Archive pour novembre 2010
Gogo Gadgeto Japon!
J’ai passé un super séjour au Japon (je vais au Mexique là), notamment grâce à Koji, que j’avais rencontré en Birmanie, et à ses amis. Pour mes deux derniers jours on a tout fait de ce qu’il y avait à faire de typique à portée de main: sorties, visites, restos, onsen, karaoke… Les mecs m’ont offert des cadeaux et tout, un truc de fou! Ils sont trop accueillants ces Japonais! A mon retour en France ce sera mission: accueillir les touristes Japonais.
Avant de tourner la page japonaise, un peu courte compte tenu de tout ce qu’il y aurait à dire (mais il faut bien que je passe du temps à vivre des aventures aussi -comme dit mon ami Nico dont le blog compte trois articles: « J’écris pas parce que si j’écrivais j’aurais plus rien à écrire ») je voulais vous faire une petite liste de tous les gadgets que j’ai recensés au pays du soleil rouge sur fond blanc, et il y en a un paquet! Lire la suite... »
INDIANA TOM – le premier roman de Nabolo
Enfin! INDIANA TOM (et le rapport de stage perdu) est disponible à la commande, chers amis, je suis très ému blablabla.
Ceci dit, parlons peu, parlons bien.
Vous aurez toutes les informations et pourrez passer commande en cliquant sur ce lien:
http://www.thebookedition.com/indiana-tom-de-nabolo-p-48938.html
Le nombre de pages, un résumé, un extrait (qu’il vaut d’ailleurs mieux lire en cliquant ici), le prix, etc. La totale.
Alors à quoi sert cet article, me direz-vous? A faire de la pub, oui, mais aussi à servir de plate-forme pour vos retours sur le roman, que vous me laisserez en commentaires (c’est un ordre).
C’est un premier roman, il comporte son lot d’erreurs de jeunesse, mais je bosse dur sur mon style, vous l’aurez remarqué, et je ne demande qu’à m’améliorer (si, siiii c’est possible, non mais si, arrêtez, rhooo j’insiste!).
Je suis impatient de savoir ce que vous en aurez pensé merci pour votre participation, et pour votre infaillible soutien à l’EXCELLENT Nabolo-blog! Lire la suite... »
Sex in Japan (+18 certaines photos peuvent choquer)
Comme la Thaïlande, le Japon a subi une influence bouddhiste et c’est pour ça que y a du sexe partout au Japon blablabla. Non en fait j’en sais rien. Je ne me l’explique pas. Ou plutôt je ne me l’expliquais pas, parce que depuis mon arrivée j’ai fait l’effort d’enquêter POUR VOUS chers lecteurs de l’EXCELLENT Nabolo-blog, jusqu’à prendre le risque de corrompre à tout jamais mon côté puritain.
De quoi je parle quand je vous dis que « le Japon c’est sexuel »?
- TOUTES les Japonaises portent des mini-mini-jupes, de la taille de mon maillot de bain (et comme vous l’avez deviné je suis abonné aux moule-bites) ainsi que d’autres effets typiques des costumes de « Julie la petite nymphomane ».
- TOUTES les publicités sont illustrées par des nénettes aux yeux plus grands que leur jupette et aux décolletés plongeants.
- IL Y A des sexshops partout, même cachés au fond des autres magasins.
- IL Y A un nombre non-négligeable de ce qu’on appelle des « love hôtels » et des « clubs de filles ».
Je vous parle de Tokyo en tous cas, pas de Kyoto.
Bref, j’étais innocemment en train de chercher des figurines à collectionner de Dragon Ball Z dans un magasin de mangas (c’est vous dire la pureté de mes intentions d’enfants) quand je remarque que les mangas des étagères comportent de plus en plus de manga-nénettes aux nichons gonflés d’OGM et autres trucs qui font que les trucs sont pas normaux. Ces manga-nénettes (des collégiennes à en croire leurs uniformes) au regard aussi vierge et pur que le mien, ne subissaient pas seulement le coup de la panne de stylo de la part de leurs camarades de classe, non: au fur et à mesure que j’avançais dans les rayons (toujours à la recherche de mes figurines n’est-ce pas, voire d’autocollants pour mon frigogidaire) elles étaient aussi attaquées par des monstres multibras dont les doigts rappelaient étrangement des organes reproducteurs humains que ces monstres enfonçaient dans je ne préfère pas vous raconter la suite.
Bien entendu chers lecteurs, et comme n’importe lequel d’entre vous l’aurait fait à ma place, j’ai fui vers la sortie la plus proche! Pas évident car tout était marqué en chinois… Je n’ai reconnu qu’un symbole, un nombre écrit en chiffres latins, un peu de ma culture, de ma patrie: « 18 ». C’est un peu comme s’il s’adressait à moi chers lecteurs, je me suis précipité dans cette direction…
Et là -que la miséricorde divine s’abatte sur moi!- j’ai vu des choses, Mesdames et Messieurs, que non seulement je n’avais jamais vues -Dieu soit loué Jésus le petit enfant!- mais encore que je n’avais jamais imaginées… Des choses -notre père qui êtes osseux que ton nom soit sanctifié yeah man!- qui n’ont même pas encore de noms en Europe, des choses à vous faire regarder d’un sale œil votre gentille voisine à lunettes, quand elle vous parle de son vivarium (et de ses tortues de Floride, Titine et Titoune, dont l’une s’est échappée hier soir -que ton règne vienne, merci pour le pain quotidien de ce jour-).
Il m’est impossible de vous décrire ces horreurs, je me ferais virer d’over-blog aussi sec (on me surveille de près depuis que j’ai explosé la barre des 4 visiteurs) mais si je devais leur donner un nom, j’emploierais celui de -vade retro satanas- : « Gangbangopédolezardoversàsoie-y-passoirophilie »
Je vous laisse imaginer le pire, car c’est lui que j’ai vu.
Heureusement que mes voyages m’ont appris à ne pas juger les différences culturelles, mais si je racontais mon histoire à ma voisine de 84 ans qui n’a jamais bougé du village, elle n’aurait que deux réactions possibles:
- Racisto-dégoutée: « Ces gens là sont vraiment des barbares. »
- Curieuso-moderniste: « Tu m’as ramené le DVD? » (je la soupçonne d’être un peu coquine)
Vous l’avez compris, je suis sorti de ce magasin en hurlant « MAIS POURQUOI MON DIEU??? » non sans m’attarder avec intérêt devant la vidéo de démonstration du « Tenga double hole », celui qu’on peut utiliser cinquante fois.
Un tenga? C’est ce qu’on appelle un masturbateur masculin, une espèce de tube fashion-chromé à l’intérieur duquel il y a du lubrifiant et un tas de petites boules en latex (pour faire simple) censées reproduire les sensations d’un -Marie mère de Dieu!- quand on y fout le -Petit enfant Jésus!-.
Vous imaginez ma confusation suite à toutes ces péripéties. J’ai marché droit devant moi, aussi loin que j’ai pu sur le trottoir d’en face, ce qui m’a directement mené dans un sex-shop, spécialisé cette fois: une boutique pour hommes et femmes, et pas un truc caché dans le fond d’une librairie. Un truc classe quoi (et je vous jure que je n’étais pas dans le quartier rouge de Tokyo mais à « Akiba », le quartier de jeux vidéos et des geeks).
La différence c’est qu’il y avait aussi bien des clientes que des clients à l’intérieur, et que les vendeurs étaient habillés avec la tenue du père-noël, et une micro-mini-jupette de père noëlette pour la jeune-femme censée attirer les clients depuis la rue.
Tout était bien clean à l’intérieur, on se serait cru à Monoprix, même si les vitrines étaient remplies d’organes humains.
J’ai d’abord pensé que c’était l’endroit où les Japonais stockent leurs prélèvements sur ces backpackers qui peinent à financer leur voyage dans leur si joli pays mais non, impossible de s’y tromper, il s’agissait bien d’un sex-shop, en futuriste, avec un tas de robots capables de faire mieux ou aussi bien que les humains du sexe opposé malheureusement trop fatigués après le travail pour s’accorder le temps d’un plaisir essentiel.
Eh oui Mesdames et Messieurs, car cette question du sexe, au Japon, n’est pas aussi superficielle que vous le croyez! Vous devriez savoir, depuis le temps, que mes articles ont toujours deux niveaux de lectures et même trois, d’après mon psy, qu’il repose en paix.
Les Japonais ont un problème: ils sont seuls. Très seuls.
Il y a plusieurs facteurs à cela.
- Ils sont très timides
- Ils n’ont pas le temps
- Quand ils ont le temps ils sont fatigués d’avoir trop travaillé
Ces facteurs font que les Japonais subissent une pression de malade tout au long de leur vie de travailleur, et qu’il leur faut des moyens forts et efficaces d’évacuer la vapeur pour pas que le capot explose (le pachinko?).
Ca veut dire que lorsqu’ils sortent du boulot, il faut qu’ils aient rapidement du bon temps avant d’y retourner… D’où ces « clubs de filles » où les salarymen vont se vider les poches pour trouver quelqu’un à qui parler.
Car c’est ça l’objectif de la manœuvre: ils ne vont pas voir des prostituées, ils vont voir des filles, jeunes, jolies, gentilles (il n’est pas question de sexe avec elles, les « Love Hôtels » avoisinants, qui proposent des chambres à thèmes, sont plutôt destinés aux couples, légitimes ou non), qui vont leur parler avec affection, comme s’ils étaient quelqu’un d’important (ces filles ne s’intéressent qu’à leur argent, bien sûr, mais peu importe tant que l’illusion prend), ce qui, avouons-le, est beaucoup plus relaxant que de rentrer chez soi pour écouter sa femme raconter en long et en large ses propres problèmes de la journée.
Évidemment, comme ça leur pompe tout leur fric, ils doivent retourner bosser, et on se retrouve de nouveau dans la situation que le philosophe de l’aventure fuit de toutes ses jambes: celle où tu bosses pour pouvoir continuer de bosser.
Mais comme vous le savez, la philosophie de l’aventure est basée sur un égoïsme assumé: le philosophe de l’Aventure ne prend en compte que sa propre vie. Les Japonais, eux, se soucient beaucoup de celles de leurs ancêtres et de leurs descendants. Donc si le travail et la vie sont durs, ils les subissent aussi au nom de leur famille, de leurs enfants et petits-enfants qui bénéficieront d’une meilleure situation grâce à leur travail (ce qui n’est pas forcément vrai d’ailleurs, si eux-mêmes pensent plus tard à leur propre progéniture…), un peu comme Athos des trois mousquetaires: on s’en fiche de donner sa vie tant que ça glorifie le nom de la famille; l’intérêt est là, faire progresser le groupe familial (d’où les samouraïs qui n’hésitaient pas à se faire seppuku -le vrai nom de hara kiri quand l’acte s’applique à un samouraï-).
- Une vieille vaginette invendue pourit dans sa boîte… Comme c’est triste! Ca me rappelle presque ces histoires de Pif gadget où les objets ont une âme. A propos de vaginette, un jour je vous raconterai l’histoire de comment j’ai du en envoyer une par la poste pour le Bénin parce que j’avais une amie qui…
On revient sur l’image de l’abeille et de la ruche, si chère à mon maître kung-fu. Il m’avait d’ailleurs instruit de choses intéressantes sur la société japonaise, en prenant l’exemple d’un dîner et en le comparant à la manière dont il pourrait se dérouler au sein d’une famille occidentale…
La métaphore du maître Kung-fu sur la société japonaise
Imagine un dîner de famille: tout le monde est là, les grands-parents, les cousins, les parents, la totale.
Tout à coup, ton oncle demande à voix haute: « Combien font 1+1 déjà? » et ta grand-mère répond « 3 ».
Comment tu réagis de ton côté? L’Occidental lambda interviendra pour dire: « Non, la bonne réponse est 2, pas 3 ».
La grand-mère se sentira embarrassée, l’oncle devra valider l’une ou l’autre des deux réponses, et ce faisant donner tort à quelqu’un; peut-être que la grand-mère, mal à l’aise sur le fait d’avoir été contredite par plus jeune qu’elle, retournera sa mauvaise humeur sur son fils, ce que la belle-fille ne tolèrera pas, etc. A la fin, tout le monde sortira énervé et frustré de ce repas, dont l’objectif n’était pas de déterminer si 1+1 font 2 ou 3, mais de passer un bon moment ensemble.
