@ Palette de Personnages
“Tartine”: le scout maudit

On se souvient tous de "Hamster Jovial", le chef scout de Gotlib (non?) ben mon totem à moi c'était "tartine".Avant
Avant d’incarner Jéroméo, l’aventurier du XXIIème siècle, pour la presse à succès (lisez Fluide.G, youpi !) j’ai d’abord été « Tartine », le scout maudit.
Indiana Jones aussi a été scout et je n’ai pas honte (pour répondre à la première question qu’on me pose quand je parle de cette frange obscure de mon histoire) d’avoir porté un foulard autour du coup en chantant que Jésus est gentil autour d’un feu. Mais à vrai dire mon modèle de l’époque c’était « les castors juniors », Riri, Fifi et Loulou plutôt que le grand Indy. Comme quoi je sais rester humble, parfois.
J’avais treize ans, j’étais gras, boutonneux, amoureux déçu et nécessairement bien dans mes pompes quand, finissant mon journal de Mickey (j’étais abonné : c’est vous dire l’état d’exclusion sociale avancé dans lequel je me trouvais) je décidai de m’engager pour la grande aventure (ma gorge se noue en y repensant, quand je vois tout le chemin parcouru depuis… maintenant que j’ai combattu des léopards à mains nues etc. Ahlala : toute cette parenthèse pour placer un lien !) et le samedi suivant ma petite maman chérie m’emmenait dans une sorte de carrière désaffectée où les scouts de (censuré) de la Xème X (re-censuré) avaient établi leur camp.
C’est là que je fis la connaissance de mes futurs compagnons : une bande de collégiens délurés qui profitaient des premiers week-ends loin de leurs parents conservateurs pour fumer ce qui leur passait sous la main et s’échanger leurs premiers magasines porno tout en détruisant la campagne. Lire la suite... »
Jéroméo, l’amoureux de l’aventure
C’est mon personnage le plus récent… En fait, il est toujours en cours de finalisation. C’est une sorte de wannabe aventurier prétentieux et chauvin qui s’est imposé au fur et à mesure des articles publiés sur mes voyages en Asie et en Amérique. C’est ce qu’il a d’étonnant : je n’ai pas décidé de créer ce personnage (comme ce fut le cas pour les autres) afin de lui associer un style narratif, c’est lui qui est sorti tout seul de mes lignes.
C’est un peu comme Jésus quoi : il a été crée par les midi-chloriens. Lire la suite... »
Nabolo, personnage matrice

- Cette image ressemble assez à la manière dont je me représente Nabolo. I-KO m’a promis une illustration, mais en attendant…
Toujours dans l’optique de présenter différents « personnages » (qui ne sont guère plus, finalement, au-delà du nom que je leur donne dans le cadre de ma présentation de la « philosophie de l’Aventure », que des phases de vie accouchant de groupes d’attitudes répétées et cohérentes entre elles) voici celui de « Nabolo ».
Ce nom représente bien peu de choses pour moi, je l’emprunte pour signer mes articles parce qu’il est simple à retenir et parce qu’il a obtenu une petite notoriété grâce à mon bon classement, sous ce pseudonyme, au ladder de DOFUS-Arena.
Evidemment, plus je l’utilise, plus il gagne en importance à mes yeux, mais comme je publie, en ce moment, pas mal d’articles en rapport avec la « philosophie de l’Aventure », un peu comme on ferait un lavement, pour m’aider à définir les lois qui me gouvernent et conclure qu’il n’y en a pas d’autres que celles que j’aurais choisies, j’en finis par associer Nabolo à une absence de personnage, à ce que je deviens lorsque je fais usage du pouvoir absolu : une espèce de pâte malléable prête à se fondre dans ce qui servira le mieux ma quête d’aventures, la seule raison valable que j’ai trouvée à la vie.
Un disciple d'Osamodas, du jeu DOFUS
Présenté autrement, plutôt que comme une pâte, Nabolo peut-être comparé à une espèce d’invocateur de concepts ou de personnalités, ce qui est beaucoup plus proche du personnage d’origine…
Car initialement, « Nabolo » est le nom donné à un de mes personnages sur DOFUS. Le personnage était de la classe des « Osamodas », celle qui utilise des invocations (toutes sortes d’animaux : du poulet-moineau au dragonnet) pour combattre.
