu as un point de vue orienté hétéro et je pense que ça résume bien. J’ai longtemps pensé qu’il n’y avait pas de problème parce que l’égalité me parait une évidence et que je ne connais aucun homophobe (soit ils se cachent bien, soit j’ai le bon entourage… soit je ne les reconnais pas !). Du coup, pour moi, on vivait dans un pays libéré sur la question. Je pensais pouvoir dire haut et fort que je peux aimer le parfum d’un homme, tout comme charrier un ami homosexuel autant qu’il me charrie sur ma barbe rousse. 
J’avais rencontré des personnes homosexuelles qui vivaient mal le regard des autres, et je trouvais qu’ils étaient paranoïaques.
J’ai aussi rencontré des personnes homosexuelles qui provoquaient en se montrant de manière exagérément exubérante, et je trouvais cela ridicule, et je ne voyais pas l’intérêt.
Je pensais pouvoir dire avec humour que j’ai joué le rôle d’un homosexuel autrichien dans une série débile, sans que ça ne froisse ni les hétéros, ni les homos.

Depuis, j’ai déchanté.

J’ai réalisé que des gens pouvaient descendre dans la rue pour s’opposer à la liberté des autres. J’ai compris pourquoi des blagues pouvaient blesser. J’ai compris que des gens étaient dérangés de me voir jouer un homme homosexuel comme si c’était une honte. J’ai réalisé qu’on est dans un pays vraiment débile par moments. Putain que je l’aime et le déteste à la fois.

J’ai aussi compris que je n’ai rien compris.

Je suis attristé par l’esprit « communauté gay » car je trouve que cela donne un sentiment de distance entre les personnes homosexuelles et les personnes hétérosexuelles, mais je le suis encore plus de me dire que c’est encore et toujours nécessaire pour faire face à ceux qui n’ont rien compris…

Il y en a certains dont j’ai sous-estimé le chagrin par exemple. J’ai longtemps pensé qu’ils exagéraient… Puis j’ai appris la vie alors que j’ai vraiment le sentiment de ne voir encore que le sommet de l’iceberg.

En fait on est très égoïste. On refuse de voir qu’on vit dans un monde fermé, sous prétexte qu’on se sent ouvert, comme si on était nous-mêmes insultés d’homophobes. Alors on dédramatise, on dénigre les cris de détresse, ou on remet en question l’intérêt qu’Ellen Page fasse un tel coming out… 
Mais la vérité est que la question de l’égalité des sexualités n’est pas encore réglée et qu’il y a encore du chemin… et c’est notre devoir d’amis (et citoyens selon moi) d’être solidaires en commençant par ouvrir les yeux.

Edit : et j’insiste sur le « on se SENT ouvert »… car plus le temps passe, plus je me demande si je le suis réellement suffisamment.

Merci pour ta transmission de sagesse XXX ! Elle ne sera pas vaine si elle sert à quelqu’un, elle n’a pas été vaine puisqu’elle m’a servie à moi.

[Edit – un jour plus tard] Suite à la publication de cet article j’ai eu de nombreux échanges, sur Facebook et en privée, avec différentes personnes. Je crois que la publication de ce qui s’est passé est utile, parce que ça a été un échange d’information et une transmission d’émotions importants. Puisse cet échange et le cheminement qui en a découlé nourrir d’autres personnes !

[Echange avec Jimmy]

Jimmy:

Nabolo,

Je viens de lire ton dernier article et je suis atterré.

Je suis atterré parce que sa construction même est bancale. Tu le vends comme quelque chose d’équilibré, avec du pour et du contre. Mais là où le pour a droit à 2 paragraphes, le contre en a tellement que j’ai la flemme de les compter. Autant assumer ton point de vue dès le début et ne pas te cacher derrière une fausse neutralité. Tu es un communicant et tu sais qu’on n’attire pas des mouches avec du vinaigre. Commencer par un discours ouvert et plein de bonnes intentions te permet de gagner l’attention de ton audience avant de déverser ensuite le cœur même de ton propos. Pas d’bol là c’est un peu trop voyant.

Je suis atterré parce que je te connais, j’ai déjà eu plusieurs conversations avec toi, et je te croyais plus ouvert que ça. Comment peux-tu encore penser que l’homosexualité est un choix après les discussions que nous avons eues ? Je veux bien croire que la bière ait put altérer ta perceptions des mots mais quand même ! Si je ne m’abuse tu n’es pas homosexuel. Comment peux-tu savoir et clamer que l’on ne naît pas homosexuel ? Et t’as connerie tu l’as eu de naissance ?! Non mais sérieusement renseigne-toi un peu avant d’écrire un tissu d’âneries pareilles ! Il n’est aucunement question d’une vision américaine ou européenne, il est question d’un ressenti de milliers de personnes où qu’elles soient à travers le monde ! Tu crois qu’à 5 ans quand on se sent différent et que bizarrement on regarde les garçons qui jouent au foot au lieu des filles dans la cour on le fait par choix ? Oui Ellen Page parle de son homosexualité comme de quelque chose qu’elle n’a pas décidé, qu’elle subit. MAIS PARCE QUE C’EST LE CAS ! Je ne sais pas combien de fois il faudra le répéter pour que ça rentre : on ne choisit pas d’être homosexuel, le seul choix qu’on ait est de l’accepter ou non. Et le fait de vivre caché est une telle souffrance que ce n’est même pas vraiment un choix.

Je suis atterré car tu n’as visiblement rien compris au message d’Ellen Page. Il n’est en aucun cas question d’un quelconque rassemblement des homosexuels. Au contraire, si elle fait un coming-out public c’est dans un esprit d’ouverture. Pour montrer aux jeunes et à ceux qui vivent mal leur homosexualité qu’on peut tout à fait être une personne publique, bien intégrée dans la société, et vivre pleinement sa vie personnelle. Tu n’as pas idée de ce que c’est de grandir sans aucun repère de ce type. Là où tu vois une division dans le discours d’Ellen Page je vois au contraire un magnifique message de tolérance et d’ouverture aux autres, qu’ils soient hétérosexuels, homosexuels, blancs, noirs, petits, grands. Tu parles de communautarisme homosexuel mais ce n’est pas du tout dans cet esprit qu’est son discours. Je ne vais pas te faire un cours d’histoire de l’homosexualité mais s’ils n’avaient pas eu d’autre alternative que de se regrouper pour lutter et pour simplement se défendre, il n’y aurait même pas de « communauté homosexuelle ». N’inversons pas les rôles, c’est le rejet qui crée le communautarisme et pas l’inverse.

Enfin je suis atterré parce que je ne sais pas dans quelle France tu vis, mais dire que nous sommes un pays « plus tolérant en matière de mœurs », quand on voit ce qui se passe en ce moment et depuis plus d’un an… Je crois qu’on ne vit pas au même endroit…

Je ne te savais pas porteur de telles idées et je dois t’avouer être particulièrement déçu. Tu as fait de ce message d’espoir que je pensais être inconditionnellement beau quelque chose qui demande encore de se battre pour être simplement ce que nous sommes. On est loin de l’image du baroudeur hédoniste que je me faisais de toi. Comme quoi tout le monde peut se tromper.

Nabolo :

Salut Jimmy et merci pour l’immense preuve d’amitié que tu me fais en me répondant comme tu viens de le faire. S’il te plait, j’ai peut-être de la merde dans les yeux mais je ne suis pas quelqu’un de faux !!!
Il y a une réalité que je n’ai visiblement pas saisie. Je suis peut-être à côté de mes pompes, ou en tous cas pas dans les tiennes, mais j’ai grandi dans un milieu de très grande tolérance sexuelle avec notamment des homosexuels qui ne m’ont jamais transmis cette souffrance et même si ça peut te sembler bien tard ce n’est peut-être qu’à présent que je te lis que je commence peut-être à la ressentir, plutôt qu’à la penser.
Lorsque j’écris que l’homosexualité est un choix, ce que je cherche à exprimer c’est l’idée que ce n’est pas une maladie. Parce que, étant profondément en faveur de la liberté et de l’égalité pour tous, je ne comprends pas que l’amour doive se cacher derrière ce subterfuge. Jimmy, je te jure, je suis avec toi, si tu m’y autorises, si tu le veux bien et de tout mon cœur, je te le jure avec des larmes dans les yeux putain crois-moi !!! Mais ces questions que je me suis posées, elles sont venues d’elles-mêmes, et si je les ai exprimées, c’est pour le mieux, j’en suis convaincu, si ça me permet d’évoluer et si tu m’as pris pour qui tu m’as pris alors tu sais que je suis vraiment prêt à ça ! Je veux te comprendre, vraiment, et en arriver au point où j’aurai honte d’avoir écrit ce que j’ai écrit si vraiment c’est celle-là la position juste !

Mère de Jimmy :

Merci Jimmy pour ces belles paroles.
En tant que mère je peux dire aussi que ça n’a pas forcément été facile, mais c’est l’éducation et la pression sociale et morale qui influencent et nous conditionnent, et on se met à culpabiliser. En tant que Maman, qu’est ce que j’ai raté, qu’est ce que je n’ai pas bien fait ? parce que forcément il faut une raison… Jusqu’à ce que très vite ce soit l’amour qui parle, et là le principal c’est le bonheur de son fils !
Comme Jimmy ce qui m’affole le plus est cette intolérance qui règne actuellement : on juge avant de comprendre l’autre.
Accepter la différence, sans juger, ça devrait être une priorité dans l’éducation !!!

Intervenant A 

/me sort le pop corn

Intervenant B

Je n’ai pas lu l’article de Nabolo (et du coup, je n’en ai pas très envie), mais je suis totalement en osmose avec ton texte, Jimmy. Je pense que la moitié des gens passe à côté de la déclaration d’Ellen Page et qu’on vit dans une France très fermée.

Toutefois, je suis aussi très touché par la réponse de Nabolo !