Le Japonais, lui, ferme sa gueule: il ne perd pas l’objectif de vue et conserve l’harmonie du groupe, prioritaire sur son bien être personnel.
DONC, en bossant comme des malades, les Japonais conservent l’harmonie du groupe, un groupe qu’on peut dire performant, si la performance est déterminée par le ratio « objectifs fixés/objectifs atteints », ce qui justifie sans doute la gangbangopédolezardoversàsoie-y-passoirophilie.
Voilà, c’est tout, j’ai un avion dans quelques heures pour le Mexique et un petit paquet d’articles sur les bras concernant les gadgets japonais, les toilettes japonaises, le financement des voyages/aventures, un test pour les aventuriers, etc. Mais le plus important c’est que vous pensiez à commander mon bouquin pour Noël, n’oubliez pas!! (attendez quand même qu’il soit sorti).
Vivre avec les animaux
Souvent, quand je parle de mon rapport avec les animaux, de comment je mets les doigts dans la bouche des chèvres etc., je m’aperçois que les gens ne connaissent rien au langage de nos amies les « bêtes » qu’ils considèrent d’ailleurs comme telles.
C’est à dire que pour eux, un chien aboie à peu près sans raison, un ours c’est incontrôlable et un loup c’est « méchant »… comme s’il y avait des animaux « méchants », nés avec l’intention de leur faire du mal!
Ces gens ont souvent peur des animaux et souvent ils ont hérité cette peur de leurs parents. Au contraire, il est rare qu’ils aient déjà eu des animaux domestiques.
A l’opposé il y a ceux qui ont eu des animaux familiers (plutôt des mammifères que des poissons d’ailleurs) et qui connaissent les bases du langage de l’animal en question, comme par exemple qu’un chien remue la queue quand il est content, que s’il aboie ce n’est pas forcément qu’il va mordre, etc.
Pour se rendre compte que les animaux ont une façon de communiquer parfois très complexe, il n’y a en fait qu’à regarder la chaîne « Animal Planet »… ou qu’à lire l’EXCELLENT Nabolo-blog: bravo, c’est ce que vous êtes en train de faire!
L’objet de l’article d’aujourd’hui n’est pas de vous apprendre à parler à votre chien: il y a des dizaines de bouquins là-dessus, probablement bien meilleurs que ce que je pourrais jamais écrire (modestie quand tu nous tiens!). Ce que j’aimerais, c’est que vous envisagiez qu’il est possible de créer une société où humains et animaux cohabitent… Mais avant de commencer, libérez votre imagination et ouvrez-vous à toutes les possibilités. Pour moi c’est facile: je suis au Japon où les jardins des maisons traditionnelles marient délicieusement la nature avec l’habitat humain.
Imaginons ça à l’échelle d’une ville: un tram qui s’avance sans bruits entre des rangées d’arbres aux ramages bruissant de feuilles jaunes, oranges et rouges. Elle sont si nombreuses qu’on se croiait en forêt. Il y a une rivière sur la droite, des biches, un ours et un grand magasin entouré de sol mousseux; les ponts qui relient un bâtiment à un autre sont les troncs d’arbres robustes dans les branches desquels se sont nichés des oiseaux…
Pour certains d’entre vous (pas tous hélas :p) cette vision semblera paradisiaque… Elle n’est pas impossible! On arrive bien à envoyer des fusées dans l’espace! On arrive même à se parler et se voir à distance ou à chauffer des aliments sans feu alors ce serait même facile. OUI MAIS et l’ours dans tout ça, me direz-vous, qu’est-ce qu’il fait l’ours, hein?
Intercommunication animale
En lisant les excellents articles de l’excellent Nabolo-blog (rubrique « carnet de bord d’un penseur contempourien ») vous vous êtes rendus compte qu’à chaque pays ses codes, ses règles, son étiquette (ça a du vous faire un choc toutes ces découvertes). Par exemple, les Indiens, pour dire « oui », font « non » de la tête… Et bien les animaux c’est pareil! Ok, ils ne font pas non de la tête mais ils ont leur propre code bien à eux, que nous ne comprenons pas. Et pour cause, la plupart du temps nous ne cherchons même pas à le décoder, un peu comme si un Chinois nous parlait en chinois et que nous ne reconnaissions pas ce qu’il dit pour un langage.
Je veux dire que: quand un chien remue la queue, s’assoit de telle ou telle manière, ça a un sens. Pareil avec la manière dont volent les abeilles ou marchent les pigeons. Il y a des codes à décoder chez tous les êtres vivants, pour peu qu’on s’en donne la peine!
L’autre jour quelqu’un m’a dit: « Oui mais les ours c’est super dangereux, ils peuvent t’attaquer d’un coup, tu sais pas pourquoi. »
Effectivement, on ne sait pas pourquoi. Mais il y a une raison.
Imaginons par exemple que quelqu’un sonne à votre porte, un mercredi après-midi, pour vous demander son chemin. Il est vêtu d’un costume chic, parle un excellent français, et vous offre une friandise pour vous remercier de votre aide, voire un chèque-cadeau de deux millions dollars.
Vous allez bien l’accueillir, j’en suis sûr (soyez pas de mauvaise foi).
Autre exemple: la même personne, pour vous demander le même renseignement, entre chez vous par la fenêtre dont il a brisé les carreaux. Il est tout nu, couvert de tatouages nazis et s’est muni d’un couteau en passant par votre cuisine. Une fois dans votre chambre (il est entré sans frapper) il se met à hurler ou à chanter pour vous réveiller et vous demander son chemin. Il est probable que vous le jetterez dehors si vous en avez les moyens, et que si vous aviez un punch d’ours avec des griffes au bout vous lui en mettriez une bonne, et tant pis s’il est mort.
Vous réagiriez comme un ours qu’un homme vient de tirer de sa sieste en pénétrant dans une clairière dont il a fait son territoire, sans vous soucier du bruit que vous faites en marchant ni de l’odeur ou des objets que vous transportez sur vous, et qui rappelle peut-être à l’ours l’assassin de ses parents.
Bref, pour communiquer avec un ours, il faut parler l’ours, de même qu’un humain doit parler l’humain pour entrer dans une maison d’humain. Ca ne veut pas dire se comporter comme un ours, ça veut dire qu’il faut envoyer à l’ours les signaux qui lui permettront de comprendre que vous souhaitez interagir de manière pacifique, comme le font avec lui les oiseaux ou les écureuils par exemple.
Si vous êtes flemmard vous pouvez attendre de l’ours qu’il fasse le premier pas, et qu’il apprenne d’abord l’humain. Ca peut arriver (il y a bien des Anglais qui parlent une langue étrangère) mais c’est rare, car l’humain s’apprend au contact des humains.
En revanche il y a des « animaux familiers » qui parlent très bien l’humain, comme par exemple le chat.
Le chat sait miauler quand il faut pour exprimer tel ou tel de ses désirs, être propre, être câlin pour avoir sa bouffe, faire les yeux doux et tous les autres trucs et astuces de chats pour nous embobiner.
Je ne saurais dire combien de personnes se laissent manipuler par leur chat, c’est un truc de malade! Mais ça fait perpète que les chats sont domestiqués, ils ont eu le temps de développer cette science (ce n’est pas un acquis génétique: les chats sauvages ou les tigres n’y connaissent rien).
Autre exemple: mon chien, que j’ai toujours considéré comme une sorte de grand-frère. Il savait ouvrir les portes et traverser la route au feu vert. Du coup il m’arrivait de le croiser en ville
- Yo! Qu’est-ce que tu fais là ? M’écriais-je en le voyant, et lui me répondait la même chose avec ses moyens de chiens: en se précipitant vers moi tout en remuant la queue.
Après il me tournait autour pour montrer qu’il me reconnaissait parmi la foule, et moi je le caressais pour lui montrer que je le reconnaissais aussi et je disais aux humains autour de moi que « C’est mon chien ». Puis on finissait notre échange par se dire qu’on se verrait le soir à la maison, et de repartir chacun de notre côté parce qu’on avait pas que ça à foutre. Surtout lui: vu le temps qu’il passait à dormir une fois chez nous, c’est qu’il avait du en faire des conneries.
Tout ça pour dire qu’un chien, il apprend à peu près n’importe quoi. Si tu veux apprendre à un chien à donner la patte à chaque fois que tu lui bottes le cul, tu peux. Si tu veux apprendre à un chien à mordre à chaque fois que tu lui donnes une caresse, tu peux aussi.
Les animaux sont friands d’interagir avec nous, mais il faut leur apprendre comment. Si un Chinois de tes amis ne sait pas se servir d’une fourchette pour manger, tu vas pas le jeter dehors le jour où tu l’invites à diner, si?
Et amuse-toi à emmener ton cousin Jean-Jean (qui a grandi dans le massif central) ou encore pire, ton cousin John-John (qui lui a grandi en Angleterre) dans un grand restaurant parisien, tu ne seras pas déçu du voyage!
Ceci dit, si tu y vas avec ton chat à qui tu as appris à se tenir à table, tu auras la méga-méga classe (surtout s’il sait découper sa sole meunière tout seul).
NEANMOINS, ne croyez pas que je souhaite que les animaux se comportent comme des humains, ou qu’ils soient traités comme tels: ce serait leur demander à eux seuls de faire tous les efforts. Non, ce que je souhaite c’est que nous fassions le premier pas, que nous essayions de les comprendre mieux tout en écoutant davantage notre propre côté animal (« QUE-WA?! » me direz-vous, « Tu insinues que nous aussi nous sommes des animaux?? », mais à ceux qui n’en ont pas pleinement conscience je préfère épargner le traumatisme d’une explication).
Sur le long terme, il serait possible d’apprendre aux ours à prendre le métro. Des expériences ont déjà été faite à ce sujet, c’est tout à fait dans leur moyens: ne croyez pas qu’il faille être un génie pour mémoriser un itinéraire et appuyer sur des boutons de couleur. Mais je ne vous en demande pas temps. Ce que je trouverais cool, déjà, c’est que vous ne tuiez pas les fourmis ou les souris qui viennent prélever un millième de la gigrotesque quantité de bouffe que vous gaspillez chaque année; qu’un lapin ne soit pas pour vous synonyme de civet; que vous respectiez les pigeons que nous avons fait ceux qu’ils sont aujourd’hui: des gros porcs obèses qui chient partout parce qu’ils se gavent de toutes nos déjections.
On sait déjà que l’homme ne peut pas vivre sans les animaux, pourquoi ne pas envisager de vivre avec eux?
Je sens que je suis un peu trop visionnaire pour vous sur ce coup là, mais je sais, je sais, qu’en l’an 2134 (le 21 Août) il y aura une personne pour dire « Mais butain de mer, Nabolo avait raison! ».
Si ça se trouve ils seront même deux.
Et pour bien faire, j’accorde 1 Nabolo-point à tous ceux qui sont à fond d’accord avec moi et que c’est trop bien ce que je dis et tout.
Tant qu’à faire je vais aussi en retirer 20 à tous ceux qui disent le contraire et 50 à tous ceux qui ne se prononcent pas (parce que j’aime pas les lâches qui se cachent dans l’anonymat du silence)… Et je suis sérieux, je déconne pas! Je vous rappelle que ça a quasiment été mon métier de punir des gens alors jouez pas aux cons avec moi.
Naboloto Mustam
Jardin Zen – Kyoto
En face de la terrasse en bois, un tableau peint de gravillons, de plantes et de pierres. Les gravillons sont une mer qui coule des rochers disposés au sud-ouest. Leur flot s’échoue sur un rivage de mousse verte où poussent des arbres au feuillage rouge et bleu.
Je suis assis sur la terrasse d’un jardin zen, où j’ai totalement cédé à ces butains de muses, qui me harcèlent sans cesse alors que je fais tant d’effort pour rester hilarant.
Le coeur n’y est pas aujourd’hui. Aujourd’hui, mon coeur est au Japon. Et comme pour m’accueillir un peu mieux dans son pays, le soleil m’envoie un de ses rayons, là, en direct mesdames et messieurs.
