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(roman) BONTA vs BRAKMAR

BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 19ème


Bonta Brakmar
La saga
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VII
Chapitre 19ème : La mision se poursuit


Barbra était dans une colère folle que seul son état semblait
atténuer : elle était toute pâle. Sa peau, d’ordinaire d’un beau sombre, virait au gris maladif. Les forces lui manquaient, mais pas la
rage.


« La clef… Elle a volé la clef… !» Ruminait-elle en brisant le
mobilier et le silence de la nuit. Pouille était à ses côtés. Il l’avait déjà retenue une première fois d’appeler la garde en lui rappelant le secret qui entourait leur mission et tentait de la calmer :


« Lieutenant… Ca n’va pas, vous devez voir un Eniripsa. »


Barbra cessa son va et vient. Elle frappa sa poitrine en préambule à l’utilisation de la magie de Iop et invoqua un sortilège de vitalité qui lui rendit un peu d’aplomb.


« Ca ira. Le voleur a piégé ma chambre… Les effet de son poison ne
dureront pas. »


Pouille acquiesça bien qu’il ne fut pas tout à fait convaincu : il savait son mentor plus courageux que réfléchi.
Anyou, quant à elle, restait à l’écart. Elle ne savait pas comment réagir, ni ce que représentait cette clef mais elle était prête à foncer tête
baissée dans la direction qu’on lui indiquerait. C’est Barbra qui se chargea de ça :


« Anyou, prépare nos affaires. Pouille, selle deux montures. La mission n’est pas annulée, elle est avancée. Nous allons simplement faire un détour pour récupérer la clef. Le ou les voleurs n’auraient pas pu approcher Bonta à dos de dragodinde sans se faire repérer et la ville est fermée pour toute la durée du couvre-feu. L’ennemi est forcément parti
à pied. Je vais trouver la garde et faire en sorte que les portes de Bonta restent closes sous un prétexte quelconque. On se retrouve ici dans un quart d’heure. »


Les adeptes de Iop n’étaient pas connus pour leurs capacités
intellectuelles
qu’ils ne prenaient guère la peine de développer. Barbra ayant vécu avec la hantise qu’on lui vole cette clef pendant toute une partie de sa vie elle venait de réagir
avec une vivacité peu commune pour quelqu’un de sa confession. Alors qu’elle quittait le P.P.A.F. en trombe, Pouille ne put néanmoins s’empêcher de
relever :


« Je sais pas à quoi sert cette clef mais ça m’étonnerait qu’on la retrouve un jour… Les plaines de Cania sont immenses, y a des rochers et des cachettes partout. Et de nuit en plus, c’est même pas la peine… »


Cette remarque frappa Anyou comme un éclair :


« Pouille, occupe-toi des affaires, je reviens tout de suite ! »


Et avant que le jeune Sacrieur ait pu dire en mot, Anyou imitait Barbra en
disparaissant à son tour.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 18ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VI
Chapitre 18ème : La patrie en danger


L’après-midi se passa dans la salle de classe, jusqu’au soir. Pouille et
Anyou y étudièrent leurs leçons d’histoire. Ils revisitèrent toutes ces fois où les démons brâkmariens
avaient failli l’emporter sur les forces de la lumière : s’ils étaient mêlés à la prochaine il leur faudrait imiter l’exemple de leurs ancêtres. Oui, leurs ancêtres, car, déjà, Bonta, la blanche, l’enchanteresse Bonta avait fait d’eux un fils et une fille, protecteurs de sa pureté et de ses murs pour lesquels ils seraient prêts à donner
leur sang et leur vie.


Avant de se coucher, Barbra les convoqua dans la salle d’armes pour leur
rappeler ses instructions quant au départ du lendemain et chanter avec eux l’Hymne bontarien.


Concitoyens de la blancheur !

Anges de marbre ou de papier !

Contre la foule des pécheurs

Levons nos bras immaculés !

 

La pureté n’est pas un don

Qui se transmet de père en fils :

Chacun fait le choix d’être bon…

…Ou de mourir en sacrifice !

 

Qu’on se le dise, il n’est pour nous

Rien de plus sacré que la vie.

Mais… si vous gênez nos bouftous,

Nous vous massacrons à l’envie!

 

L’amour, toujours, guide nos pas.

Dans nos esprits règne la paix.

Mais ceux qui contrarient Bonta…

…Ils finiront tous étripés !

 

Bonta ! Bonta ! Bon ! T’as bon !

 

- Mieux vaut entendre ça que d’être sourd, dit la première.

- Quel chant grotesque, fit la seconde.


La troisième de ces trois ombres, qui observaient Barbra, Pouille et Anyou
à travers une lézarde du mur, préféra s’abstenir de commenter.


- Ca y est, ils vont se coucher ! s’exclama de nouveau la première ombre dans un chuchotement, alors que Pouille
et Anyou repartaient vers leur chambre.

- Oui, ils vont se coucher ! répéta la deuxième.

- Mais nom d’une targe, tu vas arrêter de répéter chacune de mes paroles ?! s’énerva la première.

- C’est que… avec tous ces retours en arrière, ces minutes qui avancent et ces scènes qui se répètent je finis par m’y
perdre moi !


La troisième silhouette ne se mêlait pas de la conversation. C’est pourtant à elle que la première silhouette
s’adressa, un peu plus tard : « Allez Anniki, à toi de jouer. Yesterday te couvre, il n’y a rien à
craindre. »


« Oui, dit la deuxième ombre, il n’y a rien à craindre, je… euh… pardon. » Finit-elle par s’excuser en
remarquant le regard sévère que la première silhouette fixait sur elle.


Anniki ne prêta pas attention à ces échanges qu’elle jugeait pathétiques. En un clin d’œil elle appela une brume
magique qui l’enveloppa comme un costume taillé sur mesure, la dissimulant aux yeux de ses comparses. Elle crocheta la serrure et entra au
« P.P.A.F. » : tel était le nom écrit sur le fronton de la maison.


Anniki avança avec le pas assuré de quelqu’un qui connaît déjà les lieux. Ses acolytes avaient fait un travail de
repérage irréprochable. Ca leur avait coûté plusieurs semaines de va et vient périlleux, des plaines de Cania jusqu’au sein même de la ville… S’ils
avaient craint, plusieurs fois en chemin, d’être capturés par un craqueuleur en rut, au final le jeu en valait la chandelle.


Anniki se dirigea directement vers la porte de Barbra qui restait entrebâillée. Barbra était allongée sur son lit,
endormie sur des draps qu’elle n’avait pas défait. Les Iops qu’Anniki avaient connu ronflaient tous comme des bêtes sauvages. Ce n’était pas le cas de
Barbra : elle avait trop de choses sur la conscience pour dormir d’un sommeil profond. Anniki flaira le danger. Son premier réflexe fut de matérialiser un piège magique qui neutraliserait Barbra au cas où elle se réveillerait. Cette précaution prise, la Sram se pencha sur
la Iop. Elle glissa la lame de son couteau jusqu’à sa gorge. Barbra ne broncha pas. Alors, d’un seul geste, Anniki trancha le fil qui pendait au cou de
Barbra pour libérer l’objet qu’elle y avait attaché. C’était une clef, d’apparence peu ordinaire, mais une clef tout de même. La voleuse s’en empara et
quitta la chambre sans demander son reste.


Toute à sa joie d’avoir réussi sa mission, Anniki avait oublié de maintenir le sortilège qui la rendait invisible. Or,
cependant qu’elle repoussait derrière elle la porte de la chambre, elle entrevit un mouvement sur sa gauche, en haut des escaliers : Pouille, dans un demi-sommeil, s’était levé pour aller faire pipi. En tournant brusquement la tête, comble de la déveine pour Anniki, elle laissa glisser le châle qui voilait son visage…


« Wow, le canon ! » s’exclama Pouille à qui aucun détail de la beauté d’Anniki n’échappait et avant
même de réaliser que la présence d’une étrangère au « P.P.A.F. » était tout à fait anormale.


L’intervention du garçon alerta les complices d’Anniki qui attendaient à l’extérieur. Yesterday était aux aguets, il
réagit promptement, par une formule magique :


« Raulebaque !! Tic.Tac. »


Des cloches sonnèrent aux oreilles du jeune Sacrieur… Des bruits de
montres qui explosent, la course folle d’une trotteuse… Il se retrouva dans son lit avec une terrible envie d’uriner et, sans savoir pourquoi, collée sur sa rétine, l’image d’une très belle femme
qu’il ne se rappelait pas avoir déjà rencontrée. Il descendit les escaliers pour aller se soulager et ne croisa personne.


Une heure plus tard, Barbra, livide, les réveillait, lui et Anyou, pour leur annoncer que la patrie était en danger.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 17ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VI
Chapitre 17ème : Mastigrin


Anyou et Pouille passèrent la mâtiné à
s’entrainer. Pouille avait essayé de matérialiser une épée éthérée par la seule force de sa concentration et de lui insuffler suffisamment de colère pour que,
devenue autonome, elle attaque sans relâche une cible désignée. Quant à Anyou qui maîtrisait le fouet plus ou moins bien désormais, elle avait tenté
d’invoquer un taon de taille normale, de façon à ce que ses piqures stimulent la combativité d’un bouftou de taille
normale. Il s’agissait d’une astuce on ne peut plus pratiquée chez les Osamodas, mais qui nécessitait un maximum de doigté.


