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Quelques semaines avant le départ, l’Argentine m’a appelé. Pas au téléphone, bien sûr (blague n°1), mais via les croyances que je m’autorise à avoir et qui me poussent en général à me bouger le cul : plus leurs conséquences me paraissent bénéfiques, plus je leur donne du crédit.

D’abord, il fallait (dans une perspective personnelle) que j’aille en Amérique du sud – où je ne suis jamais allé – pour savoir ce qui s’y passe, et compléter ma mappemonde mentale avec de nouvelles images. Or l’Argentine se trouve en Amérique du sud : PREMIERE COINCIDENCE !

Deuxième coïncidence : lors de mon passage au Yucatan j’ai croisé des Argentins, et cette rencontre m’a marquée à cause de leur façon de parler, en remplaçant les « yeu » par des « cheu » (lol). Les Argentins sont alors entrés dans mon imaginaire, ils y ont produit de la curiosité.

Troisième coïncidence : je me suis rappelé que Mafaldrag, le personnage que j’ai joué en tant que Community Manager de la communauté hispanophone du jeu DOFUS tient son nom de Mafalda, personnage de bandes dessinées argentin (il y avait même un dessin animé sur récréA2 dans les années 80). J’ai donc déjà un lien avec ce pays.

Quatrième coïncidence : l’autre jour à la caisse du Carrefour j’ai croisé des Argentins que j’ai reconnus à leurs « cheu ».

Cinquième coïncidence : quelques jours plus tard je me retrouve avec une colocataire argentine, débarquée de nulle part… Enfin si : débarquée d’Argentine, justement (ce qui nous fait donc une sixième coïncidence).

Septième coïncidence : en plein dîner, la télé s’allume toute seule (après que quelqu’un a appuyé sur la télécommande) sur l’émission « Thalassa », dont le sujet est ? L’Argentine.

Huitième coïncidence : forcément, j’avais déjà conscience à ce moment-là que l’Argentine m’appelait et je l’ai dit à ma coloc’. Mais la perspective d’un voyage là-bas ne m’excitait pas des masses parce que je trouve pas ça hyper rock’n roll, culturellement, l’Argentine, en comparaison d’autres destinations plus « difficiles », donc plus aventureuses, comme l’Afrique ou l’Asie… (mais ça je l’ai pas dit à ma coloc). C’est alors que je quitte le living-room pour ranger ma nouvelle chambre lilloise et sur quoi je tombe dans un placard ? Un rouleau de posters pour une exposition de photos à Lille-Grand-Palais, dont le sujet est ? « La Patagonie ».

Alors là je sais plus combien de coïncidences ça fait mais trop pour être ignorées (et je vous parle même pas de la bouteille de shampooing Ushuaïa qui traîne dans la cuisine)(non parce que Ushuaïa c’est en Argentine, je précise)… D’autant que si le mot « Argentine » n’éveille pas mon instinct d’aventurier, la Patagonie, comme Zanzibar, le fait.

Et c’est ainsi qu’un petit occidental privilégié va de nouveau parcourir des milliers de kilomètres, polluant l’atmosphère comme jamais, pour assouvir son fantasme puéril et nuisible de conquête du monde, rajouter son petit fanion sur un « quelque part ».

Il y a autre chose, c’est vrai, mais ça aussi hélas, c’est vrai.

Donc : une fois que l’idée de partir m’est entrée dans la tête, c’est toujours le même processus… D’abord j’ai la trouille, vachement, parce que je me suis déjà prouvé à moi-même que ça risquait fort de se concrétiser. Puis j’ai honte d’avoir eu la trouille et je décide d’acheter des billets… Puis j’ai re-la-trouille et c’est d’une main tremblante que j’actionne Speedy Gonzales (ma souris), pour finaliser mon achat et mon départ.

Malgré cela j’ai quand même un peu honte pour ce voyage parce qu’il me coûte pas pareil que d’habitude, ce qui m’a valu de longs bilogues intérieurs avec moi-même sur la valeur de l’argent et la brièveté de la vie, etc. MAIS : tout est pour le mieux, et ce qui doit arriver arrive, donc ça va. Che vous tiens au courant, hasta luego !

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