Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 01:48
arthur de pins partouze Voici une autre nouvelle, toujours sur le thème de "la pratique de l'amour en société" pour servir au projet de recueil que j'ai déjà évoqué. Navré de ne pas avoir pu assurer le rythme d'une publication quotidienne ces derniers jours, je suis pour ainsi dire "en déplacement" et autres bonnes excuses... Il y a 9x chapitres, j'espère que ça vous plaira!

Chapitre 1er

 

La vie toute entière de Valentin fut placée sous le sceau infamant du sexe. Oui mesdames et messieurs, oui mesdemoiselles, je dis bien du sexe, au sens sexuel, au sens où Valentin, à l’âge de cinq ans, se masturbait déjà contre ses draps mouillés.

 

On peut faire remonter cette pratique condamnable à plus tôt encore, lorsque le jeune Valentin gratifiait sa mère, changeant ses couches, d’une modeste mais persévérante érection ! Difficile de déterminer s’il avait déjà ce comportement dans la matrice originelle, mais rien ne permet de supposer le contraire, surtout pas qu’il ait voulu y demeurer si longtemps, au point qu’on du l’en extirper par la peau des testicules lorsqu’il se présenta par le siège.

 

Est-ce cet incident qui explique son goût, dès le plus jeune âge, pour les jeux de touche-pipi et de trappe-trappe bisou ?

 

Le quittait-on une minute des yeux, dans la cour de la maternelle, et on le retrouvait à farfouiller sous le tablier des petites filles. Mais les adultes avaient beau le réprimander pour sa conduite, les filles accueillaient les initiatives de Valentin et son goût pour le jeu avec de larges sourires ou des mots d’encouragement.

 

Cette cour de la maternelle, ce fut une sorte d’Eden pour Valentin, un paradis des sens et de l’amour où l’audace payait à chaque fois. Il y avait des sourires partout et toutes les caresses étaient bienvenues : qui aurait été assez triste pour les refuser ?

 

La masturbation n’est venue qu’après, lorsque les jeux de l’amour ont peu à peu croulé sous le sceau de l’interdit.

 

En primaire déjà, les jeunes filles reçurent l’alarme de leurs parents : « garder ses fesses dans sa culotte » et « ne pas parler aux inconnus ».

 

Valentin perdit peu à peu ses alliées. Celles qui jadis n’auraient pas manquées une seule de ses « aventures à la recherche du plaisir » se renfrognaient, le condamnaient en récitant des psaumes et des louanges à la vertu et mettaient un prix à leurs caresses, fut-il celui d’une inclination. Pire que tout, elles perdirent la mémoire, oubliant peu à peu la complicité qu’elles avaient jadis partagée avec le jeune garçon, la refoulant dans un bout de passé noirci au charbon de la morale.

 

Elles ne furent pas les seules à oublier. Valentin n’était pas si unique en son genre : nombre de ses camarades l’avaient imité dans ses jeux. Ils oublièrent, eux aussi.

 

Valentin n’oublia pas, lui. Valentin refusa d’oublier. Chaque jour, en se frottant contre le matelas mou et tiède de son lit, il repassait dans sa mémoire toutes ces images accumulées dans les dortoirs et les jardins, les toilettes et la cour de récré. Tous ces tabliers soulevés, ces culottes écartées et les sourires qu’il en avait retirés… Valentin revoyait les visages et les gestes. Il se souvenait grâce à ce rituel quotidien et jouissait en pleurant d’être le seul.


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Par Nabolo - Publié dans : (nvlle) La partouze - Communauté : JE CREE MA VIE
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