Bien qu’elle sache parfaitement que Pouille avait reçu une formation autrement plus complète que la sienne, Anyou
jalousait la facilité avec laquelle il conjurait les excès de son pouvoir dont les symptômes extravagants étaient semblables aux siens : c’était cette
particularité qui réunissait les deux enfants sous la protection de Barbra.


Pouille avait raconté à Anyou qu’il était, avant de commencer sa formation, aussi dépourvu qu’elle en matière de
pratiques magiques. Les effets de ses sortilèges étaient dévastateurs et incontrôlés, au point qu’il avait décidé de renoncer à la magie et à sa foi, ce qui
n’était pas commun dans un Monde dont les habitants s’adonnaient tous plus ou moins à la sorcellerie, même de manière anecdotique, pour augmenter leurs
chances au loto ou résoudre certains problèmes de virilité par exemple.


Et puis Pouille avait rencontré Mastigrin.


Mastigrin était une célébrité en son temps. Lui aussi souffrait des mêmes maux que Pouille et Anyou mais, quasiment en
autodidacte, il était parvenu à contenir ses excès, voire à les maîtriser. Cela avait fait de lui un guerrier remarquable, ce qui n’avait pas échappé aux grands de la Cité. Danathor et Amayiro étaient venus lui proposer la tutelle de Barbra… Pour ne pas dire imposer. Mastigrin s’y était résolu à
contrecœur. Il avait tout de suite pris Barbra en grippe et mis un point d’honneur à contester son autorité. Les choses avaient changé lorsqu’il avait
rencontré Pouille à qui il voua toute la tendresse d’un frère jusqu’à ce qu’on l’envoie exécuter la mission pour laquelle il avait été formée, et dont il ne
revint jamais, il y avait de cela presque deux années.


C’était à peu près tout ce qu’Anyou savait au sujet de Pouille et Mastigrin : ce n’était pas quelqu’un qui se
préoccupait beaucoup de la vie des autres tant que celle-ci n’interférait pas directement avec la sienne. Malgré tous ces détails qui justifiaient amplement leur différence de niveau, elle
n’acceptait pas l’idée que Pouille la surpassât.


« Piqûre motivante ! »


Anyou fit un geste bref mais autoritaire en direction du bouftou et à l’intention du taon. Sans doute y avait-elle mis
trop de cœur car le taon s’emballa, vrombit comme une fusée et perfora le bouftou d’une quinzaine de coup d’aiguille. La réaction fut immédiate : les yeux du bouftou virèrent au rouge, sa
bouche écuma. Il chargea sans même prendre le temps de gratter le sol ! Sa cible, c’était Pouille, qui heureusement l’avait vu arriver. Il esquiva d’un
pas de côté. Le bouftou freina lourdement et attaqua de nouveau, encore et encore. Pouille esquiva toutes ses offensives avec aisance, jusqu’à ce que, à la surprise d’Anyou, Barbra vienne prêter
main forte au bouftou.


Pouille en fut étonné lui aussi, tout en évitant un premier coup : Barbra avait frappé de sa main droite, au bout
de laquelle s’était matérialisée une lame psychique. Ce sortilège, connu des Iop sous le nom de « Pression »,
était un sort rudimentaire mais un sort de combat tout de même. Barbra n’y allait pas pour rigoler. Alors que Pouille se trouvait à mi-chemin entre elle et le bouftou qui reprenait son souffle,
elle déclara :


« Pouille, c’est le dernier jour de ton entraînement. Si tu ne survies pas à nos coups aujourd’hui, c’est que tu
serais mort demain. »


Pouille hocha la tête et se concentra. Le bouftou porta un nouvel assaut. Barbra calqua son mouvement sur le sien et
fit pleuvoir les coups… Aucun ne touchait. Pouille les esquivait avec une rapidité et une incroyable souplesse. Si d’aventure il se sentait acculé, il utilisait une technique similaire à celle qu’il avait déjà employé sur Anyou le matin même et « transposait » le bouftou et Barbra qui s’y
perdaient à chaque fois, tant et si bien que Barbra finit par appeler Anyou en renfort.


La petite Osamodas hésita puis, après avoir pompeusement scandé le nom de son
Dieu, père de toutes les créatures vivantes etc., invoqua une série de corbeaux (de tailles normales) qui sortirent du néant, à proximité de ses mains, pour
foncer, bec en tête, en direction de Pouille.


Alors, Anyou se sentit de nouveau mordu par un froid glacial qui la paralysa
l’instant qu’elle échangea de place avec Pouille qui venait d’échanger la sienne avec le bouftou pour transposer Barbra à nouveau.
Les transpositions de Pouille étaient effectuées avec une telle rapidité que ses adversaires ne cherchaient même plus à le frapper de peur de s’estropier. Dans
des explosions de nuit qui transperçaient le temps et l’espace, il mit successivement ses adversaires à la place des uns des autres en renouvelant l’opération de plus en plus vite. Il ne s’arrêta
que lorsque Barbra pulvérisa le bouftou d’un geste maladroit et qu’Anyou vomit son petit déjeuner.


« Très bien, Pouille » affirma Barbra encore chancelante, car toute cette danse lui avait fait tourner la tête. « Je crois qu’il n’y a rien à redire sur la pratique. Nous nous occuperons du reste cet après-midi. » Et elle s’éloigna d’un pas peu
assuré.


Anyou finissait de cracher ce qui lui restait en bouche, Pouille s’approcha pour prendre de ses
nouvelles.


« C’est bon, ça va. Je suis un guerrier moi aussi. » Dit-elle fièrement en relevant son menton dégoulinant.
Pouille acquiesça, peut-être pour ne pas la vexer, mais c’était un jeune homme franc qui s’embarrassait peu des manières lorsqu’il parlait.


- Tes corbeaux étaient vraiment rapides. J’ai failli me faire avoir… Mais j’ai vu partir le coup.
expliqua-t-il.

- N’empêche, c’était impressionnant, avoua Anyou, mais si tu peux tout esquiver comme ça, tu es quasiment
invincible ?

- Oh non, répondit simplement Pouille, j’ai juste énormément d’entraînement et je connais parfaitement bien les
vingt sorts majeurs des onze confessions. Alors je peux les deviner, les anticiper… et donc les esquiver.

- Ah, je comprends mais… Il y a douze confessions, n’est-ce pas ? Anyou
chercha à se remémorer ce qu’on lui avait inculqué durant le temps de sa formation qui s’était déroulé sur les bancs de la classe aménagée dans leur résidence personnelle. « Chaque
confession pour un Dieu ou une Déesse… Il y a OsamodasIop et Sacrieur bien sûr…
Crâ pour les archers comme mon beau Vanthar -soupir-… Sram pour les assassins et les voleurs, Eniripsa pour les rebouteux et les médecins, Sadida : Dieu de la nature et des plantes, Féca et son bouclier protecteur… Xélor, le Dieu du temps, Pandawa, Déesse des boissons
fermentées et… Enutrof ? Ah oui j’allais oublier Enutrof, Dieu de l’ambition et de l’aventure. Oh ! Ca fait onze ! Mais
alors… ?

- Non, il y en a bien douze mais tu en as oublié un et c’est justement les sorts de cette confession que je ne peux
pas anticiper et esquiver, tout simplement parce qu’ils sont imprévisibles !

Anyou chercha mais sans trouver. Pouille lui sourit :


- Alors ma sœur, tu donnes ta langue au chat?


Anyou sursauta :


- Ah-mais-oui-bien-sûr ! C’est Ecaflip, le Dieu-Chat : Dieu du hasard
et des jeux ! Oui, effectivement, ça colle avec ce que tu disais… Donc les Ecaflips sont plus forts que toi ?

- C’est difficile à dire, le seul que j’ai connu c’était Mastigrin. Je ne l’ai jamais battu mais les pouvoirs de
Mastigrin, comme les tiens et les miens, n’étaient pas normal.


Pouille se donna le temps de la réflexion.


« Pour te répondre, je dirais que pas forcément,  mais qu’ils ont un petit avantage que les autres n’ont
pas.
»


Pouille était confiant
en ses capacités. Il fit un clin d’œil à Anyou.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 16ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VI
Chapitre 16ème : Pouille


Anyou se leva, enfila ses bottes et lissa l’uniforme d’apprenti beige
qu’elle ne quittait plus. A côté d’elle, Pouille dormait toujours. Il était encore tôt. Mais c’était leur vingtième jour de formation en commun et
Barbra leur avait promis « quelque chose de spécial ». Anyou en était tellement excitée qu’elle n’avait pas dormi de la
nuit.


Depuis qu’elle était devenue le disciple du lieutenant Mazone, elle se comportait en jeune fille modèle, ou plutôt en
parfaite petite recrue : avide d’apprendre d’un Maître dont elle avait pu constater l’expérience et la force, une force à qui elle devait la vie
sauve.


« Pouille… ? Tu dors… ? Ohé Pouille ? Tu dors, dis ? »


Apparemment oui, il dormait, comme en témoignait la grosse bulle qui lui pendait au nez. Anyou l’éclata du bout de
l’ongle avec une moue de dégout. La bulle reparut dans la narine d’à côté.


