En tant que fan de
l’œuvre d’Akira Toriyama (à savoir « Dragon Ball », cf le titre, faut suivre : je suis pas en train de vous parler d’une nouvelle gamme de moto) dont l’histoire se passe « il
y a très très longtemps » sur notre propre planète, je n’ai pu m’empêcher de remarquer certaines incohérences ou allusions, un tas de petits détails qui pour servir l’histoire de San Goku,
n’en sont pas moins des références, ce me semble, à l’histoire de notre propre monde.
Je passe sur les anecdotes les plus évidentes et les plus connues : Goku, le héros, est un personnage inspiré d’une célèbre légende chinoise « le roi des singes ». On retrouve dans Dragon Ball plusieurs éléments de cette histoire (le bâton, le nuage, l’éventail, l’oiseau millénaire, etc.) Par ailleurs, Goku est le nom de plusieurs autres héros de manga (le Goku de l’histoire originale fait notamment une apparition dans « Cobra Space Adventure »).
J’ai découvert un jour, en regardant un épisode de « Huit ça suffit » (c’est dire si
c’était il y a longtemps et je vous promets que j’étais en train de zapper) que « Kaméhaméha » est le nom d’une dynastie de rois hawaïens. Comme « Kame » signifie
« tortue » en japonais, que Tortue géniale, le « Maître des tortues » au look hawaïen (Kame Sennin dans la version originale) habite « Kame House » et qu’il est
l’inventeur du Kaméhaméha (une technique de combat qui consiste à projeter de l’énergie) je me suis dit : « Tiens, tiens ! Mon vieux Nabolo, m’étonnerait pas qu’il y ait du jeu de
mot là-dessous ! ».
Je n’ai pas les mangas sous la main au moment d’écrire cet article, mais il est évident que Dragon Ball cache pas mal de références (je pense aussi au chef du gang des lapins, expédié sur la Lune par Goku où, conformément à une légende orientale, il reste isolé à préparer des herbes médicinales avec son mortier).
Incohérences lunaires
A propos de
la Lune, et toujours sans avoir le manga sous les yeux, je me rappelle qu’elle disparaît à plusieurs reprises dans Dragon Ball.
La première fois elle est détruite par Tortue Géniale, à l’aide d’un simple Kaméhaméha (compte tenu de l’échelle des forces dans le manga, cet exploit est tout simplement impossible).
Elle est ensuite « ramenée » (reconstruite ?) par Dieu, qui en contrepartie arrache définitivement la queue de San Goku (quand je dis définitivement, il faut prendre en compte le fait que, pour moi, l’histoire de Dragon Ball s’arrête là où l’avait voulu son auteur, c'est-à-dire à la mort de San Goku, après le tournoi contre Cell : les délires de personnages fusionnés aux cheveux longs avec plus tard des demi-singes roses qui font tout péter dans tous les sens sont bons pour mes toilettes).
La Lune est détruite à nouveau par Piccolo qui met ainsi fin à la transformation de San Gohan (le fils de Goku… Pour les non initiés ça va devenir difficile à suivre) en gorille géant et empêche, plus tard, que les Saïyens ne s’en servent pour effectuer leur mutation.
A partir de là, la Terre n’est plus censée avoir de lune. Donc, s’il y a la moindre apparition de lune, dans le manga, suite à ces épisodes, c’est une incohérence, sauf à penser que la Lune a été ramenée par Dieu (une fois celui-ci ressuscité, en même temps que Piccolo, au cours des aventures sur Namek). Dommage que je ne puisse pas vérifier…
Par ailleurs il est très amusant de penser que le Chef du Gang des lapins, isolé sur la Lune par San Goku, a finalement été tué par Tortue Géniale lorsque ce dernier a détruit la Lune en final du premier championnat du monde des arts martiaux auquel participent nos héros. C’est dans ce moment là que je prends mon pied en lisant Dragon Ball, quelle incroyable pirouette scénaristique ! Ca me fait triper, pas vous ?
Message nazi
Au fur et à mesure
de mes lectures (j’ai du lire la série complète une demi-douzaine de fois), il est apparu qu’on pouvait relever un certain nombre d’éléments qui étayent la théorie déjà évoquée par les médias
(toujours prestes à dénigrer ce qui plait aux jeunes puisque ce sont les vieux qui payent) selon laquelle Dragon Ball défendrait des idées nazis.
Ce qui leur a mis la puce à l’oreille, c’est que les Saïyens (ou « guerriers de l’espace », la « race » de Goku et ses amis) deviennent blonds aux yeux bleus lorsqu’ils révèlent toute leur puissance (Diable ! Ils sont observateurs les bougres !).