Bref je n’apporte rien au débat mais je suis tout excité de vous lire (mais pas pour du divertissement donc sans pop corn…)

Intervenant C

je pense que tout est dit clairement … !!! tu touches juste, ultra juste même, quand tu dis que ce n’est pas un choix, et à partir de là tout en découle de manière logique… (discrimination, souffrance, incompréhension, dissimulation…)

Nabolo  

 Intervenant B Merci Intervenant B, j’ai vraiment chié quelque part apparemment, si c’est dans le fond j’assumerai, mais si c’est dans la forme j’ai vraiment les boules… Et je précise donc pour que ce soit vraiment clair et net que quelques soient les questions que je me pose etc. Je suis complètement en faveur de l’égalité des droits pour homosexuels… Ca me fait même bizarre de le dire tellement c’est naturel. En fait je ne vois pas de vraie différence entre homos et hétéros… Est-ce que c’est ça la clef de lecture qui te manquait Jimmy ? S’il te plaît réponds-moi…

Intervenant B

Intervenant L te répondait (ndn: sur une autre page FB)  en disant que tu as un point de vue orienté hétéro et je pense que ça résume bien. J’ai longtemps pensé qu’il n’y avait pas de problème parce que l’égalité me parait une évidence et que je ne connais aucun homophobe (soit ils se cachent bien, soit j’ai le bon entourage… soit je ne les reconnais pas !). Du coup, pour moi, on vivait dans un pays libéré sur la question. Je pensais pouvoir dire haut et fort que je peux aimer le parfum d’un homme, tout comme charrier un ami homosexuel autant qu’il me charrie sur ma barbe rousse.
J’avais rencontré des personnes homosexuelles qui vivaient mal le regard des autres, et je trouvais qu’ils étaient paranoïaques.
J’ai aussi rencontré des personnes homosexuelles qui provoquaient en se montrant de manière exagérément exubérante, et je trouvais cela ridicule, et je ne voyais pas l’intérêt.
Je pensais pouvoir dire avec humour que j’ai joué le rôle d’un homosexuel autrichien dans une série débile, sans que ça ne froisse ni les hétéros, ni les homos.

Depuis, j’ai déchanté.

J’ai réalisé que des gens pouvaient descendre dans la rue pour s’opposer à la liberté des autres. J’ai compris pourquoi des blagues pouvaient blesser. J’ai compris que des gens étaient dérangés de me voir jouer un homme homosexuel comme si c’était une honte. J’ai réalisé qu’on est dans un pays vraiment débile par moments. Putain que je l’aime et le déteste à la fois.

J’ai aussi compris que je n’ai rien compris.

Je suis attristé par l’esprit « communauté gay » car je trouve que cela donne un sentiment de distance entre les personnes homosexuelles et les personnes hétérosexuelles, mais je le suis encore plus de me dire que c’est encore et toujours nécessaire pour faire face à ceux qui n’ont rien compris…

Nabolo  

Intervenant B Merci encore Intervenant B, ton témoignage est très proche de mon expérience… Mais avant de déchanter, est-ce que tu as perdu des amis parce que ton point de vue était trop léger ? Parce que tu n’avais pas encore eu l’expérience de ce qu’ils ressentaient ? J’en suis là apparemment.

Intervenant B

Il y a Jérôme Brulin, dont j’ai sous-estimé le chagrin par exemple. J’ai longtemps pensé qu’il exagérait… Puis j’ai appris la vie alors que j’ai vraiment le sentiment de ne voir encore que le sommet de l’iceberg.

Intervenant B

En fait on est très égoiste. On refuse de voir qu’on vit dans un monde fermé, sous prétexte qu’on se sent ouvert, comme si on était nous-mêmes insultés d’homophobes. Alors on dédramatise, on dénigre les cris de détresse, ou on remet en question l’intérêt qu’Ellen Page fasse un tel coming out…
Mais la vérité est que la question de l’égalité des sexualités n’est pas encore réglée et qu’il y a encore du chemin… et c’est notre devoir d’amis (et citoyens selon moi) d’être solidaires en commençant par ouvrir les yeux.

Edit : et j’insiste sur le « on se SENT ouvert »… car plus le temps passe, plus je me demande si je le suis réellement suffisamment.

Nabolo  
Intervenant B, c’est le troisième merci que je t’adresse, mais c’est sans doute le plus gros. Ayé, j’ai compris. Merci, j’ai compris pourquoi ma réaction était imbécile… J’avais besoin de le voir c’est tout. Je n’ai pas vu cette évidence parce que je n’ai pas vu les ténèbres et donc pas le rayon de lumière que cela pouvait représenter.

Jimmy

Si je ne réponds que maintenant à cet échange ce n’est pas par snobisme, blasitude ou quelque autre vexation que ce soit, mais simplement parce que je n’avais pas de PC à disposition et que c’est quand même plus pratique qu’un smartphone pour écrire un pavé.

Bref, ce délai a aussi permis à plusieurs personnes de s’exprimer et je vous en remercie. Intervenant B ton intervention m’a beaucoup touchée car elle illustre bien le parcours qu’il y a encore à faire, même pour les personnes qui se disent ouvertes. Et je te rassure, le simple fait que tu te poses la question montre que tu es quand même bien loin devant certains autres. Je t’avouerai que je ne m’attendais pas à un tel discours de ta part et cela m’a vraiment agréablement surpris. Au point que j’en regrette presque de ne pas avoir pu te connaitre d’avantage

Pour en revenir au débat et à tes messages Nabolo, je pense que la clef c’est plus à toi qu’à moi qu’elle manque. Ce que je veux dire par là c’est que dans ta position d’hétérosexuel ouvert et tolérant, tu as oublié une donnée importante : tu es une exception. Ce n’est en effet pas parce que toi tu acceptes la chose et que cela te semble naturel, que c’est le cas de tout le monde. Si toi dans le coming-out d’Ellen Page tu vois un énième homosexuel qui en fait trop, pour tous ceux qui sont harcelés, à qui il manque des repères et des modèles forts, je peux t’assurer que c’est un message d’espoir qui donne des frissons. C’est malheureux mais tout le monde n’a pas ton avis sur la question homosexuelle et si on continue à se battre c’est que c’est encore nécessaire. Alors oui je comprends que pour quelqu’un qui l’a accepté, ça semble redondant et un peu excessif. Mais la réalité c’est qu’il y a encore des gens qui descendent dans la rue en criant « les pd au buché » et qu’on les laisse faire.

Un exemple simple qui te parlera peut-être : je suppose que le fait de tenir la main de ta copine dans la rue, lui faire un bisou en public ou simplement la serrer dans tes bras en buvant une bière dans un bar te semble naturel. C’est quelque chose d’instinctif, que tu n’intellectualise pas ? Eh bien sache que pour un couple homosexuel ce n’est pas le cas. Je suis pourtant quelqu’un d’expressif, qui refuse de se cacher et de plier face à l’intolérance. Eh bien sache qu’à chaque fois que j’ai pu faire ces petites choses « naturelles », à chaque fois, je me suis demandé avant « est-ce que je suis en sécurité si je le fais maintenant ? », « est-ce que je risque de me faire casser la gueule, insulter, prendre à parti ? ». Ça parait sans doute con dit comme ça, ça semble ridicule et anodin, pourtant c’est une réalité, on en est encore là. Et tant que ce sera le cas il faudra des discours comme celui d’Ellen Page.

Alors oui je comprends que pour toi qui a déjà fait le chemin cela semble excessif, mais je t’assure Nabolo que ça ne l’est pas.

Et en ce qui concerne le fait d’être homosexuel à la naissance ou pas, que cela vienne d’un gène, d’une question hormonale ou même d’éducation n’est pas le problème. Le fait de remettre en question le fait de simplement « être » homosexuel (comme on « est » grand, petit, brun, roux, etc.) implique la notion de choix et donc de pouvoir « devenir » quelque chose d’autre. Je t’assure qu’il n’y a aucun choix là dedans. J’ai vu dans un de tes commentaires sur un autre post que tu parlais de personnes qui « devenaient » homosexuelles à 40 ans… Malheureusement, pour en avoir rencontrées (et avoir failli le devenir) c’est personnes ne sont certainement pas « devenues » homosexuelles. Elles ont simplement mis 40 ans à l’accepter.

Jimmy

Et sinon j’ai remercié Intervenant B mais Mère de Jimmy et Intervenant C je vous kiffe aussi ! (mais ça vous le savez  )

Nabolo  

Merci beaucoup Jimmy, encore une fois, d’avoir pris le temps de m’écrire… J’ai aussi édité l’article sur mon blog. Je suis vraiment désolé si j’ai fait quelque chose qui t’a blessé… Le témoignage de Intervenant B m’a aussi beaucoup parlé, et le tiens idem, ainsi que certaines choses que m’a dites Jérôme Brulin en commentaire, même s’il a été dur et qu’il a coupé le contact. Ca peut paraître difficile à croire mais il n’en faut pas beaucoup pour comprendre, ou du moins pour passer du premier pallier de compréhension au second, même si, pour ne pas avoir vécu ça moi-même, je n’accéderai sans doute pas tout de suite au troisième pallier, je suis quand même parfaitement en mesure de comprendre ce que c’est qu’un message d’espoir quand on subit l’oppression. Parce que vous avez bien voulu me répondre, ma vision de l’intervention d’Ellen Page a changé… Ca paraît trop simple pour être sincère ? Pourtant c’est vrai. Il y a encore beaucoup de gens sur Terre qui détestent l’oppression, qui ont la volonté d’être justes, mais qui n’ont pas encore pris la mesure de ce qu’était la situation de ceux d’entre nous qui s’autorisent à aimer des personnes du même sexe.
Maintenant que le situation est éclaircie, j’espère que tu me conserves ton amitié, ton appréciation ou ta demi-estime, quel que soit ce que tu as pu ressentir pour moi avant de lire mon article. Je l’éditerai, encore et encore, et j’en publierai d’autres, au fur et à mesure que je ressentirai de plus en plus concrètement l’injustice qui nous est faite à travers vous. Et peut-être qu’en lisant cela, d’autres feront le même parcours… Ce n’est que là que je voulais en venir… C’est pas très clair ce que je raconte, désolé, mais je suis pas mal ému. je t’embrasse et à bientôt j’espère.