Une très gentille dame m’a prévenu que les photos étaient interdites et m’a prêté son stylo pour que je vous écrive, pour que je vous décrive, cher lecteur, les mondes miniatures que des jardiniers de génie ont caché dans leurs paysages, artificiels, certes, mais modelés sur les originaux et motivés par le désir de conserver sa place à la nature dans la société des hommes, de ne pas couper le lien comme nous l’avons malheureusement si souvent fait ailleurs.
Je déplace mon sac et mon cahier jusqu’à la façade ouest (mes chaussettes font couiner le plancher: c’est fait exprès, pour annoncer les visiteurs).
Il y a là un chemin pavé que fissure un ruisseau qui se change en rivière. Le chemin la longe en passant sous un arbre aux feuilles bleutées. Ses voisins sont roux, rouges, parfois verts et orangés. Il y a de la mousse partout par terre pour éviter des bobos aux lutins qui chahutent avec les fées.
Au bout du chemin pavé on arrive à une maison d’homme. Elle ne se dresse pas comme une frontière à ce petit monde, mais comme sa garante. Elle est ce qu’elle devrait être.
Façade nord. Le jardin est devenu une marre où bullent de gros poissons. Des ponts les enjambent en sautant sur des îlots dont les hautes herbes bougent avec le vent.
Des gouttes d’eau fliquent et flaquent au coin de la marre avec l’approbation silencieuse d’une montagne composée, comme une musique de couleur, d’arbres et de rocs qui donnent sa poésie au jardin.
Parfois les poissons s’agitent puis s’évanouissent dans le profond de l’eau.
Je guète les mouvements du jardin comme je regarderais une pièce de théâtre ou la télévision.
Une grosse feuille morte, toute brune et crispée comme un vieillard, vient de rouler sur un îlot jusque dans la mer. Elle y flotte et s’y trouve une seconde vie: une barque pour les Ondins et autres esprits aquatiques.
Mais pourquoi nous sommes-nous coupés de la nature? Pourquoi continuons-nous de chercher le bien-être dans la vitesse et le progrès?
La télévision, les infos, la météo décident de nos vies, de si l’on doit être heureux, avoir peur, ou de comment s’habiller. Alors que le bonheur est dans le pré… Mais il faut prendre le temps de l’y voir, sans quoi ce n’est qu’une image fugitive sur la vitre d’un train que les vaches regardent en s’étonnant toujours: “Dire que ce sont ces cons-là qui vont nous manger!”
*
PS: de retour à l’auberge où je retranscris ces lignes dans la salle commune, la télévision, allumée sur BBC World, annonce un reportage sur la France et ses avancées écologiques: un cheval ramasse des poubelles à Hippo Ville! Le cheval et son attelage seraient même plus économiques, à long-terme, que des camions poubelles.
La révolution est en marche!
Tokyobservations
Quatre jours que je passe à Tokyo, dans une auberge. Je serais bien allé à l’hôtel mais c’est beaucoup trop cher et je n’ai aucun goût pour la musique allemande. Le budget qu’il faut pour voyager au Japon ne correspond pas vraiment à mon budget d’aventurier: je doute de m’y attarder trop longtemps.
Du coup j’abandonne tout de suite l’idée d’y jouer les top-models (comme je l’avais suggéré en partant d’ANKAMA), parce que ça prend du temps en recherches et que vu ce que je sais de la culture japonaise, rien ne se fera dans l’illégalité, ce qui veut dire permis de travail, contrat, etc. Bref, je ne serais pas sorti de l’auberge, ce que j’ai fait du coup: pour observer les Japonais. Et c’est assez fascinant je dois dire.
D’abord sur Tokyo: la plus grande ville du monde. On peut s’imaginer une fourmilière surpeuplée où les gens se marchent dessus… On pense à ces capsules-hôtels, des hôtels où les gens passent la nuit quasiment dans des boîtes; aux bornes à oxygène, etc. Je n’aurais pas cru pouvoir lui appliquer cet adjectif, mais à la vérité, Tokyo, c’est « mignon »! « Kawaï » prononcé « Ka-wa-i » comme ils disent ici: c’est plein de petites rues bien proprettes, avec des arbres, des vélos bien rangés, des petits magasins avec leurs petites enseignes, des chats grassouillets avec leurs clochettes au cou, des petits passages cloutés et des petits feux rouges tout mignons que tout le monde respecte. C’est mignon!
Les Chinois, historiquement, désignaient le Japon sous le nom de « pays des nains ». Je ne trouve pas que les Japonais soient si petits, mais leur mobilier, en revanche, rappelle celui d’une maison de poupée… D’ailleurs les Japonais adorent jouer à la dinette! Il y a même des cafés spécialisés pour ça!! Avec des filles habillées comme des servantes de mangas qui t’invitent à jouer à boire du chocolat: vous pensez bien que je n’allais pas refuser.
C’est comme ça que, recruté dans la rue, je me suis retrouvé dans un petit mignon salon de thé, avec des fleurs aux vitres, des filles habillées en soubrettes et des jolies tasses en plastique colorées posées sur des mini-tables en bois. Je vous déçois tout de suite: il ne s’agit pas du tout d’un truc de pervers ou de tordus. Des familles japonaises entières étaient réunies là pour prendre le thé, servies par leur bonne attitrée, toute souriante, toute kawaï qui les appelle « maîtres » et « maîtresses » en japonais. La mienne était une jeune Italienne qui m’éclaboussait d’amour et de kawaïtitude par chacun de ses sourires et de ses gestes. Elle jurait un peu par sa taille avec les mini-japonaises qui gravitaient autour mais redoublait de mignonnerie et de sourires fraise des bois pour compenser. Elle n’était pas la seule à jurer avec le décor: en face de moi, un occidental serrait ses énormes épaules entre les deux Japonais qu’elles dépassaient d’un genou de haut. Le plus comique, c’était la tête du mec qui rappellait un peu celle de Tête-en-fer Wilson (pour ceux qui connaissent l’épisode « En remontant le mississipi » des aventures de Lucky Luke). J’ai éclaté de rire quand la servante est venue lui servir son chocolat en lui expliquant:
- Pour que le chocolat soit bon, il faut d’abord dire une formule magique! Répète après moi: « oligo pitiko nikita » (mots japonais que je n’ ai pas retenus et que la servante accompagnait de la chorégraphie idoine, en faisant des petits cœurs avec les mains, à gauche, à droite, au centre, puis en propulsant les cœurs directement dans la tasse).
Mon voisin le tueur devait l’imiter… J’ai éclaté de rire (comme je l’ai déjà dit et alors pourtant je voyage tout seul, si on met à part la compagnie de mon ami imaginaire qui présentement était resté dans la rue), mais je me suis rapidement contenu car le mec avait vraiment une tête de tueur.
Puis ça a été mon tour. J’ai dit la formule magique bien comme il faut, ma bonne est venue m’expliquer la gestuelle des petits cœurs… Sur l’écran géant au milieu de notre mini-dinette géante, une vidéo passait en boucle: l’histoire de Monsieur Lapin et Madame Lapine qui veulent ouvrir un salon de thé et qui se réjouissent qu’une nouvelle servante arrive bientôt, sauf qu’elle est en retard mais que finalement elle arrive et que tout est bien qui finit bien.
Le chocolat était bon y a pas de souci. Et pas besoin de rajouter du sucre dans la tasse, la salle en était pleine.
Cette connerie m’a quand même coûté six euros les dix minutes, et j’ai failli raquer cinq euros de plus pour pouvoir faire une photo de la bonne. Tant pis, vous vous contenterez de mes mauvais clichés pris à la sauvette.
Bon, ça c’était l’épisode dinette, ok. Pas totalement représentatif de la société japonaise mais quand même… y a quelque chose. Dans la rue aussi les gens sont kawaïs. Surtout les jeunes. On pourrait faire des catégories: il y a des jeunes kawaïs, des jeunes « classe », des hommes en costumes qui trimballent une mallette…mais au final il y a tellement de catégories avec chacune ses propres divisions internes qu’on finit par voir des individualités.
J’ai souvent lu qu’on pouvait comparer la société japonaise à une société de fourmis. C’est Koji qui m’en a reparlé quand nous sommes allés discuter près du palais impérial… Koji, vous vous rappelez, c’est le Japonais d’occasion à qui je faisais des blagues dans le noir des grottes d’Inlay Lake en Birmanie (sinon relisez cet article). Un type intéressant avec qui j’avais déjà échangé au sujet du bouddhisme (il ambitionnait jadis de devenir moine), et avec qui j’ai pu parler du Shintoïsme et de la société japonaise à présent que nous nous retrouvions au Japon (merde, cet article s’intellectualise, je sens que j’ai déjà perdu les plus cons d’entre vous :-/). Bref, Koji lui aussi pense que la société japonaise et comme une société de fourmis. Et cette fois j’ai compris ce qu’il voulait dire, parce qu’entre temps j’ai lu le roman « Les fourmis » de Werber, dont la société est décrite comme une société anarchiste où tout le monde fait ce qu’il a à faire. C’est un peu ça le Japon. Les Japonais sont libres de faire ce qu’ils veulent, mais ils font ce qu’il y a à faire, s’entend: ce qu’il y a de mieux à faire pour servir la société qui leur donne la liberté de faire ce qu’ils veulent, avec la conscience profonde que ce qui sert l’intérêt commun les sert eux-mêmes.
Je lisais l’autre jour qu’une petite merde infâme du nom de Michel Houellebecq (j’ai cru comprendre qu’il aimait bien les phrases choc mais personnellement je ne sais que deux choses de lui: 1.que ma maman chérie me conseille sans cesse de lire ses bouquins 2.qu’il a dit une grosse connerie. Je ne livre donc pas ma position officielle et définitive en l’associant au titre de « merde infâme » même si j‘espère secrètement que ça me ramènera du monde via les moteurs de recherche) prétendait ne rien devoir à la France, qu’elle n’était qu’un hôtel à ses yeux. Quel manque de clairvoyance! (cf: l’intro sur l’article sur la France racontée à un étranger). Un Japonais ne parlerait jamais de la sorte tant il conserve la conscience de ce qui le lie aux autres Japonais. S’il est un écrivain célèbre, il se souviendra qu’il le doit à ceux qui lui ont donné sa langue, sa culture, sa bouffe, un endroit où la manger, une maison où dormir en sécurité, etc.
Néanmoins je doute que vous vous reconnaîtrez dans les critères qui lient les Japonais entre eux, chers compatriotes, car il s’agit de critères raciaux/familiaux: Koji reconnaît en ses concitoyens des membres de sa famille. Pour lui, le Japon est une grande famille et pas seulement au figuré: un lien génétique existe bel et bien qui fait que les Japonais auraient tous un ancêtre commun, et c’est ce qui les unit. Koji fait même remonter cet ancêtre commun à l’ensemble de l’humanité, qui est aussi une seule et même famille, de son point de vue, même si elle est beaucoup plus ramifiée: il ne peut donc pas s’appuyer dessus.
Bref, on est dans une conception « raciste » des choses (mais pas xénophobe?) qu’on retrouve en fait partout en Asie. Je ne la critique pas: les cultures asiatiques ont trouvé un équilibre autour de cette vision des choses des siècles durant. Et comme Koji je ne souhaite pas qu’une nation-humanité voit le jour, surtout si c’est ses symboles sont des logos de marques internationales (je me suis déjà exprimé maintes fois sur la question: vive la diversité, et le patriotisme des peuples s’il la sert)+(en revanche je suis tout à fait partisan et convaincu du « une seule humanité, une seule race » -je précise au cas où). Néanmoins il est évident qu’une pareille approche (familiale) est inapplicable à la France, dont le lien social se dissout à vue d’œil… Est-ce que vous regardez vos concitoyens comme des frères, vous? Des cousins? Est-ce que vous les regardez comme des hommes qui ont choisi de faire partie de la même société que vous au nom des idées qu’elle défend? Que vous êtes frères par vos idéaux et vos valeurs et qu’importe que vous le soyez par le sang? Est-ce que ce n’est pas ce que c’était supposé être, la France?