Des détails comme ça on peut en trouver d’autres. Ces Super Saïyens (ou « Super Sayazu » en japonais) portent les initiales S.S. Ils viennent d’une planète qui a été dominée puis anéantie par une sorte de peuplade métisse (les troupes du tyran Freezer sont constituées de créatures de toute forme). Néanmoins ce sont des « super guerriers » convaincus de leur supériorité génétique (Végéta et Nappa ne s’en cachent pas en arrivant sur Terre).
En faisant le parallèle avec l’histoire des Saïyens, on s’aperçoit que les Namek, peuple
sage et uni-racial, subi lui aussi les foudres des troupes métissées de Freezer. On peut ajouter que, lorsqu’il s’incarne au championnat du monde des arts martiaux, Dieu choisi un humain
qui porte une coquette moustache hitlérienne (sans compter qu’en poussant un peu, c’est le portrait craché de Hirohito, empereur du japon à l’époque de la seconde guerre mondiale).
J’ajoute que l’un des rares personnages noirs du manga est Mr Popo qui exerce le métier de serviteur (bon c’est le
serviteur de Dieu mais quand même) et que l’armée du Ruban Rouge que Goku met à mal n’est pas sans rappeler l’armée rouge ; que les membres qui la constituent sont prétendument tous homosexuels
et que c’est elle qui viendra finalement à bout de Goku à la fin de l’histoire (puisque Cell est issu d’un projet de clonage qui avait été initié par le professeur Guero, à la solde du Ruban
Rouge)…
D’ailleurs (Tiens,
tiens !) c’est un personnage de couleur qui est à la tête de cette armée (au début le larbin du Chef, il en prend les commandes quand celui-ci se révèle incompétent).
Vous aurez tous compris les nombreux parallèles avec la seconde guerre mondiale, notamment le triomphe des communistes (les méchants) sur les nazis (les gentils). Je souligne par ailleurs que le roi du monde, dans Dragon Ball, est un chien, ce qui, à n’en pas douter, en dit long sur les opinions politiques de M. Toriyama (sauf que comme c’est un chien sympa les interprétations deviennent de plus en plus difficiles pour la critique…).
Tous ces éléments conduisent
à la question suivante : l’histoire de Dragon Ball délivre-t-elle un message nazi, ou raciste ?
Eh bien pas du tout. Goku, le héros, est un modèle de naïveté (pureté ?) qui se moque des apparences. Il est le défenseur de la Terre, une planète métissée au possible (qui inclut notamment une forte population d’animaux qui parlent). Par ailleurs, Gohan, son fils métisse, est plus puissant que son père. Végéta admet lui-même que le métissage entre terriens et sayens semble donner de très bons résultats.
Si les Saïyens sont clairement présentés comme un peuple raciste et dominateur dans l’histoire, Goku, qui les a reniés, annonce tout aussi clairement sa position : il se considère comme terrien d’adoption. Il y a de nombreuses leçons de tolérance qui sont données au travers de Dragon Ball (Goku et ses amis refusent d’attaquer le Dr Guero avant qu’il ait commis son crime bien qu’ils le sachent coupable par avance de façon certaine grâce à l’entremise de Trunk arrivé du futur pour les en avertir ; Goku épargne toujours ses adversaires qui lui en font la demande ; Goku n’a d’a priori sur rien, ni sur les genres, ni sur les races ou les espèces).
Néanmoins, le message principal
véhiculé par Dragon Ball, pour moi, ce n’est pas la tolérance, ce n’est pas non plus l’amitié (contrairement aux chevaliers du zodiaque qui en font des tonnes) : c’est qu’il faut vivre sa
passion, chose que San Goku fait jusqu’à la mort, non sans mettre, au passage, plusieurs mondes en péril.
Ce crédo sera repris plus tard, et de matière un peu plus grossière par Monkey D. Luffy, au travers des épisodes de One Piece.
D’ailleurs si je me délecte à lire les aventures de son équipage, quand je regarde Luffy, c’est Goku que je vois.
Dragon Ball, œuvre majeure de la fin du XXème siècle ? Oui ! Il y a énormément de choses à dire sur ce chef d’œuvre, mais le mieux c’est encore de le lire !
Réponse : assurément, c'est truffé d'allusions et de mythologie... tu te lances, Nabolo ?
DB n°20, page 61: Végéta recréé la lune en mélangeant une boule d'énergie avec de l'oxygène (eh ouaip il est trop fort!), pour pouvoir se transformer en singe géant et tuer Goku.