Archive pour octobre 2010
La bite (+18)

- Sur le Nabolo-blog, les mineurs ne lisent pas la même chose que nous et cela peut avoir de graves conséquences : difficultés à s’endormir, cauchemars, angoisses, banalisation de la violence, agressivité. Pour les protéger, respectons le label (+18)!
(le « +18 » signifie que l’article risque de choquer les mineurs, rien à voir avec la taille du sujet étudié)
Aujourd’hui je vous parle d’un sujet qui m’a été réclamé par la petite Emilie, 13 ans, de Champigny-sur-Marne : la bite.
Nous ne nous intéresserons pas à son usage sexuel, il y a des sites spécialisés autrement mieux informés (modestie quand tu nous tiens !) qui étudient le sujet en long et en large. Non, nous parlerons de son usage ludique, dont on traite si peu souvent, au grand désespoir de toutes ces femmes qui rêvent de savoir ce que ça fait « d’avoir une bite » et quelles sont les choses merveilleuses qu’on peut faire avec.
Alors la bite, c’est génial ! Oh que oui, vous avez raison d’être jalouses ! La bite ? On peut la tripoter quand on s’ennuie ; on peut la mettre du côté gauche OU du côté droit ; elle sert de periscope dans la baignoire ; quand on fait pipi on peut appuyer dessus et empêcher le pipi de sortir : ca fait comme un tuyau d’arrosoir dans les premiers Disney, quand Dingo marche sur le tuyau sans faire attention et que ca gonfle, gonfle, gonfle et… BOUM ! HAHAHAha ! (non je déconne, ça fait pas vraiment comme ça. Mais presque.) Certains (comme le dictionnaire Larousse) prétendent même qu’on peut se servir de la bite pour amarrer les bateaux, mais perso je suis pas convaincu.
La bite est tellement géniale que je m’étonne qu’il n’y ait pas encore de « fête des bites », au moins une fois par an. Mais son instauration ne saurait trop tarder et c’est dans cet esprit j’ai adapté un petit poème, de ceux qu’on destine aux mamans pour leur propre fête (l’original est sur ce site) :
C’est beau ! De quoi s’étonner que la France soit si pauvre en poètes de qualité depuis quelques décennies…
En tous cas, avec la bite, on peut faire plein de trucs : des plus ou moins ardus, des plus ou moins fantaisistes, et en exclusivité pour l’EXCELLENT Nabolo-blog, voici cinq tours de passe-passe, pour vous, mesdames (les garçons connaissent déjà), si jamais vous décidez de vous faire opérer :
Jouer de la musique avec sa bite :
Comme avec n’importe quel instrument, cela nécessite un peu de préparation. Saisissez votre bite par la podubout (pas avec les ongles) et étirez-la jusqu’à son maximum. Répétez l’opération de trois à quatre reprises (notez que l’exercice est plus facile par temps chaud).
Une fois que la podubout est bien étirée, elle pendouille sur votre bibou. Saisissez alors votre bite à la base et balancez-la de gauche à droite, ou de droite à gauche (selon vos convictions politiques). Bon ! Vous avez l’instrument bien en main ! Frappez-en l’intérieur de votre cuisse gauche (ou droite si vous êtes gaucher) : votre bite produit un son guttural particulièrement drôle qui vous permettra d’égayer vos soirées !
Notez que la bite est l’unique instrument de musique qui ne se joue que d’une main, ce qui vous laisse l’autre main pour jouer d’un quelconque autre instrument de musique qui ne se jouerait que d’une main !
Transformer sa bite en foufoune :
Comme pour le tour précédent, saisissez votre podubout avec une main, mais pas avant d’avoir passé la main sous l’entre-jambe, cette fois. Allongez ensuite votre bite en la tirant vers l’arrière jusqu’à ce que sa base disparaisse entre vos testicules : en effet, la peau des testicules se replie par-dessus, donnant à votre bite l’apparence d’une motte de chair avec une fente au milieu, l’exacte réplique d’une foufoune !! Magique ! (pour un meilleur effet : se raser avant).
Soulever des objets avec sa bite :
Il faut tout d’abord mettre sa bite en état d’érection. Ce n’est pas dur, la chambre de votre sœur est à côté : faufilez-vous discrètement à l’intérieur pendant qu’elle regarde Secret Story, et subtilisez la version blonde de sa « barbie pétasse ». De retour dans votre chambre, retirez-les vêtements de la poupée. A présent vous pouvez déplacer des trombones et des ciseaux en vous faufilant à l’intérieur ! Pratique !