« Beurk… »


Anyou considéra son camarade. C’était un jeune disciple de Sacrieur,
Déesse de la souffrance et du sacrifice de soi. Une des douze Divinités majeures donc, même si son culte avait éclot beaucoup plus tard que celui
d’Osamodas, à une période de grande souffrance justement, lorsque les démons avaient failli imposer leur domination au Monde… comme ça leur arrivait
souvent.


Pouille avait à peu près l’âge d’Anyou et des muscles très saillants pour un enfant de treize ans, ce qui était
d’autant plus flagrant qu’il ne cessait de les exhiber : Anyou ne l’avait jamais vu porter autre chose que sa vieille culote grise rapiécée et son bandana, ce qui fait qu’il se baladait à
moitié nu la plupart du temps. Si on lui faisait la remarque, il invitait son interlocuteur à regarder ses cicatrices… ce qui l’amenait à constater que sa peau mate n’en avait pas la moindre
trace, fait rarissime chez les disciples de Sacrieur qui ont normalement pour habitude de s’exposer aux coups adverses dont ils tirent leur remarquable puissance. Mais Pouille, lui, était un
maître de l’esquive. A part ça il avait des cheveux en bataille bruns, tout comme ses yeux qu’Anyou essayait d’ouvrir en vain.


« TU DORS ?! » lui gueula-t-elle en pleine face après l’avoir bombardé de coups de pieds. Pouille eut
comme un soubresaut, il se réveilla avec une moue de dégout :


« Bworf, quelle horreur ! C’est ton haleine qui pue comme ça… ? »


Anyou s’écarta rapidement et lui tourna le dos, tout en lui expliquant qu’il était temps de se lever, qu’il était
paresseux, etc. Mais ce n’était qu’un prétexte pour souffler discrètement sur la paume de sa main et constater que l’odorat de Pouille ne l’avait pas trompé.


« Hola, hola, c’est bon ma sœur, doucement. » opposa-t-il à toutes ces remontrances.


Pouille avait la langue pâteuse. Il promena ses yeux endormis sur la chambre à l’ameublement spartiate qui l’avait
hébergé ces trois dernières années, Mastigrin et lui, puis lui seul quand Mastigrin avait disparu, puis lui et Anyou depuis qu’elle l’avait rejoint
sous le tutorat du lieutenant Mazone, ce qui fait qu’il l’appelait « ma sœur », lui-même n’ayant pas de famille. Oui, c’était bien la même vieille chambre du « P.P.A.F. » avec ses deux matelas posés côtes à côtes et puis rien d’autre que ses grandes fenêtres qui donnaient sur la cour, en bas, au pied d’une maison
bien plus grande que ne le requéraient trois personnes dont deux n’occupaient quasiment que quinze mètres carrés de plancher. Les autres chambres étaient réservées aux livres, aux armes, à des
salles d’entrainement et laboratoires divers…


Pouille se mit deux-trois gifles et bondit sur ses pieds. Il s’étira, d’abord les bras puis les jambes, et il
rejoignit Anyou près de la fenêtre.


- Ben ? Il fait toujours nuit !

- Mais non, c’est l’aube. Regarde.


Il fallait de l’imagination pour la voir mais une lueur pâle se répandait à l’horizon de la ville. La fraicheur inonda
la pièce quand Anyou ouvrit les carreaux (et la pièce en avait bien besoin car les deux enfants n’étaient pas des exemples de propreté). Alors Pouille appuya son pied sur le rebord et bondit à
l’extérieur. Il avait sauté du premier étage et du faire un roulé-boulé pour ne pas se briser les os. Puis il s’agenouilla sur la petite place, étendit les bras sur ses cuisses, creux vers le
haut, en « position de souffrance » et entama sa prière matinale à sa déesse. Anyou hésita un instant à imiter son acrobatie. Elle s’était
finalement décidée pour les escaliers quand Pouille la rappela près de la fenêtre :


« T’occupe Anyou, j’ai fini ! Je te transpose. »


A peine Pouille achevait-il sa phrase qu’Anyou fut envahie d’un froid
intense
, incomparable à celui de l’air : c’était le froid de l’espace. L’opération ne dura qu’une seconde, durant laquelle Anyou entrevit une infinité d’étoiles puis, retrouvant
ses esprits, elle réalisa qu’elle se trouvait en bas, dans la cour, alors que Pouille avait pris sa place en haut, dans la chambre. Il s’apprêtait à sauter de nouveau par la fenêtre, et s’exécuta
finalement dans un cri enthousiaste.


« Déjà debout ? » leur demanda Barbra qui, du coin de la place, les observait en
souriant.


Pouille et Anyou accoururent vers elle et, lui rendant son sourire, une main sur la tempe, ils déclamèrent en
cœur :


« Lieutenant ! Oui, lieutenant ! »


« Très bien, c’est très bien » affirma Barbra en leur rendant leur salut,
« repos. » A ce
dernier mot, ses disciples baissèrent le bras. « Aujourd’hui est un jour très spécial pour nous tous : c’est notre dernier jour d’entrainement. » Anyou et Pouille émirent un petit
cri de surprise.


- Même pour moi ? S’enquit Anyou avec espoir.

- Oui, pour toi aussi Anyou. Monseigneur Danathor juge qu’il est
préférable que tu nous accompagnes. Et pour ma part, eh bien, tu as fait beaucoup de progrès…


De toute évidence, Barbra ne partageait pas l’avis de Danathor, mais l’intéressée ne le remarqua pas, tant elle était
heureuse de participer à l’aventure qui se préparait et bien qu’elle en ignorât les composants.


« Nous partirons demain, tout équipés pour le sud. Suivez-moi à l’intérieur, j’ai quelque chose à vous
montrer. »


Pouille et Anyou savaient que tout ce qui touchait à eux, leur formation, et leur mission devait rester secret. Ils
emboitèrent le pas de Barbra sans poser de question.


Dans la salle des cartes qui ressemblait vaguement à un débarras, Barbra sélectionna plusieurs rouleaux de parchemins. Anyou aussi, bien qu’elle n’y fut pas invitée.


- Regarde Pouille chuchota-t-elle en lui montrant une récente carte d’Amakna, c’est de là que je viens, enfin, juste à côté quoi. Et toi, tu viens d’où ?

- Euh, ben…

- Ah voilà celle que je cherchais ! s’exclama Barbra, votre attention s’il vous plait.


Et le lieutenant leur expliqua le chemin qu’ils auraient à parcourir le lendemain. Un chemin semé d’embuches : il
faudrait traverser les Plaines de Cania en direction du sud, passer les massifs et s’arrêter au village des
Brigandins
pour la nuit, leur première étape.


« Je préfère vous prévenir que la faune ne nous fera pas de cadeau. Nous partirons le matin et voyagerons à
pieds, déguisés en aventuriers quelconques… Je vous dévoilerai notre destination finale en temps voulu. Ne soyez pas trop inquiets pour ce qui concerne les Brâkmariens : le gros de l’armée bontarienne se trouve en ce moment au sud de notre future position, et le capitaine
Fésastar
remporte succès sur succès. La voie nous est ouverte. »


Au nom de Fésastar, Anyou émit un petit cri : c’était donc là-bas qu’il était parti ! Spécialement pour lui
ouvrir la voie et s’assurer qu’elle ne courrait aucun danger au moment où elle chercherait à le rejoindre ! Dans son transport, Anyou entendit à peine Pouille qui murmurait entre ses
dents : « Je sais où nous allons. Nous allons là où Mastigrin a échoué… »


En revanche elle vit Barbra sursauter : le lieutenant avait très bien entendu les paroles de Pouille, elle.
Barbra préféra jouer la transparence.


« Eh bien c’est exact Pouille, tu as deviné. Nous allons aux Monts
Koalaks
. Mais cette fois pour réussir. Tu as été entraîné spécialement dans cet objectif… Anyou et moi, nous t’épaulerons. »


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 15ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode V
Chapitre 15ème : Cania by night


Ses ennemis le savent, Bonta est une forteresse. Quand le soleil baigne
ses remparts, hauts et larges, ils brillent jusqu’aux portes d’Astrub. Alors les bardes l’appellent « l’Etoile
des plaines
 ». Bonta devient une pépite qui attire les ambitieux du monde entier. Ce n’est qu’en touchant au but que l’aventurier découvre la supercherie : Bonta n’est pas
d’or, elle est de pierre, et ses créneaux ont leurs pics et leurs pièges cachés… Zeurg, pour son plus grand ravissement, était tombé dans l’un d’entre
eux.


Il s’agissait d’une chausse-trappe toute bête, une dalle factice qui donnait sur un trou bardé de lames. Zeurg s’était
délecté de la douleur en sentant le fer mordre la chair de son postérieur. Il avait depuis déclenché d’autres pièges et, bondissant de créneaux en créneaux, s’amusait comme
jamais.