Jimmy

Nabolo, ton intervention m’aura au moins apporté quelque chose : la conviction que par le dialogue on peut faire avancer les choses et évoluer les esprits. Tu n’es pas quelqu’un de bête, encore moins quelqu’un de méchant, et je sais bien que ton article original n’avait pas pour but de blesser qui que ce soit (au passage je salue le fait que tu ais choisi d’ajouter tes commentaires à l’article sans le modifier directement. Je trouve cela important car cela montre le cheminement qui a été le tiens. Ne pas le nier est pour moi une marque de respect et je t’en remercie).

Pour te rassurer un peu je n’ai pas été « blessé » par ton article. J’ai été déçu, énervé, mais pas blessé. Je vais faire mon quart d’heure mélo-dramatique (on est une diva ou on ne l’est pas !) mais quand on s’en est pris plein la gueule comme nous, surtout dernièrement, il en faut plus pour nous blesser.

En tous cas je te remercie d’avoir eu un véritable dialogue, c’est malheureusement très rare sur ce genre de sujet. Etant donné que tu as l’air de revoir un peu ta copie, rassure toi, la prochaine fois que tu passes sur Lille on pourra se boire une bière et en parler de vive voix

Jérôme Brulin

Alors je vais faire plus court mais aussi plus direct et ciblé :

Merci Intervenant B de m’avoir donné tort.

Tu vois ce que tu as dis m’a arraché une larme parce qu’en te lisant que tu avais vu le gouffre qui nous sépare et que n’a pas regardé ailleurs, au contraire t’as affronté ce vide et tu as tout dit avec la sincérité du mec qui sait…

Pour moi ça c’est du courage, ça c’est être responsable envers soi et CA c’est être dans un vrai respect de la souffrance de l’autre.
Je ne croyais pas à une époque que tu pourrais comprendre, et c’est pour ça que je t’ai sauté au visage, parce que justement on ignore toujours que pour nous le quotidien est violent et morne, on a peur, on a mal, et ça depuis qu’on a l’âge de comprendre que l’on regarde les mecs plutôt que les nanas (et vice versa).
Pour moi ça a carrément été l’acceptation de ma propre mort qui m’a permis de faire mon coming out, d’accepter qu’un tordu me tabasserait à mort dans ma Normandie homophobe natale et que ma mère retrouverait mon corps comme ça, largué dans une rue de merde de cette ville pourris qu’était Le Havre, endroit où j’ai vécu toutes les humiliations. Alors non je ne peux pas considérer ça comme anodin.

Et tu l’as compris, et tu l’as accepté sans en faire ton fardeau et sans le minimiser.
N’allez pas croire qu’on en demande plus, un simple soutien face à l’horreur suffit amplement, on a vécu sans toute notre vie. Croyez moi, on sait donner de la valeur à un simple grain d’espoir.

Et tu viens de m’en redonner pour 10 ans Intervenant B.
J’espère du coup pouvoir reparler avec toi, parce que tu es quelqu’un de bien, et c’est devenu incroyablement rare.

Merci.

Nabolo  

Merci Jimmy, tu pouvais pas me faire plus plaisir qu’avec ce message-là !!!!!!!  Quant au dialogue… il ne faut jamais perdre cette conviction-là. Pour l’anecdote je sors de trois jours de retraite dans un monastère bouddhiste au nord du Sri Lanka (d’où je t’écris en ce moment). Les moines ont pas arrêté de me répéter que Bouddha ne punissait, ne s’opposait ni ne s’imposait jamais, préférant toujours le dialogue à la violence, et j’ai encore du lire toutes les anecdotes qui illustrent cette leçon là… Bref, pas de quoi me préparer vraiment aux émotions du jour, quoi.  Mais une bonne leçon, très certainement… Si tu ne l’as pas vu, le film sur la vie de Gandhi donne un bon exemple de comment le dialogue peut faire plier les résolutions les plus farouches ! Bon, mais je m’arrête là, j’en ai déjà beaucoup fait pour aujourd’hui…

 Intervenant L

Vous êtes tous très touchant, et merci à Intervenant B d’avoir su mettre des mots sur ce que je ressens aussi.
J’espère que les prochaines générations ne vivront plus ça.

 

Intervenant

C bon ben allez, happy end pour tous  c’est tellement rare…

 Jérôme Brulin

j’avoue que c’est aussi beau qu’étonnant que rare

Nouvel Intervenant 1 

Ben les gars… C’était émouvant votre débat là. :’) C’est beau de voir des gens se parler sans s’insulter, donner leur avis sans essayer de l’imposer et finalement, être assez ouverts pour écouter vraiment (enfin… Lire) ce que les autres ont à dire. Et tout ça sur Facebook… Ça me fout un peu la larme à l’œil pour être honnête.

Nouvel Intervenant 2 

Daccord Nouvel intervenant 1… Depuis ce soir je lis tout ça pas à pas… Et je nsavais pas vraiment quoi écrire… Steph a tout dit… (Et les autres avant evidemment… Mais elle a tout dit de ce que j aurais pu dire hein…)!

Nouvel Intervenant 3 

Je ne vais pas gâcher le happy end de la discussion mais j’ai franchement beaucoup de mal à comprendre la volonté profonde de vouloir discuter ou échanger avec cet article. Dans quel but? Pour une thèse de doctorat ou pour se faire un avis un peu plus sérieux? Pour moi l’article est effectivement plus que limite et je comprends pourquoi Jimmy s’est emporté lui qui est si gentil et calme en temps normal! En lisant cet article, enfin ce billet d’humeur, c’est un peu comme lire Tintin au Congo en 2014. Pas méchant, mais quand même raciste, pas violent mais carrément déplacé. Un peu comme ce texte qui pour moi n’apporte rien a qui que ce soit et j’ajoute que dans l’intérêt général, si nous sommes pour le droit au mariage pour tous etc, commençons par discuter en privé avec nos amis de ce genre de choses plutôt que d’inonder la toile d’article qui pourrait blesser des jeunes qui aujourd’hui sont isolés et perdus dans l’acceptation de leur sexualité. C’est déjà assez compliqué de vivre dans une société aussi mal à l’aise et intolérante face à la différence pour voir des proches commencer à faire des éditos à la morandini sur des sujets qui les dépassent à priori complètement. Pour finir, j’ai parfois presque plus de mal à lire ce genre d’articles qu’un article franchement homophobe car je me dis que le chemin vers la « normalité » est loin d’être terminé si même nos amis gayfriendly comme ils aiment se nommer n’ont pas du tout compris qui nous sommes.

Intervenant Z

Une bien belle lecture que vous m’avez offerte en cette nuit, et je suis ravie que tu aies entendu ce qui devait être dit Nabolo, parce que j’ai été plus que surprise par ton article (lu il y a quelques minutes seulement), et qu’il ne correspondait pas avec ce que je sais de toi. Mais puisque la conclusion ce soir a été que le dialogue est nécessaire et peut être constructif et ouvrir les esprits, vous me permettrez je l’espère d’ajouter ma pierre. (Ressors le pop-corn Intervant A et fais tourner  )

Je comprends parfaitement pourquoi tu ne veux pas voir l’homosexualité comme une maladie, c’est bien la pire « excuse » que peuvent subir les homosexuels de la part d’hétéro qui voudraient comprendre et accepter cette absence de choix. Mais il n’y a pas que les maladies qui soient innées, ni même les caractéristiques physiques. Que fait-on du comportement ? A-t-on découvert un gêne du caractère ? (c’est peut-être le cas, hein, ça ne serait pas dérangeant en soi) Comment explique-t-on que deux vrais jumeaux, partageant les mêmes gênes, les mêmes parents, la même éducation, les mêmes conditions de vie (en tout cas pour une grande partie du temps où ils se construiront), n’aient pas le même comportement, la même sensibilité, les mêmes réactions, et ce parfois dès le plus jeune âge, quand personne n’a encore réellement influencé leurs faits et gestes.

Oui, il y a des choses qu’on subit : sa taille, son aversion pour certains goûts, son attirance pour un sexe ou l’autre, ou les deux.
J’ai la chance « d’avoir eu le choix ». Et après m’être cachée longtemps, des années après m’être casée avec un homme, des années après le premier coming-out dont j’ai été témoin et que j’ai soutenu de mon mieux en omettant volontairement de partager une intime compréhension (amie auprès de qui je m’excuse), j’ai un jour pris mon courage à deux mains et décidé d’assumer. Parce que même heureuse dans un couple hétéro, sans avoir à craindre l’image que la société aurait de moi ou ce que les fanatiques pourraient me faire, devoir cacher en permanence ce qui est une partie intégrante de soi, C’EST une torture. Être homosexuel, c’est pas juste aimer et coucher avec une personne du même sexe, ce n’est pas que cet élément que tu qualifies dans ton article de privé, c’est aussi tous ces gestes que Jimmy décrit, ou encore toutes ces pensées qui nous viennent et qu’on ne peut pas exprimer si on ne s’accepte pas, si l’entourage et la société ne les acceptent pas.

Je finirai avec ce qui me chiffonne encore dans cet article, et je ne crois pas t’avoir vu revenir sur ce point : où, et je suis prête à décortiquer le discours avec toi, où le coming-out d’Ellen Page est un appel au rassemblement de la communauté homosexuelle ? Non parce que là, vraiment, ça me dépasse. J’admets que j’ai un peu le cul entre deux chaises, je suis pas homo pure souche, mais je suis pas non plus hétéro. Et crois bien que je suis la première à « craindre » le communautarisme parce que si on scinde la population en deux catégories, les bi seront exposés à des critiques que je ne veux plus jamais entendre (je peux en faire la liste si c’est nécessaire, mais en l’absence de demande je m’abstiendrai). Mais vraiment, je n’ai rien entendu qui s’adresse aux homos, uniquement un discours qui s’adresse à ceux qui en défendent la cause. Je te serai reconnaissante si tu voulais bien prendre le temps de te pencher sur cette question, ton ressenti à ce niveau pourrait nous donner des armes supplémentaires pour lutter contre les conclusions hâtives et erronées.