J’ai également utilisé le pseudo pour mon « coach » sur DOFUS-Arena. Ca collait : il s’agissait encore de nommer une personnalité qui en contrôlait d’autres (le coach et son équipe), ou plutôt, qui se démultipliait.

Les gnomes ont une personnalité énigmatique et peuvent être franchement désagréables parfois. Ne vous inquiétez pas : on en rencontre peu par les temps qui courent.
Nabolo est la fusion de deux mots : « nabot » et « diabolo » qui m’a été inspirée par une légende du petit peuple narrée par l’elficologue Pierre Dubois et qui évoque l’existence d’une sorte de « petit bonhomme », ou de « roi des lutins », enfermé sous la terre et qui reviendra à la surface lorsque sa longue barbe aura fait trois fois le tour de la table de pierre : il sera accompagné, pour son retour fantastique, terrible et vengeur, de la horde des siens, qui ne sont autres que de petites parties de lui-même…
Mes souvenirs sont inexacts, mais voilà ceux qui me sont restés et qui m’ont inspirés le nom que je donne au personnage que je deviens lorsque je n’en suis pas d’autres, ou que j’en féconde de nouveaux. Est-ce qu’il est plus proche de qui je suis vraiment ? Mais y-a-t-il un seul humain qui soit vraiment… comme il est ?
Il y a toujours un Mr. Hyde derrière un Dr. Jekyll, simplement il est plaisant de concilier tout ça dans nos boîtes crâniennes et je m’y escrime autant que faire se peut.
Renardt, mon personnage idéal

J’ai déjà eu l’occasion d’incarner une sorte de Renardt dans un jeu de rôle : la deuxième version « d’Adept JDR » où il avait pris l’apparence d’un capitaine pirate, amateur de cigares et de jolies filles, inspiré du personnage de « COBRA, Space adventure ».
Pour illustrer l’article « Philosophie de l’aventure : Plaisir et concept du personnage idéal », je présente ici le personnage de Renardt, mon personnage idéal, celui qui, une fois que j’en aurais revêtu la peau, devrait me permettre de n’en plus changer, attendu qu’il est censé pouvoir faire face à un très large panel de situations, toujours de la façon qui me plaira le plus, de manière à donner à la Grande Aventure de ma vie, la cohérence que je trouve la plus plaisante, donc la plus souhaitable.
Pour jouer ce personnage, de la même manière que les autres (cf : Falawis, Mafaldrag, Oto-Mustam, etc.) et quand bien même il s’agit de jouer ce personnage dans la vie réelle, je me base sur un essaim de règles comportementales.
Comme il s’agit de mon personnage idéal, et contrairement à des personnages de jeu de rôles ou des personnages occasionnels ayant un but pratique, je tâche de le conformer à ma philosophie (celle « de l’aventure ») et les règles comportementales qui le gouvernent sont donc ignorantes des principes de bien et de mal, elles ne sont pas non plus directement héritées de mon éducation, elles sont tout simplement nées de l’expérience de ce que je trouve plaisant, comme par exemple de faire des découvertes :
Règle comportementale n°1 :
Renardt a un esprit curieux et aventureux, il finit toujours par vaincre sa flemme ou ses a priori lorsque les circonstances lui donnent l’occasion d’essayer quelque chose de nouveau qu’il ne considère pas comme franchement déplaisant (dans ce dernier cas il préfèrera employer le peu de temps qu’il a à vivre pour d’autres choses).

Pourquoi le nom de Renardt ? Par référence au « Renart » originel qui donna son nom au goupil et dont l’activité principale semble avoir été l’insoumission. Le « d » est venu s’immiscer pour donner une touche d’originalité à ce pseudo fréquemment utilisé… Et puis, le renard n’a-t-il pas la queue touffue ?
Cette première règle, considérant le monde dans lequel nous vivons, poussera forcément Renardt à aller vers les autres. J’ai donc besoin de le doter d’un faisceau de règles qui lui permettra de gérer ses interactions avec nos contemporains… Et dans le but d’interagir avec eux, il y a une qualité que Renardt doit porter au-dessus des autres, qui lui servira de point de repère dans ses relations :
Règle n°2 : Renardt considère l’amabilité comme la qualité primordiale puisque c’est elle qui permet l’échange et donne donc, dans la plupart des cas, leur intérêt aux rencontres. Il l’estime donc plus que toute autre qualité (l’intelligence, la beauté, la richesse, etc. passent après).
