@ Les blagues qui font faire pipi partout
Confesses

- On lui donnerait un plat de panzani sans confession!
Dimanche, c’est ? C’est… ?
C’est jour de confesse, bien entendu. Aujourd’hui le père Dupin accueille dans son église les quatre jeunes brebis égarées de sa paroisse : Eva, Natacha, Fabiola et Gwendola. Elles sont toutes plus jolies les unes que les autres, mais leur âme est lourde de pêchés… Heureusement, le père Dupin sait lire au-delà des apparences ; celles des décolletés plongeants et des tétons tentateurs qui pointent dans sa direction comme les fourches de l’enfer ! Le père Dupin voit, sent, sait que l’âme de ces jeunes filles est noire, et que c’est à lui, su père Dupin, de les nettoyer !
Par ailleurs les quatre jeunes filles se gardent bien de minauder. Elles sont coupables et elles le savent. Elles tremblent, elles ont peur… Pourtant, Eva, la moins moins-pieuse de la bande se décide la première à répondre à l’invitation du prêtre et à entrer dans le confessionnal.
- Je vous écoute ma fille, lui dit-il de sa voie sévère, paternaliste et irritante, mais juste.
- Et bien voilà mon père, pardonnez-moi parce que j’ai pêché.
- C’est déjà bien de le reconnaître ma fille.
- Oui, je… C’était hier soir, avec Jojo… Il… Il… Il…
- « Il » ma fille ?
- M’a pris la main, et… et… et…
- Et… ?
- Et l’a mis dans son pantalon… Oh ! Je me sens tellement coupable mon père !
- Allons, allons, ce n’est pas si grave ma fille ! Moi-même je me rappelle que… Mais bref, n’en parlons plus. Allez laver l’endroit par lequel vous avez pêché dans le bénitier et récitez trois « pater noster ».
A l’idée que la rédemption lui est offerte, Eva bondit de joie, salut le prêtre avec dévotion et s’en va tremper sa main droite dans le bénitier.
C’est au tour de Natacha de passer aux aveux. Rassurée de voir comment Eva s’en est tirée, elle entre dans le confessionnal avec un peu plus d’aplomb.
- Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai pêché.
- Je vous écoute ma fille.
- Eh bien… C’était hier soir, avec Jojo… Il… Il… Il…
- …a glissé votre main dans son pantalon ?
- Non, pas du tout : il m’a léché les tétons.
- Oh oh ! Voilà qui n’est pas très catholique ma fille ! Allez donc laver cette partie de votre corps des impuretés dont vous l’avez souillé (et plus vite que ça) sans oublier de réciter trois « pater noster ».
Natacha ne se le fait pas dire deux fois : elle coure hors du confessionnal, jusqu’au bénitier dans lequel elle trempe abondamment sa poitrine abondante.
- Bien ! A qui le tour ? s’exclame le père Dupin en sortant la tête de l’isoloir.
Fabiola s’est avancée pour répondre à l’appel du sauveur… Mais elle est violemment poussée de côté par Gwendola, pourtant son amie, qui se précipite dans le confessionnal dont elle tire le rideau avec un empressement quasi-satanique !
- Pardonnez-moi-mon-père-parce-que-j’ai-pêché ! récite-t-elle à toute vitesse.
- Je veux bien ma fille, mais qu’est-ce qui vous prend ? Pourquoi pousser ainsi votre amie dans les candélabres ? Voyez : la pauvrette est en flammes ! Elle se tortille sur elle-même, agitée de soubresauts, ici même, au beau milieu de notre chère église ! C’est un scandale. Allons, expliquez-moi ça !
- Eh bien, hésite Gwendola, c’est à cause du bénitier… Je voulais m’y laver la bouche avant qu’elle s’y soit lavé le cul.
La mort ou la Tounga

- La tribu en action (ils n’hésitent jamais à employer leurs instruments).
Trois hommes avancent pas à pas dans la forêt vierge et dangereuse, impénétrable et farouche, timide mais coquine…
Sont-ils fous ? Courageux ? Téméraires ? Non : ils sont Belges. Pas Suisses, Français et Belges, mais tous Belges cette fois, sans quoi on va m’accuser de favoritisme (et tant pis pour les quotas).