Lorsqu’un garde s’inquiétait du bruit, Zeurg imitait le croassement des
corbacs qui rodaient aux alentours de la ville. Les gardes s’y laissaient prendre, du moins pendant cette dernière semaine où Zeurg était revenu,
toujours à la même heure, pour son rendez-vous officieux et nocturne avec Anyou. Hélas, la jeune fille n’était reparue qu’une seule fois : le
lendemain de leur rencontre fortuite. Elle lui avait alors annoncé qu’elle était devenue « Cheffe de protection » ou quelque chose dans le
genre… Zeurg ne l’avait pas cru mais il s’attendait à tout avec cette petite. Sans nouvelles fraiches, s’attendre à tout était d’ailleurs la meilleure chose qu’il ait à faire, car
retourner seul chez Madreselva lui était inenvisageable.


Sa persévérance porta ses fruits en cette énième nuit de patience, lorsqu’il entendit un hululement monter de
l’intérieur de la muraille, tellement mal imité qu’il en perdit ses moyens.


« Mais enfin fille de Cheffe ! Que voulez-vous que je réponde à ça ?! Appliquez vous bon
sang ! » cria-t-il sans se soucier le moins du monde de qui pouvait l’entendre. Anyou répondit plus fort encore :


- Ca n’est pas le moment Zeurg ! Tu m’as parfaitement entendu alors descend de là, je dois te
par… 

- Chuuut ! coupa Zeurg dont l’esprit de contradiction l’incitait maintenant à murmurer, Vous perdez la
raison fille de Cheffe ! C’est l’alerte que vous voulez donner ?! 


Au même instant une voix proche et sévère lança, au hasard de la nuit :


« Qui vive ? QUI VIVE ?! »


Comme la voix s’impatientait, Zeurg émit d’étranges croassements. Silence. Puis une deuxième voix demanda à la
première :


- Qu’est-ce que c’était ?

- Oh rien. Juste un corbac qui a la diarrhée. Il vient faire ici parce qu’il a honte de faire ça au nid, mais il a
promis de tout nettoyer en repartant.

- Pff ! Tu parles ! Ca finit toujours sur le dos de ma dragodinde ce genre de trucs…

- Comment ça, tu n’as pas mis la tienne en enclos ?

- Si, j’avais oublié.

- Alors allons-nous en, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Au pire, l’équipe de nettoyage repassera.


Des bruits de pas et leurs cliquetis métalliques s’éloignèrent. Zeurg fut aux pieds du rempart en un battement
d’ailes. Si Anyou s’accommodait de l’obscurité, lui y voyait comme en plein jour. Quoiqu’il en soit, les deux comparses se regardèrent, sans que chacun sache vraiment par où
commencer.


- Alors ? finit par interroger Zeurg.

- Haha ! s’exclama Anyou, triomphante, qui venait de reprendre le fil de ses idées. Tu ne devineras
jamais !

- Hmm… Je dirais que vous avez quitté votre « poste de Cheffe », qui impliquait je ne sais quoi avec du
caramel et de la vanille pour vous engager dans l’armée.

- Mais, balbutia Anyou, comment le sais-tu…?

- Parce que vous portez un uniforme et que vous sentez nettement moins les épices, bien que vous ne vous soyez
certainement pas lavée depuis des jours.


Anyou considéra l’étrange cochon-volant, présentement gonflé d’importance, qui décidemment était plein de ressources.
Mais il ne savait pas tout et Anyou lui raconta l’incident de la boulangerie et comment elle avait été secourue par le lieutenant Mazone, Maître Iop.


- Et après, le lieutenant m’a proposé d’entrer dans son école de formation, le « PPAF », spécialement pour les futurs soldats d’élite, et tu sais quoi ? Il n’y a que deux élèves, et je suis l’un des deux !

Anyou vérifia l’impact de cette nouvelle sur Zeurg : il se curait le nez. Le sourcil d’Anyou s’agita de
soubresauts nerveux, mais elle contint sa colère, recula, puis prononça ces mots :


« Par Osamodas tout puissant, dont je scande le nom, j’invoque…
Tofu ! Tofu ! Tofu ! »


Il y eut trois petites explosions, bientôt suivies de légers piaillements, et les trois tofus qui s’étaient
matérialisés entre Zeurg et Anyou vinrent se percher sur les épaules de cette dernière.


- Alors ? Qu’est-ce que tu dis de ça EX-professeur ? C’est pas toi qui aurais pu m’apprendre tout ça !
fanfaronna la jeune fille.


Zeurg ne releva pas. Il était ravi de voir qu’Anyou invoquait des tofus de taille normale : Madreselva serait
contente.


- Ohoh ! Fille de Cheffe ! Bravo, bravo ! C’est pas mal du tout.

- …et je sais faire plein d’autres trucs encore. Bon et, merci pour le tuyau, si je m’applique à la prière c’est vrai
que ça facilite tout, concéda-t-elle en voyant que Zeurg n’était plus d’humeur querelleuse.

- De rien fille de Cheffe, de rien ! Et vous dites que vous suivez une formation militaire maintenant ?
Combien de temps cela va-t-il durer ?

- Oh, je ne sais pas… Le lieutenant se plaint souvent qu’on nous en laisse peu en tous cas. On a déjà reçu des visites
d’un de ses supérieurs -très encourageant d’ailleurs- qui souhaite qu’elle presse notre formation. Il veut que nous accomplissions une mission
spéciale
, je ne sais pas trop quoi… D’ailleurs tout ça concerne plus Pouille que moi vu qu’il a commencé les cours il y a deux ans
déjà.

- Pouille ?

- C’est mon camarade de formation.

- Haha, vraiment ? Quel nom ridicule !


Anyou réagit mal à ce dernier commentaire, comme s’il la ciblait directement. Pouille lui avait fait un excellent
accueil au « PPAF » et leur solidarité avait été rapidement renforcée par les défis journaliers que leur imposait le lieutenant… Il faut dire aussi qu’Anyou manquait rarement une
occasion de rabrouer Zeurg :


- Non mais tu t’es vu ? « Zeurg » ?! Haha, c’est moi qui ris là ! Bon, je m’en vais. Je
voulais juste te dire que ça ne sert à rien de rester dans les parages, j’ai trouvé meilleur Maître que toi et en plus, elle m’explique tout sur les démons et pourquoi il faut combattre les
Brâkmariens, qui sont les serviteurs du mal… Franchement, tu corresponds pas mal à toutes ces descriptions alors ça m’étonnerait pas qu’un jour
« on se retrouve pas du même côté de l’épée », si tu vois ce que je veux dire…


Anyou avait emprunté cette expression au lieutenant. Elle la lui avait entendue dire à deux soldats qui s’étaient un
jour présentés dans leur petit établissement, suite à quoi ils étaient partis sans demander leur reste et Barbra était revenue, apaisée, pour annoncer à Pouille et elle-même que leur entraînement
était prolongé de deux bonnes semaines.


La phrase n’eut pas le même effet sur Zeurg qui se contenta de regarder Anyou d’un œil atone.


- Comme vous voulez fillez de Cheffe. Je vous laisse donc. Mais je ne serai pas loin au cas où vous reviendriez à la
raison.


Et Zeurg s’éleva tranquillement au-dessus des remparts, laissant Anyou à sa frustration de ne pas avoir réussi à le
surprendre ni à l’irriter, ce qui l’amusait beaucoup, au fond.


Anyou, toute égoïste qu’elle était, ne s’était pas préoccupée du sort de Zeurg. Il faut dire qu’elle aurait eu tort de
s’inquiéter : la plaine était aussi sauvage que le bois du Clan du Fouet d’Osamodas et Zeurg s’y
sentait comme un poisson dans l’eau. Sa première initiative avait été de réduire en esclavage une meute de Kanigrous, de redoutables félins humanoïdes,
qui l’avaient d’abord pris pour une proie facile. C’est vers eux qu’il s’en retournait à présent, car il avait faim, au point qu’il se jura de ne pas les molester s’ils lui avaient préparé le
repas.


Bien qu’il soit tout à ses pensées, Zeurg aperçut deux silhouettes qui se
faufilaient non loin. Il les avait déjà vues, presque tous les soirs en fait : elles croisaient généralement sa route aux abords de la muraille en prenant mille précautions ridicules pour ne
pas se faire repérer. Zeurg s’était systématiquement amusé à leur faire peur en imitant le grondement caverneux d’un craqueuleur en ruth, ce qui est un
vrai générateur de panique pour qui a fréquenté ces massives créatures rocheuses. Toutefois, il n’avait jamais réussi à s’approcher suffisamment du binôme pour distinguer les êtres qui le
composaient. Mais ce soir il était en veine, peut-être était-ce sa chance ? Zeurg atterrit sur ses petons de velours, replia ses ailes et tortilla sa petite masse graisseuse et poilue à
travers les hautes herbes.


Une troisième silhouette venait de rejoindre les deux premières. Zeurg redoubla d’excitation et, toujours sans un
bruit, à la manière d’un chacha, il allongea le pas en se laissant guider par son flair. Il déboucherait bientôt aux pieds des inconnus, il jaillirait d’un buisson… Oh, ce serait drôle ! Il
leur ficherait la peur de leur vie ! Mais quand il arriva là où devaient se tenir ses victimes, il ne trouva rien que leur absence. Plus un son, plus une âme, plus une odeur… Comme si tout
avait été effacé, par magie. C’est alors qu’il s’aperçut que, battant des ailes, il s’éloignait des murailles de Bonta, exactement comme il l’avait
fait plus tôt. Il continua sa route, cherchant à se rappeler quelque chose sans savoir vraiment quoi. Ce qui importait finalement, c’est qu’il crevait de faim… Ah ! Si ses kanigrous lui
avaient préparé la popote, il irait jusqu’à les épargner de ses mauvaises farces !