D’expérience, je sais aussi que j’ai beaucoup de mal à me lier d’amitié avec un
humain incapable d’autodérision. Mais je n’en fais pas une règle comportementale de Renardt car ce serait le limiter à une certaine catégorie de personnes et que, pour s’ouvrir à un maximum d’aventures, Renardt doit être ouvert au plus grand nombre de personnes possible :
Règle n°3 : Renardt s’efforce de respecter toutes les opinions, aussi extrémistes puissent-elles être, car toutes ont leur intérêt ou sont susceptibles d’évoluer : il ne s’oppose qu’aux actes qui, eux, ont des conséquences irréversibles.

Le pavillon du « Bastringage » : le cocasse équipage du « Capitaine Renart », dans Adept 2
Souvent, s’opposer à un type de discours ne sert à rien de moins qu’à frustrer son interlocuteur, ou bien à l’oppresser… Les actes comptent, les discours peu. Mais à quels types d’actes Renardt est-il censé réagir ? Il en faut pour ne pas cantonner le personnage à une constante indifférence qui serait étrangère à des perspectives d’aventure, alors autant créer une règle comportementale qui le poussera à s’opposer à ce qui me déplait d’instinct, d’expérience, ou même via l’héritage de mon éducation, avec un bémol, tout de même, chargé de garder Renardt de toute soumission aux « idées » décriées par Brassens ou aux groupes qui en choisissent les modes d’application :
Règle n°4 : Renardt désapprouve l’oppression, il s’y oppose quand il en a l’occasion, mais sans pour autant épouser de cause dont il ne contrôlerait pas l’évolution, soit la grande majorité de celles qui ne lui seraient pas personnelles.
De manière plus générale, avec la règle suivante, je fixe une ligne de conduite à
Renardt, un point de repère important que je pourrai utiliser fréquemment pour me rattacher au personnage dans les cas où je serais tenté d’en sortir :
Règle n°5 : Renardt a une approche pragmatique de la vie, il ignore les concepts de bien et de mal, il ne fait pas de reproches à quelqu’un qui connaît déjà son erreur car c’est un geste inutile. Il rend coup sur coup ou bien pardonne, agit ou reste indifférent selon les conséquences qui découleront de l’une ou l’autre de ces attitudes : plaisantes ou déplaisantes, à court ou à long terme, et selon le meilleur avantage qu’il est susceptible d’en tirer.
Renardt est donc fondamentalement égoïste, dans sa structure mentale, ce qui ne l’empêche pas d’accomplir des actes altruistes (ou des actes égoïstes ayant des conséquences bénéfiques pour autrui, cf: l’article à ce sujet), fréquemment même, étant donnée sa propension à cueillir toutes les aventures qui passent à la volée et dont les actes altruistes sont si souvent porteurs à notre époque… Par ailleurs, cela combiné à la règle n°6 qui le porte à agir en faveur des « siens » (une espèce de cercle dont la porte est ouverte mais la circonférence murée), des personnes en générale intégrées dans la société humaine, il a tôt fait de passer pour quelqu’un de bien, ce qu’il n’est pas, puisqu’il réfute le concept
de bien dans l’absolu.

Il faut savoir peser le pour et le contre de chaque action pour naviguer entre les tourbillons de déconvenues. Même si une mésaventure reste une aventure, mieux vaut parfois rester couché…
Règle n°6 : N’ayant pas hérité de dogmes à ce sujet, Renardt distingue les êtres et les choses selon qu’ils lui sont chers ou non (plutôt que par espèce, par titre, par importance, etc.), ou selon ce qu’ils lui apportent, et régule ainsi son rapport avec eux de même que l’importance (ou l’ordre de priorité) qu’il leur donne dans le choix et l’accomplissement de ses actes.
Si cette dernière règle peut paraître banale à plus d’un, il faut savoir qu’une foule de gens jurent leurs grands dieux qu’ils sacrifieraient leur toutou bien aimé plutôt que de voir périr la moitié de l’humanité… Pourquoi ? La logique m’échappe.
Donc pour résumer, et à l’heure actuelle, je rattache 6 règles comportementales à Renardt, ce personnage que je souhaiterais incarner. Elles sont bien sûr susceptibles d’évoluer, d’être modifiées ou complétées : le personnage est en construction et il est important qu’il le reste toujours, d’une certaine façon.