Même si Koji est alarmiste (lui aussi a entendu parler du projet Haarp et de tremblements de terre suspects… comme mon prof de Kung-fu si vous voyez ce que je veux dire) la société japonaise se porte bien à mes yeux. Très bien même, on peut carrément dire qu’elle excelle dans le civisme. C’est sans doute le seul pays au monde où quand tu demandes ton chemin dans une langue étrangère, la personne s’excuse trois fois en faisant des courbettes jusqu’au sol pour te demander pardon de ne pas pouvoir répondre.
J’ai voulu acheter un livre (on va dire une bd avec des filles à poils pour réveiller les plus joueurs d’entre vous mais en fait il s’agissait de « The Japanese art of war » de Thomas Cleary, sur l’influence de cinq siècles d’un régime militaire sur la société japonaise d’aujourd’hui) et la serveuse courrait dans le magasin pour me servir! En s’excusant à chaque retard! Et ce n’était pas ridicule, ce n’était pas de trop puisque je lui répondais de la même manière et que ce faisant aucun de nous n’était plus bas que l’autre, nous étions juste deux personnes heureuses d’interagir poliment. Et les Japonais, bien qu’ils soient de grands timides, sont très heureux d’interagir! Moi qui les ai toujours pris pour des parasites qui venaient abimer mon clocher avec leurs flashs photographiques… mais où avais-je la tête! En fait ces gens-là sont d’une extrême finesse et d’une extrême gentillesse, sans parler de la modestie.
Merde alors, ça fout un coup d’être au Japon, quelle baffe! C’est l’endroit où tu te dis que ça vaut la peine d e vivre en société si la société marche comme ça…Que ça a un vrai sens de « vivre ensemble ». Un peu comme dans un village birman, mais à l’échelle de Tokyo ça ne fait pas le même effet… Pour vous dire: Koji ne ferme pas la porte de chez lui quand il part le matin, c’est criminalité zéro. Les policiers ce sont les mecs qui tiennent des bâtons de couleur pour t’indiquer le chemin, avec un grand sourire, quand une voie est barrée pour cause de travaux.
Ceci dit il n’y a pas que du positif au niveau individuel. Nous verrons comment dans un prochain article au titre pas du tout racoleur: Sex in Japon!
Cependant je poursuis depuis le shinkansen (un des trains les plus performants au monde… et le plus cher?) qui m’emmène vers Kyoto où le contrôleur, une petite bonne femme tirée à quatre épingles, vient de saluer tout le wagon d’une élégante révérence avant de passer dans celui d’à côté… C’est pas tout à fait le même style que Roger, contrôleur à la SNCF. Quand tu imagines Roger avec sa moustache, sa bedaine, sa libido et sa casquette tu te rappelles que la France est un pays de Gaulois.
Et pourtant! Pourtant j’ai le sentiment depuis que je suis ici que la France et le Japon ont beaucoup de choses en commun, notamment dans leur sophistication, leur goût pour les plaisirs de la table et pour les arts, pour le romantisme/la poésie.
La mentalité est très différente, mais les goûts sont très proches, je dirais… (je suis là depuis quatre jours!). Ce qui expliquerait pourquoi tant de Français se plaisent à lire des mangas? En traversant le petit marché au coin du temple shinto, avant-hier, je me suis facilement senti chez moi.
(Nb: quand je parle du « Japon » et des « Japonais » dans cet article, je devrais plutôt dire « Tokyo » et « Tokyoïtes ». Les Kyotoïtes ont peut-être des oreilles sous les bras et s’habillent en cosmonautes, qui sait?)
Arcades et jeux vidéos
- DragonBall Heros: on y joue en manipulant des cartes à collectionner sur la table, ce qui permet de manipuler les personnages à l’écran. Le clip d’introduction au jeu et son background sont ce dont j’ai toujours rêvé: utiliser les voyages de Trunks et les réalités alternatives pour justifier l’intervention des joueurs dans l’univers de DragonBall, auprès de leurs héros favoris. Bravo!
Le Japon c’est bien sûr le pays du jeu vidéo, des bornes arcades géantes, etc. Il y a des stations de jeux vidéos un peu partout où l’on peut jouer à un tas de trucs fantaisistes et gagner des lots en frappant sur un tamtam connecté à un écran vidéo, ou à des jeux de cartes à collectionner sur des tables électroniques qui te permettent de contrôler ton personnage à l’écran à partir de la carte de collection que tu manipules sur la table… impressionnant de futurisme et de technologie. Et pourtant, les Japonais s’en ranchent le quiquignon! Eux ce qui les intéresse c’est le pachinko: un jeu où tu mets des billes dans un trou, même qu’après les billes tombent et parfois tu gagnes, parfois tu gagnes pas. Il y a des salles entières remplies de centaines de machines prêtes à stocker des milliards de Japonais… Oui, des machines, car si rien n’empêche de fabriquer un pachinko avec deux planches de carton les Japonais y ont rajouté des lumières, des étincelles, des trucs qui buzzent et tournefizzent de partout, accompagnés de séquences vidéos de leurs mangas préférés.
Mais au final le jeu ne consiste pas à autre chose que de mettre sa bille dans le trou.
Faire du bruit en mangeant
C’est signe qu’on apprécie le repas. Sans quoi l’hôte peut même se sentir vexé. Par contre se moucher fort n’est pas aussi malvenu que je le croyais… Ah et puis gros scoop: les Japonais mangent avec des baguettes!
Autre surprise: je me demandais toujours comment ils faisaient pour rester à genoux non-stop dans leurs maisons de poupées… Ben y a un truc en fait: ils ont fait des trous dans le plancher pour pouvoir y passer les jambes.
Et si vous regardez bien leurs yeux sont pas exactement pareils que les nôtres pour la plupart, mais tirés sur le côté. Ont dit qu’ils ont les yeux « bridés » (je sais pas pourquoi). Mais ils n’ont pas la peau jaune du tout (c’est n’imp ça).
Mangas et mini-jupes
Dès que je surprends un Japonais à parler l’anglais (chose rare) je saute sur l’occasion de lui taper la discute. On parle mangas, souvent, puisque je m’y connais un peu et que c’est plus que populaire au Japon: c’est omniprésent! Difficile de dire si c’est les mangas qui ont influencé le look des Japonais ou si c’est le contraire, mais les filles, surtout, sont pour beaucoup des copies de manga-nénettes. Et si tu ne portes pas un miniminishort ou une jupette qui serait plus large qu’un caleçon en skaï de catcheur américain, tu es totalement out of the japanese mode. Si par contre tu t’es mis une nippe autour de la taille, en guise de jupon, tu es typiquement japonaise, on dit alors que tu es « nippon », mi-nippe, mi-jupon… ATTENTION: Les articles que vous lisez sur ce blog sont écrits à la va-vite dans le seul objectif de vous faire acheter mon roman avant les fêtes de Noël, certains jeux de mots demandent à être retravaillés, merci de votre compréhension.
Et c’est ainsi qu’hier j’ai diné avec deux Japonais et une Chinoise rencontrés dans la rue (je voulais qu’ils m’emmènent au karaoke, mais ce sera pour plus tard). Les deux Japonais étaient très jeunes (17-20 ans) et ils m’ont causé le choc de ma vie de l’année… J’hésite même à vous en parler. La fille était super kawaï, le garçon aussi (mais lui ne s’intéresse pas aux mangas a-t-il affirmé… étonnant). Nous parlions de mangas, j’ai dit que je lisais « One Piece » (c’est le manga du moment: héritier de Dragon Ball) et la fille a tapé des mains (et des doigts au bout desquels étaient accrochés de faux ongles bleus-canards avec des perles et de la poudre qui brille qu’elle avait faits elles-mêmes) en gloussant. Elle a retapé des mains pour Captain Tsubasa, pour Naruto, pour Saint Seiya et elle n’a pas réagi quand j’ai cité Cobra… J’ai pouffé: il devait y avoir un malentendu. « Cobra, space adventure », THE Cobra! Le mec avec un rayon delta dans le bras et un cigare dans la bouche! LE pirate de l’espace!
Rien, personne ne réagissait.
J’ai mimé, j’ai dessiné… en vain! Eux ont eu un réflexe un peu plus XXIème siècle: celui de sortir leur Ipod pour googler « Cobra ». Eh oui: au XXIème siècle on ne dessine plus, on ne mime plus, on google sur un Ipod. Je devrais m’en souvenir la prochaine fois que j’achète du déo (ou de la soupe à la carotte) dans un supermarché chinois (à quand les traducteurs portables?).
Il me tend son Ipod et je vois qu’enfin il a trouvé un magnifique portrait de Cobra dans sa combinaison rouge, avec le rayon delta qui pointe, menaçant et terrible, destructeur et vengersque, vers le spectateur.
- C’est bon cette fois, vous le reconnaissez? M’enquis-je.
Eh bien non Mesdames et Monsieur, non, ils ne connaissaient pas Cobra!
A ce point de l’article vous vous dites que je raconte que des conneries, que je suis en fait exilé dans le Vercors d’où je m’invente un tour du monde au simple prétexte de vous vendre mon EXCELLENT roman à paraître dans quelques jours et que tout ça c’est du flanc… Mais je vous jure, JE VOUS LE JURE!!… Ces deux Japonais ne connaissaient pas Cobra!!!
Vous imaginez ma tête.
Et alors que j’étais ébahis, totalement sous le choc, mon interprète chinoise m’achève en ajoutant:
- Ils en ont déjà entendu parler par leurs parents, mais eux ne savent pas qui c’est.
Butain de mer.
Dans ces conditions vous comprendrez que l’article s’arrête ici. Continuer serait trop éprouvant: je vous laisse méditer au boulevard du temps qui passe.
Sayonara l’Asie!
Sayonara L’Asie!
Eh oui, l’Asie pour moi, c’est fini, puisque je suis désormais au Japon! QUE-WA?! Vous ne saviez pas que le Japon n’est pas un pays d‘Asie?? Et l’Angleterre, c’est un pays d’Europe peut-être?! Parfois vous me donnez l’impression que je perds mon temps à écrire des articles intelligents. Je vais donc me contraindre au registre habituel: con.
Avant de clore la page asiatique, je récupère mes notes pour faire un article un peu bâtard sur tout ce que j’ai oublié de vous raconter.
Sur le rapport des asiatiques aux blancs (fascination, mépris, défiance: les produits de beauté qui font tous blanchir la peau)
Sur les sports de chaque pays: Inde et cricket; Thaïlande et tennis-ballon; Chine et badmington au pied, Japon et base-ball.
Sur comment j’ai du justifier la défaite des bleus aux douaniers de la frontière malaise.
Sur la douanière de Singapour: une jolie fille (le seul endroit du monde où les douaniers sont des jolies filles aimables) qui m’accueille avec le sourire pour me demander si je viens à Singapour faire du shopping? Je lui réponds que pas du tout, que j‘arrive de Bangkok pour quelques jours de tourisme. Elle me demande si le shopping est bon à Bangkok? Je lui réponds que je n’en sais rien car je n’en n’ai pas fait. Elle acquiesce, me rend mon passeport et me souhaite « Enjoy your shopping in Singapour ».
C’était très marrant. Sur le coup.
Forcément cinq mois plus tard, raconté sur un blog, c’est moins drôle.
Le Pékin Moyen (suite)
La couche-culotte chinoise
Les couches-culottes coutent cher. Ils faut les équiper, et surtout il faut les déséquiper, ce qui est loin d’être une partie de plaisir, sauf pour les scatophiles (et comme ils sont nombreux à lire ce blog je tiens à leur dire que loin de moi l’idée de les critiquer).
Les Chinois n’ont pas ce genre de problème, la couche made in China étant dépourvue de tout inconvénient: il s’agit d’un trou dans le pantalon des gamins. Je ne vous parle pas d’un petit trou: je vous parle de découper tout le pan arrière du pantalon. Allez zou! De toute façon à quoi peut bien servir le recto d’un pantalon à part à retenir du caca? Les gamins n’ont aucune pudeur. Ils se baladent donc culs nus, en Chine, et quand l’envie leur prend: plouf ou plaf ou zbeurg (la juste onomatopée m’échappe) tout termine dans le caniveau. Ou ailleurs? Je ne sais pas, je n’ai malheureusement pas assisté à la pratique. Mais les pantalons sans recto je les ai vus de mes yeux vus.