« Tic. Tac. »


Lire le – Chapitre suivant -







BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 14ème


Bonta Brakmar
Voici la suite des précédents chapitres (lire le premier ici). Cette semaine je vais y aller franco: le projet a besoin de publicité pour pouvoir continuer! Parlez du texte à votre guilde, à vos
amis ou dans les forums… Faites en sorte qu’il y ait un engouement pour cette histoire et je pourrai continuer!
EST-CE QUE QUELQU’UN LIT MES MESSAGES
D’INTRO ? :p



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode V
Chapitre 14ème : Boulangerie et pétrin


Anyou avait passé une très mauvaise journée. Rien pourtant ne l’avait
laissé présager, surtout pas les succès qu’elle avait remportés la veille.


On l’avait réveillé du bout du pied, aux aurores. Un monsieur bien nourri lui avait demandé si elle « venait pour
l’annonce », tout en précisant que ce n’était pas une raison, ni des manières de dormir devant sa porte, laquelle venait de s’ouvrir, à la pressante requête des citadins, sur une vaste
boulangerie garnie de pains et de brioches.


Le temps de servir ses premiers clients, Miche-le-boulanger avait installé
Anyou dans l’arrière boutique où, morte de faim, elle avait englouti des kilos de pâte d’amande et vidé les pots de fruits confits… D’après Miche, l’incident avait résolu la question du salaire
pour les trois prochaines semaines.


Plus tard dans la matinée, Anyou l’avait suivi dans le hangar contigu à la boulangerie. Miche y avait entreposé des
dizaines de cages vides, sur des étagères en bottes de paille. « Te voilà promue Cheffe de production, petite, Responsable de la pondaison chez Miche, Maître Boulanger. » avait-il déclaré en présentant les lieux. Anyou s’était réjouie : elle était devenue
« cheffe », comme sa mère !


 

 


Miche avait refermé la porte derrière elle et passé un tour de clef. Anyou ne s’en était pas offusquée : elle
s’était tout de suite concentrée sur sa nouvelle tâche. Mais au moment où elle allait prononcer les premières paroles d’une formule magique, elle avait retenu son élan et dédié une longue prière
à Osamodas, père de toutes les créatures vivantes, qu’elle avait répétée une deuxième et une troisième fois, juste pour être sûre. Quelques instants
plus tard, un tofu de taille « normale » était apparu dans une cage, pondant son premier œuf.


Lorsque Miche était passé pour s’approvisionner, Anyou, des larmes de joie au fond des yeux, lui avait présenté l’œuf,
poli, lustré, au point qu’il en était presque transparent. Le boulanger, compte tenu de l’équilibre mental (apparemment fragile) de sa jeune employée, avait mis tout son tact pour lui expliquer
qu’il attendait d’elle de plus amples résultats. Anyou avait fait son possible dans l’après-midi, allant jusqu’à invoquer deux tofus qui n’avaient pas rechignés à la tâche. Ce n’est que le jour
suivant qu’elle avait décidé de passer à la vitesse supérieure en invoquant un tofu de plus gros gabarit. Mal lui en avait pris : le tofu géant
avait défoncé la porte du hangar et occupait désormais la boulangerie dont il faisait un festin.


Ca faisait un moment qu’il squattait. Anyou, avait tenté de le déloger à deux reprises mais le tofu géant s’irritait
qu’on l’interrompe en plein repas. La petite Osamodas s’était donc résignée à le laisser achever son pillage avant de tenter une nouvelle intervention. L’arrivée de Barbra lui fit changer d’avis : elle reconnaissait la femme qu’elle avait surprise en compagnie de Vanthar, à la
milice, deux jours plus tôt. Mater le tofu récalcitrant ce serait maintenant faire double-emploi, en montrant à sa concurrente de quel bois elle se chauffait.


« Sors d’ici Bélzébuth ! MAINTENANT ! » Anyou accompagna ses paroles d’un coup de fouet déterminé. Le fouet noir, confectionné par Madreselva elle-même, se déroula sur toute sa longueur. Il traversa le
mur de la boulangerie comme s’il eût été immatériel, et claqua bruyamment. Le tofu émit un grondement sourd, puis, dans une explosion de poutres et de pierres, sortit par le toit de la
maison.


La foule poussa un cri de terreur en plongeant dans l’ombre du tofu, non seulement géant mais obèse, qui la
surplombait. La mine du monstre exprimait une satisfaction certaine. On devinait encore les kilos de brioches entassés dans ses joues gonflées. Perché sur ce qui restait de la boulangerie, il
semblait rêveur, attendant peut-être une nouvelle injonction de celle qui l’avait invoqué. C’est comme ça qu’Anyou l’interpréta en tous cas, et avec la confiance que lui insufflait son premier
succès, elle ordonna : « AU PIED !! »


Un vrombissement tonitruant couvrit le brouhaha du public lorsque le tofu agita ses ailes, s’éleva de quelques mètres
puis, suspendant son vol au-dessus d’Anyou, s’apprêta à atterrir, ou plutôt à se laisser tomber, comme une masse, sur ce qu’il y avait dessous.


Anyou, d’abord ravie qu’on lui obéisse, perdit son sourire quand elle comprit, trop tard, que son dernier ordre
n’allait pas lui rendre service.


Elle versa une larme de frustration en voyant le tofu amorcer sa chute assassine… Mourir si jeune, au seuil d’une
romance qui ne faisait que commencer !


Mais le drame n’arriva pas, évidemment, puisque Barbra était restée attentive aux évènements.


Frappant successivement de son index et son majeur tendus trois des extrémités de la légendaire épée de Iop (qu’une
grande croix vermeille symbolisait sur sa tunique), Barbra déchaina son aura sur le monstrueux volatile qui fut foudroyé par une tempête de puissance. Le tofu explosa comme un sac au moment où il allait aplatir Anyou, répandant ses plumes sur toute une partie de la ville.

 


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-










BONTA vs BRAKMAR: Chapitre 13ème


Bonta Brakmar
Voici la
suite des précédents chapitres (lire le premier ici). Cette semaine je vais y aller
franco: le projet a besoin de publicité pour pouvoir continuer! Parlez du texte à votre guilde, à vos amis ou dans les forums… Faites en sorte qu’il y ait un engouement pour cette histoire et
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode V
Chapitre 13ème : Barbra


Le général Amayiro tortillait ses moustaches avec une certaine
anxiété. Quelque chose n’allait pas. Des rides nouvelles sillaient son large front, causées par des tracas auxquels le grand homme n’avait pas l’habitude d’être confronté : c’est à dire
étrangers aux fracas des armes et aux charges de cavaleries.


« Trouve-moi le lieutenant Mazone » intima-t-il à l’un de ses
subordonnés, lequel s’exécuta aussitôt.

Une demi-heure plus tard, le lieutenant Mazone se présentait à son supérieur : c’était une femme solidement
bâtie, au regard franc, à la peau noire et à la chevelure hirsute, dont la tunique était marquée de la croix de Iop, Dieu de la bravoure et de la
force.


- Vous m’avez fait demander, mon général ?

Amayiro l’invita à pénétrer à sa suite dans les quartiers de la milice qu’il réservait à son usage
personnel.

- Oui lieutenant. Le général fit le tour de son mobilier avant de planter ses yeux dans les yeux de son invitée.
Y-a-t-il du nouveau concernant le projet « P.A.F.  » ?


Barbra Mazone se raidit imperceptiblement en tentant de réfréner sa
contrariété :


- Eh bien, les choses progressent, mais comme je l’ai déjà dit à Monseigneur
Danathor

- Danathor vous a interrogé à ce sujet ? bondit Amayiro.

- Oui mon général.

- Quand cela ?

- Il y a quelques jours à peine.

- Et que lui avez-vous dit ?

- Qu’il n’était pas prêt.


Barbra avait prononcé cette dernière phrase avec une fermeté qui la distinguait nettement des autres de ses réponses,
dont le ton hésitant montrait qu’elle ne s’expliquait pas la vive réaction de son supérieur.


- Et qu’a-t-il répondu ? s’enquit encore le général.

- Qu’il le serait bien assez le moment venu.


Son regard clair affronta un instant celui d’Amayiro, puis le vieil homme congédia Barbra avec la bienveillance qui le
faisait aimer et respecter de tous ses soldats.


Barbra ne s’attarda pas à la milice, elle avait à faire ailleurs, mais une
fois dehors, on l’aborda en suppliant. Malgré ses habits déchirés et ses cheveux hirsutes, Barbra reconnut Miche-le-Boulanger, qu’épaulaient deux
gardes : d’abord parce qu’ils l’avaient pris pour un mendiant tentant de forcer l’entrée de la milice, ensuite parce que le pauvre homme ne parvenait plus à se soutenir tout
seul.