- Règle comportementale n°1 :
garder l’esprit curieux et aventureux - Règle comportementale n°2 :
privilégier l’amabilité sur les autres qualités - Règle comportementale n°3 :
respecter toutes les opinions, réagir aux actes - Règle comportementale n°4 :
s’opposer à l’oppression (NdA : cette règle n’est en fait que le fruit de la combinaison des règles 1 et 5) - Règle comportementale n°5 :
avoir une approche pragmatique - Règle comportementale n°6 :
privilégier ce qui est chéri à ce qui ne l’est pas
Lorsque je serai enfin devenu Renardt, selon mes prévisions, je n’aurais plus besoin d’avoir recours au pouvoir absolu puisque c’est avec son aide que j’aurais créé et incarné ce personnage capable de réagir de la manière qui me plait le mieux dans toutes les situations que je suis amené à connaître et d’accomplir mieux qu’aucun autre la Grande Aventure que je souhaite que soit ma vie…
Plus que 14.600 jours n’empêche, il faut se remuer!
Mafaldrag, la dragonne la plus sexy du Monde des Douze

Mafaldrag
« Hola todos ! GRUNT Sois puchipuchi ! »
C’est par cette phrase que Mafaldrag avait l’habitude de débuter la plupart de ses interventions et qui pourrait être traduite en français par : « Salut à tous ! GRUNT Vous êtes choupichoupi ! »
Qui est Mafaldrag ? Mais c’est la dragonne la plus sexy du Monde des Douze bien sûr !
En septembre 2007 je terminais une année sabbatique, que j’avais passée à Barcelone, à écrire en bibliothèque universitaire. Ayant terminé d’épuiser mes ressources financières je rentrai en France pour me lancer à la recherche d’un emploi. J’en trouvais un, non sans user de relations, un emploi de juriste en entreprise, conforme à ma formation mais pas à mes ambitions. A deux doigts de m’engager je postulai très spontanément auprès d’ANKAMA, une entreprise touche à tout : du jeu vidéo au dessin animé en passant par l’édition de bandes dessinées, bref, un gros concentré d’artistes et de talents, une sorte de gigantesque atelier créatif auquel ma formation de juriste ne me prédestinait pas.
Je me suis appliqué sur ma lettre de motivation comme jamais, et je l’ai envoyé en X exemplaires à tous les services d’ANKAMA qui recrutaient, jusqu’à obtenir un entretien.
Ma lettre de motivation précisait que j’étais un artiste, qui n’avait jamais eu l’occasion de le montrer. Dans ma valise que j’emmenais avec moi d’Aix-en-Provence à Roubaix, j’ai donc stocké mes bandes dessinées de CM2, mes projets de jeu de société inaboutis et beaucoup d’espoir. Pour l’anecdote, à la
gare St Charles je suis monté dans un train à l’arrivée plutôt qu’au départ. C’était la première fois que je voyais un train aussi vide mais il m’a fallu trop de temps pour comprendre… Tant pis, j’avais une amie pour m’héberger à Marseille et je suis arrivé à Roubaix le lendemain matin où j’ai été reçu en entretien par Fulcanelli puis par Emmanuel Darras.
Mon CV plaisait sans qu’on sache bien quoi me proposer, et il fut convenu que nous nous reverrions la semaine suivante… Ah, non ! Ce ne serait pas possible : Manu serait en déplacement au Salon du Manga de Barcelone. Je sautai sur l’occasion pour proposer mon assistance, il me demanda si je parlais espagnol, et c’est ainsi que je fus recruter chez ANKAMA en tant que Community Manager de la Communauté hispanophone et que de juriste en entreprise je devins la dragonne la plus sexy du Monde des Douze.

L'originale: Mafalda
Mon objectif premier, comme je l’ai déjà raconté dans l’article au sujet d’Oto Mustam, en tant que Community Manager, fut de créer et de consolider une Communauté.
La Communauté des joueurs hispanophones de DOFUS avait cette particularité d’être internationale, rassemblant des joueurs des différents pays d’Amérique latine et d’Espagne. Il me fallait trouvait un personnage capable de les rassembler tous : j’ai pensé au personnage de Mafalda, héroïne de bandes dessinées connue de tout le monde hispanophone… Don Quichotte aurait vraiment été trop cliché, de plus Mafalda étant une femme, elle serait sans aucun doute mieux accueillie d’un public constitué à l’époque de 80% de garçons.