En plus d’éviter l’enfer des couches aux parents, ils ont d’autres avantages:
- la couche, c’est confortable! Aucun bébé n’a envie d’arrêter de se faire caca et pipi dessus si ça implique qu’on lui retire ses couches. Alors que mettez-le cul-nul à Pékin en hiver, croyez-moi, il apprendra à se retenir en moins de deux!
- la couche est un formidable pare-fessée, et ça, votre môme le sait. Vous croyiez quoi? Ne soyez pas naïfs! Il sait pertinemment que tant qu’il continuera à se chier dessus, vos fessées seront sans effets sur lui. Il sait aussi que vous ne prendrez jamais le risque de le déséquiper de sa couche en pleine journée, vue l’énorme galère que ça représente… Et vous savez ce que dit l’adage? « Fessée délayée, fessée oubliée ». Les Chinois peuvent gifler les fesses du gamin à tout instant et enfoncer les ongles dans la chair sans s’inquiéter d’un quelconque pantalon. Autant vous dire que le petit sait à quoi s’en tenir!
- La couche empêche de tacher le pantalon, oui c’est vrai, mais elle écrase la merde partout sur les fesses du gamin. Alors qu’avec la couche chinoise (soit l’absence de couche: « la couche parfaite c’est la couche qui n’a pas de couche » dirait mon maître kung-fu) les crottes finissent directement à la poubelle ou dans le caniveau. Elles n’ont pas l’apparence d’une flaque de boue, mais celles de petites boules, qui rappellent certains fruits secs, et auxquels les Chinois doivent leur nom (c’est vous dire si le sujet, sous ses airs bon enfant, était loin d’être anodin).
Le déodorant chinois
« Le déodorant parfait, c’est le déodorant qui ne déodore pas » dirait mon Maître kung-fu. Les Chinois l’ont écouté, une fois de plus, puisqu’il n’y a pas de déodorants en Chine. Oui, vous avez bien entenlu, il n’y en a pas! Il y a du dentifrice, du shampoing, du spray de toute sorte en veux-tu en voilà mais il n’y a pas de déos! Naguère, rappelez-vous, j’en avais demandé un dans un supermarché, et je m’étais étonné qu’il n’y en ait pas, j’étais même allé jusqu’à faire des dessins aux vendeuses pour être sûr qu’elles comprennent bien (j’ai l’habitude maintenant: quand je vais acheter un truc c’est le jeu des mimes pour me faire comprendre… Même pour manger! Si je veux du poulet je fais la poule, si je ne veux pas de porc ou de bœuf je mime une vache et un cochon qui font « non » (non-non-nononon), si je veux une soupe à la carotte je mime une soupe à la carotte… -hyper chaud ça-). L’explication c’est que les Chinois transpirent peu ou pas. Ou qu’ils aiment l’odeur? Une prof de Chinois (m’a-t-on raconté) expliquait à ses élèves Européens que l’odeur ne dérangeait pas les Chinois. Ses élèves l’avaient regardée comme un monstre barbare… Aussi s’était-elle empressée d’ajouter que s’ils ne mettent pas de déo, c’est plutôt parce qu’il n’y en a pas (c’est logique).
J’ai tout même fini par trouver un déo dans une sorte de magasin géant rassemblant plein de petits magasins de bric-à-brac. Le mec vendait des vernis à ongles et autres bidules. Il a mis du temps à comprendre quelle bouteille je lui désignais, là-bas, au fond. Et quand il m’a filé le produit après que j’ai epayé, son assistante lui a demandé:
- Mais qu’est-ce que tu lui as vendu?
La bouffe chinoise
Je n’ai rien goûté de spécialement chinois en Chine. La seule découverte culinaire que j’ai faite c’est un EXCELLENT restaurant végétarien. D’abord le resto est superbe: on dirait une yourte géante; ensuite t’as cinq mecs qui sont là pour te montrer où est ta table; et puis la bouffe… Mais je vous en parlerai dans un prochain article sur l’aventure d’être végétarien!
Donc à part ça je n’ai rien goûté de particulier… Mais j’ai vu en revanche. Les lézards, vers, larves, mille pattes, hippocampes, étoiles de mer, scorpions embrochés que les Chinois vendent dans la rue.
Les scorpions sont vivants sur leur broche. Ils agitent leurs pattes en l’air pour tenter de se libérer, en vain… Ca sent la mort dans cette rue. Mais comme je n’ai rien vu de tout ça ailleurs, je doute que toutes ces choses soient au menu quotidien.
Je sais ce que vous allez me dire: « Toi qui veux être aventurier, comment ça se fait que tu n’aies pas goûté (espèce de lavette)? ». Dans ce cas je vous renvoie aux premiers chapitres sur la philosophie de l’aventure (je veux dire que la raison est une bonne raison, cachée quelque part, ici même, dans ce blog… D’ailleurs « la meilleure des raisons n’est-elle pas la raison qui n’a pas de raison? ». J’en suis convaincu).
Le publicitaire numéro 1 de Chine est…
Japonais! Jackie Chan n’arrive qu’en deuxième place, après l’indétrônable, l’omniprésent Doraemon, le chat bleu venu du futur! Doreamon n’est pas connu en France mais en Asie, c’est le toon de toutes les ventes, de tous les supermarchés: sur la bouffe, les t-shirts, les dentifrices, etc. En cherchant bien il doit même y avoir des préservatifs Doraemon, forcément, sinon qui donc les achèterait?
De ce que j’ai compris, Doreamon, bien qu’il n’en ait pas l’air, est un chat venu du futur pour aider un petit garçon nul à l’école. Même que dès qu’y a un souci, c’est Doreamon, qui s’y colle: il sort des objets du futur de sa pochette surprise et tout est résolu! Koji, (mon Japonais d’occasion de Birmanie) n’aime pas beaucoup ce chat-chantre du capitalisme, mais le ministre des affaires étrangères Japonais pense au contraire que c’est le premier ambassadeur de son pays. C’est aussi le personnage de manga le plus connu d’après les Japonais que j’ai interrogés. Je vous en dirai plus sur les mangas and co au cours des articles suivants…
Le Tokyo moyen
Je me rends bien compte que ce titre n’a pas la même force humoristique que « le Pékin moyen » mais d’un autre côté je me vois mal appeler les Tokyoïtes par leur nom officiel (les « Tokyoïtes »). Question de respect: vous vous imaginez vous, si on appelait les Parisiens les Parasites? Car c’est un fait, tous mes jeux de mots ne sont pas drôles, pourtant je m’accroche.
L’aéroport de Tokyo je connaissais déjà, pour y avoir passé douze heures il y a quatre. Je l’ai trouvé quasiment inchangé, mais on s’en fout. A peine dans le train vers la ville (une heure et demi pour la rejoindre depuis l’aéroport -quand même-) j’ai sympathisé avec deux Japonais (oui, des Japonais!) qui parlait un anglais très approximatif, leur souci de bien faire n’aidant pas à la fluidité de l’échange: ils réfléchissaient dix minutes avant chaque mot pour être certain de ne pas se tromper.
Dans ce premier train, j’ai été surpris de trouver « Astro le petit robot » (son nom japonais est « Atomic »!!!) sur les affiches publicitaires, car ce manga date un peu. C’est un peu comme un Astérix nippon finalement.
Les deux Japonais avec qui j’ai discuté étaient habillés tout en costume noir et comptaient un certains nombres de cheveux blancs. Ils étaient tout timides, et se recourbaient souvent sur eux-mêmes en parlant.

- Astro le petit robot serait en fait Atomic le petit robot? Leur ressemblance est frappante sur cette photo.
En fait, ce court voyage en train est à l’image de ce que j’ai découvert du Japon, pour l’instant. Une société qui m’impressionne énormément, une culture riche, fantaisiste, poétique… J’ai appris plein de choses en quelques jours, je vous en dirai plus dans un prochain article! Il y en a plein à venir en fait, tellement le Japon est riche en nouveautés… Et ils seront sûrement bâclés du coup, comme celui-ci, désolé! De toutes façons l’objectif principal de mes publications est désormais de vous pousser à l’achat de mon roman juste avant les fêtes de Noël… (mais chut! c’est un secret!)
Le chouette mur (the Great Wall)
- Le chouette mur, vu de près.
Il y a un attrape-touriste très populaire à Pékin, les Chinois en parlent tout le temps : ils appellent ça « le chouette mur » (« the Great Wall »).
En chinois ça se dit « tchang tchong ». J’ai éclaté de rire quand le mec m’a expliqué ça :
- Et « tching tchang » ça veut dire « petit réfrigérateur » tant que t’y es ?!
…lui ai-je répondu, comme ça, du tac-au-tac.
Hélas il n’a pas compris la blague (les Chinois n’ont pas d’humour) mais comme j’avais du temps à perdre j’ai fini par céder, et je suis allé voir ce mur.
Ce n’était pas la porte à côté, il a fallu se lever tôt. Les Chinois n’ont rien contre : en Chine tout se passe le matin, ça s’anime dans les parcs, ça travaille dans les rues, etc. (d’où ce surnom de « pays du soleil levant »). Un mini-van est venu me chercher à mon auberge, qui contenait une poignée de touristes ayant également cédé à la propagande locale. L’accompagnatrice m’a accueilli avec un p’tit déj’ MacDo, constitué d’un café extralarge et d’un burger à la viande d’animal mort (je ne saurais pas dire lequel). Nous avions trois heures de route devant nous… pour aller voir un mur ! C’est parce que le mur en question a plusieurs tronçons en fait, et aussi parce que nous allions voir le plus beau, le plus magnifique, le plus formidable tronçon (d’après notre accompagnatrice). Je n’en demandais pas tant : je voulais surtout voir le plus près.
Au bout de quelques heures de routes, nous avons effectivement aperçu un mur au sommet des collines voisines qui avaient parfois l’allure de montagnes… Je veux dire : les mecs n’avaient pas construit leur mur en bas, à portée de mains, mais EN HAUT ! Sur des pics qui étaient déjà infranchissables pour se protéger contre des envahisseurs ou que sais-je… mais n’importe quoi les types ! Personne attaquera jamais par là, faudrait être mongol ! Et j’imagine même pas le taf pour monter les pierres et tout…
Arrivés au pied des collines on nous a proposé de prendre les œufs pour grimper (c’est vous dire la hauteur : comme au ski). Les œufs n’étaient pas gratuits mais on n’a pas tellement eu le choix parce que l’organisatrice ne nous laissait que trois heures de libre avant le rendez-vous déjeuner, et que c’était ça ou marcher une heure avant d’atteindre le chouette mur.
Les œufs n’étaient pas tout neufs non plus, probablement construits à l’époque de Mao (l’homme qui disait: « S’il meurt un million de Chinois il en restera bien 999 millions »), je suis donc monté à l’intérieur le cœur léger, sans aucune crainte pour ma vie, surtout quand l’œuf a viré de bord parce que j’y mettais le pied et que l’accompagnatrice m’a prévenu :
- Attention à la tête ! Y a plein de westelns qui se blessent à chaque fois qui mettent du sang paltout.
Bon.
- La sérénité se lit sur le visage de cet innocent touriste qui voyage en toute sécurité.
L’ascension a duré son petit quart-d’heure, suite à quoi j’ai été réceptionné par une bande de buveurs de thé, et une petite Mongole à l’âge indéterminée (cinquante ans peut-être ?) qui m’a tenu compagnie aussi naturellement que si je le lui avais demandé. Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Apparemment c’était son taff de monter et descendre pour suivre les touristes.
- You keep going up and down ? lui ai-je demandé, You’re like a mongol-keeper then?
Et elle n’a pas ri… C’est fou, les Mongols n’ont pas d’humour non plus. J’ai donc pressé la cadence et quelques mètres plus loin j’y étais : sur le chouette mur.
Alors le chouette mur, c’est plutôt une sorte de grande muraille en fait, qui aurait été construite petits bouts par petits bouts qu’on aurait unifiés ensuite. Les Chinois en sont tellement fiers qu’ils ont même donné des noms à leurs petits bouts ! (moi aussi remarque, mais c’est une autre histoire) Un autre truc de fou qu’il faut savoir sur le chouette mur, c’est que c’est la seule construction humaine qu’on peut voir de la lune (les témoins sont unanimes). Et puis aussi, oui, comme je vous le disais, sa fonction est de protéger la Chine des invasions ennemies.