Peut-être qu’ils viennent de survivre à un accident d’avion ? Ou qu’ils étaient partis se balader entre copains… ? Qu’importe, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont beaux et biens perdus, au point de se précipiter vers cette musique qu’ils apercécoutent au loin (du verbe apercécouter) : des tamtams ! Les tamtams de la terrible tribu des dont-on-ne-connait-pas-le-nom, personne n’ayant jamais survécu à une rencontre avec icelle (la présente histoire ne nous est connue que grâce aux concours des satellites de la NASA : Thanks Lucy, I’ll get back on touch later on).
Ni une, ni deux, ni trois, ni quatre, dès qu’ils les aperçoivent, les dont-on-ne-connait-pas-le-nom se jettent sur les étrangers, puis les jettent eux-mêmes en prison, où ils les laissent pourrir plusieurs jours sans nourriture ni eau, les contraignant à s’abaisser aux plus viles bassesses… (je voulais dire qu’ils ont du manger leur pipi et leur caca mais j’ai préféré censurer finalement : trop vulgaire).
Au bout d’une semaine, deux gardes viennent chercher le premier Belge à portée de main. Ils le sortent de sa cage et le trainent au milieu de la foule des leurs jusque sur un autel où le Shaman du village l’attend, en tenue de cérémonie. Le prisonnier est saucissonné sur une sorte de table de pierre et Le Shaman s’approche de lui :
- Prisonnier, déclare-t-il avec cette emphase propre aux gens de sa profession, pour avoir pénétré notre territoire sans permission, nous allons aujourd’hui t’administrer un châtiment… Que nous te laisserons choisir, alors choisis bien : entre la mort… OU LA TOUNGA !!!
Alors que le Shaman prononce ce dernier mot, ses pupilles se dilatent, sa bouche se couvre d’un rictus fou, et tous les guerriers de la tribu, massés autour de l’autel, se mettent à répéter furieusement : « LA TOUNGA ! LA TOUNGA !! ».
Le prisonnier est embarrassé : voilà qui n’est pas très encourageant ! Néanmoins il ne peut se décider à mourir, et c’est pour cela qu’il décide :
- Je choisis la Tounga.
- C’est votre dernier mot ?
- Oui.
S’étant assuré de la réponse, prononcée du bout des lèvres, le Shaman se tourne vers son peuple et de sa voix la plus puissante, proclame :
- Le prisonnier a choisi… LA TOUNGA !!!!!!
Une exclamation de joie jaillit depuis la foule, qui peut être entendue jusqu’aux cages où sont enfermés les autres prisonniers. Les indigènes se mettent à danser, à chanter… Ils forment une sorte de procession autour de l’autel sacrificiel… et les voilà qui mettent bas les pagnes : ils se précipitent sur l’Anglais attaché à la table de pierre et le violent abondamment (le Belge est devenu anglais parce qu’en fait j’aime bien les Belges).
Ce viol collectif durera toute la nuit. Tout ce qui est imaginable de faire subir comme sévices sexuels à un homme, cet Anglais le subira. A l’aube, lorsque les indigènes auront assouvi cet appétit lubrique absolument démentiel qui caractérise leur petite tribu, l’Anglais sera détaché de la table de pierre, couverte de miasmes en tous genres, et rendu à sa liberté. C’est là que nous le retrouverons (nous nous étions éloignés par pudeur) marchant en canard, le dos courbé jusqu’aux genoux. Il est dans un tel état qu’il n’entend même pas les appels de ses ex-codétenus qui l’implorent de raconter ce qui vient de lui arriver : le supplicié ne s’attarde pas une seconde de plus dans ce lieu maudit et retourne en boitillant vers la civilisation.
Le lendemain, de nouveau, les gardes extirpent un autre Anglais de sa cage et, comme la veille pour son compatriote, le trainent jusqu’à l’autel où attend le Shaman.
- Nous allons te punir, lui dit-il, mais pas sans te laisser le choix de ton châtiment. Alors choisis bien, entre la mort… OU LA TOUNGA !!
Inutile de vous répéter qu’à ce simple mot, c’est le frétillement général dans l’assemblée. Tous les guerriers ont les yeux rivés sur le prisonnier dont ils attendent la réponse avec impatience et envie.
Le prisonnier pèse le pour et le contre. Il a vu que, même si ce n’était pas sans mal, son ami était parvenu à sauver sa peau. Aussi se prend-il a espérer en même temps qu’il prend sa décision :
- Je choisis la Tounga.
Entendant cela, le Shaman se tourne vers son peuple et de sa voix la plus puissante, proclame :
- Le prisonnier a choisi… LA TOUNGA !!!!!!
