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Jéroméo, l’amoureux de l’aventure

Jéroméo, l'amoureux de l'aventure

Jéroméo, l'amoureux de l'aventure

C’est mon personnage le plus récent… En fait, il est toujours en cours de finalisation. C’est une sorte de wannabe aventurier prétentieux et chauvin qui s’est imposé au fur et à mesure des articles publiés sur mes voyages en Asie et en Amérique. C’est ce qu’il a d’étonnant : je n’ai pas décidé de créer ce personnage (comme ce fut le cas pour les autres) afin de lui associer un style narratif, c’est lui qui est sorti tout seul de mes lignes.

C’est un peu comme Jésus quoi : il a été crée par les midi-chloriens.

Bon, mais maintenant qu’il est là il va falloir déterminer plus précisément quel est son mécanisme interne, ses expressions fétiches, etc. D’autant que je risque de m’en servir pas mal vu que c’est sous ce nom que je vais signer mes articles dans Fluide.G

Quelques exemples des lignes que je pense officiellement (oui mesdames et messieurs !) lui associer :

  • « Muuuuses ! Mais muuuses ?! Ne me laisserez-vous donc jamais en paix ?! » (après un passage lyrique)
  • « Ces enfoirés qui ont brûlé Jeanne d’Arc » (pour parler des Anglais)
  • « Butain de mer » (pour « putain de merde » version aventurier)
  • « Vous le saurez en lisant la phrase suivante. » (pour faire monter le suspense)

Affaire à suivre donc !

P.s : les origines de Jéroméo remontent peut-être à cette critique des porteurs de colliers à boules (cf: mon EXCELLENT roman : INDIANA TOM) que je vous offre en super-cadeau-promo-en-direct d’ici même mesdames et messieurs :


[…] un nouvel Occidental vient s’asseoir à leur table : Marco, de son prénom, qui a fait le tour du monde, Thomas va le découvrir de gré ou de force.

« Les gens comme ça m’énervent.

Marco porte un collier avec des boules, ce collier à boules de surfeurs, de gens qui voyagent, de gens cools. Ce collier que seuls supplantent parfois une dent de requin, ou un coquillage.

Marco donc, a pris une année sabbatique pour faire le tour du monde, façon australienne, façon cool.

Marco est très sympa.

Marco a un carnet de voyage qu’il emmène partout, et notamment lorsqu’il prend le petit déj’ avec des inconnus : il le glisse subrepticement sur la table. Marco peut alors raconter qu’il a passé la veille à dessiner devant tel ou tel bâtiment tellement beau de la ville.

Marco ne quitte pas son carnet, on sait jamais, des fois qu’il ait envie de croquer rapidos la table du déjeuner, un plat ou deux petites cuillères… Bien sûr, on demande à voir son carnet. C’est joli, ça ressemble presque à un carnet d’aventurier, même si Marco est venu en Inde avec British Airways.

Marco a dessiné les pyramides lors de son passage en Egypte, mais pas les nuages de pollution et la ville qu’on voit derrière : non, les pyramides sur son cahier, sont perdues dans le désert, à des kilomètres et des kilomètres de la civilisation à dos de dromadaire. Sur son dessin n’apparaissent pas non plus les files interminables de touristes qui cachent quotidiennement les pieds de la pyramide que Marco semble pourtant avoir reproduits sans difficulté.

D’après Marco, les pyramides sont belles… Delhi est extraordinaire…

Moi je le dis : Delhi pue la pisse et il y a un MacDo dans chaque quartier. Il y a aussi des bons côtés. Il y a les deux.

Outre son collier de perles-coquillages-dents de requin qui me rappelle toujours les faux aventuriers, vrais dragueurs, authentiques Australiens ou pas qu’on peut croiser dans toutes les auberges de jeunesse du monde, comment se fait-il que, quelque part, je déteste Marco ?

Je crois qu’il y a plusieurs raisons à cela. La première de ces raisons, c’est que Marco appartient à un groupe d’individus tout à fait intolérants. Le groupe des gens cools, « pas prise de tête » et qui, injustement, se déclarent eux-mêmes tolérants, tout en criant sus aux voyageurs bourgeois, aux voyageurs des tours organisés et en méprisant tous ceux qui ne voyagent pas comme eux. Ils installent une barrière entre les gens.

Ces porteurs de colliers à boules ont de la tune pour voyager malgré tout. Ils s’en servent simplement différemment et critiquent ceux qui n’ont pas fait les mêmes choix, mais surtout s’en méfient, refusent de leur parler ou d’instaurer un dialogue pour comparer les façons de faire. Ils n’essayent pas non plus de varier les expériences. C’est une première raison pour moi de m’en méfier.

La seconde, c’est que ce sont de gros menteurs.

Que Marco vive son aventure perso dans sa tête, je le respecte totalement. Que Marco se trouve aux pieds des pyramides et que son esprit l’emmène dans un voyage de cinq mille ans en arrière et qu’il passe sa journée à les dessiner, je le respecte totalement aussi, et je l’envie. Mais qu’il glisse sournoisement son calepin sur la table ou ses dessins dans les conversations ; qu’il oublie de mentionner la ville derrière les pyramides ; les arnaques des rickshaws et la merde dans les rues de Delhi c’est de la falsification !

Bien sûr, je ne condamne pas tous les porteurs de colliers à boules. Il y en a peut-être qui trouvent ça esthétique, tout autant qu’il y en a qui s’en servent comme prétexte pour raconter avantageusement leurs histoires et mépriser ceux qui ne cherchent pas à vivre à leur manière. Les diplomates méprisent les routards et les touristes organisés ; les routards méprisent les diplomates et les touristes organisés ; et les touristes organisés eux, ne méprisent personne. Ce sont donc certainement les plus cons mais aussi très certainement les plus gentils.

J’aimerais bien trouver un pays où être con, pauvre, mais gentil permet d’être considéré, ce serait franchement relaxant : la gentillesse et la politesse sont vraiment à la portée de tous… C’est sans doute pour ça qu’elles n’ont jamais été retenues comme critères.

Bref, pour conclure en ce qui concerne Marco, dit « le globe-trotter », c’est un gars qui essaye, comme tous les humains d’ailleurs, d’incarner son personnage idéal, son rôle favori. Pas de souci, chacun fait ce qu’il veut, mais c’est juste un peu chiant quand c’est fait trop au premier degré. »

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