S’enflammer la bite :
Vous avez besoin d’un alcool fort, voire d’un petit pot d’essence si vous pouvez vous en procurer. Aspergez votre bite du liquide inflammable choisi puis, à l’aide d’un briquet (ou d’une allumette), mettez-y le feu. Et voilà, le tour est joué : votre bite brûle !
Pratiquer la bifle :
La bifle est une technique secrète issue d’arts martiaux ancestraux. Mal exécutée elle peut-être mortelle pour celui qui la pratique. Son nom vient d’un mélange de celte et de latin, et plus précisément des mots « bite » et « gifle », la bifle consistant à gifler de la bite un de ses contemporains.
La partie pratique de cette technique n’est pas tellement compliquée, une bonne part de la réussite de l’opération étant conditionnée par l’effet de surprise (à moins d’avoir une très longue allonge). Le plus difficile à gérer est donc la partie mentale, afin d’obtenir le bon « feeling » qui permettra de choisir une cible pas trop nerveuse et d’anticiper sa riposte… Bien exécutée, la bifle est l’arme d’humiliation suprême. Je n’ai eu à y recourir qu’une seule fois, chers fans, mais l’histoire vaut la peine d’être racontée, dans…
« COMMENT J’AI BIFLÉ MON PÈRE »
Par un auteur anonyme

- Mon père vu de dos.
Août 2009. Il faisait chaud, c’était l’été… Ma bite pendait allègrement sous ce maillot de bain que je conserve tout au long des vacances. Je venais de me retaper toute ma collec’ de « Picsou géant » et je ne trouvais plus rien à foutre.
C’est alors que j’aperçus le crâne chauve de mon père, luisant au soleil, là-bas, sur la terrasse. Il était 17 heures, l’heure qui suit sa sieste et précède son apéro, l’heure à laquelle il aime à se plonger dans des romans tels que « Le bûcher des vanités », « Nouvelles du paradis », « Cent ans de solitude », ou d’autres conneries que je n’ai pas lues rien que parce qu’il me dit toujours que « tu devrais lire ça, toi qui veux devenir écrivain », comme si le fait de vouloir écrire oblige qu’on s’intéresse à la concurrence. Rien que d’y penser, ça m’a foutu les boules : c’était le moment ou jamais de faire table rase de mon complexe d’Œdipe ; de tuer le père : c’était le moment ou jamais de lui coller une bifle !!
Je me suis approché, subrepticement : le bougre s’était lové dans une chaise longue, s’y croyant à l’abri. Je voyais le reflet de son visage dans ses grosses lunettes, penchées au-dessus de son butin de bouquin (butin : le juron de l’aventurier !). Il n’a pas bronché quand j’ai sorti ma bite. Ma sœur n’était pas loin, elle m’a vu amorcé un mouvement de hanche et a juste eu le temps de crier :
- Mais qu’est-ce que tu fais ?! Nooooooooooooooooooooooooooon !!
Trop tard. Grâce à la formidable élasticité de mon appendice spongieux, le coup avait porté comme l’éclair : PAF ! (ou plutôt : « peuf ! ») Je venais de tuer le père au nom de ma sœur aussi. Le son a retenti comme le symbole de cette guerre générationnelle qui tarde tant à se déclarer entre les enfants-de-la-télé et les baby-boomers. Mon père n’a pas réagi tout de suite. Il a vaguement tourné la tête, faisant mine de n’avoir rien senti. Puis, m’ayant découvert l’arme à la main, il a grogné :
- Oh putain ! Fous-moi la paix avec tes conneries. C’est un super roman, ça, en plus, tu sais ? Tu devrais le lire, toi qui veux devenir écrivain.
Voilà.
C’est tout.
Je n’ai rien obtenu d’autre qu’un fou rire de ma sœur.
Les soixante-huitards sont trop forts : on n’arrivera jamais à les détrôner. Ils nous passent tout et même la bifle, la terrible bifle mythique portée en pleine tête ne parvient pas à les outrager.
C’est pas demain la veille, bon dieu, de leurs adieux.
*
C’est fini pour aujourd’hui les amis ! La semaine prochaine : la couille.