Ce cri trouve un écho partout parmi la foule ! Les indigènes chantent, dansent, sacrifient des poules ou entrent en transe. Ils démarrent une longue procession qui s’achève au sommet de l’autel, juste derrière le prisonnier… Alors toute la tribu fait sauter son pagne et c’est à partir de là que s’applique la censure.
Il n’en reste pas moins que notre Anglais prend cher. Au matin, c’est un homme brisé qui rampe devant la cage où désespère le dernier des trois prisonniers… Celui-là sait que le lendemain, ce sera son tour.
En effet, le soleil est à peine levé qu’on le sort de sa cage, à l’aube du matin suivant. Comme ses compatriotes avant lui, il est trainé parmi la foule et attaché à la table de pierre ou le Shaman lui pose sa terrible question :
- …la mort… OU LA TOUNGA !!
Les réactions de la tribu sont les mêmes que précédemment : ces gens sont décidément insatiables ! Pire, ils sont encore plus excités, comme si leurs deux précédents forfaits ne comptaient que pour du président (j’essaye de décrocher un sponsor).
Le prisonnier hésite. Hésite. Hésite. Finalement il redresse la tête en direction du Shaman et déclare :
- Je pense qu’il faut savoir partir au bon moment… Mieux vaut mourir que souffrir, je choisis donc la mort !
- C’est votre dernier mot ?
- Absolument.
Devant l’inébranlable résolution du prisonnier, le Shaman ne peut que s’incliner. Il se tourne vers son peuple et de sa voix la plus puissante, proclame :
- Le prisonnier a choisi la mort… PAR LA TOUNGA !!!!!!
Le coup de la propagande

- La faucille et le marteau ne sont pas ne sont pas que les armes du tueur de la ‘Cité de la peur’.
Moscou, 1951. La guerre froide bat son plein. Les espions du KGB rodent partout tandis que l’URSS cherche à étendre son influence. Un chapeau de fer s’est abattu sur l’Union soviétique, dirigée par un homme de fer et séparée de l’ouest par un rideau de fer. C’est l’enfer. Néanmoins un homme a décidé de se trouver là, volontairement.
Il a voyagé partout, il a connu toutes les femmes du monde et il n’en attend plus rien. Seulement il y a quelques mois, un alcoolique marin lui a vanté les prouesses charnelles des moscovites et le Don Juan s’est alors aperçu que ces jeunes femmes manquaient à son palmarès ! Il a donc décidé d’aller vérifier par lui-même ce qu’elles pouvaient bien avoir de si exceptionnel.
« Grâce » à l’extrême indigence du moment, quelques billets verts ont tôt fait de lui obtenir les faveurs d’une très grande, très slave et très belle blonde. Mais l’homme la prévient tout de suite…
- Je te préviens…
…qu’il attend d’elle des services exceptionnels.
- …j’attends de toi des services exceptionnels. En un mot : je veux que tu me surprennes. J’ai essayé tout ce qui se fait déjà, alors montre-moi quelque chose de vraiment nouveau si tu veux avoir ton argent.
La jeune femme ne se démonte pas :
- Da tovaritch, da ! Tu as déjà essayé la « levrette finlandaise » ?
- Oui.
- La « brouette hongroise » ?
- Oui.
- La « tulipe hollandaise » ?
- Oui.
- La « tartiflette française »… ?
- Oui.
- La « vache ukrainienne » alors… ?
- Oui, oui et oui. C’est tout ce que tu peux me proposer ? s’indigne l’étranger, à la fois déçu et énervé (et con).
La jeune femme réfléchit un instant, hésite, puis propose :
- Et « le coup de la propagande », tu connais ?
- Ah ça, s’étonne l’homme, non, ma foi je ne connais pas.
- Alors c’est parti !
La jeune femme l’entraine dans son petit réduit où ils entrent rapidement en matière et enchaînent cabrioles sur cabrioles, toutes celles déjà évoquées et puis d’autres encore : une « chevauchée transsibérienne » suivie d’une « flûte afghane » directement fondue dans une « envolée ouzbèque », etc. Mais l’homme tient bon et même : il en redemande. Quand la jeune moscovite a épuisé tout son savoir, il en revient à la raison pour laquelle il est venu :
- C’est tout ce que tu sais faire ? Je connaissais déjà figure-toi. J’attends toujours que tu me montres ce fameux « coup de la propagande ».
- Tu en es sûr ? Tu veux vraiment voir le « coup de la propagande » ?
- Oh que oui !