J’ai fait de Mafalda une dragonne, du nom de « Mafaldrag » en découvrant son illustration dans la base de donnée, celle d’une « dragueuse » (un des monstres courant du monde de DOFUS), et la possibilité de m’incarner en jeu sous une forme différente de celle des dragueuses classiques : plus grosse et plus jolie.
Histoire de Mafaldrag :
Mafaldrag est une dragueuse née géante. Persuadée que son obésité vient de sa parenté avec le dragons majeurs qui engendrèrent les dofus -ces œufs magiques que les dragons pondent lorsqu’ils tombent amoureux-, Mafaldrag cherche celui qui saura faire naître chez elle les sentiments d’amour vrais susceptibles d’entrainer l’apparition d’un dofus, et ce afin de montrer aux siens qu’elle est bien une dragonne, plutôt qu’une simple dragueuse avec des problèmes de poids.
Mafaldrag est donc coquette, elle tente d’imiter les manières des grandes dames en y parvenant que maladroitement. Elle a déjà été mariée plus de 1.921 fois, elle est veuve autant de fois : ses époux sont tous morts de mort violente, écrasés ou emportés par ses éternuements.
Ne parlant et n’écrivant qu’à peu près l’espagnol, encore moins à l’époque qu’aujourd’hui, j’ai fait vivre le personnage grâce à l’aide de l’équipe de traduction et de deux trouvailles que je leur dois :
- Le « GRUNT » dont Mafaldrag se sert pour ponctuer ses phrases et qui évoque le grognement d’un dragon.
- Le « puchipuchi » (en français : « choupichoupi ») qui met en avant son côté féminin et gnangnan.
Armé de ces deux seules expressions, j’ai pu animer la Communauté hispanophone et même créer un engouement autour du personnage, au point que des joueurs se sont déplacés exprès pour la rencontrer lors du salon du manga de Barcelone de 2008. Ce fut aussi ma première expérience de la notoriété que j’évoque dans l’article sur Oto Mustam, une expérience que je suis content d’avoir vécue une fois, puisque toute aventure est bonne à vivre, mais que je n’aimerais pas vivre trop souvent : une grande notoriété comporte le risque d’être irréversible, et je ne souhaite pas m’embarrasser d’un fardeau pareil.
Le personnage de Mafaldrag est le seul personnage “féminin” que j’ai joué à ce jour, même si je n’ai pas pu me plonger dans ce rôle comme celui de Falawis Kâ il est suffisamment original pour m’avoir marqué, d’autant plus compte tenu du contexte dans lequel je l’ai joué : j’y pense aujourd’hui avec nostalgie, même si du fait de mon niveau d’espagnol qui bridait mes possibilités, je ne regrette pas d’avoir abandonné le poste de Community Manager de la communauté hispanophone des joueurs de DOFUS à Sir-Dal que je crois davantage en phase avec les joueurs.
>> L’épisode de le « Rayon
Cosmique » (animation pour la communauté hispanophone)
>> L’épisode de « A la recherche
d’Aldo Rado » (animation pour la communauté hispanophone)
>> Mon interview pour la chaîne
espagnole “EliteGamer” (de 11’37 à 17’47 : 6 minutes de torture pour les profs d’espagnol du monde entier)
Oto Mustam

Oto-Mustam (cette image est la propriété d'ANKAMA)
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Après avoir incarné Mafaldrag en tant que Community Manager de la Communauté hispanophone des joueurs de DOFUS, j’ai, depuis l’automne dernier, décidé d’incarner le personnage d’”Oto Mustam“.
Qui est Oto Mustam? Dans le Monde des Douze (celui où se passe l’action du jeu DOFUS), Oto Mustam est le chef de la milice d’une des deux grandes cités en guerre: la sombre Brâkmar.
Au départ, rien ne me prédisposait à jouer ce rôle. Le serveur dit “héroïque” (car proposant un mode de jeu où la défaite d’un personnage en combat entraîne sa “mort définitive“) portait déjà le nom d’Oto Mustam.
Pour présenter ce nouveau concept, tout un plan de communication avait été prévu auquel, personnellement, je n’ai pas participé (ou sur le tard).
Bien qu’étant récemment passé « Lead » de l’équipe des Community Managers, je conservais mes responsabilités vis-à-vis de la Communauté hispanophone (je les ai conservées jusqu’à l’arrivée de Sir-Dal qui me remplace avantageusement depuis janvier).