Shanghai – Exposition universelle: premiers pas la tête en bas!
Ayé ! J’ai quitté l’Inde, ce mini-continent à lui tout-seul, ce pays des merveilles où tout peut arriver parce que tout le monde est fou… Ce qui est fatigant à force : ça va me faire du bien de faire une pause dans toutes ces divagations qui, je le sais, vont me manquer tout de suite après. Le choc culturel Indien est plus fort au retour qu’à l’aller, je m’en étais déjà rendu compte la première fois et rebelote ce coup-ci.
Je retourne en Asie donc, la vraie Asie, celle avec des chinois. Ce qu’il faut savoir c’est que les chinois d’Asie ne sont pas tous des chinois. Ils sont chinois oui, mais ils portent d’autres noms selon les pays. Seulement cette fois-ci, je vais chez les vrais Chinois de Chine, ceux qui marchent la tête en bas, qui ont inventé les panzanis, les feux d’artifices, le thé et qui mangent du chien… Beurk ! Dégueulasse ! Ils peuvent pas bouffer des grenouilles et des escargots comme tout le monde ?!
Faisant fi de mon a priori à l’encontre de cette culture barbare, j’ai donné l’autorisation à l’avion d’atterrir à l’aéroport de Hong Kong.
J’ai tout de suite été déçu par la Chine, les grandes villes du monde sont décidément partout pareil et Hong Kong n’échappe pas à la règle : c’est un grand melting-pot de gens qui trimballent leurs valises d’un bloc de béton à l’autre, les quelques espaces verts qui restent étant occupés par des avions.
Mais en tant qu’aventurier je me suis juré de ne pas m’en tenir aux apparences et c’est pourquoi j’ai accepté de monter dans un nouveau jet (en fait il s’agit d’un avion, mais je voulais éviter les répétitions), en direction de Shanghai cette fois, non sans farfouiller dans les magasins de l’aéroport afin de m’informer sur de potentielles occases. Dans cet esprit j’ai demandé au vendeur de combien les prix y perdaient en taxes ?
- Rien du tout m’a-t-il répondu, debout à côté d’un panneau « Duty free ! », il n’y a pas de taxes à Hong Kong, c’est le même prix partout pareil.
J’ai aussi du passer par tout un tas de contrôles de sécurité anti-terrorisme, le genre de mesure qui n’empêche pas des attentats mais multiplie leur efficacité.
Depuis quelques années il est interdit d’avoir des liquides sur soi. Je me demande pourquoi on ne nous demande pas direct de venir en pyjama, histoire qu’on n’ait vraiment rien de dangereux dans nos poches, parce que si je peux détourner un avion avec une bouteille d’eau, j’imagine même pas le carnage que je peux faire avec ma ceinture ou les quatre vis de mon téléphone portable.
A cette heure matinale, j’étais le seul passager au poste de vérification des bagages à main, mais l’officier Chinois a insisté pour glisser sa plaquette numérotée dans le fond de la bassine où j’avais posé mes affaires pour les passer aux rayons X… Il a récupéré sa plaquette un mètre plus tard, exécutant ainsi la procédure à la lettre et confirmant l’idée que je me faisais du rapport à la loi qu’entretiennent les gens de ce pays.
Découvrir un pays c’est avant tout découvrir sa culture. Quand je voyage c’est ma ligne de conduite : voilà pourquoi j’ai choisi de regarder « Karate kid » plutôt que « Iron man 2 » sur mon écran d’avion. J’ai même poussé la curiosité intellectuelle jusqu’à jouer à un jeu qui permet de retenir les mots chinois (je sais désormais dire « chat/mao » et « chien/gao »).
J’avais des amis à voir à Shanghai et, outre cela, la fameuse « Exposition universelle », celle qui avait donné naissance à la tour Eiffel en 1889. Le problème c’est que le concept n’a pas beaucoup évolué depuis, et qu’entre temps un tas de gens sont allés à Disneyland… L’Expo ne tient pas la comparaison.