Nabolo

(NB : voulant répondre tout à la fois à Jérôme Brulin et Intervenant Z qui sont intervenus deux fois sur deux publications différentes, je publie cette réponse commune en double exemplaire)
Merci Jérôme, de partager ça avec nous. C’est important tu vois, parce qu’il faut vraiment exprimer, je dis bien EX-primer, le fond de soi, autant de fois qu’on veut être compris, et IN-tégrer ce qu’expriment les autres autant de fois qu’on veut les comprendre. @Intervenant Z et Jimmy ont été étonnés par mon article parce qu’ils savaient déjà que j’étais gay-friendly (je reprends un terme utilisé par @Nouvel Intervenant 3 même si je ne suis pas sûr qu’il me corresponde, parce que je le trouve restrictif quand j’appelle de mes vœux plus de respect et de tolérance pour tous et que j’aspire plus largement à être « all-friendly »), mais ceux qu’ils ne pouvaient pas savoir, ni moi avant que je le dise dans cet article justement, c’est à quel point mon vécu, mon ressenti, mon traitement de cette situation que tu vis, pour être identique au niveau des idées, était éloignée du point de vue des émotions. Aussi, et si tu le permets, je vais à mon tour te raconter un bout de mon parcours. Ca aidera également à répondre à la question de @Intervenant Z sur le mur de Jimmy (je vais copier cette réponse double-fonction aux deux endroits), question super intéressante et constructive (merci Intervenant Z ! ;)) même si malheureusement j’ai peur que la réponse à la question de Intervenant Z (à savoir : comment j’en suis arrivé à trouver le discours d’Ellen Page communautariste) soit très personnelle… Mais on peut apprendre de tout alors c’est parti.

Pour mon parcours, au niveau sexuel et au niveau de la perception de la sexualité, mes parents ont mis un point d’honneur à ce que le sujet ne soit jamais tabou, qu’il n’y ait jamais de traumatisme et que je perçoive le sexe et la sexualité comme quelque chose de bénéfique. Dans le bac à sable, ma mère se faisait gronder à ma place quand je sautais tout nu sur les petites filles à un âge que ma mémoire n’a pas retenu. Quand j’étais petit, mon père insistait pour que je vienne regarder avec lui les strip-teases à la fin du Bêbête-show. De fait, je n’ai jamais demandé « comment on fait les bébés ? » mais « comment fait-on l’amour ? ». Mes parents m’ont donc expliqué ça très jeune (en omettant certains détails pratiques) et j’ai donc eu mes premiers rapports sexuels à l’âge de quatre ans avec l’assentiment de mes parents et ceux de ma partenaire qui se moquaient gentiment de nous (ça ne s’est terminé qu’avec l’apparition du sida et les recommandations de sa mère à mon amie : qu’il fallait arrêter ce genre de jeu…). J’ai donc pris le relais tout seul avec la masturbation, dès l’âge de cinq ans. Mon père me laissait découper des photos de femmes nues, de leurs sexes et de leurs poitrines dans ses « LUI » pour que « je m’occupe », ce qui a laissé une ou deux jeunes filles au pair traumatisées. Tout jeune, à l’âge de trois ans ( ?), on a fait une série de photos touchantes avec un couple d’amis gays de ma mère. Elle disait que c’était beau de me voir marcher main dans la main au milieu de ce couple qui ne pourrait jamais avoir d’enfant. Le sujet du sexe et de la sexualité pouvait être abordé sans problème à table le soir. On disait des énormités parfois. On riait parce que mon chien se faisait sauter dessus par celui du voisin et qu’étant de nature profondément pacifique il ne disait jamais rien. Mon père faisait mine d’être très déçu par lui, mais clamait toujours et presque systématiquement si le sujet venait dans les conversations, peut-être pour nous transmettre ces valeurs : « Je ne suis pas homo mais je mourrais pour que les autres aient le droit de l’être. » Ca m’a du coup toujours paru la normale. Je n’ai jamais rencontré d’homophobe qui manifeste devant moi son homophobie même si j’ai bien sûr été témoin et que j’ai utilisé comme interjections, insultes, etc ; les termes de « pd » et compagnie. J’ai compris que ce n’était pas à prendre à la légère le jour où, revenant d’une année en Angleterre où beaucoup de gens employaient le mot « fag » à tort et à travers, j’ai utilisé ce mot (qui faisait depuis parti de mon vocabulaire) devant une amie américaine chère à mon cœur et qui a éclaté en larmes en m’expliquant que ce terme venait de « fagot » du nom des fagots de bois qu’on utilisait pour allumer le bûcher des homosexuels. C’est la toute première fois que j’ai compris qu’il pouvait y avoir des blessures autour de ce sujet-là, mais comme tu as pu le lire dans mon article, je l’ai largement associé à une différence culturelle transatlantique.

Plus tard lorsqu’une de mes amies proches a fait son coming-out après des années de silence, et qu’elle m’a fait l’honneur d’être la première personne à qui elle en a parlé, et je crois pouvoir dire sans me tromper qu’elle m’a choisi parce qu’elle me croyait, à l’époque, comme la personne la plus apte à la comprendre ( ?) ça a été pour moi un non-évènement. Ma réaction ça a été du genre :
– Ben c’est très bien, pourquoi tu prends autant de précautions pour me le dire ?
Elle avait refusé de me le dire de vive voix et avait préféré le faire par texto, par gêne. Mais ma réaction lui a fait immensément plaisir. Elle était à ce moment-là à une étape où elle ne voulait pas être considérée comme homosexuelle, avec tous les clichés que ça engendrait à ses yeux, mais elle voulait que lui soit reconnue la possibilité d’être amoureuse de quelqu’un du même sexe. Et ça a été exactement ma position : « Les genres de sexualités différentes c’est une invention bidon de la société moderne. On est tous potentiellement multisexuels, comme des bonobos, alors t’inquiète pas et éclate-toi ! » Elle a été transportée par ma position à l’époque (peut-être a-t-elle changé d’avis depuis – on est en train d’en discuter), c’était, m’a-t-elle dit, la plus parfaite réaction que j’aurais pu avoir. Et ça c’est entré dans mon crâne par tous les trous, voilà pourquoi ma position a été, dans cet article, de défendre l’idée que l’homosexualité est un « choix » et que ce choix est « libre ». Parce que si demain il me prend l’envie d’avoir une expérience que le reste du monde qualifie de « homosexuelle », pour je ne sais quelle raison, par goût de l’aventure, je veux pouvoir faire ce choix, je veux être libre dans ces décisions qui sont complètement de l’ordre du privé à mes yeux, et que tout le monde le soit. Mais je comprends suite à tes interventions et celles de Jimmy, ici et sur l’autre actualité facebook, en privé et sur le blog (ça devient compliqué à suivre cette histoire XD), à quel point cette terminologie était mal choisie. Pour autant je connais aussi quelqu’un qui m’a toujours laissé penser qu’il était homosexuel par choix. Cette personne avait de gros besoins sexuels et trouvait plus facile de les assouvir avec des personnes de même sexe, tout en réservant ses sentiments à des personnes de sexe différent, et jusqu’à finalement consacrer sa vie sexuelle et ses sentiments à des personnes de même sexe… mais peut-être pour changer d’orientation plus tard et encore ? Qui sait ? Et dans la société idéale de demain, où l’on se respectera tous les uns les autres, qu’est-ce que ça pourra bien faire ? C’était ça mon état d’esprit en écrivant l’article, et si ce que vous lisez de mon histoire vous semble extraordinaire en terme de tolérance etc., je tombe de la même hauteur que vous en découvrant les souffrances que vous avez pu subir. Dans ma perception, l’amie que j’évoquais plus haut s’est fait plus de mal en envisageant la réaction des autres qu’en la subissant véritablement ; puisqu’elle est allée jusqu’à croire que je pourrais être choqué par sa déclaration alors que j’étais à des kilomètres de ça c’est qu’elle vivait au moins une partie de sa souffrance dans la fiction. Donc, même si je n’ignorais pas que des gens souffraient, je n’en avais pas fait « l’expérience », je n’avais pas touché l’injustice du doigt ni ressenti l’oppression. En mettant votre image, votre voix, tout ce que je sais de vous sur ce que vous m’avez raconté je vis un tout petit morceau de cette expérience qui, cela va sans dire, me révolte : comment peut-on être aussi évidemment méchant ??? Tous les enfants qui ont vu Bambi étaient pourtant de son côté, pas de celui du chasseur, non ??? Pour moi, un homophobe, comme un raciste, c’est quelqu’un qui n’a pas compris quelque chose, par manque d’expérience, et il suffirait de l’extirper de son groupe pour lui faire voir les choses autrement (cf : American History X) parce que l’intelligence et la justice ET LA PATIENCE ne peuvent que nous conduire du côté de la tolérance et de la compréhension de l’autre.
Intervenant Z, je réponds maintenant à ta question, au sujet de ce que j’ai pu trouver de communautariste à l’intervention d’Ellen Page… Tu vas voir, y a beaucoup de facteurs personnels comme je te le disais du à mon actualité du moment, mais ça n’empêchera peut-être pas qu’on puisse en tirer quelque chose de plus généraliste.