Bref, pour ainsi dire, la seule chose qui me reliait au « serveur héroïque » c’est que j’avais très envie d’y jouer. Ca a d’ailleurs été un vrai plaisir et, tout en découvrant les particularités de ce mode de jeu dont la mascotte était ce personnage effrayant d’Oto Mustam, j’ai pensé que l’ambiance gagnerait à ce qu’Oto Mustam prenne de l’importance, et que le « serveur héroïque » donne naissance à sa propre communauté, plutôt que d’être un conglomérat de joueurs dispatchés sur de nombreux forums.
Je me suis donc appliqué à ce en quoi consiste mon travail, à savoir : créer et consolider une communauté.
Pour cela il fallait aux joueurs du « serveur héroïque » (ou « SH ») un forum commun où se rassembler et des symboles forts pour leur permettre de se reconnaître entre eux, de sentir qu’en participant au SH, ils participent à une expérience différente des autres, autour de laquelle ils peuvent débattre et se retrouver.
La Communauté Héroïque a obtenu son forum assez rapidement. J’ai tenté de lui donner d’autres particularités capables de la souder, comme la rubrique « Wanted » du forum qui permet de lancer des chasses à l’homme ou le symbole [RP] qui permet aux « rôlistes » de se reconnaître en jeu.
Les autres Communautés de joueurs se soudent facilement autour d’une langue commune, comme le SH n’a pas de langue officielle, il fallait lui trouver d’autres points rassembleurs… C’est dans cet objectif que je me suis finalement décidé à incarner « Oto Mustam ».
De prime abord, j’ai assimilé Oto Mustam à un « Falawis » simplifié et bonnifié. Le personnage en lui-même n’est pas très complexe : il s’agit d’un soldat, tête brûlé dans son jeune âge et devenu officier au sang chaud. Il est porté par un sens extrême du devoir, qui prime celui de la discipline : son obsession est de détruire Bonta. Il ne s’en rend pas malade car Oto Mustam est sûr de lui et de ses succès. En ce sens, il reste assez posé pour un personnage sujet à l’emportement. Oto Mustam se reconnaît un maître en la démoniaque personne de Djaul, lui-même soumis à Rushu, le roi des démons.
Néanmoins, dans le cadre du SH, le personnage d’Oto Mustam devait évoluer pour répondre à certains critères de neutralité vis-à-vis de la Communauté de joueurs dont il allait devenir le mentor. Voilà pourquoi j’ai fait en sorte que Rushu lui donne une toute puissance à même d’élever Oto au dessus des préoccupations humaines : Oto ne se préoccupe plus de qui l’emporte sur qui, de Bonta ou de Brâkmar, sa mission est désormais de mettre les habitants du monde dont il a la charge à l’épreuve, afin de sélectionner parmi eux les mieux à même de servir les desseins de Rushu. (Lire l’histoire RP)
Une fois le personnage posé en maître terrible mais impartial de la Communauté, j’ai pu commencer à m’en servir pour « communitymanager » (comme on dit dans le milieu très très fermé des rares personnes qui exercent ma noble profession).
Plusieurs difficultés se sont tout de suite présentées :
Tout d’abord le problème de la langue : j’étais sûr d’exclure la majorité des joueurs français en utilisant l’anglais. Je prenais le risque de chasser tous les joueurs non francophones en utilisant le français. Finalement je me suis décidé à utiliser l’anglais, le français et l’espagnol simultanément dans mes communications officielles, et l’une ou l’autre de ces langues en répondant directement au joueurs.
Ensuite l’incompréhension des joueurs, vis-à-vis du personnage d’Oto Mustam et de sa façon de parler. Les joueurs de DOFUS n’ont pas été habitués à jouer des personnages, et je n’étais pas sûr qu’ils adoptent les « maljour » et les « soyez maudits ! » qui ponctuent les interventions d’Oto Mustam, en digne héritier de Falawis Kâ… Finalement je dois dire que la chose est très bien passée, et que je suis régulièrement salué par des « maljour » et des « insultes/provocations RP » : sans doute ce que je pouvais espérer de mieux.
L’objectif d’un jeu, même comme DOFUS que beaucoup de joueurs abordent beaucoup trop sérieusement, c’est de jouer, et on devrait se saisir de toutes les occasions qui se présentent dans ce domaine, y compris celles qui consistent à jouer son personnage !