(pause : je vous écris du starbuck de l’aéroport de Shanghai où j’attends mon vol pour Beijing et j’arrête ma narration pour vous signaler qu’EN CE MOMENT MÊME ils passent Tino Rossi, « Il est né le divine enfant » comme musique d’ambiance. C’est pas une blague !! Vive la mondialisation…)
Le parc de l’Expo est grand au point qu’on s’y déplace en métro. Il y a du monde, beaucoup de monde (ils ont atteint la barre des 1 million de visiteurs par jour) ce qui fait que peu de pavillons sont accessibles… Car pour ceux qui ne le savent pas, l’expo universelle permet à chaque pays de présenter un « pavillon » sur un thème donné ; cette année : « une ville meilleure pour une vie meilleure ».
- J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un pavillon mais ce que vous voyez sur cette photo est en fait la pissotière ultra-moderne de l’expo, avec gyrophares intégrés.
Le pavillon de la France est triste à pleurer. C’est un bloc blanc avec rien à l’extérieur et des bandes d’herbes le long des murs à l’intérieur, plus des couloirs où des vidéoprojecteurs passent des images de la tour Eiffel, autour des stands Citroën, Vuitton et Michelin. Le parrain de l’expo est Alain Delon, ce qui en dit long (justement) sur les messages d’avenir et d’espoir que lance notre pavillon.
J’aurais aimé voir les autres pavillons Européens pour comparer, mais ça n’a pas été possible : mon passeport ne m’octroyant l’accès prioritaire qu’au seul pavillon Français, ce qui est d’autant plus navrant que je me sens profondément Européen. J’ai d’ailleurs souvent l’occasion de prouver ce sentiment d’appartenance, par exemple lorsque je ne donne pas de pourboire au restaurant et que le serveur, une lueur de revanche dans les yeux, me demande d’où je viens ? Là je réponds sans faillir que je suis Allemand ; si je suis pris à mentir ou à exagérer, j’explique que c’est à cause de mes racines Italiennes ; ou quand il arrive qu’une odeur malpropre remonte le long de mon short jusqu’aux narines de mon voisin d’ascenseur, je suis inévitablement Anglais (en revanche lorsque je propulse une belle étrangère au septième ciel et qu’elle me demande si tous les Francais sont comme ça ? Je lui rappelle bien sûr qu’il ne faut pas faire de généralités).
Quand je me suis présenté au pavillon Belge ET Européen, comme ils l’appellent eux-mêmes, les gardiens m’ont refusé l’entrée. J’ai insisté, ils ont levé les yeux au ciel. J’ai eu beau argumenter que la Belgique ferait bientôt partie de la France ; que c’était un tout petit pays, etc. Ils n’ont pas voulu me laisser passer… ’décidément à cheval sur le règlement ces Chinois !
Pour me venger je suis allé faire chier leurs compatriotes en passant devant leurs appareils photo au moment où ils photographiaient. Je ne l’ai pas forcément fait plus exprès que d’habitude (les Chinois prennent des photos de partout) mais cette fois j’en ai retiré le plaisir de la vengeance. Et j’en avais des raisons de me venger, surtout contre mes pires ennemis : les bébés à poussettes !
Alors les bébés à poussettes c’est des mecs, ils viennent, ils comprennent rien à ce qu’ils voient mais c’est eux qui prennent le plus de place dans la queue, sans compter que les ¾ du temps ils sont prioritaires. Et demandez à un bébé ce qu’il a pensé de l’expo ? Il s’en biberonne les castagnettes !
En passant devant le pavillon Serbe j’ai ressorti mon passeport Français et je me suis présenté comme Européen… La file d’attente « prioritaire » était vide. C’était plus pour rendre service qu’autre chose que j’ai demandé, mais ils m’ont refusé le passage quand même, et idem au stand de Monaco, bien qu’ils ne sachent pas où ça se trouve et quoi que je les ai prévenus qu’on pourrait l’envahir à tout instant.
Bref, l’Aventure m’avait dit d’aller voir l’Expo. Et voilà qui est fait. A présent je suis arrivé à Pékin où je me repose un peu, en banlieue. Je n’ai donc pas encore visité le Pékin moyen auquel on m’a si souvent comparé, mais ça ne saurait tarder. Si l’Aventure est là-bas, je vous préviens.
La France racontée à un étranger, par un Français de l’étranger
Lorsque vous voyagez, les gens vous demandent souvent d’où vous venez, et parfois, où vous allez…
Voilà c’est tout, fin de l’article : vous en avez suffisamment appris pour aujourd’hui.
Je poursuis pour les trois fayots du fond qui restent après les cours (Alix es-tu là ?).
…et à force de décliner votre identité, vous finissez par vous demander à quoi elle tient.
