Sélectionner une page
Ankama Convention #4 vu de l'intérieur séries de PC

Tout le monde est à son poste de combat !

Ce blog n’a pas pour objectif de raconter ma vie, je vais donc essayer de limiter toute initiative qui pourrait se rapprocher d’une telle démarche. Néanmoins ça peut intéresser certains d’entre vous de savoir comment se passe ce qu’on appelle une « convention » du point de vue du staff. Pour cette raison j’écris cet article.

Qu’est-ce que l’Ankama Convention ?

C’est une grande fête qui réunit les joueurs de DOFUS et l’équipe DOFUS, celle qui travaille sur le jeu. On peut sans doute donner d’autres définitions à l’Ankama Convention, mais c’est celle que je préfère.

Comment ça se prépare, une Ankama Convention?

C’est le boulot de l’équipe « event » ! Ca fait des mois que les pauvres petits triment sur le projet et ces derniers jours, la tension était palpable. En plus, on fait rien que les embêter en réclamant des invitations pour nos amis et bien sûr la possibilité de participer nous-mêmes : tout le monde souhaite participer aux conventions, malheureusement les places sont limitées.

Et en pratique, ça se passe comment ?

« Les gars, aujourd’hui c’est le grand jour : tête haute, va falloir mouiller le maillot ! On peut pas se permettre de le perdre ce match !! »

Le départ m’a ramené quelques années en arrière, à l’époque pas si lointaine où je faisais encore du rugby… Mais cette fois, ce serait pour une compétition de Boufbowl : un sport dofusien, inventé on line mais dont nous allions expérimenter l’adaptation IRL*.

On s’est tous retrouvé à 5h du matin à Lille, plus ou moins frais. Dans le bus, l’ambiance était au sommeil, sauf pour les plus toniques d’entre nous qui ont profité de l’occasion pour prendre des photos de ceux qui dormaient la bouche ouverte.

Arrivés porte de Versailles, nous avons cherché des yeux un symbole « DOFUS », « ANKAMA » ou « BOUFBOWL » sans rien trouver d’abord… Et puis finalement, en grand, l’illustration de Ntamak et Sephy, étalée sur l’immensité de la façade du salon et, à ses pieds, déjà, une file de personnes qui attendaient malgré l’heure matinale. Des exclamations retentirent.
– On est attendu !
– P’tain !
– Sérieux ? Ils sont déjà là !?

C’est vraiment spécial une convention. Je ne sais pas comment le prennent mes camarades, mais en ce qui me concerne, c’est le meilleur moment de l’année, lorsque, enfin, je peux rencontrer les joueurs pour et avec qui je travaille.
Forcément, quand je bosse sur mon PC, je suis obligé de mettre une distance entre moi et mon millier d’interlocuteurs : c’est une question de survie. Mais ça reste frustrant de voir défiler des messages du style : « pourquoi tu réponds jamais ? » « la moindre des politesse serait de me répondre… » « en fait t’en as rien à faire des joueurs pas vrai ? »

Il est impossible de répondre à ces messages qui sont trop rapidement chassés de l’écran par leurs petits frères. Alors oui, une Convention, c’est l’occasion de prendre le temps de discuter avec les joueurs… Sauf que ce n’est pas si simple.

Le facteur notoriété

Longue queue de visiteurs en file d'attente devant l'entrée de l'Ankama Convention

Queue de monde !

Mes premières Conventions, je me les imaginais un peu comme mes rencontres IRL du temps où je jouais à Adept. La vraie différence, c’est le facteur « notoriété » qui fausse les relations. Comment cela ? Eh bien les joueurs qui viennent me voir me connaissent (en tant qu’Oto Mustam) mieux que je ne les connais. Ils savent forcément qui je suis (d’ailleurs j’ai un badge), moi pas forcément qui ils sont. Ils peuvent me parler de moi, je ne peux guère leur parler d’eux (en tant qu’individus), et même si nous avons déjà échangé des mp**, c’est très difficile pour moi de me rappeler un pseudo parmi la foule de ceux que je vois défiler tous les jours. Je trouve ça embarrassant quand quelqu’un vient vous voir en vous assurant que vous avez parlé ensemble la veille mais que vous n’en avez pas le moindre souvenir… Ça jette un froid dès le début de la discussion.