 Le contexte de l’écriture est le suivant : je suis en pleine méditation sur l’évolution du monde avec deux gros projets en cours sur ma table de travail. Le premier : je vais travailler pour un fond d’investissement en Afrique dans les mois qui viennent et je me pose plein de questions là-dessus, sur le comment du pourquoi, les conséquences etc. Autre projet : celui d’une série-web humoristique que je trouverais vide de sens s’il ne servait à transmettre des idées. La raison pour laquelle Coluche n’a pas la même place que les autres humoristes c’est parce qu’il a fait avancer sa société tout en la faisant rire. Si j’arrive jamais à quelque chose dans ce domaine, j’aimerais que le résultat ressemble à ça. Quelle cause défendre ? Quelle est la bonne cause à laquelle employer mon énergie pour les années à venir et peut-être toute ma vie ? L’Afrique ? La société française qui, en évoluant, permettra à d’autres société d’évoluer bien au-delà ? L’écologie et la cause des animaux qui est celle qui me touche le plus spontanément parce que si nous ne le faisons pas nous il n’y aura personne d’autres pour la défendre ? Je muris ces réflexions tout en voyageant depuis trois semaines au Sri Lanka, pays dont les problématiques son bien éloignées du monde occidental. Mon livre de voyage c’est « Demain, qui gouvernera le monde ? » de Jacques Atalli, un plaidoyer pour la mise en place d’un gouvernement mondial, une union de tous les peuples pour faire face, ensemble, aux grands risques systémiques mondiaux tout en respectant la différence de chaque culture… Et là je repense subitement à l’invitation qu’on m’a envoyé pour la page « Défendons le Languedoc-Roussillon ! » et je me dis qu’il y a des combats autrement plus importants et plus larges que celui pour la défense du découpage administratif de nos régions… L’énergie, ce n’est pas quelque chose d’infini. Il faut bien choisir ses causes et bien utiliser son temps de vie qui lui aussi est très limité. Alors je réfléchis tous les jours avant de me lancer dans la bataille. Et là, suite à une histoire incroyable que je te raconterai autour d’une, dix ou vingt bières (on sait jamais, si t’as soif…) je tombe sur un moine bouddhiste, déjà rencontré auparavant, qui m’invite à séjourner dans son monastère au nord du Sri Lanka. Là-bas j’ai découvert plein de choses sur le bouddhisme, une doctrine (ou philosophie) résolument universaliste. Ca plus mes lectures, plus le reste de mes questions en cours, je suis sorti du monastère avec une tête… comment t’expliquer… pour moi le gouvernement du monde, le respect de tous les êtres vivant, le « Ô noble roi, abstiens-toi de tuer les oiseaux qui vivent dans le ciel et les bêtes qui courent dans la forêt. Tous les êtres vivants ont le droit d’être libre, toi tu n’es que l’administrateur. » de Mahinda au roi de Ceylan où il importa le bouddhisme, tout ça, pour moi c’était aujourd’hui, c’était maintenant.

Alors, en visionnant le coming out d’Ellen Page, j’ai vu quelqu’un qui me parlait de la théorie américaine de l’orientation sexuelle innée (théorie qui n’emporte pas mon adhésion spontanée parce qu’elle sonne comme une justification pour quelque chose qu’on ne devrait pas avoir à justifier) et quelqu’un dont le discours ne m’a semblé limité à un groupe de personne… Une pensée m’a traversée, issue du réflexe spontanée de la critique que l’exercice de la dissertation a si bien huilé chez nous autres français : des potes homos s’étaient déjà moqués de mon végétarianisme, faisant preuve d’un grand manque de sensibilité à l’égard de la situation animale… J’ai aussi songé à une vidéo visionnée quelques jours auparavant, où l’on voit un type mis à mort à coup de bâton et de briques, dans la rue d’un pays musulman, de manière… odieuse, y a pas de mot. Et quand j’ai pensé à toute l’énergie qui était déployée là, dans un cadre qui m’est alors apparu comme très restreint devant l’immensité des progrès qu’il reste à accomplir en terme de respect et de compréhension des autres, humains, animaux ET végétaux (!!) (j’insiste sur le dernier point parce qu’il n’est pas évident pour chacun qu’on ne sait rien de la manière dont ces entités-là traversent cette expérience commune à nous tous qu’est la vie et qu’il y a donc plein de choses à découvrir encore dans ce domaine) Eh bien en visionnant le coming-out d’Ellen Page, au milieu de ce contexte qui était le mien, prenant également en compte le fait de mon manque de sensibilité effective quant à la douleur que peut représenter le parcours qui mène au coming-out, je me suis dit : c’est de l’énergie perdue pour une cause plus grande, plus directement universaliste… elle est donc communautariste.
Voilà, je pense avoir à mon tour réussi à exprimer le courant général qui m’a porté vers l’adoption de tel comportement. Certains détails manquent, notamment parce que ma réaction s’est faite en deux temps (j’ai d’abord commenté la publication de Jérôme avant d’écrire mon article et avant d’entrer au monastère) et aussi parce que peut-être qu’à mon insu certains choix de films qu’a fait Ellen Page, a tendance conservatrice me l’ont rendu suspecte… Mais ça ne sont que des détails que je vous livre parce qu’ils ont existé et que cherche à tout exprimer mais l’esprit général du cours des choses n’a pas subi beaucoup de leur influence, et ce cour des choses est à présent exprimé, je pense.

Pour conclure, je voulais vous recommander très fortement la lecture d’un article que j’ai écrit sur ce que c’est que « d’exprimer », je pense que ça vous éclairera vraiment sur ma façon de « dire » et de « parler », et qu’au-delà de ça vous y apprendrez peut-être quelque chose. Ca peut aussi te servir de réponse, Nouvel Intervenant 3, plus détaillée quand à celle, rapide, que je pourrais te faire en disant que toute cette conversation avait pour but de mieux nous comprendre les uns les autres ?
http://www.nabolo.com/apprendre-exprimer/

Intervenant B

Je ne vois pas en quoi cela ressemble à un Talk Show. Je n’ai pas vu (lu) des gens qui aiment s’écouter parler (se relire) mais une vraie discussion sur un sujet préoccupant. Cette discussion publique entre Jimmy et Nabolo m’ont d’ailleurs apporté beaucoup et m’a poussé à réfléchir plus loin qu’à mon habitude.

[Edit:] Ici j’ajoute encore que je n’étais pas en France au moment du débat sur le mariage pour tous et que je suis passé totalement à côté des horreurs qu’on est en train de me rapporter en mp. Je donne ça comme clef de lecture supplémentaire, et non pour me justifier. 

Le témoignage de Jérôme

Sinon oui c’est innée, autant que de marcher à 4 pattes.

Je vais vous raconter des faits : Je suis en début de 6ème au Collège Irène Joliot Curie au Havre, c’est la récré du matin, je regarde tous les gamins devant moi un peu absent, et là je réalise subitement que je regarde toujours les garçons et que ça me fait ce « truc » dans le ventre qui me rend bêtement heureux alors que je ne vois juste pas les filles (littéralement, je m’en fous assez pour pas les conscientiser dans mon espace visuel).
Je n’ai rien vu ni lu sur le sujet, on est début 90, on en parle pas en province et encore moins au collège, on a pas internet et on découvre les consoles de jeu de salon.
Mon quotidien est fait d’imaginaire, de chevaliers du zodiaque et autre dragon ball.

c’est dans ce cadre que je sais, que j’intègre seul l’idée que je suis attiré par les garçon, que c’est ça qui me plait. J’ai peur, je sais que c’est « mal » que je ne dois pas y penser, mes seules références dans ce domaine son religieuses, Dieu dit « No way ! », et rien dans ma famille et l’école ne s’oppose à cette vision, ils la corroborent tous tacitement.
L’école c’est déjà cruel de base mais avec ça en prime je me dis que je suis foutu, je refoule donc, et genre fort, du genre même que je me dis à chaque fois que je suis un monstre, que je dois suivre ce que Dieu dit, que je dois absolument regarder les yeux de mes potes et pas leur jambes ou leur fesses, que je vais passer mon temps dans les vestiaires et que je devrais regarder le sol pour pas me trahir. Je me répète que je suis pas gay, juste que j’ai des pensées bizarres et que ça passera…

J’ai passé 10 ans de ma vie comme ça avec une peur omniprésente qu’on me dise ce mot : « homosexuel ».

Si ce n’était pas inné, est ce que vous ne croyez pas que j’aurais choisis d’être avec des filles ? que ça aurait été plus simple ?
Je l’ai fais, les moments les plus tristes de ma vie, je me mentais à moi, je leur mentais à elle. Une honte démesurée.

Le jour où j’ai accepté qui j’étais j’avais déjà fait trop de ravages en amont, je n’ai vécu ça que comme retrouver de l’oxygène mais ça ne m’a pas rendu heureux pour autant, parce qu’assumer c’est l’inverse de la honte, c’est avoir la force de se retrouver devant une vingtaine de collègues homophobes à l’usine et ne pas rigoler à leur blagues de merde, ne pas trop les regarder pour éviter la phrase « t’es pédé ? » à laquelle on ne répondra pas « non » pas parce qu’on a décidé de ne plus mentir mais qui promettra par la suite un quotidien encore plus minable. c’est constamment enchainer les colibets merdiques et vaseux, s’insurger et finalement se faire traiter d’activiste quand on a le malheur de dire aux cons qu’ils le sont. C’est comprendre avec une acuité rare le combat quotidien d’une femme et voire à quel point elle même n’ont pas gagné leur lettre de noblesse malgré tous les sacrifices, c’est assumer que la bêtise est omniprésente et qu’on ne peut qu’être en accord qu’avec soi, quand bien même un jour cet accord vous mettra dans une situation potentiellement dangereuse (sociale , professionnelle, physique).

Donc intégré bien ceci : c’est inné oui parce que si on m’avait laissé le choix j’aurais choisis d’aimer les femmes par commodité de vie, parce que j’aurais préféré m’épargner toute cette souffrance depuis que j’ai 10 ans et que toute cette énergie perdue à ne pas me foutre en l’air j’aurais pu l’utiliser ailleurs.

On ne choisis pas sa sexualité mais on choisis sa société, c’est la seule chose qu’il y ait à changer, le reste étant les briques indispensable à son édification.

