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visages

Pour faire peur au Japonais… Dans les caves il fait super noir (on m a explique que c est parce qu il n y a pas de lumiere… special quand meme la Birmanie!

Dernier jour à Inlay Lake : nous avons repris les vélos pour grimper la colline, au milieu de laquelle nous visitons des grottes bouddhistisées en faisant des blagues dans le noir à notre Japonais d’occasion. Les moines que nous rencontrons sont édentés mais très sympas, comme quoi le dicton disait vrai « qui n’a pas de dent n’est pas méchant » (bon j’avoue, je viens de l’inventer).

Un moine nous a invité à prendre le temps dans sa grotte et nous a lu les petites phrases qu’il a apprises en différents « étrangers » et qu’il semble collectionner.

thé

Un pretre sans dents nous invite a boire le the.

Ensuite nous avons ré-enfourché les vélos pour nous rendre au vignoble local. De là haut nous avons pu apercevoir le lac, et les nuages qui le balaient de pluie par intermittence. Il en a bien besoin le pauvre, car il est de moins en moins profond, quoique large. A vrai dire, d’assez courtes perches en touchent le fond, je me demande même si je n’aurais pas pied mais je n’ai pas poussé l’aventure jusqu’à vérifier (l’idée ne m’est venue qu’après, c’est pour ça, sinon évidemment que !!). En chemin vers le vignoble nous avons troqué notre Japonais contre un Allemand et une Américaine. Les Occidentaux sont si rares que tous se saluent et dans ce salut on peut lire : « Wahou ! Toi aussi tu es en Birmanie, comme moi, tu dois être un super aventurier alors ! Espèce de pollueur de culture ambulant ».

Bref, c’était bien de boire quelques verres de vin, ca faisait longtemps. Surtout pour l’Allemand je dirais, tout à coup devenu beaucoup moins frïggïd. Tintin et moi avons fait un peu semblant de nous y connaître en vins pour pas briser votre réputation chers compatriotes : j’ai mis mon nez dans le verre en respirant très fort puis j’ai longuement observé la couleur du breuvage en oscillant légèrement du menton avec le coin des lèvres inclinés vers le bas, les sourcils tendus comme des strings… l’honneur est sauf. J’ai aussi pris la peine de boire le vin, comme les autres : un peu basique mais convivial.

Pour quitter Inle Lake nous avons pris l’avion. Nous avions déjà fait le trajet Sud-Nord en train une fois : vingt heures de paysages magnifiques font le film un peu long.

Notre taxi nous a déposé au bout d’une route où se trouvaient quelques échoppes, et nous sommes descendus mais en nous demandant où était l’aéroport ? Il était caché le coquin ! Dans une grande maison, pas mal le camouflage. Nous sommes arrivés à Rangoon en moins de temps qu’il n’en faut pour se retirer une épine du pied (environ une heure), où nous avons passé l’après-midi à discuter philosophie, théologie, de quelles différences y-a-t-il entre le bouddhisme et l’hindouisme et s’il est admissible de considérer que le bouddhisme n’est qu’une révolution sociale de l’hindouisme habilement propagée à l’Asie du sud-est… Bref, la conversation classique quoi.

trou du cul d or

L’entrée de la Pagode schwedjudhfdfhb.

Le soir nous sommes allés voir la Pagode Schwedaggon dont le nom ne s’orthographie probablement pas comme ça. Comme le Taj Mahal, comme Angkor, le contenu de mon slip et toutes les grandes merveilles du monde, ce n’est pas le bâtiment en lui-même qui est le plus magnifique, mais « l’ensemble » que la plupart des touristes se refusent à prendre en photo, et qui n’apparait jamais dans les cartes postales. Sans doute pour éviter de montrer les masses de touristes qui s’y meuvent, pour faire croire aux naïfs qu’ils seront tout seul en arrivant. Donc, la pagode schuedagon c’est une grande pagode dorée, googlez moi ça !

Nous n’y sommes pas restés très longtemps car un odieux personnage, agent du gouvernement, est venu nous demander de payer notre présence en dollars, ce que nous avons courageusement refusé, préférant quitter les lieux plutôt que de financer un gouvernement qui est méchant (je l’ai lu dans un journal), avec d’autant moins d’hésitation que nous avions déjà tout vu et qu’il ne nous restait qu’assez de liquide pour remplir un petit pot de Häagen-Ddass (ceux avec le fond truqué là) …et je rappelle qu’il est impossible de retirer de l’argent en Birmanie (par contre le téléphone pas portable est autorisé contrairement à ce que j’ai écrit il y a deux articles, mais il peut être d’usage restreint).

pagode swhwedagon

Non, vous ne rêvez pas: il s’agit bien d’un trou du cul en or massif, celui d’un des chiens géants qui gadent l’entrée de la Pagode Sxvjsdvzddv. Quel travail d’orfèvre!