- Regardez bien la position des doigts! Le chouette mur de Chine est le seul endroit au monde où s’exclamer – hein hein, un hun! – a presque un sens.
Le concept serait original s’il n’était pas la copie conforme de notre glorieuse ligne Maginot, celle qui a retardé l’invasion allemande pendant deux bonnes journées, en forçant Hitler, acculé, à passer par les Pays-Bas et la Belgique (NB : Hitler n’était pas tout seul, contrairement à ce qu’on lit souvent, mais accompagné de ses soldats. Certaines sources prétendent même qu’il ne serait pas venu).
Bien sûr, le chouette mur des Chinois n’est pas aussi perfectionné que notre ligne Maginot (ça reste du made in China, hein): pas d’emplacement pour les canons, pas de souterrains et ils ne l’ont même pas peint ! C’est juste un mur je veux dire, moi aussi j’en ai un chez moi (j’en ai même quatre). Bon c’est vrai que celui-là on peut monter dessus, voir de l’autre côté et tout mais ça casse pas des briques, même si je comprends que ça impressionne dans un pays où les maisons sont traditionnellement faites en bois. M’enfin je me dis que c’est fou d’avoir mis autant d’argent et d’énergie pour construire un mur pareil… Parce qu’il est long, d’accord, mais je doute qu’il puisse arrêter les panzers allemands ! Lol ! J’en suis même sûr : les Chinois ont du bol d’être séparés de l’Allemagne par l’URSS.
Et puis le coup des tronçons, c’est un de ses bordels ! J’imagine l’architecte en chef qui gueule contre l’empereur parce qu’à chaque nouvelle victoire faut reconstruire sur la colline d’après, etc. En plus, de ce que j’ai compris, le mur n’est toujours pas fini même s’ils ont mis un coup de boost et redécoré certaines parties pour les J.O, pour faire style que tout allait bien (ça fait un moment qu’ils ont commencé quand même… la honte).
Par curiosité (eh oui, c’est ça d’être aventurier) j’ai décidé d’aller voir à quoi ressemblait l’extrémité du mur. J’étais accompagné de ma Mongole, très sympa, qui m’apprenait à dire des choses en chinois ou en mongolito et qui prenait des photos de moi (ce qui rendait sa présence tout de suite plus tolérable). En contrepartie je montais les marches au pas de course et je courrais partout pour lui montrer comment j’étais plus sportif qu’elle, bien qu’elle grimpe le mur tous les jours.
Le mur était vraiment long et je n’ai pas pu trouver la fin. Mais c’est vrai qu’il est chouette. Il faut avouer qu’à un moment, pour peu qu’on s’arrête et qu’on fasse abstraction de l’autoroute qui passe en bas, le spectacle de ses anneaux qui se contorsionnent au sommet des monts comme celui d’un anaconda géant fait de boue et de pierres (muses !! Mais muuuuuuses !! Ne me laisserez-vous donc jamais en paix ??) est à couper le souffle.
- Je l’ai tellement semée que j’ai eu le temps de la prendre en photo une fois arrivé au sommet! Alors? C’est qui le plus rapide? Hmm?
Je me suis avancé, seul face au terrible géant (ma Mongole reprenait son souffle trois cents mètres derrière) et j’ai crié le nom de l’âtman et diverses paroles mystiques, mantra and co pour révéler la poésie de l’endroit. Tout en chantant je parcourais des yeux, comme j’aurais pu le faire avec mes pieds, le chemin qui me séparait « du bout », perdu quelques part dans les vapeurs froides de monts indistincts que j’apercevais là-bas, au loin mais muses, merde maintenant ! Et cette putain d’autoroute qui continuait de vromfleuter ! Du coup je n’ai pas réussi à me projeter dans l’imaginaire, à voir les gardes sur les remparts ni les flambeaux aux tourelles… Ce que j’ai vu, à la place, ce n’était pas un mur, au contraire: c’était un chemin. Un chemin avec des briques d’or, le même que suit Dorothée jusqu’au pays d’Oz et qui s’enfuyait en dansant, là-bas vers l’immensité gondolante et… et… et… Putain de lettre à Elise ! Mon portable qui sonne. Vite, je rejette l’appel pour me raccrocher au rêve et là paf, texto ! C’est pas comme si je connaissais des masses de monde en Chine pourtant (mais bon 1 milliard d’habitants quand même, c’est forcé qu’y en ait qui t’appellent).
C’était mon maître Kung-fu qui disait :
« Le mysticisme n’est que mystique si la réalité est seulement limitée par ce qui peut-être mesuré par l’intellect et les sens. C’est pourquoi les scientifiques cherchent à comprendre la réalité alors que les mystiques s’entrainent pour l’expérimenter directement. »
Et encore une fois, il avait raison. Enfin je crois, je relis souvent son message : ça m’occupe dans les transports en commun (un peu comme d’autres jouent au sudoku).
Bref, après avoir essayé tout un tas d’astuces imaginationistiques pour enjoliver le tableau ou en recueillir l’essence (selon le point de vue) j’ai pris le chemin du retour, le long de la muraille, et même à travers les collines puisque mon amie Mongole connaissait un raccourci.
J’aurais pu insister pour qu’on se retape les marches histoire de l’achever mais au contraire, j’ai fini par lui acheter un de ses albums souvenirs à 100 yuans (que j’ai négocié pour 50).
Je m’en veux d avoir été faible.
J’ai retrouvé l’accompagnatrice et le groupe, en bas, à la cantine. Puis l’accompagnatrice nous a rembarqué en camionnette et ramené à notre aubergerie en moins de deux : nous étions de retour à 17h00 au lieu des 19h30 annoncées. Elle s’était débarrassée de nous.
- Vous ne me croirez pas si je vous dis que je me suis arrêté pour écrire un poème et que j’ai été totalement surpris qu’on me prenne en photo à l’improviste, pas vrai? Dire qu’il aura fallu faire des kilomètres juste pour pouvoir me vanter que j’y étais, alors qu’on peut voyager tellement plus facilement, de nos jours, grâce à photoshop.
Mais je m’en fous, ce qui comptais c’était juste que je puisse biffer la case « Grande Muraille » à côté de la Tour Eiffel, Le Taj Mahal, Angkor Wat etc. pour craner auprès des copains à mon retour.
Me manque plus qu’à voir les Pyramides, le Grand Phare, le Colosse de Rhodes , les Jardins suspendus de Babylone et j’aurais fait le tour de toutes les merveilles qui donnent des bonus à « Civilization ».
Je milite aussi pour qu’ils rajoutent la ligne Maginot dans Civilization VI, avec un bonus du genre : « Vous perdez automatiquement la prochaine guerre en plus de vous taper la honte », mais Sid Meier ne lit jamais ses mails.
Car permettez-moi de vous dire que vous êtes un con Monsieur Maginot, oui, un con ! Je sais que c’est risqué de ma part de déclarer des opinions aussi tranchées en public mais je l’assume, avec dignité et courage. Alors reconnaissez que vous aviez tort ! Si au moins votre ligne attirait autant de touristes que le chouette mur (qui lui non plus n’a servi à rien) mais non, que dalle, et qu’est-ce que vous avez à dire ? C’est ça, restez donc cantonnais dans votre mutisme.
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Meurtre à Beijing
Coup de bol, j’ai une amie à Pékin !
Une amie de dernière minute, c’est vrai, mais une bonne copine quand même, ceux qui ont lu l’excellente nouvelle « Méprise de risques » savent qu’il n’y a pas besoin de se connaître depuis longtemps pour s’apprécier.
On avait fait une demi-année d’étude ensemble, elle était partie à Taiwan, il y a quatre ans, tandis que je faisais mon stage à New Delhi, et voilà que nous nous retrouvions à Pékin (merci facebook).
C’est là qu’elle m’a invité à une « murder party ».
Qu’est-ce qu’une murder party ? C’est une sorte de jeu de rôle grandeur nature, qui se déroule le temps d’une soirée ou d’un dîner. Chaque participant reçoit une fiche qui décrit le contexte général de la soirée, ainsi que les personnages en présence, en plus du personnage qui lui a été attribué. Ce personnage a des objectifs et des secrets, tous mentionnés sur sa fiche.
C’est ainsi que je suis devenu le comptable Jacques Ferrol, le temps d’une soirée.
L’intrigue
L’intrigue était connue de tous.
Nous étions les invités de Paul Lahaye, décidé à annoncer ses fiançailles avec la belle Cordelia Gray, jeune mannequin américaine dont il avait raffermi la poitrine pour son propre bénéfice (Paul étant chirurgien-plastique de métier). Chacun des invités devrait réagir à cette annonce selon le caractère propre à son personnage et son lien avec les autres invités (tout étant décrit sur les fiches, il ne nous restait plus qu’à jouer).
Un autre évènement allait prendre les invités de court : Lydia Raped, la servante, qui serait retrouvée pendue dans la cuisine, alors qu’une diplomate du Lesotho (pays dont elle était ressortissante), ferait son entrée pour la rapatrier d’urgence (l’ambassade du Lesotho ayant été attaquée peu de temps auparavant : le hasard fait mal les choses).
Préparation
Cordelia et moi sommes allés faire nos courses. Il ne s’agissait pas d’acheter beaucoup de matériel, mais le minimum pour se plonger dans le jeu. Une cravate et des lunettes ont suffi pour ma part, des chaussures et un truc-à-plumes-qui-se-met-dans-les-cheveux pour la sienne. Chacun a fouillé ses tiroirs et c’était bien suffisant : ce qui comptait, c’était que tout le monde fasse un petit effort pour donner corps au jeu.
Entrée en matière
Comme je ne connaissais quasiment personne je ne sais pas à quel point les autres ont joué leur personnage et quelle part ils ont laissé au naturel. Le mien, Jacques Ferrol, meilleur ami et comptable de Paul Lahaye dont il vide le compte en banque (il est aussi l’amant de sa fiancée qu’il compte épouser une fois qu’elle lui aura soutiré son argent) était décrit comme un personnage introverti et discret, passionné par son métier.
Quand je suis arrivé on m’a pris à part pour vérifier que je connaissais mon background (j’ai rigolé dans la moustache que je m’étais fait pousser pour l’occasion : il y avait encore des gens pour ignorer que je suis acteur !! Voyez ce qui arrive quand on ne lit pas tous les jours l’EXCELLENT Nabolo-blog, et qu’on n’en parle pas à sa famille, ses amis, etc.) et puis on s’est mis à table, non sans vider quelques cocktails.
Tout le monde était très volontaire pour jouer le jeu, ce qui nous a permis d’entrer rapidement en matière… Peut-être un peu trop rapidement d’ailleurs. Lorsqu’on nous a annoncé le suicide de Lydia Raped, la servante qui s’était pendue dans la cuisine, la moitié d’entre nous discutait déjà du mobile de cet effroyable meurtre.
Le problème, c’est qu’il fallait concilier la découverte du cadavre et notre envie de boire et de bouffer. On a donc pris le partie de ne pas céder à la panique et de s’attabler, notre hôte ayant lui-même déclaré que ce n’était pas les servantes qui manquent par les temps qui courent : nous pouvions nous empiffrer le cœur léger.
SAUF QUE Serge Graham, un ami historien de Mariam (la fille de Paul) insistait pour nous gâcher la fête avec ses questions :
- Ca ne vous inquiète pas plus que ça le mort de la servante ?
Pour ma part je m’en chichoyais le troufougnou : mon objectif était de cacher les retraits que j’effectuais sur le compte de Paul ainsi que ma relation avec sa fiancée, tout en essayant de précipiter leur mariage et de découvrir pourquoi Fabien, le nourrisson de Mariam et Patrick (et donc le petit-fils de Paul) était de couleur noire. Ca pouvait avoir un lien avec le Lesotho où Paul et sa fille avait jadis vécu, le Lésotho étant un pays d’Afrique, avons-nous appris en cours de soirée (et chacun de se demander de quelle couleur de peau était son personnage)… Mais Serge menait l’enquête, doucement suivi de Mariam.
Patrick, ce beau-fils dénigré de Paul, répétait ses maladresses coutumières.