« Ô lieutenant ! Que Iop soit loué c’est bien vous ? Aidez-moi s’il vous plait,
aidez-moi ! »

Barbra n’avait pas le temps. Elle n’était pas insensible au malheur d’autrui, au contraire : elle avait passé sa
vie à combattre le mal et espérait la conclure en l’éradiquant. Mais des projets l’appelaient ailleurs, ceux-là même qui lui donnaient de bonnes
raisons de croire en l’accomplissement de son idéal.


- Adressez-vous à la milice, résuma-t-elle.

- La milice ne peut pas m’aider ! Et les anges sont partis… C’est un tofu
géant
, il dévaste tout… Il n’y a que vous, oh s’il vous plait ! Il va raser la ville !! »

- Raser la ville ?

- Oui… hésita Miche, avant de confesser : même si pour l’instant il se contente de mon magasin.


Barbra examina le boulanger. Il était en piteux état, avec des marques de griffures et des ecchymoses. Des blessures
superficielles mais qui corroboraient son histoire, bien que les tofus géants n’existent pas… Une idée saugrenue traversa pourtant l’esprit de Barbra. Il y avait peu de chance que cette idée se
vérifiât, mais le jeu en valait la chandelle.


- Ce soi-disant tofu, c’est une invocation ?

- Oh oui, sans doute ! Un monstre pareil ne serait pas venu tout seul ! s’empressa le boulanger, qui reprit,
rageur : Je suis sûr que c’est à cause de la nouvelle… Je ne l’ai engagé qu’hier et me voilà ruiné !


Les jérémiades du boulanger irritaient Barbra. Bien qu’elle soit d’un naturel affable, elle était une fidèle de Iop,
et à ce titre un exemple de courage et de détermination qu’aucune larme n’avait jamais souillé, à part celles d’ennemis vaincus. Le désespoir lui étant totalement étranger, elle le considérait comme une sorte de folie, et plutôt que de perdre son temps avec la victime de ce mal, elle préféra agir : claquant des bottes
contre le pavé, elle bondit dans les airs, jusqu’aux nues.


Tandis qu’elle s’élevait, le boulanger et les deux gardes la suivirent des yeux, bouches ouvertes par ce départ
soudain. Barbra dépassa les maisons et les toits jusqu’à dominer la ville, apercevant même les plaines de Cania qui s’étendaient partout au-delà des remparts. Elle repéra rapidement la
boulangerie de Miche où elle désirait se rendre et sa cape de feutre bleue se dressa au-dessus de sa tête lorsqu’elle aborda la phase descendante de la courbe qu’elle décrivait dans le ciel. Elle
repassa sous le niveau des toits, troisième étage, deuxième étage, premier… et atterrit en frappant la terre du plat des pieds, une main sur le sol pour amortir sa chute.


La foule curieuse dessinait un cercle autour de la boulangerie, d’où s’échappaient des piaillements stridents et
furieux. A l’intérieur du cercle des badauds, une jeune Osamodas faisait face à la porte du bâtiment, fouet en main. L’arrivée de Barbra avait fait sensation, de sorte que toutes les têtes
s’étaient tournées vers elles, celle de la jeune Osamodas y compris. Barbra se releva, et vit que le regard de la jeune fille se chargeait de courroux.


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-







BONTA vs BRAKMAR: Chapitre 12ème


Bonta Brakmar
Voici la suite du précédent chapitre (que vous
pouvez lire ici
). Cette semaine je vais y aller franco: le projet a besoin de publicité pour pouvoir continuer! Parlez du texte à votre guilde, à vos amis ou dans les forums… Faites
en sorte qu’il y ait un engouement pour cette histoire et je pourrai continuer! On arrive à la fin de la première partie, soit à peu près 1/6ème de l’oeuvre
complète.



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode IV
Chapitre 12ème : Première nuit à Bonta


Anyou n’avait pas eu le temps de réagir que Vanthar et sa troupe avaient déferlé, puis disparu dans le lointain. A peine retrouvait-elle son amoureux qu’il lui préférait la compagnie de ses camarades !
Voilà qui n’augurait rien de bon pour l’avenir de leur couple et certainement pas pour celui de Vanthar : Anyou lui ferait payer cet affront en temps voulu.


Cependant la nuit tombait et Anyou se mit en quête d’un arbre sous lequel dormir ou d’un bout de terre molle sur
lequel s’allonger. Elle ne trouva ni l’un ni l’autre : Bonta se révélait hermétique à la nature. Ce constat la frappa avec tant de violence
qu’Anyou se sentit mal : pas de hibou qui hululait dans le lointain, pas de hurlement de milimulou alors pourtant que la lune était pleine… Prise de vertige, la jeune Osamodas se mit à courir en tous sens, cherchant la bouffée d’air qui lui manquait.


Bonta avait pris une couleur bleutée, presque artificielle. Les pas d’Anyou heurtant le pavé résonnaient entre les
édifices, comme dans une cage… Mais si d’aventure elle s’arrêtait de marcher, le silence la rendait folle. Pas âme qui vive dans les rues. On eût dit que la population grouillante du jour avait
escorté le soleil. Anyou était seule, seule et perdue. Si par chance elle pouvait retrouver le chemin de la porte sud… peut-être Zeurg l’attendait-il
là-bas ? Mais une rue ressemblait à une autre. Anyou emprunta celle de gauche, puis celle de gauche et celle de gauche encore, si bien qu’elle revint sur ses pas sans même s’en apercevoir.
Ce qui était naturel aux citadins ne l’était pas pour Anyou : elle n’avait jamais vu la ville. Les enseignes qui lui avaient permis de s’orienter jusqu’à la milice avaient été retirées à la
tombée de la nuit, à moins qu’Anyou n’ait dévié dans un quartier tout à fait différent. Des rares qu’on avait laissées aux portes des maisons l’une d’elle retint son attention. Ce n’était pas une
enseigne à proprement parler, plutôt une pancarte. Anyou en déchiffra facilement l’inscription, malgré l’obscurité, mais sans en comprendre le
sens :


« Rec. Osamodas ; pond. et serv. div. sal. sur rés. Contacter : Miche »


Elle reconnut bien sûr le terme d’ « Osamodas ». Elle n’eut pas le temps de trouver un sens aux autres
que des bruits de pas accompagnés de cliquetis métalliques l’avertirent qu’une patrouille de miliciens approchait.


« Couvre-feu ! Couvre-feu ! Il est dix heures bonnes gens, dormez ! Le guet
veille ! »


Cette présence aurait pu la rassurer, mais l’inconfort et la nouveauté de sa situation l’avaient mis dans un tel état
qu’Anyou, qui ne manquait pourtant pas de courage, prit ses jambes à son cou. Sa fuite rencontra bientôt la muraille d’enceinte. Anyou pensa qu’elle n’aurait qu’à la longer pour retrouver la
porte et sortir de la ville, si toutefois une sentinelle imbécile ne lui bloquait pas le passage : elle commençait à assimiler les us et coutumes locaux.


Cependant qu’elle avançait en rasant l’intérieur du rempart, elle entendit comme un cri étouffé, juste de l’autre
côté, immédiatement suivi d’un chuchotement sec : « Silence, nom d’une targe ! Tu vas nous faire repérer ! ».


Anyou s’immobilisa. Avait-elle bien entendu ?


De longues minutes passèrent sans qu’elle se décidât à bouger. L’ouïe d’Anyou, habituée aux murmures des bois, était
particulièrement affutée. Elle finit par percevoir comme un grommellement, qu’elle associa immédiatement à celui d’un sanglier. Le grommellement se répéta deux fois puis se mua en ce grincement
caractéristique qu’émettent les bouftous lorsqu’ils frottent leur mâchoire contre leurs molaires supérieures, signe qu’ils hésitent entre deux aliments situés à portée égale. Le grognement devint
un piaillement de tofu, puis un bourdonnement de moskito et enfin le boléro d’un tournesol sauvage…


« C’est quoi cette ménagerie ?! » appela Anyou, suffisamment haut pour que ça voix parvienne de l’autre
côté. Le silence revint. Puis il y eut comme un battement d’ailes et Zeurg apparut entre les créneaux, au sommet du rempart. Il regarda à gauche, à droite, fit un saut périlleux avant et atterrit
à côté d’Anyou.


Zeurg avait revêtu des habits de garde bontarien, évidemment beaucoup trop
grands pour lui, et un casque que ses cornes ne lui permettaient pas d’enfiler complètement. Anyou ne l’aurait pas reconnu s’il ne s’était agi du seul cochon-chat volant de sa
connaissance.


« Zeurg ! C’est quoi cette tenue ? »


Zeurg eut un sourire qui se voulait énigmatique.


« Héhé, fille de Chef ! C’est la récompense d’une longue journée de négociation avec la sentinelle de la
porte. Elle me rendait marteau : ça m’a incité à lui montrer comment je joue de cet instrument. »


Anyou sourit, elle n’était pas fâchée de le retrouver, même avec sa suffisance et ses grands-airs.


- Tu étais avec quelqu’un de l’autre côté ? demanda-t-elle, j’ai entendu une voix… 

- Pas du tout : « grommellement du sanglier », « grincement du bouftou », « piaillement du
tofu », « bourdonnement du moskito » et « boléro du tournesol sauvage »… Vous me décevez fille de Chef ! A votre âge vous devriez déjà être en mesure de reconnaître
ça. 