Bref bref nous sommes des héros et ce matin je suis à l’aéroport, je m’envole vers Bangkok puis vers l’Inde afin de lancer ma carrière bollywoodienne, enfin ! Mais avant de quitter la Birmanie, voici une petite liste de tous les détails/anecdotes culturelles que j’ai pu recenser sans encore trouver l’occasion d’en parler :

– Les voitures birmanes (datent-elles d’avant l’indépendance ?!) ont leur volant à droite alors que les Birmans conduisent à droite, de façon à provoquer un boum, économique chez les compagnies d’assurance.

– Le klaxon est utilisé pour annoncer un dépassement (j’ai passé mon permis il y a trois mois, je parle donc en homme qui connait son sujet).

– Les écoliers portent des longis verts et des chemises blanches ; les moines portent des habits rouges-bruns, contrairement aux moines orangés de Thaïlande… Mais je ne sais pas pourquoi.

– Lorsqu’on donne un objet ou qu’on en reçoit un de la main à la main, il convient de placer l’autre bras sous le coude du premier (c’est une marque de respect très courante, pour ne pas dire quasi automatique).

– Les longis (les robes qu’ils portent au lieu de faire comme tout le monde et de porter des pantalons levis) ont différentes couleurs et motifs. Apparemment les longis à carreaux verts et violacés sont tendance chez les jeunes, contrairement aux bleus quadrillés de noirs qui font clairement trop vieux… m’a certifié le vendeur qui m’a vendu le mien.

– Le parapluie est un instrument essentiel de la vie quotidienne : s’il pleut, il protège de la pluie ; s’il ne pleut pas il protège du soleil.

– Comme je disais plus tôt dans un autre article, Tintin (mon compagnon de voyage) et moi, avons appris trois mots de vocabulaires que nous répétons à tout va, dont le fameux « Mingalaba » (qui veut dire « bonjour » et que je transforme occasionnellement en « Malingaba » qui veut dire « bjournon »). Le matin du départ d’Inlay Lake je passe par la réception pour prendre mon petit déjeuner et tous les Birmans me saluent d’un « hello ». De mon côté je salue tout le monde d’un « Mingalaba », notamment ce groupe de Chinois assis dans un coin, comme moi clients de l’hôtel et que j’ai pris pour des Birmans dans un demi sommeil… Ce qui est vraiment étrange avec cette anecdote c’est que, juste avant que je l’écrive, elle me paraissait super drôle à raconter.

– Les pompes à essences en Birmanie ressemblent à des espèces d’étagères de bibliothèque en bois placées sur le côté de la route. Au début on croit à un bar routier à cause des bouteilles d’alcool fort qui sont entreposées dessus… Elles sont en fait remplies d’essence.

– Pour signaler que quelque chose ne marche pas, ou pour dire « non » de la main ; les Birmans tendent leurs doigts vers le haut et remuent le poignet de gauche à droite comme s’ils faisaient les petites marionnettes, ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont.

– Si, quand vous marchez dans la rue, les gens vous envoient des bisous bruyants du bout des lèvres, ce n’est pas anormal, c’est qu’il sollicite votre attention. Apparemment ça n’a rien d’impoli, même si au début c’est surprenant.

– …mais le plus surprenant je pense, c’est le « Monsieur Pipi » des restaurants, celui qui vous accueille à l’entrée des toilettes, vous installe quasiment de force face à votre pissotière et vous masse les épaules et le dos pendant que vous urinez… Alors ça ! C’est aussi lui qui passe la main entre votre robinet et celui du chiotte qu’il ouvre en guise de chasse d’eau quand vous avez fini. Personnellement je ne me suis pas fait masser de la sorte, mais j’ai bel et bien vu mon voisin se faire empoigner (c’est ensuite que je me suis renseigné sur cette étrange coutume) : Monsieur Pipi avait l’air de lui dire : « Va-z-y mon gars, tu peux le faire ! Rappelle-toi ce qu’on a vu à l’entrainement, allez, lâche tout !! ». Au sortir des toilettes c’est aussi Monsieur Pipi qui vous tend le savon puis une ridicule petituscule feuille de sopalin pliée en vingt. Alors, si tout s’est bien passé, Monsieur Pipi vous enlace en vous caressant les fesses et vous donne le traditionnel « baiser moustachu » birman (non, ce dernier élément est inventé, vous y avez cru ? Le reste par contre est vrai !).

Voilà, je crois que j’ai fini ma liste. Aujourd’hui je retourne à Bangkok avec Air Asia, la seule compagnie où les voyageurs préfèrent les sièges côté rangée à ceux côté fenêtre (les voyageurs masculins du moins) et demain je m’envole pour le pays où les gens font « non » de la tête pour vous dire « oui », l’ « Incredible India », le pays à la culture la plus différente de la notre d’après le peu que j’ai déjà vu du monde ce qui, d’un certain point de vue, est déjà beaucoup. Pour en savoir plus sur ce pays, pour rire, pour pleurer, pour financer un jeune auteur en mal de reconnaissance, je vous invite à lire mon livre, et surtout à pétitionner pour qu’il soit publié au plus tôt… Vous pouvez aussi me laisser le téléphone perso de votre copain dont le papa travaille chez Gallimard, je prends tout.

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