Matt, l’ami désargenté de Mariam (donc inintéressant à mes yeux de comptable), faisait profile bas.
Linda, la diplomate déléguée par l’ambassade du Lesotho et arrivée en cours de soirée (pour rapatrier la morte), profitait du repas.
Cordélia disait des conneries que je surveillais du coin de l’oreille pour éviter qu’elle foute tous nos plans en l’air…
…et Paul, fiancé trompé, ami trahi, beau-père espionné, prenait tout avec le sourire.
Eh oui, car chacun, autour de cette table, avait son petit secret qu’il devait préserver en même temps qu’il mettrait à jour celui des autres.
La machine était en route ; le vin n’roulait pas mal non plus.
L’arrivée de la police
Quelqu’un avait eu la mauvaise idée d’appeler la police, qui est venue nous déranger en plein repas.
La police était en fait jouée par l’organisatrice du jeu qui remplissait plusieurs rôles et s’assurait que le jeu évolue.
Elle nous a pris à part, les uns après les autres, pour nous interroger sur nos activités récentes et sur où nous nous trouvions au moment du meurtre… car c’était bien un meurtre ! La police avait même un mandat et tout : j’avais bien essayé d’opposer des arguments juridiques à son intrusion -juste pour faire chier- mais rien à faire (on a tout de même pu continuer à boire).
L’enquête a fait un bond en avant avec la découverte des « preuves » : des petits papiers disséminés partout dans l’appartement et qui en disaient long sur mes manipulations financières et sur les activités secrètes des autres invités.
Ca n’était déjà pas très clair avant, mais à présent on en arrivait à s’accuser les uns les autres de fraudes, traitrises, meurtres au fur et à mesure des coups de théâtres et des nouvelles preuves-surprises, révélant que Cordélia était en fait une gogo-danseuse ; que Patrick était un agent secret russe ; que Matt espionnait Paul ; que Linda avait eu le visage refait et travaillait pour la mafia de l’opium ; que Serge faisait du trafic d’enfants, etc.
Au milieu de toute cette luxure, ces traitrises et ces histoires de meurtres, un seul homme gardait le sourire : Paul, qui décidément le prenait à la cool… Au point que la police finisse par s’énerver :
- Mais Paul, réagis, gueule un coup là, merde !
- Linda, la diplomate Lesothane (comme vous l’aviez deviné à son physique) garde ses notes à portée de main, de peur d’oublier son rôle et ses indices.
C’était le moment ou jamais de raconter une des blagues de comptable que j’avais trouvé sur internet.
Cordélia continuait de débitait des conneries et cette sainte ni touche de Mariam, avec ses airs de petite fille sage, menait son père par le bout du nez et son fiancé par la baguette.
Et puis qui était ce Matt, soit disant adepte du tuning, et pourquoi diable avoir invité un pauvre à la table des Delahaye ?
Vivement que je me fasse la malle avec le fric de Paul, cette famille partait vraiment en couille, surtout quand Paul a déclaré qu’il avait l’intention de léguer sa fortune à sa fille ! Bien sûr on a tous réagi comme si c’était une bonne idée, des sourires, des félicitations, et cette salope de Mariam qui faisait mine de refuser. C’était le bon moment pour se demander tout haut d’où venait la couleur noire du petit Fabien ? D’autant que Serge, à ma droite, insistait pour rappeler qu’il était fréquent que les gènes noirs sautent une génération.
- Une génération toute entière ? s’est écriée Cordélia, impressionnée par la performance.
Cette conne ne comprenait décidément rien à rien… Mais je l’aimais, il faudrait faire avec. Serge a poursuivi en expliquant que son dernier livre traitait du viol des femmes blanches au Lesotho, et de demander à Mariam si par hasard elle n’aurait pas été violée ? Quel tact. Mais si Mariam n’avait jamais été violée, qui donc aurait pu l’être ? Car il fallait bien que quelqu’un le soit, Serge insistait sur ce point (ça sentait la preuve-surprise à plein nez). Un nom était sur toutes les lèvres (sauf sur celles de Paul qui reprenait du vin) : LYDIA RAPED !! La servante, originaire du Lesotho qu’on avait retrouvé pendue dans la cuisine… Bon sang mais c’était bien sûr !! Sauf que ça ne répondait pas à une question : de quelle couleur était ce personnage ? Blanc ? Noir ? Les deux, avons-nous découvert lorsque l’organisatrice nous a avoué qu’elle avait figuré le corps de la victime par un panda en peluche, auquel elle avait attaché un préservatif au bras… Peut-être pour nous faire comprendre qu’elle était sur le qui-vive depuis son viol ? Je ne sais pas trop, je me préoccupais plutôt de détruire les preuves concernant les virements que j’avais effectué avec les comptes de Paul, tout en faisant du pied à Cordelia.
Mariam a eu un choc quand elle a découvert que Patrick, son fiancé, était en fait Patroff, un espion russe chargé de surveiller son père (mais qui l’aimait quand même) alors que Matt faisait toujours du tuning, et que Marie-Lys, la première femme de Paul dont j’ai totalement oublié de vous parler, était morte des suites d’une mauvaise injection il y a quelques années, en 2001, personne n’étant vraiment sûr de la date à laquelle nous nous trouvions… Mais le vin était bon.
Certes on pataugeait un peu dans notre enquête, et l’alcool aidant « Mariam » était devenue « Myriam », « Linda » s’était changée en « Lyndia », mais la police était là pour tout remettre dans l’ordre et c’était bien agréable de discuter en jouant son personnage et de se réveiller tout à coup pour dire une connerie en rapport avec son background.
J’ai eu beaucoup de mal à faire de Jacques Ferrol un personnage introverti, (on peut même dire que j’ai raté) mais on était là pour s’amuser, et ça c’est réussi.
Conclusion et remise des prix
A la fin du jeu, l’organisatrice nous a posé quelques questions visant à comptabiliser nos points, comme par exemple qui était, d’après nous, le meurtrier de Marie-Lys, celui de Lydia, et la raison pour laquelle le petit Fabien était métisse ?
Après ça elle nous a proposé de voter pour nous remettre des prix : celui du meilleur acteur (Mariam), meilleur déguisement (Cordelia), meilleur enquêteur (Serge), personne la plus à l’ouest (Paul), personne la plus mystérieuse (Linda).
Personnellement, votre héros s’en est tiré avec le prix de « la cravate d’or » (ouf, l’honneur est sauf chers lecteurs de l’EXCELLENT Nabolo-blog !), ce qui je pense était largement mérité même si, comme d’habitude, j’ai préféré jouer la carte de la modestie.
En bref j’ai passé une super soirée et je vous conseille vivement d’essayer ce genre de jeux chez vous, avec des amis volontaires (s’ils ne jouent pas le jeu du début à la fin c’est pas la peine d’essayer).
Je vous laisse ici le lien vers un site où vous pourrez télécharger des scénarii selon le nombre d’invités, le budget, etc. Et si vous en faites une, svp, invitez-moi !!! XD
(10 Nabolo-points par invitations sérieuses :p)
Kung-fu power

- Le ying et le yang contredit les extrêmes: il y a toujours un peu de l’un dans l’autre.
Vous avez été nombreux (merci pour ton courrier Aline) à me demander ce que j’avais appris lors de ma formation accélérée de Kung-fu (quatre heures au MacDo, cinq heures sur tatami), or il me paraît totalement impossible d’essayer une résumance de la pensée spiritique de Skippy… Je vais toutefois vous narrer des bribes de cette aventure, en espérant qu’elle vous aide à trouver la voie vers un nouvel âge reminiscent.
Skippy m’avait donné rendez-vous à sa salle d’entraînement (qui se trouvait être son appartement). Là il m’annonce :
- Pour commencer je vais t’apprendre à lire l’avenir. Penche-toi en avant et baisse ton pantalon.
Je m’exécute sans poser de question, confiant en la sagesse du maître, et là qu’est-ce que je m’aperçois-je ?! Lui aussi baisse son pantalon !!
- Mais… mais tu vas m’enculer ??! m’exclamé-je.
- Ben tu vois, ça y est, tu lis l’avenir, conclut-il, satisfait.
Ah ça vous fait rire, pas vrai ? Vous voulez de l’humour encore et encore mais je me tue à vous dire qu’ici c’est la « partie philosophie » du blog, c’est marqué en bas à droite ! Merde !
Alors je reprends, sérieux cette fois.
Je suis bien allé dans l’appartement du maître (le mec doit avoir la trentaine, il parle au moins anglais, chinois, italien, allemand et il a voyagé partout en Asie et en Europe. Je me suis passé de lui demander s’il avait un diplôme et si oui avec quelle mention - voir l’article précédent) qu’il avait décoré façon salle d’entraînement.
Les trois-quarts de son living-room étaient occupés par le tatami, encadré de murs blancs, sauf au bout de la salle, qu’une large fenêtre inondait de lumière. Divers instruments martiaux étaient posés ici ou là.
Je ne vais pas trop m’attarder sur les concepts généraux du kung-fu que vous pouvez trouver sur internet et me focaliser davantage sur mon expérience.
Je précise toutefois que l’art que m’a enseigné le maître s’appelle le « Wing Chun », qu’il était notamment pratiqué par Bruce Lee et que mon maître fait parti de la troisième génération de disciples de Yip Man, le premier à avoir enseigné ouvertement la discipline.
Voilà qui parlera peut-être aux connaisseurs.
Le Wing Chun est un art martial qui ne recourt pas à la force, ce qui fait qu’il peut-être pratiqué par des femmes ou des personnes âgées… Ce qui m’arrange bien vu que je ne suis pas au top en ce moment.
Nous avons passé la majeure partie des séances d’entraînement à parler, de manière à ce que je comprenne la philosophie du Wing Chun. Je vais tenter de résumer tout ça, parlotte et exercices à la fois, en gardant le meilleur pour moi (faut pas déconner quand même).

- Deux pandas, en train de démontrer le principe du ying et du yang à un photographe inconnu.
Comme expliqué dans l’article précédent, mon maître n’accorde pas de valeur à ce qui n’a qu’une unique vocation. Ce n’est donc pas le cas du Wing Chun, dont les théories sur le combat peuvent s’appliquer aux relations interpersonnelles et à un tas d’autres domaines en général.
Pour m’expliquer comment fonctionne le Wing Chun, mon maître m’a fait une démonstration éloquente : il a pris un bambou et l’a appuyé contre le côté d’un ballon de basket qu’il avait posé sur le sol.
- Nabolo, ton objectif, pour maîtriser le Wing Chun, c’est de ne plus avoir d’autre forme que celle de ton adversaire. Tu dois devenir informe. Mais pour que tu comprennes où je veux en venir, imagine que tu es ce ballon de basket, et que ce bambou, c’est le coup de ton adversaire. Le Wing Chun t’enseigne quatre possibilités de réactions à ce coup.
Le maître appuya le bambou un peu plus fort contre la surface du ballon qui se mit à tourner, presque naturellement. Ce faisant il dévia le bâton vers le haut et se glissa en-dessous.
- Dévier par le haut et se glisser dessous.
Le maître remit le bambou en place mais cette fois le ballon roula vers le bas, ce qui fit glisser le bambou sous la sphère où le poids du ballon le maintint, bloqué contre le sol.
- Dévier par le bas et bloquer.
Deux fois encore il réapposa le bambou contre le ballon qui tourna de gauche et de droite pour se frayer un chemin tout droit, à la place originale du bambou.
- Dévier de gauche ou de droite et passer au milieu.
Ce qu’il me faudrait retenir de cette leçon c’est que le Wing Chun est basé sur la conservation de l’axe central. On ne fuit pas : on reste sur la même route. Mais on ne s’oppose pas non plus. On trouve le juste compromis entre ces deux solutions, qui permet d’avancer dans la direction originellement choisie.
- C’est comme si tu étais pris a parti, m’a-t-il dit, par un type, à l’épicerie de ton quartier. Si tu fuis il te menacera à chaque fois. Si tu l’affrontes, tu ne gagneras que si tu es le plus fort, et rien ne te dit qu’il ne reviendra pas le lendemain, armé ou avec ses amis. Trouve la voie qui te permet d’avancer, sans fuir et sans t’opposer.