Autre témoignage (en anglais)









Conclusion

Ca a été une vraie expérience pour moi d’écrire cet article, qui a abouti à une vraie progression, dans le sens où j’ai désormais accès à une connaissance, de l’ordre de l’émotionnel, que je n’avais pas auparavant. Est-ce que j’ai changé de point de vue ? Certains de mes interlocuteurs m’ont engagé à ne pas le faire pour me contenter d’évoluer (beaucoup) sur la forme. Pourtant, mon point de vue a changé. Je pourrais le résumer ainsi:  il y a un temps pour se battre et un temps pour penser plus large. Apparemment la bataille est toujours en cours. A titre personnel, comment suis-je passé à côté ? Pas mal d’éléments évoqués plus haut peuvent l’expliquer. J’espère surtout que si d’autres que moi souffrant du même aveuglement  viennent à lire cet article et la suite qui y a été donnée, ils pourront accéder au point de vue qui doit leur manquer et serrer leurs coudes avec ceux d’entre nous qui ne jouissent pas des mêmes droits pour des raisons que l’avenir jugera bientôt avec sévérité. Merci à tous ceux qui ont participé, les commentaires sont tous bienvenus.




9 Responses to Coming out ! retour sur celui d’Ellen Page

  1. Jimmy says:

    Nabolo,

    Je suis atterré par ton article.

    Je suis atterré parce que sa construction même est bancale. Tu le vends comme quelque chose d’équilibré, avec du pour et du contre. Mais là où le pour a droit à 2 paragraphes, le contre en a tellement que j’ai la flemme de les compter. Autant assumer ton point de vue dès le début et ne pas te cacher derrière une fausse neutralité. Tu es un communicant et tu sais qu’on n’attire pas des mouches avec du vinaigre. Commencer par un discours ouvert et plein de bonnes intentions te permet de gagner l’attention de ton audience avant de déverser ensuite le cœur même de ton propos. Pas d’bol là c’est un peu trop voyant.

    Je suis atterré parce que je te connais, j’ai déjà eu plusieurs conversations avec toi, et je te croyais plus ouvert que ça. Comment peux-tu encore penser que l’homosexualité est un choix après les discussions que nous avons eues ? Je veux bien croire que la bière ait put altérer ta perceptions des mots mais quand même ! Si je ne m’abuse tu n’es pas homosexuel. Comment peux-tu savoir et clamer que l’on ne naît pas homosexuel ? Et t’as connerie tu l’as eu de naissance ?! Non mais sérieusement renseigne-toi un peu avant d’écrire un tissu d’âneries pareilles ! Il n’est aucunement question d’une vision américaine ou européenne, il est question d’un ressenti de milliers de personnes où qu’elles soient à travers le monde ! Tu crois qu’à 5 ans quand on se sent différent et que bizarrement on regarde les garçons qui jouent au foot au lieu des filles dans la cour on le fait par choix ? Oui Ellen Page parle de son homosexualité comme de quelque chose qu’elle n’a pas décidé, qu’elle subit. MAIS PARCE QUE C’EST LE CAS ! Je ne sais pas combien de fois il faudra le répéter pour que ça rentre : on ne choisit pas d’être homosexuel, le seul choix qu’on ait est de l’accepter ou non. Et le fait de vivre caché est une telle souffrance que ce n’est même pas vraiment un choix.

    Je suis atterré car tu n’as visiblement rien compris au message d’Ellen Page. Il n’est en aucun cas question d’un quelconque rassemblement des homosexuels. Au contraire, si elle fait un coming-out public c’est dans un esprit d’ouverture. Pour montrer aux jeunes et à ceux qui vivent mal leur homosexualité qu’on peut tout à fait être une personne publique, bien intégrée dans la société, et vivre pleinement sa vie personnelle. Tu n’as pas idée de ce que c’est de grandir sans aucun repère de ce type. Là où tu vois une division dans le discours d’Ellen Page je vois au contraire un magnifique message de tolérance et d’ouverture aux autres, qu’ils soient hétérosexuels, homosexuels, blancs, noirs, petits, grands. Tu parles de communautarisme homosexuel mais ce n’est pas du tout dans cet esprit qu’est son discours. Je ne vais pas te faire un cours d’histoire de l’homosexualité mais s’ils n’avaient pas eu d’autre alternative que de se regrouper pour lutter et pour simplement se défendre, il n’y aurait même pas de « communauté homosexuelle ». N’inversons pas les rôles, c’est le rejet qui crée le communautarisme et pas l’inverse.

    Enfin je suis atterré parce que je ne sais pas dans quelle France tu vis, mais dire que nous sommes un pays « plus tolérant en matière de mœurs », quand on voit ce qui se passe en ce moment et depuis plus d’un an… Je crois qu’on ne vit pas au même endroit…

    Je ne te savais pas porteur de telles idées et je dois t’avouer être particulièrement déçu. Tu as fait de ce message d’espoir que je pensais être inconditionnellement beau quelque chose qui demande encore de se battre pour être simplement ce que nous sommes. On est loin de l’image du baroudeur hédoniste que je me faisais de toi. Comme quoi tout le monde peut se tromper.

  2. Majigna says:

    Ou peut-être Ellen Page souhaite-t-elle simplement encourager ceux qui l’apprécient, qui sont homosexuels et surtout qui s’apprêtent à vivre les mêmes souffrances morales qu’elle, des souffrances morales généralement engendrées d’ailleurs par des pseudo-réflexions obsolètes à l’image de celle que vous venez de tenir.

    L’Aventure de la sodomie n’est-elle pas au goût de votre philosophie de l’aventure ? Quel dommage.

    • Nabolo says:

      Bonjour Majigna, j’ai édité l’article (je ne crois pas que tu l’aies vu ?) J’ai partagé ma réflexion avec certains de mes amis (qui sont « pro- homosexuels » je précise sans savoir si le terme existe). Ils n’ont pas qualifié mes remarques d’obsolètes mais de « en avance sur leur temps », partant du principe que l’homosexualité était déjà admise partout et par tous comme c’est le cas dans mon entourage et malheureusement pas ailleurs, ce qui me vaut, je le constate à grand regret en ce moment, d’être en grand décalage avec la situation que connaissent beaucoup de gens que j’apprécie. Ils ont dit « en avance sur leur temps » parce qu’ils sont gentils, mais ils auraient du dire inadaptées. Je le comprends à présent que Jimmy et d’autres m’ont transmis un peu de la peine qu’ils endurent au quotidien et que je ne voyais pas. Ca peut paraître hallucinant, mais je ne l’avais pas vu avant… Pas comme ça, pas ressenti quoi : je la savais sans la vivre, sans intensité.
      Mais pour que tout ça m’arrive il fallait bien que j’aborde le sujet. Maintenant je sais, un peu, mieux. Et peut-être que d’autres sauront un peu mieux qui, tolérants mais égoïstes, ou légers, n’ont pas tout de suite vu ce que le message d’Ellen Page portait d’espoir.

      PS : J’ai échangé avec Jimmy qui intervient plus haut mais de manière un peu trop personnelle pour que je la copie ici. Merci en tous cas de ne pas avoir coupé le dialogue Jimmy, j’ai progressé grâce à toi.

  3. Yotoni says:

    La seule chose qui est certaine quand on te lit, c’est que tu n’es pas gay !!! C’est frappant, tout ce que tu penses c’est du langage hétéro. Un hétéro qui prône la tolérance certes, mais un hétéro. Et tout le problème de tes théories vient de là. Tu exprimes tes impressions-opinions … mais elles sont celles d’un hétéro. Et tu ne peux pas parler de l’homosexualité, cad de ce que c’est ou pas (sinon tu peux en parler, of course), puisque tu ne l’es pas !! C’est comme ces critiques d’art qui parlent pendant des heures de ce qu’un artiste a voulu exprimer dans son tableau ou dans son livre. Ils ne sont pas dans la tête de l’artiste, celui ci est mort depuis des lustres sans parler du contenu de son art, mais en tout cas, ces critiques d’art se permettent de parler à sa place. Si j’étais l’artiste dans le ciel j’aurais envie de leur foutre des coups de pied au cul. De quel droit se permettent ils toutes leurs élucubrations ? Certes ils peuvent supposer, lancer des idées, mais comment affirmer ?

    Pourquoi s’attacher à l’idée de l’innée ? Mais parce que c’est le cas !!! Parce que dans mes plus vieux souvenirs je suis attirée par des femmes et JAMAIS je n’ai été attirée par un homme. Je peux me souvenir d’avoir été attirée par mes profs féminines de maternelle !! Alors je ne vois pas où se trouve le choix ???!! Si c’était une question de choix, et bien je ferai le choix inverse, je sortirai avec des mecs. ça me rendrait la vie bien plus facile !!! Je n’aurai pas eu une enfance inexistante, grise, sans repère, sans vie amoureuse.

    Tu dois prendre conscience que ça ne fait que quelques années que des séries gay sont apparues à la télé, que des « stars » féminines ont déclaré leur homosexualité, seulement un an à peine que l’on a le droit de se marier …. Avant mes 15 ans, je n’avais pratiquement jamais vu de femmes ensemble, jamais vu deux femmes coucher ensemble, jamais vu deux femmes s’embrasser dans la rue, jamais vu deux femmes élevant leurs enfants ensemble. Je n’ai pas d’ami(e)s à l’école ayant été élevées par deux femmes qui venaient le chercher en le tenant par la main !!!! Puis est arrivé L World (série gay), est arrivé internet à la maison avec gayvox, avec la possibilité de trouver en streaming des films gay… Les seules rares lesbiennes que j’avais rencontrées c’était deux femmes au bout de la rue, détestées par mes parents du fait d’être lesbiennes. Deux cinquantenaires moches rejetées par notre rue hétéro familiale bien pensante et catholique. C’était mon image des lesbiennes. Pratiquement introuvable et moche. La première fois qu’L world a été diffusé sur canal, mes parents dormaient dans la pièce à côté. Je l’ai regardé sans son. J’ai fait semblant d’enregistrer des émissions bidons avant pour pouvoir avoir mon feuilleton en bout de K7 l’air de rien. Je prenais toutes mes précautions pour que mes parents n’en sachent rien. Après comme je l’ai dit avant j’ai pris mes libertés progressivement. J’ai trouvé mes repères dans la vingtaine. fin de vingtaine pour être honnête. Je trouve que ça fait tard pour avoir des repères, pour embrasser une première fois vraiment (et non pas faire semblant avec les garçons). Je trouve que ça a gâché toute mon enfance, toute mon adolescence, toute mes fragilités, mes peurs, mes peurs des autres, mes rapports aux autres, les mensonges, la vie cachée, dissimulée à ses proches.