- Mais il y avait aussi une voix qui disait…

- Pas le temps fille de Chef ! L’heure est grave, il faut partir d’ici : les Bontariens sont fous ! Ils
voient des démons partout et quand j’ai assommé la sentinelle de la porte, une tribu de sauvages est sortie de la ville pour essayer de me manger ! Je les ai mis en déroute -quoi qu’ils ne
fussent pas moins d’une centaine- mais je crois que, vous comme moi, en avons vu assez pour savoir que Bonta n’est pas pour nous.

- Et bien tu te trompes répliqua Anyou qui n’avait pas l’intention de céder à Zeurg l’avantage du nombre des exploits,
moi je me sens très bien ici. Et pendant que tu jouais les démons à la porte, je suis allé jusqu’à la milice, j’ai retrouvé Vanthar, et j’ai même
trouvé un temple consacré à Osamodas.

- Ah oui ? Vous avez retrouvé Vanthar ? Et alors, il vous a reconnu…?

- Pfff ! feula Anyou, bien sûr qu’il m’a reconnu ! Nous sommes fiancés figure-toi, oui, comme dans mon
roman ! s’exclama-t-elle triomphante, emportée par son propre délire.


Zeurg était incrédule.


- Allons, cessez ces histoires et rentrons. Bonta n’est pas pour nous, c’est évident.

- Bonta n’est pas pour TOI ! Rien d’étonnant avec tes cornes, ta queue et tes ailes de
chauve-souris…


Zeurg haussa les sourcils : Anyou faisait sa tête de mule et sa connaissance des sciences occultes, aussi étendue
soit-elle, ne lui permettrait pas de remédier à cela.


- Hmph. J’ai compris. Eh bien restez si ça vous chante : vous n’êtes pas si bête, vous finirez par voir que j’ai
raison.


Et Zeurg s’envola par dessus le créneau.


- Tu t’en vas ? s’inquiéta Anyou, mine de rien.

- Oh, pas loin ! Je ne donne pas trois jours pour que vous reveniez les cornes basses, la queue entre les jambes
-ailes de chauve-souris ou pas- en me suppliant de repartir !

- Ah ouais ? Eh ben nous verrons !

- Oui, nous verrons !


Et Zeurg disparut vers la plaine tandis qu’Anyou, plus déterminée que
jamais, s’enfonçait dans les rues de Bonta.


Lire le – Chapitre suivant
-







BONTA vs BRAKMAR: Chapitre 11ème


Bonta Brakmar
Voici la suite du précédent chapitre (que vous
pouvez lire ici
). N’hésitez pas à vous manifester si ça vous plait ou si, pour, une raison X, ça ne vous plait pas. L’histoire n’aura pas de suite, si elle ne reçoit plus de
commentaires… :p



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode IV
Chapitre 11ème : Des retrouvailles contrariées


Anyou savait que Zeurg ne
repartirait pas sans elle, mais elle était trop impatiente de retrouver Vanthar pour délayer encore davantage son entrée dans Bonta. Anyou franchit donc sans plus tarder la porte sud et embrassa la ville du regard.


Sa première surprise fut le contraste entre la foule qui se pressait en tous sens et la propreté ambiante. Bonta brillait comme un sous neuf nonobstant les milliers de personnes qui abondaient dans ses rues. Tout le monde courrait quelque part ou
s’afférait à quelque chose, et malgré les animaux familiers qui s’évertuaient à déféquer un peu partout avec une intensité impressionnante, la rue restait blanche comme une coquille d’œuf grâce à
l’intervention constante d’agents de maintien hyper maniaques.


Anyou ne manqua pas non plus de remarquer la présence de nombreux miliciens aux tenues irréprochables. Elles contrastaient avec celles des aventuriers dépenaillés, néanmoins héros de la cité dont ils défendaient les blanches
couleurs. Ceux-là étaient arrivés d’Astrub des années plus tôt, en tant que mercenaires et, à force de survie, avaient accumulé galons et kamas. Les kamas avaient été judicieusement investis dans des équipements magiques ou tape-à-l’œil qui permettaient aisément de distinguer ces fiers-à-bras de la
population native de la ville.


Bien qu’elle eut pu passer des heures à s’étonner de chacune des étrangetés que recelait ce tableau, Anyou en franchit
le cadre d’un pas pressé, alla droit sur la personne la plus proche et lui demanda où se trouvait « Vanthar ».


Un autre qu’elle eut pu s’étonner qu’on lui réponde instinctivement « A la milice », comme si la population
de Bonta ne comptât qu’une seule âme, mais un autre qu’elle n’eut probablement pas posé la question de manière aussi naïve.


Anyou se dirigea donc vers la milice une fois qu’on lui eut indiqué le
chemin, en se repérant aux enseignes des guildes et des corps de métiers qui informaient des différentes affiliations des quartiers de la ville : celui des boulangers, des forgerons et des
tailleurs, celui de la milice enfin.


La « milice », à proprement parler, était le bâtiment le plus ancien de Bonta. Plusieurs éléments en
témoignaient : elle avait été érigée en son centre historique, dans des matériaux moins nobles et moins couteux que ceux qui composaient les immeubles alentours. Par ailleurs, sa composition
était plus simple que la plus modeste des maisons bontariennes : elle se résumait à une enceinte rectangulaire surmontée de trois tourelles. On devinait que la petite forteresse avait
protégé les fondateurs de la ville, menés par la célèbre Jiva, jusqu’à ce qu’ils aient de quoi élever une muraille plus audacieuse.


Anyou franchit le pont qui la séparait de l’entrée et s’approcha sans se défier des canons perchés dans les tourelles.
Canons et canaux, ceux qui jouaient les douves du fort, étaient des vestiges du temps, révolu, où la milice était le premier des bastions bontariens. Bien qu’une observation plus attentive ait pu
inspirer à Anyou de passionnantes réflexions architecturales, la petite Osamodas accéléra le pas : elle venait de reconnaître Vanthar, juste au devant d’elle, qui avait mis pied à terre et
confiait les rênes de sa dragodinde au palefrenier.


« Ici Falguy ! Couché ! » cria Anyou en détachant son fouet. Malheureusement (ou heureusement pour
elle), Vanthar ne devina pas qu’il était l’objet de ces invectives et, suivant son élan, il disparut dans le fortin. Tout en pestant contre la désobéissance de son « prince », que, tôt
ou tard, elle finirait bien par mâter, Anyou replia son fouet et entreprit de rattraper le Crâ. Pour la deuxième fois de la journée, une sentinelle lui
barra le passage :


« Halte-là ! On n’passe pas ! »


« Mais tu vois bien que je n’ai pas d’ailes de chauve-souris, idiot ! » voulut anticiper Anyou, ce
qu’elle ne fit pas, en définitive, lorsque le garde l’envoya valdinguer d’un coup de botte dans l’arrière-train.


« Mais ?! AY-EUH !! » protesta Anyou.


« C’est des ailes blanches et une auréole qu’faut pour entrer dans la milice. » expliqua le garde, sans
animosité particulière et bien que les fesses d’Anyou souffrissent durement par sa faute. Anyou n’était pas bien sûre de comprendre, mais les attributs évoqués par le garde lui rappelaient sa
première rencontre avec Vanthar et sa troupe : effectivement, eux arboraient ailes d’ange et auréoles en cette belle journée qui avait changé la vie d’Anyou.


Anyou se releva en se frottant le postérieur, et s’enquit :


- Alors où je peux les avoir moi, l’auréole et les ailes ?

- C’est Maître Amayiro qu’faut voir pour ça. 

- Et il est où Maître Amayiro ?

- A la milice bien sûr.

- Mais puisque… Tu te moques de moi ou t’es juste débile ?


Le garde réfléchit puis répondit :


- Toi-même !


Ce sur quoi Anyou répliqua du tac au tac :


- Benêt !

- …toi-même !

- Ah, je comprends ! Tous les incompétents de la ville son enrôlés de force, c’est ça le
truc ?

- Trop pas. Et en plus on dit pas « Il est où ? » mais « Où est il ? ». « Il est
où ? » c’est malpoli.


En entendant ce dernier commentaire, Anyou estima qu’elle n’avait plus rien à attendre de la sentinelle et, tout en
soupirant de dépit, elle fouilla du regard la cour intérieure qui était visible depuis l’entrée. Vanthar s’y trouvait… Il y était en pleine conversation. Il y était en pleine conversation, avec
une femme. Une femme aux cheveux roux, au visage aimable, à la peau brune et surtout, surtout, aux formes charnues et rebondies. Le fait que Vanthar et
elle soient visiblement en train de se disputer n’enraya en rien la fureur d’Anyou : une autre qu’elle tentait de le capturer !


Le garde s’interposa de nouveau lorsqu’Anyou bondit en brandissant son fouet. Il lui mit une main au col, une pogne aux fesses et la balança dans le canal voisin tandis que la petite
Osamodas vociférait des insultes, qui, à son grand désarroi, n’attirèrent qu’à peine l’attention de Vanthar et de sa compagne.


L’eau était froide. Anyou gagna la rive en grelotant et entreprit de se sécher. De l’autre côté du canal, la
sentinelle  lui cria « Toi-même ! », Anyou s’interdit de chercher à comprendre pourquoi.