Si un Indien me demande « d’où tu viens ? » il s’attend à ce que je lui réponde un nom de pays. Une fois que j’ai répondu « France », il hoche la tête et c’en est fini des questions : il sait déjà tout ce qu’il voulait savoir sur moi, il ne me demandera ni mon nom, ni mon âge, ni la couleur de mon slip (d’autant que je porte des caleçons).
Dans ce cadre-là, mon identité, c’est le mot « France ». Mais qu’y-a-t-il derrière ? Tout ce que les gens y mettent. Ca varie d’un lieu à l’autre, d’une personne à une autre, mais les éléments récurrents constituent la fiche d’identité de ce pays à l’étranger, avec des tendances diverses selon les continents, pour des raisons culturelles, historiques et géographiques. C’est cette fiche d’identité que je donne quand je déclare mon origine, en me la tatouant du même coup sur le front. Je n’ai pas le choix.
Deuxième étape : lorsque les relations s’approfondissent, mes amis étrangers, qui me reconnaissent désormais comme individu, avec des qualités propres, aiment à passer en revu ce qu’ils lisent sur la fiche d’identité du mot « France », pour voir si ça colle avec ce qu’ils ont trouvé chez moi. Si ça colle ils le soulignent, sinon ils enquêtent pour en savoir plus sur le pays dont ils fréquentent un des ressortissants… On pourrait dire « un des ambassadeurs » : mes faits et gestes, en Inde, seront associés au mot « France », ils seront enregistrés sur sa fiche.
Si je mange mes crottes de nez dans un rickshaw, et que le chauffeur n’a jamais vu d’autres Français de sa vie, il partira du principe que tous les Français mangent leurs crottes de nez. S’il croise un deuxième Français qui fait la même chose, cette conviction sera d’autant plus ancrée dans son esprit… Et si, au lieu d’être le premier, je suis le troisième qu’il rencontre, en apprenant que je suis Français, il me demandera peut-être : « Tu veux une crotte de nez ? ».
Parfois, quand je veux jouer au mec ouvert d’esprit, je dis que je suis « citoyen du monde ».
Si elle est dite au premier degré, qu’elle n’est pas simplement une manière de faire comprendre qu’on n’est pas un nationaliste réactionnaire, cette phrase comporte deux gros défauts :
- 1 – elle est fausse
- C – elle est appauvrissante
1- Elle est fausse parce qu’il n’existe pas de citoyenneté du monde, et que sans ma citoyenneté française, je serais juste apatride. Je ne serais admissible nulle part ni protégé par personne. On pourrait me mettre en prison dans n’importe quel trou pour me violer la nusque pendant quarante ans qu’aucun diplomate, qu’aucune armée, qu’aucun système juridique ne s’en soucierait, à part celui de l’Etat du territoire où je me trouve, illégalement vu que je n’ai pas de nationalité : ce sera pour me punir d’exister.
Je ne suis pas un fan de la division du monde en territoires que s’approprient des Etats, je prends juste en compte la situation telle qu’elle est. Et dans ce contexte il est important d’avoir une nationalité.
Ma nationalité française me donne des droits et des privilèges : ils ont été obtenus grâce au travail de diplomates dirigés par un gouvernement formé par un premier ministre tiré d’une majorité de députés élue par un peuple distrait par des animateurs de télé éduqués par des professeurs imposés par des percepteurs dont les toilettes sont débouchés par des plombiers qui lisent des journaux écrits par des journalistes qui mangent des tomates que font pousser des paysans… Et tous ces gens, tous ensembles, constituent la nation française. C’est parce qu’ensemble ils sont forts que j’ai des facilités d’entrée dans la plupart des pays où je jouis. D’un taux de change avantageux. Sans tous ces gens derrière moi (qui suis aussi derrière eux), ma vie ne vaudrait guère plus qu’une vieille peau de figue pelliculée (je voulais dire « couille » mais j’ai préféré relever le niveau).
Renier sa nationalité sans brûler son passeport, c’est hypocrite.
Par ailleurs, comme je le disais plus haut (en C), c’est aussi appauvrissant.
C’est bien beau d’être curieux des autres cultures, de s’enrichir à leur contact, mais c’est encore plus beau quand cet enrichissement procède d’un échange.