    La génération homosexuelle qui nait actuellement aura beaucoup plus de repère que n’en a eu la nôtre. Peut être une enfance moins sombre, moins vide. Grandir uniquement avec des hétéros autour de soi, ne rencontrer l’amour que très tardivement, tu ne sais pas ce que c’est. Avec une famille homophobe qui crache sur Amélie Mauresmo, qui confond homosexuel et pédophile, qui n’exprime que du dégoût pour ce que tu représentes. Alors se taire, ne rien dire, grandir dans le noir. Grandir avec les autres à l’école, des petits monstres qui coinceront le petit pd dans un coin et lui défonceront la tête. Grandir en comprenant que l’on doit tout faire pour dissimuler son homosexualité à l’école. Grandir encore en silence et dans le noir. Le vivre comme une honte que l’on doit cacher. Devenir rouge comme une tomate quand on aborde le sujet autour de soi, avoir le cœur qui palpite, faire tout son possible pour que ça ne se voit pas. Aller chez ses grands parents le we, apprendre qu’il y a un couple de pd qui s’est installlé dans le coin, que la nuit, des jeunes se sont chargés de leur régler leur compte et de faire brûler leur maison pendant la nuit. Dans quel monde tu vis Nabolo ????? La réponse est simple, dans un monde hétéro. Le monde tranquille, où tu as des souvenirs d’enfance avec des petites amoureuses, des filles dont tu as tenu la main en te promenant dans les ruelles, des boums où tu parlais peut être avec tes amis de tes coups de cœur … Toutes les séries hétéro, les dessins animés hétéros, les films hétéros, tes repères en grandissant. Tu ne comprendras jamais tout ce qui nous est ôté. Des milliers de détails qui nous sont enlevés dans notre enfance.

    Que tu aies envie un jour d’avoir le choix de tenter une expérience gay, c’est ton choix, et tu as de la chance que ce soit un choix ou un éventuel fantasme un jour. Mais ce qui est inné chez toi c’est que tu es essentiellement hétéro. Et ça ce n’est pas un choix, c’est un constat. Tout petit tu as dû constater que les filles te plaisaient ect blablabla. Pourquoi es tu hétéro ? Est ce véritablement un choix chez toi ? As tu constamment envie d’être dans un lit avec un autre homme ? As tu toujours été amoureux de tes camarades de classe ? Je ne pense pas. Quelle est la part de choix dans ton hétérosexualité, j’aimerais le savoir.

    Inversement, j’ai le choix de tenter une expérience hétéro, c’est mon choix dans une société libre, ce sera une aventure, une expérience. Mais ce qui est inné chez moi c’est que je suis attirée sexuellement par les femmes, que je l’ai toujours été aussi loin que je me souvienne, et que je n’ai quasiment aucune attirance sexuelle pour les hommes. Où est la part de choix dans cette histoire ?

    Pareillement, je suis née brune. Je n’y peux rien c’est ainsi, c’est innée. Mais j’ai le choix de faire une couleur et de devenir blonde pour un temps. ça ne changera pas ma couleur naturelle qui reviendra aux racines. Bref, là se situe la différence entre l’innée et le choix, et là se situe ta confusion.

    Il est important pour moi que les hétéros comprennent qu’il s’agit de quelque chose d’inné, que c’est dans ma nature, dans mon être, au même titre que je suis brune et que j’ai les yeux noirs. Ne pas vouloir le reconnaître, le nier, c’est blessant pour moi. Considérer que c’est un choix, que ce n’est pas inné, c’est refuser de reconnaître que c’est naturel. Prôner la liberté d’être gay ou pas, c’est bien peu connaître la sexualité, l’homosexualité en tout cas. Comment un hétéro sait il qu’il est hétéro ? A quel âge fait il ce choix ? Sur quels critères se détermine-t-il ? Qu’est ce qui fait qu’il est plus hétéro que gay ? Que les filles l’attirent plus que les garçons à l’école ? Comment se fait il qu’il regarde les jolies filles dans la rue ? Ah oui, je sais. C’est un choix qu’il a fait en pleine conscience lors de ses quatre ans et de ces premiers émoies amoureux.

    Il a également fait le même choix par rapport aux jus de fruit. Il a décidé qu’il n’aimerait pas les jus de fruit et depuis il n’aime pas. Il a également fait le choix d’aimer la paella. Personne ne comprend d’où vient ce choix mais depuis tout petit il a consciemment décidé d’aimer la paëlla et depuis il en mange beaucoup. C’est un choix, et il est libre de le faire, comme il est libre de changer d’avis. Demain il décidera de ne plus aimer la paella. Soudainement, et il décidera alors d’aimer surtout le poulet rôti. Ce garçon nie complétement ses goûts, il suit seulement ses choix, pour rester libre et pouvoir en changer s’il le veut. Ne pas être tenu pas le fait qu’il déteste en vérité le chocolat. Il veut conserver sa liberté, son choix de décider de ce qu’il aime.

    Alors voir cette actrice faire son coming-out, oui ça fait un bien fou, parce qu’elle est belle et que ça éloigne l’idée reçue que les lesbiennes sont des camionneuses. Parce que j’aurai plaisir à re-regarder ses films en la sachant homo. Au même titre que des noirs peuvent ressentir quelque chose de particulier lorsqu’Obama gagne les élections (les blancs aussi bien sûr, mais ce n’est pas comparable). Ils ont alors d’autres repères. Oui c’est possible. Au même titre qu’ils peuvent regarder Grey anatomy en ayant comme repère que le chef de la clinique et des résidents sont noirs. Et au même titre que ça me fait du bien de voir une histoire lesbienne dans cette série. Oui on donne alors d’autres repères. Morgan Freeman donne d’autres repères. Et dans un monde où prédomine les hétéros et les blancs, reconnait toute la valeur de l’intervention de cette actrice, elle est un nouveau repère, une bouffée d’oxygène, une joie pour les lesbiennes. Le coming out de Riccky Martin a dû également être un repère fantastique pour les gays : un mec canon, équilibré, et père de deux enfants. C’est très loin de l’énergie perdue, très très loin. Quand Obama gagne l’élection, ce n’est pas du communautarisme. C’est un repère magique pour les noirs et une autre image du noir dans l’inconscient collectif. Idem pour cette jeune actrice. Idem pour Riccky Martin. Et pour tenir tes propos, tu ne dois pas comprendre ce que c’est que de grandir dans le noir sans repère, ou pour seul repère ce que la télé te montre. Ne pas donner de valeur aux repères.

    Il y a certes différents niveaux. Celui de la copine de Johnny Depp qui déclare aux médias qu’elle a toujours considéré être libre de ses fesses et coucher avec des hommes ou des femmes sans se soucier du quand dira-t-on, qu’elle prône la liberté d’aimer qui elle veut. Tant mieux elle est magnifique, ça fait du bien de le savoir. ça fait du bien de l’entendre mais ça n’exprime pas nos vies. Pas la mienne. Sa vision est celle d’une bi qui vit dans un monde de bisounours, qui a assez de sécurité autour d’elle pour se le permettre, qui sort avec JD donc qui peut se permettre de vivre à 3000 lieux des quand dira-t-on, qui a une famille babacool large d’esprit. Dans l’imaginaire collectif, elle est l’hétéro sexy qui est libre sexuellement et qui entre parfaitement dans le porno fantasme chic hétéro. Et cette vision de la liberté qui se rapproche tellement de la tienne correspond tellement peu à celle d’un gay, à ses ressentis, à ses peurs, à son enfance, à sa famille, à son parcours qu’entendre Ellen Page mettre des mots et exprimer notre parcours, nos peurs, nos appréhensions, bref, ça fait beaucoup de bien. ça résonne en nous. C’est un lien invisible entre elle et nous. On est moins seul dans le noir. Pour l’image qu’elle renvoie des lesbiennes aux hétéros bien pensant, et pour l’image qu’elle nous renvoie dans notre imaginaire lesbien. Maintenant j’ai faim alors je te laisse.
    Je sais que tu es ouvert d’esprit, ce que tu dis sur les animaux et les végétaux est vrai. Je ne suis pas une tomate alors je ne sais rien du véritable cycle de vie de la tomate, je ne sais même pas si une tomate peut être heureuse ou pas. Je ne suis pas une grenouille alors je n’envisage pas toutes les peines et les peurs, les joies et les fantasmes du monde des grenouilles. Par contre, en tant que lesbienne, je peux te dire que tes impressions et opinions des homos sont à côté de la plaque, tout simplement parce que tu n’es pas une grenouille.

    • Nabolo says:

      Merci beaucoup Yotoni pour ton commentaire, effectivement tu touches juste en appuyant sur cet autre point (au-delà de l’innée et du communautarisme etc.) : même en étant bien intentionné on ne peut pas s’approprier les causes qui ne sont pas les nôtres. Parce qu’on n’a pas les capacités pour, tout d’abord, et parce qu’ensuite c’est du vol. Crois-bien que je comprends cet autre point aussi à présent, et que je ne m’aventurerai plus à parler comme je l’ai fait de comment devrait ou non évoluer une communauté à laquelle je n’appartiens pas, et que, malgré toute ma bonne volonté, je ne peux pas totalement comprendre: pour des raisons historiques, de vécu, etc. Je dois avoir l’humilité et la sagesse de m’en convaincre… même si quelque part je suis un peu triste que ça doive entériner le fait que nous sommes différents… en attendant de vivre dans un monde où cette différence aura autant d’importance que la couleur de nos cheveux.