- Bon très bien, s’incline-t-elle, alors je vais te montrer le « coup de la propagande ».
Sur ce elle enlève son œil de verre, le pose sur la table de chevet et lui dit :
- Vas-y maintenant, bourre-moi le crâne.
Encore une blague qui se passe sur une île déserte…

- Décidément il s’en passe des choses sur les îles désertes…
Une fois n’est pas coutume un avion s’écrase et ô surprise, il y a trois survivants.
Bon d’accord, disons que c’est un bateau… ou alors une mobylette. Oui, mobylette ça ira très bien, c’est beaucoup moins classique et ça donnera un peu de cachet à notre histoire.
Je disais donc qu’une mobylette s’écrase quelque part dans l’océan indien et que, miracle, il y a trois survivants qui parviennent à gagner l’île voisine la plus proche, quelque part au beau milieu de l’océan pacifique.
L’île est déserte. Les trois rescapés comptent deux hommes et une femme. Ils se répartissent les tâches de manière à pouvoir survivre jusqu’à l’arrivée d’un secours potentiel : pêcher, chasser, cueillir, cuisiner, débarrasser la table et faire la vaisselle.
Bon an, mal an, ils pourvoient à leurs besoins les plus primaires (mise à part la télévision) non sans profiter d’un certain confort dans cette nature généreuse et sans danger.
Reste la question du sexe… Elle n’a pas encore été posée que déjà des tensions se font sentir entre les deux hommes.
Pour couper court à tout incident qui pourrait mettre à mal leur situation déjà précaire, la femme prend les devant. Elle réunit ses compagnons d’infortune et détermine ainsi les règles du jeu :
- Cette semaine je coucherai avec toi dit-elle en montrant le premier des deux, et la semaine d’après ce sera avec toi, conclut-elle en désignant le second.
La solution satisfait tout le monde en théorie, et bientôt en pratique.
Les semaines s’écoulent ainsi paisiblement, chacun ayant son comptant d’affection et de caresses (surtout la femme soit-dit en passant).
Mais tout bonheur est éphémère, hélas ! Le neuvième mois n’est pas achevé que la femme décède des suites de l’ingestion d’une noix de coco avariée (quoi d’autre sinon ?).
Voilà qui met tout le monde dans l’embarras, d’un point de vue sexuel. Deux semaines se passent dans la tristesse et la frustration. Puis, un beau soir, Jérémie (le premier mec s’appelle Jérémie, le deuxième Bob et la femme Natacha : je l’ai pas dit plus tôt parce qu’on s’en foutait mais là ça devient lourd pour la narration) vient trouver Bob :
- Ca va ? lui demande-t-il, timidement, tout va bien ?
- Bien sûr que tout va bien ! s’indigne Bob, qu’est-ce que tu insinues là ? Tu ne crois tout de même pas que je…
- Que tu… ?
- Non rien…
- Elle me manque Bob.
- Moi aussi Jérémie.
- Plus de caresse, plus de baisers, plus rien… Je me sens si seul désormais.
- Oui. C’est tout pareil pour moi.
-Vraiment ? Peut-être qu’on pourrait…
- Oui ?
- …continuer ensemble.
- C’est-à-dire ? Je ne suis pas sûr de comprendre comment tu vois les choses et où tu veux en venir un doute profond m’habite et je veux des explications car celle qui commence à poindre me remplit d’un effroi qui n’est pas exempt de curiosité.
- Ben, on pourrait utiliser le même système qu’avant… Une semaine sur deux quoi.
- Tope là !
Bref, nos deux héros étant tombés d’accord, ils retrouvent leur sexualité pour un temps mis en berne. La joie de vivre emplie de nouveau leurs cœurs, le temps s’écoule (à nouveau) paisiblement, ils sont heureux… Jusqu’à ce qu’un beau soir, Jérémie vienne trouver Bob.
- Bob, je…
- Qu’y a-t-il Jérémie ? Tu sais que tu peux tout me dire.
- Je me sens mal… Je trouve que ça n’est pas moral ce que nous faisons.
- …
- Je me sens sale. Je me dégoute…
- Tu es sûr ?
- Oui
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?
- On l’enterre.
Monsieur Ours & Monsieur Lapin

- Aperçu de la forêt des rêves bleus… où tout le monde vit heureux!
Oooh comme il fait beau aujourd’hui dans la forêt des rêves bleus ! Beau comme la veille et l’avant-veille, beau comme il fait tous les jours ! Les oiseaux chantent, les abeilles butinent les jolies fleurs et, dans un coin de la forêt, Monsieur Ours discute avec Monsieur Lapin:
- Dis donc, demande Monsieur Ours, comment tu fais-toi, quand tu as… un gros besoin ?