Enfin, et c’est sans doute ce qu’il y a de plus problématique autour de mon personnage : la question de l’impartialité. Contrairement à ce qui avait été fait jusqu’à présent, j’ai donné le sentiment, avec le personnage d’Oto Mustam, d’être impliqué au-delà de ce que pouvait l’être un Community Manager. C’est cohérent, compte tenu de mon approche : Oto Mustam fait partie du jeu, du Monde des Douze dans lequel évoluent les joueurs, il porte un intérêt à ce qui s’y passe puisqu’il y est une sorte de PNJ-PJ (personnage non joueur et joueur à la fois).
Je peux bien sûr garantir de n’avoir jamais favorisé personne délibérément, mais il est certain qu’à partir du moment où j’influe sur le cours du jeu, d’une manière ou d’une autre, je peux potentiellement créer des inégalités, donner des sentiments d’injustice, etc. C’est la conséquence normale de mon implication.
La question que je me pose est donc : cette implication est-elle une plus-value pour la Communauté héroïque ? Il est évident que je cesserai de jouer le personnage d’Oto Mustam le jour où je serai convaincu que non. Pour l’heure, j’ai toujours la conviction que j’ai mon rôle à jouer dans l’équilibrage du jeu et l’évolution de la Communauté, notamment pour asseoir les règles qui pallient les faiblesses du code… Par exemple en ce qui concerne l’interdiction de faire du multicompte en PvP.
Ce sujet reste le plus épineux. Comment faire suivre des règles à des joueurs qui sont habitués à se moquer de leurs obligations ? En général, les règles de DOFUS, exposées dans les CGU et auxquelles tout joueur a consenti, ne sont pas respectées. La règle interdisant le multicompte en PvP a pour but d’éviter qu’un joueur avec de gros moyens techniques et financiers prenne systématiquement l’avantage sur un joueur ne correspondant pas à ces critères. Si ce genre de déséquilibre ne pose pas de problème sur un serveur classique, sur le SH où la mort est définitif, c’est une question centrale. L’équipe DOFUS et moi-même avons conclu que, si ce déséquilibre existait sur le SH, il y perdrait sa viabilité. Voilà pourquoi tout a été fait, techniquement, pour qu’il ne puisse pas y avoir de multicompte possible en PvP, et voilà pourquoi j’ai sanctionné/je sanctionne de manière aussi exemplaire ceux qui parvenait/parviennent à contourner la règle.
Sachant qu’une sanction invisible n’aurait eu aucun effet sur l’ensemble de la Communauté, j’ai fait en sorte que la première personne que je prendrais la main dans le sac soit punie publiquement. C’est ce qui a donné lieu à « l’exécution de Lil- » puis à un grand nombre de manifestations à mon encontre.
Beaucoup de joueurs ont condamné ma manière de faire, en se basant notamment sur des comparaisons avec la vie réelle.
J’ai trop conscience que DOFUS n’est qu’un jeu pour recevoir ce type d’arguments qui accusaient la forme. En revanche il est vrai, à présent que mes exécutions publiques sont rentrées dans les mœurs et qu’on me les réclame, que sur le fond, je déteste être dans la position de celui qui bannit.
S’il est absolument vrai que les joueurs, pour beaucoup, se moquent des règles et que je suis tout à fait dans mon droit (pour ne pas dire que j’en ai l’obligation) de les sanctionner, reste que ça me pèse. Ca me pèse autant que je ne m’explique pas qu’un contrôleur de métro puisse vous tirer 50 euros pour un ticket mal poinçonné ou ce genre de conneries… Mais dans le cadre de mon travail, en tant que Community Manager, je m’aperçois aussi que les sanctions que je prends sont toutes bénéfiques à mon efficacité et, tant que je n’en abuse pas, elles me permettent de rappeler les joueurs à leur devoir et d’installer entre eux et moi une relation plus saine que biaisée.
Je n’ai jamais de rancune pour les joueurs qui me poussent à sévir, d’abord parce que je ne mets rien de personnel dans ma façon de faire respecter les règles, ensuite parce qu’il me semble tout-à-fait incohérent d’appliquer des sanctions mesurées si c’est pour entretenir des rancunes démesurées : une faute doit pouvoir être purgée par la peine. Je crois faire en sorte que les joueurs connaissent mon état d’esprit à ce sujet. D’ailleurs, depuis sa célèbre exécution, j’ai reparlé avec Lil- en toute courtoisie.