Il m’a donné un autre exemple ensuite, en m’encourageant à le frapper à la tête. Forcément j’y suis allé doucement, mais il a voulu que je frappe plus fort, et je n’avais pas de quoi m’inquiéter pour lui parce qu’à chaque coup, il déviait mon poing avec un mouvement rapide de son avant-bras.
Il m’a dit :
- Tu vois, il y a plusieurs façons d’éviter ton coup. Soit je l’esquive, mais dans ce cas là je dois être le plus rapide, soit je le pare, mais dans ce cas là, mon bras doit être plus fort que le tien. Et puis il y a la solution intermédiaire, celle où mon bras rencontre le ton bras sans s’interposer directement, mais suffisamment pour détourner sa trajectoire, et regarde, frappe-moi encore…
Comme un con j’ai refrappé, ça sentait le piège pourtant. Il a levé le coude, à peine plus haut que la dernière fois, pour parer le coup qui arrivait de haut en bas. Mon poing a rencontré son coude (ce qui fait mal) et il a étendu l’avant-bras pour m’enfoncer le petit doigt dans l’œil.
- Tu vois m’a-t-il dit, je n’ai pas utilisé plus de force que toi, ni plus de vitesse…
Je voyais bien, mais plus que d’un œil. Lui a poursuivi :
- Le Wing Chun t’enseigne à utiliser d’autres moyens que la force pour vaincre. C’est bien d’être fort, mais ça ne dure pas. Le Wing Chun est un art que tu peux employer toute ta vie et sa pratique ne fait pas souffrir ton corps, au contraire : elle l’entretien et le protège.
Le point de vue se discutait en ce moment même. Heureusement nous sommes passés à l’exercice suivant.
Le jeu de la poussée tranquille éternelle
On s’est mis debout, face à face, paumes des mains collées les unes aux autres.
Ma mission était de maintenir une poussée constante des avant-bras, de manière à étendre les bras. Le truc c’est que je ne devais pas augmenter la force de la pression, à aucun moment, et ne pas tomber non plus s’il enlevait soudainement les mains.
- Ca c’est pour t’apprendre à ne pas te livrer. Quand tu utilises ta force, tu te livres : tu projettes ton corps dans une direction dans laquelle il m’est ensuite facile de te pousser. Apprend à maintenir une pression sans te projeter, et tu seras moins vulnérable.

- Le ying et le yang sont même connus en occident où ils ont longtemps influencé la mode.
Le jeu du corps glissant comme la grenouille humide de rosée du matin
Il m’a demandé de me mettre debout, tronc face à lui, pieds dans sa direction mais jambes écartées : une devant, l’autre derrière… Rien que ça j’ai eu du mal à le faire, du moins en conservant l’équilibre.
Comme je galérais il m’a invité à trainer ma jambe arrière, comme un poids mort, puis à réessayer de me positionner. Cette fois c’était bon, j’avais trouvé l’équilibre ! Selon lui c’est que je n’écoutais pas assez mon corps et qu’il lui avait fallu faire un détour pour me forcer à utiliser les bons muscles.
Il m’a ensuite adressé des coups, à vitesse lente en m’expliquant comment « glisser dessus ». Il fallait accepter le coup et se laisser entrainer dans la direction qu’il empruntait : ne pas le fuir, ne pas l’opposer mais se laisser porter par lui jusqu’à le contourner.
Le maître s’est amusé que, ayant compris l’exercice, j’essaye parfois d’anticiper et il m’a invité à continuer l’exercice les yeux fermés.
Très intéressant, mais je pense qu’il faut une sacrée pratique pour appliquer ça en baston sans se faire dégommer.

- Même les plus grandes stars ont connaissance des principes du ying et du yang. Leurs vies entières en sont parfois un exemple.
La lutte gracile du pélican parfumé
Puis il s’est positionné face à moi, même position de jambes mais nouveau jeu : essayer de se déséquilibrer sans employer la force, de facto, puisque si j’employais la force c’est moi qui tombais : il lui suffisait alors de me pousser dans la direction où j’essayais de le pousser moi-même après avoir glissé le long de mes bras.
De l’extérieur (de la fenêtre des voisins d’en face par exemple) ça devait paraître étrange.
Nous étions au corps à corps, nos bras tournant autour de nos bras, toujours en contact afin de déceler l’intention de l’autre dans ses mouvements.
Je n’ai réussi à le déséquilibrer qu’une fois. Ca n’a plus été possible ensuite, car il s’est concentré mieux, jusqu’à devenir une boule, glissante, partout où j’appuyais.
Nous avons fait quelques autres exercices, mais ce serait vain d’essayer de vous les expliquer sans vous expliquer d’abord ce qu’est le Qi.
Le Qi
Le Qi, en gros, c’est l’énergie vitale qui circule dans tous les êtres vivants.
Le problème c’est qu’il circule plus ou moins bien selon différents critères. Les pratiquants du Wing Chun essayent d’améliorer sa circulation au travers de différents exercice. Mon maître m’en a enseigné un, à pratiquer une demi-heure tous les jours pendant cent jours, tout en menant une vie saine (pas de cuite ; se coucher avant minuit pour respecter l’horloge interne du corps, etc) et m’a dit qu’avec du bol, je pourrais peut-être sentir mon Qi… qui est l’ennemi du qiqi (m’a-t-il confié à cette occasion), car l’activité sexuelle épuise l’énergie vitale, stationnée dans les reins.
- Rappelle-toi que le plaisir éloigne du pouvoir, m’a-t-il appris.

- Pour apprendre à voler, Videl doit d’abord apprendre à maîtriser son Qi (mais c’est finalement le qiqi de San Gohan qu’elle maîtrisera le mieux, ce qui donnera naissance à la petite Pan, dans des épisodes de merde que je conchis).
Il y a plein de manière d’améliorer la circulation de son Qi, outre les exercices, l’environnement est important aussi : il y a des sons et des musiques qui font du bien au corps, comme le chant des oiseaux et le glouglou d’une rivière, des sons auxquels le corps a été habitué des milliers d’années durant.
Le maître m’a parlé d’une expérience qui avait été faite sur un arbre parasité.
On avait passé différents types de musique à l’arbre pour voir comment les parasites réagiraient. La musique classique n’eut aucun effet, pas plus que le jazz ou les chansons de Francky Vincent… Mais lorsqu’on leur avait passé du heavy metal, les parasites avaient cessé de se reproduire. Et mon maître de conclure :
- Tu vois Nabolo, il y a des sons qui ne vont pas dans le sens de la vie. Ce sont des sons négatifs. Fuis ce qui va contre le sens de la vie, et suis ce qui le suit.
La question baston :
C’était bien beau toutes ces techniques d’esquive et tout ça mais je me posais une question.
Au rugby ou même lors d’une baston, l’impact des coups est amoindri par le fait qu’on se prépare à les recevoir, comme si on levait devant soi une barrière protectrice. Ce qui explique qu’un mauvais tacle au foot fasse plus mal qu’un bon placage au rugby : parce qu’on y est pas préparé.
Si j’étais « informe » comme il le conseillait, et que par malheur, lors d’une baston de rue, je ne parvenais pas à glisser sur le membre adverse pour éviter le coup, j’étais bon pour avoir mal (très mal).
Le maître a approuvé et reconnu l’existence de la barrière protectrice que j’évoquais. Il a même voulu me faire une démonstration (hélas) et m’a invité à cogner mes deux avant-bras contre les siens, encore, encore, encore… Au bout de cinq à six coups j’avais l’avant-bras tout gonflé, lui rien.
- Tu vois ? L’impact est le même pour nous deux et ta barrière protectrice est levée, mais j’ai moins mal que toi, tu sais pourquoi ? C’est parce que le Qi circule mieux chez moi. Quand nous faisons cet exercice, je change quelque chose dans mon corps qui me protège de la douleur. Pour appliquer le Wing Chun tel que je te l’ai enseigné, tu dois d’abord développer ton Qi. Certaines personnes le développent tant qu’il tourne en eux de manière permanente, à très grand vitesse. Quand tu les touches, c’est comme mettre ta main sur une toupie géante : elle va si vite que ta main est éjectée au contact. Les personnes qui ont développé la circulation de leur Qi à ce niveau là sont très dangereuses parce que, si tu les combats, leurs coups peuvent influencer tes cellules et tu risques d’avoir des séquelles à terme ou développer un cancer.
Certains prétendent même (ai-je lu sur internet) que c’est ce qui aurait tué Bruce Lee, mort quasi-inexplicablement à l’âge de 32 ans : il aurait reçu ce « touché de la mort » quelques semaines auparavant.

- Yip Man et Bruce Lee, en train de jouer à la lutte gracile du pélican parfumé.
Nous avons poursuivi avec un exercice de bâton, qui devait me permettre de mieux écouter mon corps. Il s’agit de balancer un bâton à bout de bras et de se laisser guider par lui. Difficile à retranscrire par écrit mais à la fin, c’est vrai que, même après cinq heures seulement de formation, je sens mon corps différemment. Comme si j’avais pris conscience de mon Qi, et que je le sentais par instant. J’ai même fait l’exercice que le maître m’a recommandé aujourd’hui, pendant quinze minutes dans la salle de bain, et j’ai clairement ressenti l’énergie crépiter entre mes bras (à moins que ce soit une crampe).
Le Qi est partout donc, c’est la vie, capable de s’influencer elle-même. On peut le comparer à la « force » des chevaliers Jedis de StarWars, sauf qu’il existe vraiment, ici sur Terre, j’ai commencé à le percevoir.
Je ne vais pas essayer de vous convaincre de son existence, chacun ses expériences et son cheminement. Mais en quelques heures j’aurais appris beaucoup de choses sur un tas de domaine, jusqu’à obtenir un gros bonus en sagesse (une caractéristique non négligeable et ô combien plus intéressante que l’intelligence). Assez inattendu en fait : je ne pensais pas que cette aventure m’ouvrirait tant de nouvelles perspectives.
Le rapport du corps à la nature
Ce que j’aime le plus, dans tout ce que j’ai appris sur le Kung-fu, le Wing Chun ou le Taoïsme (car ces trois domaines sont liés), c’est le rapport du corps à la nature (voir à ce sujet l’article : La philosophie de l’Aventure : comprendre le langage du corps, des animaux et des plantes).
Mon maître m’a notamment conseillé de faire mes exercices près d’un vieil arbre, centenaire si possible, parce que son Qi sera plus important que celui d’une jeune pousse et qu’il pourra influencer le mien positivement. Il m’a aussi recommandé de ne pas faire mes exercices à la pleine lune parce que je risquais d’y perdre tout mon Qi (la lune l’absorberait d’après lui).
J’avais tellement envie de croire en notre rapport à la nature que je suis ravi de découvrir tout une philosophie basée là-dessus (je me réveille un peu tard : le taoïsme existe depuis un bout de temps…).
La partie qui concerne les cinq éléments est aussi très intéressante et, comme le Wing Chun, elle n’a pas qu’une unique vocation : on peut l’utiliser dans plusieurs domaines. Je vous donne un exemple :
Il y a cinq éléments qui correspondent chacun à une saison, une partie du corps, une humeur, etc.
Ces éléments sont : le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau.
Il existe des équilibres entre ces éléments qui s’appliquent aussi aux sous-éléments qui leurs correspondent.
Par exemple si le bois correspond à la colère, le feu à la joie, la terre aux pensées/soucis, le métal à la tristesse, l’eau à la peur, et que le métal vainc le bois (il coupe), le bois vainc la terre (il creuse), la terre vainc l’eau (elle comble), l’eau vainc le feu (elle éteint), le feu vainc le métal (il fond), les humeurs correspondantes à ces éléments s’annulent les uns les autres selon le même équilibre.
Pour vaincre la colère de quelqu’un, mieux vaut employer la tristesse (désarmante) plutôt que de se mettre en colère soi-même, ce qui nourrirait la colère de l’autre, etc.
Conclusion :
Je n’ai pas trop appris à casser la gueule aux gens, mais j’ai débusqué une grosse source de poésie.
Il y a de la magie dans l’enseignement du kung-fu et les histoires qui y sont liées, de l’aventure, du positif : ça va dans le sens de la vie.
Il est bon de se promener dans cette direction.
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