- C’est-à-dire ? questionne Monsieur Lapin en dressant les oreilles.
- Ben, je veux dire, quand tu dois aller faire caca, tu fais comment ?
- Oh, c’est très simple réplique Monsieur Lapin en haussant les épaules, je trouve un buisson et en quelques secondes, l’affaire est réglée.
- Vraiment ? s’étonne Monsieur Ours, comme ça, à l’air libre ?
- Bien sûr ! Quoi de plus agréable ?
- Et le caca qui te colle à la fourrure, ça te fait rien ? insiste Monsieur Ours.
- Que nenni, réplique Monsieur Lapin, c’est la nature !
Alors Monsieur Ours l’attrape par les oreilles et finit de s’essuyer les fesses.
Canoë Kayak
Avril 1935. Un avion long courrier survole la jungle amazonienne… Tout à coup, comme sorti de nulle part, un perroquet distrait le pilote qui perd le contrôle de l’appareil :
- CARAMBA ! s’écrit-il avec un fort accent sud-américain tandis que l’avion tournoie dans les airs pour finalement s’écraser au plus profond de la jungle…
L’accident a été fatal à la totalité des passagers. Des quarante-six Péruviens qui rentraient chez eux, des six Argentins en transit et des cinq touristes Brésiliens, pas un n’a survécu. Aussi peut-on s’étonner que trois personnes s’extirpent difficilement de la carlingue brûlante : il s’agit d’un Français, d’un Suisse, et d’un Belge (ne me demandez pas pourquoi mais c’est comme ça).
Les trois survivants s’enfoncent dans la forêt à la recherche d’une cabine téléphonique plutôt que de rester à côté de l’avion en attendant les secours, ce qui couperait court à cette histoire. Ils ont tôt fait de perdre leur chemin, et parmi les bruits inquiétants de la forêt tropicale, se réjouissent en entendant les sons d’une activité humaine : on joue du tam-tam !
Le Français, le Belge, et le Suisse se précipitent… Mais c’est vers leur trépas : car ils sont accueillis par la terrible tribu des Kayaks.
En effet les Kayaks ont une tradition bien ancrée, comme la corrida chez nous : un peu débile mais ils ont toujours fait comme ça. Cette tradition consiste à utiliser la peau des Français, des Belges et des Suisses qui survivent à des accidents d’avion pour s’en faire des canoës (c’est connu : leur peau flotte très bien).
Bref, le Français, le Belge et le Suisse se trouvent rapidement attachés à un poteau.
Je précise tout de suite, pour conserver le suspense, que ce n’est pas parce que je suis de nationalité française que ce sera forcément le Français qui aura le dernier mot (même si c’est vrai que le Belge et le Suisse partent avec un handicap -double handicap donc-).
En tous cas faut pas croire, les Kayaks ne sont pas des chiens : ils donnent à chacun de leurs trois otages une chance de s’en sortir : celle d’aller dans la jungle leur ramener une trentaine de fraises.
Le Suisse est le premier à tenter sa chance. Les Kayaks le détachent du totem de cérémonie (y a pas de totem chez les Indiens d’Amazonie… Mais peu importe de bafouer leurs cultures puisqu’ils ont tous été génocidés : on ne peut plus être accusé de racisme) et lui confie un grand couteau pour qu’il puisse accomplir sa cueillette.
Il a trois jours devant lui. S’il ne revient pas, menacent les Kayaks, ils tortureront le Belge et le Français.
Trois jours tapants plus tard, le Suisse est de retour. Il ramène une dizaine de groseilles ce qui est bien mais pas top : les Kayaks s’en saisissent, ils le dépècent et le transforment en canoë.
C’est au tour du Français d’être libéré. Les Kayaks lui confient le couteau et le laisse partir en expédition. A peine s’est-il éloigné du camp que le Français prend ses jambes à son cou ! Il détale dans l’intention de ne jamais revenir, se moquant éperdument de ce qu’il adviendra du Belge. Il est vite rattrapé par les Kayaks qui le dépècent et le transforment en canoë.
Quand, enfin, le Belge est libéré, il accepte le couteau avec dignité et le brandit au ciel. Puis il l’abat sur sa cuisse, son ventre, sur sa propre poitrine, et tout en se mutilant jusqu’à la mort il répète :
- Voilà ce que j’en fais de votre canoë !!