Pour qui ne croit ni au bien ni au mal dans l’absolu (ce qui est la base de la philosophie de l’aventure dont vous lisez en ce moment la rubrique) toutes les cultures sont un sujet d’études et de découvertes passionnant.
Toutes se valent. Toutes méritent d’être préservées pour préserver la diversité du monde, puisque la diversité est plus féconde en aventures que l’uniformité. Qui a hérité d’une culture peut légitimement se faire un devoir de la partager (ce qui n’a rien à voir avec l’imposer) et donner ce qu’il a en échange de ce qu’il prend : bon troc ! Bon troc ! Etre citoyen de quelque part, c’est très enrichissant ! (notez bien que ce que je dis prend le contrepied du comportement d’un type qui renie ses origines, mais n’encourage pas celui du type ethnocentrique qui se croit partout chez lui)
Mais revenons à nos morpions.
Lorsque je discute avec des amis Indiens, ils posent de nombreuses questions récurrentes, auxquelles je réponds, à ma façon, même en sachant qu’on ne peut jamais aller trop loin dans les généralités sans s’éloigner de la vérité, en donnant une vision de mon pays et de mes compatriotes qui est peut-être très personnelle, voire totalement imaginaire. C’est pour le savoir que je vous rapporte certains de mes propos ici, en espérant que vous me donnerez votre avis en commentaire.
Ami Indien :
Salut ! Tu viens d’où ?
Nabolo : De France.
AI : C’est où ?
N : C’est au milieu de l’Europe, entre l’Espagne, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique et juste en face de la
Grande Bretagne.
AI : Aaaah ok, ok.
N : Fais pas semblant, je sais que t’as pas compris : je veux dire que c’est le grand nez qui dépasse à l’oues… à
gauche, là, sur le dessin (dessine une carte).
AI : Ah oui, je me souviens, vous êtes des colonisateurs, comme les Anglais !
N : Alors déjà, petit 1 : tu retires tout de suite ce que tu viens de dire, et grand B : tu ne nous compares plus jamais de ta vie avec des Anglais. Jamais. Les Anglais c’est le mal, et nous c’est le bien. On a inventé le cinéma, merde !
AI : Ok mais… C’est la seule différence entre vous ?
N : Bon attend, on recommence, je vais t’expliquer plus sérieusement. En Europe il y a deux grandes cultures : la culture latine et la culture anglo-saxonne. La France est un pays latin. Ce qui caractérise les anglo-saxons, c’est le pragmatisme et l’efficacité. Ils sont travailleurs et organisés : se sont des commerçants (cf : leurs bonus à Civilization IV). En contrepartie ils ont des vies de merde : pas de soleil, mauvaise bouffe, habitat miteux, etc.
Les latins au contraire privilégient leur qualité de vie : ils ont un profil d’artiste (historiquement ils ont excellé en architecture, en sculpture, en couture, en faste, etc).
Les deux passions des Français sont la bonne bouffe (le vin ; des fromages dont tu n’as pas idée !) et l’amour. Ce sont les deux sujets qu’ils ont étudié à fond pendant des siècles et des siècles.
La grosse différence au niveau de la colonisation, entre les Anglais et les Français, c’est que les Anglais, suivant leur pragmatisme habituel, pillaient leurs colonies ; alors que les Français, eux, pillaient leurs colonies… MAIS ambitionnaient aussi de diffuser leur culture et leurs valeurs, etc. Les conséquences étaient souvent pires, mais l’intention était bonne (il parait que c’est l’intention qui compte).
Une autre grande différence entre ces deux colonisateurs, ça a été l’émigration : les Anglais ont émigrés massivement, alors que les Français très peu. La Louisiane, qui comptait dans sa période française toute la partie centrale du territoire des Etats-Unis d’aujourd’hui, n’a jamais été peuplée, faute d’émigrants. Les Français qui s’y aventuraient en quête de fortune le faisaient pour revenir riches au pays, pas pour commencer une nouvelle vie ailleurs.
La France est trop belle, tu comprends ?
AI : Peut-être mais nous aussi on a du fromage…
N : MUHAHAHA ! Mais mon pauvre ami ! Tu n’as même pas idée de ce que ce mot signifie! Il y a quatre fromages dans ton épicerie, je les cite : le fromage à pizza, le paneer, un fromage à tartiner lambda, et de la vache qui rit… Moi aussi je me marre ! En France il y a des milliards de fromages ! Et des centaines de fromages différents. Même que le Général de Gaulle a dit : « Comment voulez-vous gouverner un pays qui a deux cent quarante-six variétés de fromage?». Alors, tu vois !