Vanthar, enfermé dans la milice… Elle attendrait simplement qu’il en sorte, c’était son nouveau plan : sa mère
lui avait jadis expliqué que ce n’était pas tout de jouer du fouet avec les hommes, il fallait aussi faire preuve de patience, beaucoup de patience même, et Anyou venait de se rappeler la
leçon.


***

La nuit tomberait bientôt. Le soir en l’épousant, altérait la blancheur de la ville. Des cris de guerre s’élevèrent de la milice, précédant la sortie en trombe d’un régiment de guerriers montés sur dragodindes. Les passants qui s’attardaient dans les
rues s’écartèrent sur leur passage ou les encouragèrent en reconnaissant l’élite de leur armée, bannière et ailes blanches déployées au vent. Les cavaliers traversèrent Bonta qu’ils quittèrent
par la porte sud, filant droit à travers les plaines de Cania en direction des landes de Sidimotes où plusieurs bataillons alliés les rejoindraient au
petit matin. Au sommet de la Tour de Bonta, Monseigneur Danathor joignit les mains en signe de prière… ou
peut-être de satisfaction.


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BONTA vs BRAKMAR: Chapitre 10ème


Bonta Brakmar
Voici la suite du précédent chapitre (que vous
pouvez lire ici
). Je vais faire une pause dans la publication de cette série car je ne reçois pas suffiamment de retours (positifs ou négatifs) ce qui était mon objectif premier. A vos
plumes donc, pour commenter les chapitres qui sont déjà publiés ! (et si vous voulez lire la suite…)



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode IV
Chapitre 10ème : Bonta la blanche

 

Anyou et Zeurg en avaient le vertige : plus ils en approchaient, plus les murailles de Bonta leur paraissaient
prodigieusement hautes ! Eux qui avaient passé la majeure partie de leur vie sous terre et dans les bois n’avaient jamais ne serait-ce qu’imaginé des édifices pareils à ceux qui dépassaient
de derrière les remparts.


« Woho ! s’exclama Zeurg, le voyage n’était pas de tout repos mais la
destination est à la hauteur de vos attentes, fille de Cheffe ! »


Effectivement, le voyage avait été exténuant. Surtout pour ces petites jambes qui
n’étaient pas habituées à aller beaucoup plus loin que le bosquet voisin. Heureusement, aux abords d’Astrub, sur la route qui longeait le village pour
obliquer vers le couchant, ils avaient pu se joindre à un train de marchands et voyager par chariot jusque dans l’ouest des plaines de Cania. Anyou et Zeurg avaient fait leurs adieux un peu plus tôt, lorsque leurs compagnons de route eurent établi un campement et déballé
leurs marchandises.


« Mais c’est gigantesque Zeurg ! Comment je vais faire pour retrouver mon
prince au milieu de tous ces châteaux !? »

Anyou avait eu le temps de potasser son « roman » au cours du périple qui la
rapprochait de Vanthar. Les quelques pages illustrées qui le composaient, cousues entre elles avec des brins de paille, méritaient à peine le titre de livre. La jeune fille avait chapardé cette vieillerie des années plus tôt, lors d’un raid secret dans la cour des Ingalsses. C’était un des seuls bagages qu’elle avait emporté, en plus du fouet, flambant neuf, que lui avait confectionné sa mère. 

Dans le « roman » d’Anyou, il était question d’une princesse, titre qu’Anyou
considérait porter, et d’un beau chevalier venu à sa rescousse, ce qui correspondait parfaitement à l’image qu’elle se faisait de Vanthar. Quoique
l’histoire soit plutôt simpliste, Anyou ne s’était jamais expliquée pourquoi le chevalier s’en prenait au dragonnet de la princesse. Elle en avait
conclu qu’il s’agissait sans doute d’une épreuve rituelle visant à tester la motivation du chevalier, et elle s’impatientait à l’idée de pouvoir invoquer son propre dragonnet, le lâcher sur
Vanthar et voir de quoi il retournerait.


« Nous n’aurons qu’à demander aux gardes qui sont là-bas, à la porte. Ils nous
renseigneront. »

Zeurg mettait un point d’honneur à avoir réponse à tout. Il était comme ça depuis que
Madreselva en avait fait le précepteur d’Anyou. Mais bien qu’il n’en laissât rien paraître, Zeurg était tout aussi perdu que la jeune Osamodas :
lui non plus n’avait jamais beaucoup voyagé. Anyou s’amusait de ce comportement même si elle avait eu plusieurs occasions de s’en plaindre, lorsqu’elle surprenait Zeurg à compléter son manque de
connaissances avec de l’imagination par exemple, alors qu’elle même était désormais friande de tout savoir de l’histoire, réelle, du « Monde des
Douze
 ».


« Halte-là ! On n’passe pas ! » s’écria l’une des deux sentinelles
qui veillaient au trafic de la porte. « Pas de démons dans Bonta ! ».


Anyou et Zeurg échangèrent un regard interloqué.


« Qui est-ce que tu traites de démon face de pet ? »


Zeurg reconnut, dans son intervention, toute la spontanéité de sa jeune
disciple.


« Humhum » toussota-t-il en écartant Anyou d’un bras et la hallebarde de la sentinelle de l’autre. Puis il se pinça la base de la truffe pour se donner des airs d’académicien et entreprit de jouer les diplomates. Il avait
déjà fait le coup lors de leur rencontre avec les marchands.


- Pardonnez la franchise de ma jeune élève, la vérité sort de la bouche des enfants
comme on dit ! Pas de panique, nous ne sommes pas des démons mais de simples voyageurs fourbus, avides de…

- Silence démon ! Les démons sont interdits à l’intérieur ET à l’extérieur des
remparts !


Le garde avait rabaissé sa hallebarde, menaçant. Zeurg comprit qu’il avait affaire à
quelqu’un d’obtus. A vrai dire c’était assez normal pour une sentinelle : celles d’Astrub étaient choisies sur ce seul critère. Heureusement, la seconde sentinelle arrivait à la
rescousse.


- Mais arrête de crier comme ça, tu vois bien que la fille n’a pas d’ailes !
Qu’est-ce que je me tue à te répéter ? Les démons ont une queue pointue, des cornes, ET des
ailes de chauve-souris ! Ca c’est une disciple d’Osamodas.


La première sentinelle semblait incrédule. Elle le fit savoir en adoptant une multitude
de moues tout à la fois suspicieuses et sévères, un répertoire qu’elle avait acquis au cours de ses nombreuses années de service. Malgré cela, elle ne donnait pas l’impression d’avoir rencontré
beaucoup de « démons » -l’autre nom des Brâkmariens- et semblait désireuse de sauter sur ce qui ressemblait à une première
occasion.


- T’en es sûr ? C’est peut-être un démon qu’a planqué ses ailes, l’autre en a bien
lui. Et pis cette queue tout d’même…


Anyou entortillait la sienne, passablement agacée d’être auscultée de la
sorte.


- Mais bien sûr que oui que j’en suis sûr : j’ai un cousin qui est dévot
d’Osamodas, il lui a poussé des cornes et une queue tout pareil !


La nouvelle fit comme un électrochoc au
premier garde dont le casque se souleva de quelques centimètres pour lui retomber en travers de la tête. Il le remit maladroitement en place et, arborant une autre de ses grimaces, il
s’enquit :


- Et des ailes de chauve-souris…?

- Qu’est-ce que tu insinues ? Son compagnon ne semblait pas apprécier qu’on lui
posât cette question. Anyou et Zeurg ignoraient qu’une parenté douteuse avait tôt fait de vous mener un homme à la potence de Bonta.

- J’n’insinue rien du tout, j’dis juste qu’avoir un cousin à qui l’pousse des cornes
c’est plutôt louche si tu veux mon avis. J’ai un vieil oncle disciple d’Enutrof et il lui est jamais rien poussé que la barbe!

- C’est parce que les Enutrofs n’ont pas de cornes, imbécile !

- Imbécile ? Moi ? Tel cousin, tel fils comme on dit, j’aurais du m’en
douter ! Tu révèles ton vrai visage démon, vade retro !


La hallebarde de la première sentinelle changea brusquement de direction pour croiser
celle de la seconde. Zeurg et Anyou restèrent perplexe en voyant les deux gardes s’entretuer devant eux. Le spectacle fut de maigre qualité, il dura jusqu’à ce que la première sentinelle roule à
terre. Une armée de petits hommes jaillit alors des remparts pour effacer les traces du carnage, évacuer le corps et nettoyer l’armure du survivant qui fut aussitôt affublé d’un nouvel
acolyte.


Cela fait, et avec son plus beau sourire, la sentinelle vainqueur invita Anyou à
pénétrer dans Bonta, honneur qu’elle refusa à Zeurg en lui faisant remarquer qu’il était affublé d’une queue, de cornes ET d’une paire d’ailes de
chauve-souris.


Zeurg voulut retenir Anyou, mais sans avoir une vraie alternative à lui proposer. Anyou,
quant à elle, s’amusait de le faire bisquer: c’est en lui tirant la langue et en agitant la main en guise d’adieu qu’elle disparut de sa vue au-delà des remparts.


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