Billyboy, simple CRS de plage

- Hmm… Noir rayé de gris avec un élastique blanc. Elle l’a mal ajusté en plus.
Billyboy se faisait chier.
Normal, me direz-vous, lorsqu’on est un CRS affecté à la surveillance d’un bout de plage où il n’y a guère d’autre animation que des quadragénaires qui bronzent et leurs enfants qui font des pâtés.
Dans sa jeunesse, encore récente, Billyboy, en bon admirateur de Mitch Buchannon, s’imaginait en short rouge, courant sur le sable avec sa bouée de secours, volant à l’aide de jeunes femmes en détresse, toujours secondé, dans chacun de ses héroïques exploits, par la paire de seins de Paméla Anderson… Malheureusement Billyboy doit porter un moule-bite bleu réglementaire et Jeannine, sa partenaire, est aussi glamour que le prénom qu’elle porte. D’ailleurs, son haleine allant de paire avec le reste, il se décide à faire un tour hors de sa cabine… Qui sait ? Il y a peut-être une ou deux jolies meufs un peu plus loin qui réclament ses services ?
Billyboy équipe son talkie-walkie qui ne sert qu’à faire comprendre à ces connards de vacanciers que sur cette plage, c’est lui le chef, et le voilà qui se promène en remuant le cul et en tordant les sourcils : James Bond en action.
La seule chose qui l’empêche de mâter à sa guise les lolos de ces dames, ce sont les merdeux qui construisent leurs châteaux n’importe où. Billyboy en évite un, deux, puis il s’attarde un peu sur l’étrange réalisation d’un petit garçon qui construit des bonshommes de sable.
Il a du talent ce gamin ! Billyboy s’approche pour le féliciter :
- Bravo mon petit, ils sont très bien fait tes bonshommes…
- Merci monsieur ! Mais c’est pas des bonshommes, c’est des CRS.
- Ah bon ? se réjouit Billyboy, Eh bien sache que tu en as un en face de toi, un vrai, de CRS, annonce-t-il avec toute sa morgue.
- D’accord. répond simplement l’enfant.
Déçu par sa réaction, Billyboy cherche à relancer la conversation :
- Et dis-moi alors, mon petit, comment tu les fabriques tes CRS ?
- Ben, c’est simple… Je prends du sable…
- Hmm hmm.
- Je mets de l’eau…
- Je vois.
- Je rajoute de la merde, et hop, ça fait un CRS !
A ces mots Billyboy voit rouge ! Il déteste qu’on dénigre sa noble profession, pour qui se prend-il se petit con ? PAF ! Billyboy lui balance une gifle bien sentie et piétine les bonshommes tandis que l’enfant s’enfuit en pleurant : force reste à la loi.
Puis Billyboy retourne au poste de garde, mourir d’ennui en compagnie de Jeanine.
Le lendemain, comme il n’a toujours rien à foutre, Billyboy se dit : « Tiens, je vais aller voir ce que fait le petit gosse d’hier ! »
Quelques pas plus loin, il retrouve le gamin, une fois de plus afféré à la fabrication de bonshommes de sable, et la joue encore rougie par la gifle de la veille.
- Eh petit, appelle Billyboy en approchant, qu’est-ce que tu fais là ? interroge-t-il, sévère.
- Là ? Ben… Je fais des gendarmes de sable.
Cette nouvelle met du baume au cœur de Billyboy, qui, comme la plupart des CRS, n’a jamais pu blairer les gendarmes. Il se réjouit d’avance de l’anecdote cocasse qu’il va pouvoir raconter à ses collègues, aussi demande-t-il, amusé cette fois :
- Et dis-moi alors, comment tu les fabriques tes gendarmes ?
- Ben, c’est simple… Je prends du sable…
- Hmm hmm…
- Je mets de l’eau…
- Oui…
- Et voilà, ça fait un gendarme !
- Comment ça ?! s’étonne Billyboy, mais tu rajoutes pas de la merde… ?
- Ben non, sinon ça fait un CRS.
PAF !
La tragique histoire de soeur Marie-Innocente

- She is back!!
Marie-Innocente, jeune sœur du couvent des lilas, faisait sa tournée des miséreux.
Elle était jeune, vierge, belle, jeune et vierge. Lorsqu’elle voyait un pauvre ou un nécessiteux, elle était toujours la première à voler à son secours, surtout lorsqu’elle était seule et vierge, car à la vérité, bien qu’elle soit plus vierge que les autres nonnes, elle ne courait pas très vite.