  4. victoria says:

    Est-ce important de se demander si l’homosexualité (et l’hétérosexualité de qui personne ne se pose la question et qui pourtant pourrait susciter exactement le même débat…) est innée ou acquise ? Pour moi ce débat est inutile et stérile:
    ON DEVRAIT S’EN FOUTRE !!!!!
    Parce que l’homosexualité EST ! De tout temps à jamais elle a existé. Elle appartient au règne humain, DE FAIT !
    Alors pourquoi emmerder les homos puisque l’homosexualité est absolument incontournable ? Si ce n’est pour vivre sa haine de la différence… Et l’humain est très fort pour juger et faire chier les gens différents de lui! Il trouve en tout, absolument tout, des bonnes causes pour vivre sa part haineuse et guerrière. Et personne n’en est exempt… Pour preuve :
    J’ai entendu bien des fois des homos casser du sucre sur le dos des bis. Il fallait que les bis choisissent leur camps ! Pourtant, si il y a un groupe sexuel qui devrait être ouvert et tolérant (* en bas de page), c’est bien celui des homos qui souffrent eux-mêmes si régulièrement du rejet lié à leur sexualité et leurs relations amoureuses.
    Ces homos anti-bis ne font pas mieux que ceux qui affirment que l’homosexualité est acquise et que donc on peut la changer puisqu’elle n’est pas dans la nature. Pour eux c’est un choix : alors comme les homos auraient fait le mauvais choix, ils devraient revenir à la raison en devenant hétérosexuels! (**) Pour autant ces homos anti-bis demandent la même chose aux bis : faire un choix allant contre leur désir profond ou contre leur nature !
    Pour moi, il est clair que les homophobes sont des homos refoulés, c’est à dire des personnes qui refoulent avec difficulté leur nature profonde, parce qu’ils se sont imposé à eux-mêmes (sous l’influence du poids des croyances, de la culture, etc) de devoir vivre une sexualité uniquement avec l’autre sexe quand leur désir profond (ou leur nature profonde) est, ou pour les deux sexes, ou pour seulement le même qu’eux.
    Or, plus il nous est difficile de refouler quelque chose (que ce soit nos désirs sexuels ou n’importe quoi d’autre) plus nous en voulons aux personnes qui, elles, nous font l’outrage de vivre ouvertement cette part que nous, nous refoulons avec tant de difficulté.
    Ex : je voudrais être quelqu’un de tout le temps zen, or je refoule parfois avec difficulté la part de colère qui existe en moi, aussi je me sens agressée par les personnes qui expriment leur colère à chaque instant. Et plus je suis dans un moment de ma vie où je refoule avec difficulté ma colère, plus je leur en veux et je finis souvent par les agresser…
    Réfléchissez-y. Il y a tout à gagner à envisager les choses sous l’angle suivant : les homophobes sont des personnes en souffrance. Les voir comme des victimes (d’eux-mêmes) permet de radicalement changer la donne : les pauvres ! Ils souffrent !
    Imaginons un monde où tous les gays et gays-friendly (ça fait un paquet de personnes non?!) envisageraient sincèrement le sujet des homophobes avec de la compassion ou de l’empathie (c’est encore mieux)…
    Premier effet : plus de colère dans les cœurs des gays et gays-friendly. Elle est remplacée par de l’amour !
    Il est tout de même plus épanouissant de se préserver du type de poison qu’est la colère non ? Et si les homophobes font montre d’une grande intolérance, est-il subtil d’être intolérant avec eux ? D’ailleurs je pense que plus on insiste, plus ça résiste.
    Deuxième effet : si des millions et des millions de personnes (les gays et gays-friendly de la terre entière) se mettent à considérer sincèrement et définitivement les homophobes comme des personnes en souffrance, donc faibles, donc à aimer, les homophobes ne pourraient plus se sentir supérieurs et dans leur bon droit… On leur coupe l’herbe sous le pied !
    Enfin, dans une relation (entre deux personnes mais aussi entre deux groupes), si l’un des protagonistes change de comportement, la relation change. Or la relation entre les homophobes et les gays et gays-friendly est tendue, emplie de colère et parfois hystérique. Puisque nous ne pouvons pas attendre des homophobes qu’ils changent spontanément, c’est à nous de changer. Et la relation changera, de fait. Mettons de l’amour dans cette relation, aimons les homophobes. Ils ne pourrons plus rester sur leur position… Nous aurons vraiment fait avancer les choses.
    J’ai fait l’expérience suivante :
    je suis en train de regarder les infos à la télé avec une personne raciste. Elle profère des horreurs racistes en sachant que je ne le suis pas. Comme je ne l’agresse pas, n’essaie pas d’argumenter pour lui démontrer son erreur, ni ne lui dit quoi que ce soit qui laisse à penser que je lui en veux de penser comme ça, et qu’au contraire, je suis tout amour pour elle (j’aime tellement les humains!), au bout d’un moment elle se calme toute seule et me dit : «  C’est pas bien d’être raciste non ? » Ce à quoi je lui réponds avec tout mon amour et sincèrement : «  Non, il n’y a rien de bien ou de mal, tout est juste. Si les racistes existent, c’est que c’est dans la nature humaine d’être raciste. La seule chose qui importe c’est : est-ce que cela te rend heureuse d’être raciste ? Interroges-toi. »
    Une émotion la saisie, ses yeux s’embuent : «  Non, ça ne me rend pas heureuse d’être raciste. » Je lui dis : «  Alors la seule erreur que tu commets est vis à vis de toi. Tu te trompes en étant raciste puisque cela ne te rends pas heureuse. »
    Je n’avais jamais réussi à faire changer d’avis un raciste en argumentant… Là, sans agression, sans ego, mais avec de l’amour, uniquement et beaucoup d’amour, j’ai permis à une raciste de se remettre en question et de conclure d’elle-même qu’elle se « trompait » (***) en étant raciste. Par la suite, quand ses vieux réflexes racistes apparaissaient, elle se voyait aussitôt faire et se reprenait d’elle-même… en riant d’elle-même…
    En conclusion je dirais qu’en transmutant la haine ou la colère en amour, on obtient… de l’amour…

    Merci à tous les intervenants pour cette riche conversation. Et toi mon Nabolino chou chou chou, tu es tout simplement merveilleux. Je t’aime.
    Ta Vivicougnette.
    *: Logiquement ! Mais pour ma part je ne les juge pas, TOUT le monde a le droit d’être en contradiction, de se tromper, de faire toutes les expériences possibles… J’ai même connu des homos homophobes ! Pourquoi pas ?!
    * * : Lorsque j’entends ce genre de propos homophobes, je demande à la personne qui les profères : « Et toi tu pourrais avoir des rapports sexuels homos ?
    – Ah non, beurk !
    – Et imaginons que demain la norme change et qu’il devienne obligatoire d’être homo… En serais-tu capable ?
    – Quelle horreur ! Ah non, je ne pourrais pas ! Plutôt crever !
    – Et bien tu peux comprendre alors que c’est la même chose pour un homo, il éprouve autant de dégoût que toi à l’idée de changer de sexualité. Alors comment peux-tu penser qu’il devrait en changer quand tu sais que ce n’est pas possible? C’est un acharnement inutile, puisque le résultat escompté est tout simplement impossible. CQFD. »
    *** : sujet maintes fois abordé sur ce blog : dans l’absolu il n’y a aucune erreur, tout au plus est-ce une erreur d’être en contradiction avec notre désir profond. Alors si notre désir profond est de vivre le bonheur, il est improductif de nourrir de la colère puisqu’elle est un vecteur de mal-être. Mais il ne s’agit pas d’une erreur en soit, nous avons absolument le droit de tout expérimenté, même les « erreurs »…

    Ps : suis pas contre une bonne ration de Nabolo points, mon score n’est plus au top… Merci mon chéri.

    • Nabolo says:

      Oui oui, tu mérites ta poignée de Nabolo-points pour cette longue intervention avec laquelle, tu t’en doutes, je suis parfaitement en phase ! =)
      Privilégions toujours le dialogue… rabrouer les gens ne peut pas les faire « avancer »… et moins partialement dit: on ne doit pas s’attendre à ce qu’autrui partage spontanément nos valeurs.

  5. Liliat says:

    Moi, je pense au qu’on nait tous différents, que personne ne grandit jamais pareil, que les environnements dans lesquels on vit ne sont jamais les mêmes.
    Pour moi, tout se fait selon les yeux de la personne qui le vit et de personne d’autre. Je ne crois pas qu’on nait homosexuel, ni qu’on le devient. Ni rien. Je pense que le bébé qui nait est juste rempli de possibilités qui s’étoffent. C’est une page blanche dont les contraintes ne touchent pas ou peu la personnalité.

    Alors pour moi, la question de savoir si l’on nait ou l’on choisit de devenir homosexuel, elle n’a pas de sens. On le devient et c’est tout, on ne choisit pas forcément ce qu’on devient.

    ( et oui, je trouve qu’on vit dans un pays très triste par moments)

    • Nabolo says:

      Ce qui est fou c’est que, quoi qu’on pense, peu de choses poseraient problème si on se bornait à respecter autrui; principe avec lequel tout le monde est d’accord… mais pas de la même façon ! XD

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    Nabolo-avatar-moyenMUHAHAHA ! Grâce à un complexe réseau d’astuces manipulatoires, je suis parvenu à attirer ton œil sur le côté de la page afin de te pousser à l’abonnement.

    Cet abonnement est GRATUIT (encore heureux) : en fait il ne s’agit que de laisser ton mail dans la case ci-dessous pour que nous puissions rire ensemble et sans faillir des prochaines publications de l’EXCELLENT Nabolo-blog ! Cela n’implique pas que je t’incorpore à une armée de fans dont l’objectif inavoué serait la conquête du Loir-et-Cher, pas du tout (mais tu en sauras plus en remplissant le longuissime formulaire que tu aperçois juste en dessous... celui qui écarte pour toi ses deux encarts blancs, immaculés, vierges, purs et blancs, rien que pour toi... n'hésite plus !).