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crs plage

Hmm… Noir rayé de gris avec un élastique blanc. Elle l’a mal ajusté en plus.

Billyboy se faisait chier.

Normal, me direz-vous, lorsqu’on est un CRS affecté à la surveillance d’un bout de plage où il n’y a guère d’autre animation que des quadragénaires qui bronzent et leurs enfants qui font des pâtés.

Dans sa jeunesse, encore récente, Billyboy, en bon admirateur de Mitch Buchannon, s’imaginait en short rouge, courant sur le sable avec sa bouée de secours, volant à l’aide de jeunes femmes en détresse, toujours secondé, dans chacun de ses héroïques exploits, par la paire de seins de Paméla Anderson… Malheureusement Billyboy doit porter un moule-bite bleu réglementaire et Jeannine, sa partenaire, est aussi glamour que le prénom qu’elle porte. D’ailleurs, son haleine allant de paire avec le reste, il se décide à faire un tour hors de sa cabine… Qui sait ? Il y a peut-être une ou deux jolies meufs un peu plus loin qui réclament ses services ?

Billyboy équipe son talkie-walkie qui ne sert qu’à faire comprendre à ces connards de vacanciers que sur cette plage, c’est lui le chef, et le voilà qui se promène en remuant le cul et en tordant les sourcils : James Bond en action.

La seule chose qui l’empêche de mâter à sa guise les lolos de ces dames, ce sont les merdeux qui construisent leurs châteaux n’importe où. Billyboy en évite un, deux, puis il s’attarde un peu sur l’étrange réalisation d’un petit garçon qui construit des bonshommes de sable.

Il a du talent ce gamin ! Billyboy s’approche pour le féliciter :
– Bravo mon petit, ils sont très bien fait tes bonshommes…
– Merci monsieur ! Mais c’est pas des bonshommes, c’est des CRS.
– Ah bon ? se réjouit Billyboy, Eh bien sache que tu en as un en face de toi, un vrai, de CRS, annonce-t-il avec toute sa morgue.
– D’accord. répond simplement l’enfant.

Déçu par sa réaction, Billyboy cherche à relancer la conversation :

– Et dis-moi alors, mon petit, comment tu les fabriques tes CRS ?
– Ben, c’est simple… Je prends du sable…
– Hmm hmm.
– Je mets de l’eau…
– Je vois.
– Je rajoute de la merde, et hop, ça fait un CRS !

A ces mots Billyboy voit rouge ! Il déteste qu’on dénigre sa noble profession, pour qui se prend-il se petit con ? PAF ! Billyboy lui balance une gifle bien sentie et piétine les bonshommes tandis que l’enfant s’enfuit en pleurant : force reste à la loi.

Puis Billyboy retourne au poste de garde, mourir d’ennui en compagnie de Jeanine.

Le lendemain, comme il n’a toujours rien à foutre, Billyboy se dit : « Tiens, je vais aller voir ce que fait le petit gosse d’hier ! »

Quelques pas plus loin, il retrouve le gamin, une fois de plus afféré à la fabrication de bonshommes de sable, et la joue encore rougie par la gifle de la veille.

– Eh petit, appelle Billyboy en approchant, qu’est-ce que tu fais là ? interroge-t-il, sévère.
– Là ? Ben… Je fais des gendarmes de sable.

Cette nouvelle met du baume au cœur de Billyboy, qui, comme la plupart des CRS, n’a jamais pu blairer les gendarmes. Il se réjouit d’avance de l’anecdote cocasse qu’il va pouvoir raconter à ses collègues, aussi demande-t-il, amusé cette fois :
– Et dis-moi alors, comment tu les fabriques tes gendarmes ?
– Ben, c’est simple… Je prends du sable…
– Hmm hmm…
– Je mets de l’eau…
– Oui…
– Et voilà, ça fait un gendarme !
– Comment ça ?! s’étonne Billyboy, mais tu rajoutes pas de la merde… ?
– Ben non, sinon ça fait un CRS.

PAF !

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