Justement, ce soir-là, elle était seule, et finissait de dispenser l’amour du Seigneur de Nazareth quand elle fut surprise par la nuit :
« Oh ! Il fait nuit ! » s’exclama-t-elle surprise.
Comme elle pouvait-être naïve, candide et vierge parfois !
Marie-Innocente croyait à la bonté divine, mais elle n’ignorait pas que c’est à la nuit tombée que se manifestent les forces du mal… Aussi se hâta-t-elle en direction du couvent.
L’oiseau qui s’envole, le chat qui miaule la firent tressaillir… Les rues étaient noires comme de l’encre, hormis celle qu’éclairait la lumière d’une taverne d’où s’échappaient de joyeux chants paillards, impropres, toutefois, à réchauffer le cœur de la jeune vierge.
Elle s’inquiéta surtout du regard insistant que lui lança un vieil ivrogne, assis sur le pas de la porte. Marie-Innocente ne ralentit pas et poursuivit son chemin.
De nouveau errant dans la solitude et l’obscurité des ruelles, elle fut surprise d’entendre un bruit de pas, claudiquant, qui résonnait sur le pavé. Marie-Innocente se retourna pour découvrir, avec horreur, que le vieil ivrogne la suivait à bonne distance, en boitant à chaque enjambée.
Marie-Innocente accéléra le pas… Mais le bruit de la jambe boiteuse du vieil ivrogne s’intensifia : il accélérait lui aussi !
Marie-Innocente releva légèrement sa longue robe noire pour trottiner, puis pour courir. Mais le boiteux la suivait toujours, et même gagnait du terrain !! Marie-Innocente, haletante, mit toute l’énergie qu’elle avait pour mouvoir ses jambes qu’une terreur sans nom paralysait pour moitié… Mais le boiteux se rapprochait toujours.
Enfin ! Le couvent des lilas était en vue ! Vite ! Marie-Innocente se précipita sur la grille qu’elle ouvrit… C’est alors qu’une main, robuste et ferme, s’abattit sur son épaule.
« Par la grâce de Dieu… » gémit-elle avant d’être brutalement tirée en arrière. « Au nom du Seigneur je vous en… » glapit-elle encore au moment de tomber par terre, déséquilibrée. Sa phrase fut coupée par un violent coup de pied qui lui déboîta la mâchoire.
Tout en cherchant à se relever, Marie-Innocente en appela encore à Jésus, mais la main de l’ivrogne lui arrachait à présent sa coiffe pour empoigner les cheveux. Elle fut contrainte de tourner la tête vers le haut où une droite bien sentie lui fit sauter une paire de dents.
« Mais qu’ef que ze vous ai fait ?! » bredouilla la jeune nonne. Elle ne reçut pour toute réponse qu’un bourpif, suivi d’une clef de bras, d’un headlock, de la prise du marteau pilon et d’un « coup de la corde à linge » magnifiquement exécuté… Une véritable démonstration de catch!
Après que son agresseur l’eut de nouveau projetée à terre, Marie-Innocente, vaincue, récitait son ultime prière quand un coup de chaise lui fit perdre connaissance.
Alors le vieil ivrogne, jaugeant sa victime, inerte sur le sol, s’exclama, non sans fierté : « Tu m’as déçu Batman ! ».
Le cours de math de Toto

- Zéro plus zéro égale la tête à Toto!
Toto, notre éternel, estimé et irremplaçable ami Toto, assistait à son cours de math du lundi. La maîtresse, au tableau, énonçait le problème du jour et Toto, pour une fois studieux, y prêtait la plus grande attention :
« Ecoutez-moi bien les enfants », dit la maîtresse, « trois oiseaux sont perchés sur une branche d’arbre. Un chasseur sort son fusil et en tue un. Combien reste-t-il d’oiseaux sur la branche ? »
Les doigts se lèvent… A l’égal de Toto qui bondit sur sa table et gesticule de toute part en répétant « Moi Madame ! Moi ! ». Le phénomène est suffisamment rare pour que la maîtresse y accorde toute l’attention qu’il mérite :
- Toto, je t’écoute, tu connais la réponse ?
- Oh oui Madame, c’est zéro !
- Hmm hmm, et tu peux nous expliquer ton raisonnement Toto ?
- Ben c’est facile : le chasseur tue un des oiseaux et les deux autres s’envolent !
