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A défaut d’avoir le temps d’obtenir un visa pour l’Inde, je pars pour un mois d’aventure au Sri Lanka (oui : c’est bien le même endroit que Ceylan).

Je m’imagine cette île comme un condensé d’Inde du sud, sous influence bouddhiste plutôt qu’hindou. Première impression : effectivement, c’est bouddhiste (je croise mon premier moine dans le bus de l’aéroport – parfaitement francophone) et ça ressemble à l’Inde, en moins extrême et donc en moins peuplé et en plus calme, en moins misérable aussi. Les Sri-lankais sont particulièrement accessibles, en comparaison des Indiens du nord, trouve-je, mais c’est sans doute que huit ans séparent ces deux voyages et que je suis devenu plus accessible moi-même. (?)

C’est marrant de voir le chemin parcouru… Il y a huit ans, tout me paraissait une épreuve et une nouveauté. Aujourd’hui je m’amuse d’avoir à négocier chaque chose, manger local ne me fait plus peur et je ne me sens plus débordé par le nombre quand une poignée de rickshaws-drivers me tombent sur le râble à répétition… Avant je « faisais face », maintenant c’est un véritable plaisir : ça me permet de plonger dans mes souvenirs. Mais bien que ça y ressemble, je me le répète encore : ce n’est pas le même pays.

Aventure au Sri Lanka

aventure au sri lanka carte du sri lanka

En rouge vous pouvez voir mes trajets (approximatifs). L’Est et le Nord du pays sont moins bien desservis à cause du relief et de la guerre. Je suis resté un mois.

Au moment où j’écris ces lignes, pour être franc, j’ai déjà visité la partie sud de l’île : j’ai pris le petit train qui va de Colombo à Kandy, dans le centre, en grimpant la « montagne ». Comme les Birmans, dont ils sont culturellement peut-être encore plus proches que les Indiens, les Sri-lankais portent le sarong, une sorte de drap qui se ceint au-dessus des hanches, façon jupe-longue, et c’est ce que j’ai trouvé de plus confortable à me mettre vu la température. On est au mois de février et il fait chaud-chaud-chaud.

Quand on me demande si j’ai aimé Kandy ou n’importe quelle autre ville du Sri Lanka, je réponds non, aucune : je ne trouve aux villes rien de spécial, si ce n’est la manière dont l’environnement les pénètre. A Kandy comme à Nurawa-Elya, Ella et ailleurs, la ville, ça se résume à des rangées de maisons et de boutiques. Mais en allant de l’une à l’autre on en voit de belles choses ! Au Sri Lanka les humains n’ont pas mis la nature en cage : il y a des chiens, des singes, des vaches et même des varans en liberté… Les chats par contre semblent sur le déclin. Comme en Inde. Je me demande quel facteur peut bien favoriser le vagabondage des matous chez nous et pas ici ? Je ne crois pas que ça tienne aux chiens avec qui ils s’entendent très bien, faisant passer l’inimitié chat-chien pour une particularité du monde occidental. Je ne vous parle pas des fleurs, des arbres, des cocotiers et des insectes… Je vous laisse imaginer : un pays où la nature prend encore ses propres initiatives, en parallèle de l’activité humaine ; une grande île aux airs de jardin à demi sauvage.

De Kandy, dans le centre de l’île, je suis allé voir une sorte d’orphelinat pour éléphants. Il y avait là une demi-douzaine d’entre eux ainsi que des volontaires occidentaux qui m’en apprirent un peu plus sur la situation.

Dans ce « parc » l’interaction avec les éléphants est chronométrée, pour ne pas les fatiguer. On peut au choix les nourrir, les laver ou les monter… à cru ! Les éléphants souffrent énormément des « fauteuils » qu’on leur fixe sur le dos pour transporter le touriste, m’explique une volontaire internationale, car la structure en métal de ces sièges abîme leur colonne vertébrale et réduit leur espérance de vie. Le fait que certains visiteurs s’installent parfois dessus à plus de cinq est aussi beaucoup trop.

Je regrette qu’on ne m’ait pas prévenu plus tôt… car j’ai déjà pris place dans ce genre de siège par le passé… j’savais pas. J’pensais que les cornacs aimaient leur éléphant… Mais il y a en fait beaucoup de « cornacs improvisés ».

Ce serait bien si les guides touristiques, Routard et Lonely Planet informaient le touriste, pour qu’il sache reconnaître les bons des mauvais cornacs. « Penser à écrire à ces guides » – je le note ici pour m’en souvenir, une fois que j’aurai accès à internet (vous pouvez leur écrire aussi).

Si les sièges font mal, chose à laquelle on ne s’attend pas forcément, les chaînes, en revanche, ne dérangent pas le pachyderme (dois-je le préciser ? « m’a-t-on dit » !), qu’il en porte sur la nuque ou qu’on les lui attache au pied : elles ne sont d’usage que dans la zone d’interaction du parc entre visiteurs et éléphants… il peut d’ailleurs facilement les briser comme l’un d’entre eux en a récemment fait la démonstration, détruisant tout sur son passage suite au déclenchement subit de sa période de ruth.

En attendant j’ai droit à 2 minutes de baignade très surveillée avec un éléphant. Rien à voir avec l’expérience, beaucoup plus authentique, que je raconte dans INDIANA TOM, mais puisque le véritable objectif du touriste, c’est l’interaction avec l’éléphant plutôt qu’une promenade sur son dos (cette dernière expérience étant vraiment pauvre en interaction), autant faire avec lui quelque chose qui lui plaît : la baignade en est une, à n’en pas douter !

Après ça j’ai poussé plus loin jusqu’à un deuxième orphelinat pour éléphants, beaucoup plus grand, où les Sri Lankais ont mis en place un processus de transformation du caca d’éléphant en papier. Je vous explique comment dans la vidéo ci-dessous.

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C’est quand même top le recyclage… Mais vous savez ce que j’ai appris ? Qu’il n’y a aucun traitement des déchets recyclés à Paris. Oui, il y a des poubelles de tri, mais c’est uniquement pour que les Parisiens s’habituent à trier… en attendant qu’on mette en place les installations. Quand ça ? Ça commence pas un peu à durer cette histoire ? Ainsi les éboueurs continuent de mélanger les déchets triés pour rien… C’est pas une bonne occasion de manifester ça ? Hmm ?

En attendant vous pouvez consulter les photos de ce voyage sur la page Facebook

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