Mais surtout, le vrai problème, c’est que les joueurs ont des attentes vis-à-vis de moi. Au salon du manga de Barcelone, quand j’incarnais encore « Mafaldrag, la dragonne la plus sexy du Monde des Douze », beaucoup de joueurs s’étaient déplacés pour voir à quoi je ressemblais, si j’étais une femme, déjà, et une dragonne, on ne sait jamais. Lors de cette Ankama Convention #4 j’ai senti qu’il y avait des déçus : je n’avais pas mon casque à cornes (bien que j’ai failli l’apporter !).

Par ailleurs, dès qu’on a un peu de notoriété, on se sent facilement jugé. Je peux être sûr que si je m’étais mis à poil pour courir partout en chantant « la digue, la digue » ce ne serait pas passé inaperçu.

Enfin, on ne peut pas parler de tout ce qu’on veut ni avec qui on veut lors d’une convention : on est là pour accueillir TOUS les visiteurs et pour parler de DOFUS avant le reste.

Bref, le facteur notoriété fait qu’on ne peut pas se comporter aussi naturellement qu’on le voudrait, pas aussi spontanément en tous cas, et bien que les heures soient comptées, il faut prendre le temps de rencontrer chaque personne et de faire tomber les barrières petit à petit en apprenant ce qu’on peut se permettre ou pas. Généralement, ça se passe bien, et j’espère qu’en nous rencontrant les joueurs réalisent à quel point nous prenons notre métier au sérieux et avec combien de cœur.

L’Ankama Convention #4

Pas de souci pour la première journée, tout s’est bien passé, j’ai pu conduire mon animation sans anicroche et même assister, avec beaucoup de frustration, à un bout de la finale du Tournoi de DOFUS Arena que j’aurais gagné (cette fois j’en suis sûr !!) si seulement on m’avait laissé y participer. Mais je suis content pour Ténos, c’est un bon joueur qui a toute ma considération.

J’ai rencontré plusieurs joueurs de la communauté héroïque, dont certains qui s’y sont distingués mais ont arrêté de jouer depuis. Ca m’a fait plaisir d’avoir la confirmation que nos mésententes n’étaient que ce qu’elles devaient être, à savoir des divergences de passionnés et pas des haines irraisonnées et stériles.

Entre autres rencontres j’ai fait celle de [Tsoariveth], une modératrice de la communauté internationale venue tout droit de Los Angeles pour l’occasion (en fait elle se trouvait déjà en France alors disons plutôt que le hasard fait bien les choses)! Elle avait apporté une bouteille de whisky comme présent à mon intention (même si Tyn et Simsoft prétendent que c’était un cadeau pour l’équipe DOFUS -le débat suit son cours-), mais même lorsqu’ils ne nous offrent pas d’alcool nous sommes vraiment reconnaissants aux bénévoles pour l’incroyable soutien qu’ils nous apportent.

Partie de Boufbol sur pelouse synthétique à l'intérieur de l'Ankama Convention #4 à Paris en 2009

Une partie de Boufbowl !

Le soir, avec toute l’équipe, on est allé diner dans une pizzeria, probablement comme l’ont fait les joueurs de leur côté. Et le lendemain rebelote !

Je ne m’étendrai pas sur ma défaite au cours d’un combat/animation qui m’a opposé à huit joueurs « haut level », laquelle est évidemment due au stress et aux terribles conditions de jeu qui m’étaient imposées par la foule.

En fin de journée, l’ambiance s’est encore détendue, des cartes-cadeaux ont volé dans les airs et nous avons pu faire une belle petite partie de Boufbowl, équipe DOFUS contre équipe WAKFU : ça m’a franchement étonné qu’on puisse faire du Boufbowl IRL un jeu aussi sympa avec des règles cohérentes.

Tout le monde s’est bien amusé : l’AC#4 est donc une réussite, ce qu’est venu confirmer les retours que nous avons eu sur le forum hier et aujourd’hui.

Finalement, c’est un peu comme s’il y avait eu une trêve de deux jours entre devs et joueurs où nous avons pu partager, sans nous disputer, notre passion commune : c’était vraiment à ne pas manquer.

*IRL : « In Real Life », dans la « vraie vie », par opposition à la « vie virtuelle »

** MP : Message privé

Pin It on Pinterest

Share This