La maîtresse ne peut s’empêcher de sourire : « Ce n’est pas la réponse que j’attendais Toto, mais j’aime bien ta manière de penser. »
Un peu déçu, pensif surtout, Toto se rassoit. Mais à la fin de l’heure, lorsque la classe se vide peu à peu de tous ses élèves, il s’en va trouver la maîtresse :
- Madame, moi aussi j’ai un problème à vous soumettre !
- Vraiment Toto ?
La maîtresse connaît bien le garnement pour lequel elle a d’ailleurs beaucoup d’affection, aussi n’hésite-t-elle pas à l’encourager :
- Vas-y, je t’écoute.
- Ben voilà, explique Toto, c’est trois jeunes femmes qui sont sur un banc, chacune avec une crème glacée. La première la suce, la deuxième la lèche, et la troisième la croque… A votre avis, laquelle est mariée ?
Il n’en faut pas longtemps à la maîtresse pour répondre :
- Je dirais que c’est celle qui la lèche.
Et Toto de la détromper :
- Non, c’est celle qui porte une bague au doigt, mais j’aime bien votre manière de penser.
Jack le pirate

- Enfant j’avais une version similaire de ce jeu avec Zorro et dans le tonneau: Sergent Garcia !!! Mais bon, ça n’a rien à voir avec le sujet…
Jacques avait toujours rêvé de prendre la mer pour devenir pirate. Bien sûr, ça faisait marrer la clientèle de « Chez Bébert », le bar où Jacques et ses amis avait l’habitude de vider leurs cruchons… jusqu’à ce que Jacques mette ses projets à exécution.
Lorsque Bébert le voit revenir quelques mois plus tard, il le reconnaît à peine :
- Jacques… ? Jacques, c’est bien toi ?
L’homme qui se tient devant lui dans la lumière de la porte d’entrée oscille du chef. Il avance vers le comptoir en claudiquant sur sa jambe de bois:
- Je m’appelle « Jack » désormais » grince-t-il en s’approchant.
Bébert n’en revient pas !
- Euh… Très bien. « Jack » alors. Mais, qu’est-ce qui t’est arrivé ? C’est quoi cette jambe de bois ?! »
- Oh, ce n’est rien, sourit Jack, La routine du pirate, comme on dit, bonhomme. Nous étions en pleine mer quand la vigie annonce qu’un vaisseau s’approche à bâbord. Ni une ni deux, nous nous préparons à l’abordage. Je suis un des premiers à vouloir bondir sur le pont ennemi… C’est alors qu’un boulet de canon arrache le bastingage et ma jambe en même temps. On me l’a remplacé par celle-là, en bois.
Bébert ouvre des yeux ronds comme des soucoupes. Est-ce bien son vieil ami ? Il a du mal à le reconnaître. Mais Jack reste un client, et il a soif.
- Whisky ! commande-t-il en tapant sur le zinc, lequel renvoie un étrange bruit métallique.
C’est alors que Bébert aperçoit le crochet qui tient lieu de main à Jack.
- Ta main ! Jacqu… Pardon, Jack ! Ta main ! Mais qu’est-ce qui t’est encore arrivé bon dieu ?!
- Oh, ça ? s’amuse Jack, La routine du pirate, petit. Nous étions en pleine mer quand la vigie annonce qu’un vaisseau s’approche à bâbord. Ni une ni deux, nous nous préparons à l’abordage, moi le premier. Je saute sur le pont adverse, j’esquive balles de mousquet et boulets de canon, et je me prends un coup de sabre mon vieux ! Pas vu venir… On a du me remplacer la main par ce crochet.
Bébert préfère se passer de commentaire. Il ramène une bouteille de whisky dont il sert le contenu à son ancien ami.
- Merci » dit Jack, en relevant son chapeau. C’est alors que Bébert aperçoit, à la place de l’œil droit de Jack, un bandeau noir maculé de sang.
- Jack ! Mais ton œil… Ca alors ! Ton œil aussi ! Que s’est-il passé ?!
- Oh ben… » hésite Jack « Nous étions en pleine mer quand un groupe de mouettes a survolé le bateau. J’ai levé la tête pour les regarder passer et une de ces salopes m’a chié dans l’œil.
Ce coup-ci, Bébert explose de rire :
- Haha ! Sacré Jacques ! Tu te fous de ma gueule ? T’as pas pu perdre ton œil comme ça !
Mais Jack réplique, lugubre, en avalant son whisky :
- C’était mon premier jour avec le crochet.