En conclusion, Oto Mustam, contrairement à Falawis, m’apprend peu de chose au niveau du « rôleplay ». En revanche j’expérimente grâce à lui ce que ce doit être de « gouverner avec une main de fer dans un gant de velours », ou j’essaie, du moins.
Je ne sais pas quelle autre occasion la vie me donnera de jouer ce rôle, alors celle-là, je la prends.
Falawis Kâ, l’aveugle aux corbeaux

Falawis Kâ
Falawis Kâ est un personnage très complexe dont la vie fera l’objet d’un roman, tôt ou tard je l’espère : voilà pourquoi je ne souhaite pas entrer dans les détails du personnage pour le moment.
En résumé : Falawis est un elfe noir de la pire espèce. Il est raciste (en particulier envers les elfes), fourbe, traitre, sadique, cruel, etc. Une caricature donc, mais subtile, du fait des nombreuses rancunes accumulées durant son enfance, passée au sein d’une société matriarcale, et des revers qu’il a connu tout au long de sa vie, notamment avec la perte de sa vue.
Pour Falawis, ce qui est bien, en général, c’est ce qui ailleurs est mal. Débarqué sur le continent adeptien (cf : Adept, le JDR sur jouer.org) à la recherche de sa sœur Zhannath, il va imposer sa vision extrémiste à toute une partie des elfes noirs qui tentent, à l’instar d’une multitude de personnages rassemblés en ligues plutôt que par race, de coloniser le désert.
Adept, le JDR, est ma meilleure expérience dans le monde du jeu de rôle. Le jeu se composait d’une partie en flash qui permettait de se figurer les déplacement d’un personnage sur une map quadrillée, et d’un forum divisé en sections « Légendes », « Taverne » et « HRP ».
En dehors de ça, il n’y avait rien : c’est à dire qu’il y avait tout à faire.

Adept JDR
Adept, le JDR, un jeu créé par « Gorgu » qui s’était juré de prendre sa revanche sur un mmorpg dont il avait été banni, a su rassembler des joueurs à la créativité intarissable. Ils ont inventé des Dieux, des cultures*, ils ont fait la guerre, battis des forteresses et des palais qui tombaient parfois en une nuit, parfois après des semaines de combat. Les actions effectuées sur la map étant rudimentaires, elles étaient retranscrites sous forme de récits et de textes RP (pour “Roleplay”) tous plus beaux les uns que les autres sur le forum, où plus de 2OO joueurs les alimentaient à loisir dans le respect de chacun, dans le respect surtout de la cohérence globale de l’histoire de ce monde dans lequel nous évoluions tous, sinon en paix, du moins en harmonie.
Généralement, dans les jeux de rôles, les joueurs n’ont pas le courage d’incarner véritablement un méchant.
C’était mon objectif avec Falawis : de toujours lui faire adopter la réaction la mieux capable de nuire à autrui selon ce que le personnage estimait justement être le mieux pour lui et les siens. Grâce à cette méthode un peu extrême, j’ai vraiment le sentiment d’avoir expérimenté ce qu’était le « jeu de rôle » au sens propre, d’avoir créé un personnage et de l’avoir fait vivre. D’un certain point de vue, ce sentiment est similaire à celui que je peux avoir en faisant vivre mes personnages dans mes projets d’écriture, ou de celui qui nait de la lecture d’un bon roman… Cela en moins que je ne rencontrerai jamais la multitude des personnages que j’invente ou que je lis, alors que, grâce au talent des personnes avec qui j’ai joué, j’ai bel et bien rencontré des nains, des elfes, j’ai combattu des barbares et asservi des villes, j’ai conquis des lettres de noblesses et fomenté des assassinats. Si j’ai joué mon rôle de méchant aussi implacablement, c’est pour offrir à ceux qui m’offraient de véritables héros et chevaliers à mettre en charpie, un véritable vilain qu’ils eussent été fiers et heureux de vaincre.
C’est dans ces interactions que naît la magie des mmorpg. J’ai passé 5 ans à alimenter et à partager les aventures de Falawis Kâ dans le monde d’Adept. Il dort pour le moment, mais un jour, il se réveillera…
OLATH PHOLOR UDOSSA !**

L'aveugle aux corbeaux
* Voir le site de Zhannath Kâ sur la culture
noirelfique
** « Que l’ombre soit sur nous ! » ; traduit du langage « drow » ou
« noirelfique »