AI : C’est qui le Général de Gaulle ?
N : C’est notre dernier grand homme. Un type qui a tout de suite compris que c’était pas une bonne idée de construire un mur pour arrêter l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale, et qui a réussi à convaincre le monde entier (Français compris) que la France avait résisté sous l’occupation. Sans lui je ne te parlerais pas sur ce ton là aujourd’hui…
AI : Et Nicolas Sarkozy ?
N : C’est notre premier petit homme. J’espère qu’il n’y en aura pas d’autres et que celui-là va partir bientôt. En tous
cas ne fais pas attention à ce qu’il dit, c’est juste qu’on est dans une mauvaise passe : avec la pression de la mondialisation, tout ça, on a un peu tendance à perdre notre identité.
Je crois que quelque part, certains d’entre nous admirent le monde anglo-saxon pour son efficacité. Ils aimeraient appliquer cette efficacité à la France, mais la France n’est pas efficace : elle est belle. On peut parfaitement faire un parallèle avec sa façon de jouer au rugby, ce célèbre « rugby champagne ». Lorsque l’Angleterre gagne la coupe du monde, c’est à coup de pieds de Johnny Wilkinson. Il n’y a pas de jeu, mais elle est imbattable. La France n’est pas imbattable contrairement à l’Angleterre, mais elle est belle dans la défaite. Je pense que c’est notre point fort et que ça doit le rester : on devrait continuer de se soucier d’avoir de belles idées, de promouvoir les arts et la culture quitte à perdre avec panache. On ne battra pas les anglo-saxons à leur propre jeu : le capitalisme, c’est leur spécialité. Et puis si tu réfléchis bien, vraiment bien, tu t’apercevras que, dans la vie, c’est plus intéressant d’être superbe que d’être riche.
AI : Euh… Si tu veux. Tu disais plus tôt que la cuisine française est spéciale…
N : Spéciale ? Mais c’est la meilleure au monde (pauvre naïf) !
AI : C’est-à-dire ? Vous mangez quoi ?
N : Déjà on ne mange pas : on déjeune, on goûte, on dîne, on soupe, etc. Manger c’est pour les animaux. Chez nous les plats sont servis dans un ordre très particulier, et il y a des couverts spéciaux pour chaque plat, et un rythme et un ordre pour manger de ceci ou de cela. Et puis chacun mange son truc, et on s’attend les uns les autres pour passer à l’étape suivante. On ne mange jamais avec les doigts, sauf le pain qu’on rompt à la main. C’est aussi le seul aliment qui n’est pas privé sur la table : on dit que « pain sur table n’a pas de maître » (méfie-toi quand même : certains tiennent à leur quignon).
Une autre règle veut qu’on garde les mains sur la table, bien visibles, pour que chacun voit ce qu’on fait avec.
Quant à ce qu’on mange, c’est trop compliqué à raconter… C’est très diversifié, ça change en fonction des régions et ce n’est pas épicé du tout : c’est subtil. Nous sommes un peuple très sophistiqué : dans notre cuisine comme dans notre comportement, quoiqu’on puisse redevenir basique assez facilement.
AI : Et l’alcool ? Le vin ?
N : Le vin ? Le vin ce n’est pas de l’alcool pour nous, pas comme le serait une bière au bar ou un shot de vodka, en tous cas pas lorsqu’il est consommé à table. C’est plus une sorte de complément gustatif qui va rehausser le goût des aliments avec lesquels il est servi. Ca n’empêche pas qu’il rende soul mais ce n’est pas son objectif. Ca fait vraiment parti du repas : on l’apprécie. Un dîner peut parfois durer trois heures, c’est une activité très importante chez nous et les gens s’invitent à dîner pour socialiser. Par ailleurs le dîner ne finit pas forcément lorsqu’il n’y a plus rien à manger.
AI : Et tu parlais de l’amour ? J’ai entendu dire que la France est le pays de l’amour, est-ce que c’est vrai ?
N : Héhé, bien sûr que c’est vrai !
AI : Pourquoi ?

- Le Français est un champion de l’amour.
N : Hmm, je dirais que c’est parce que c’est un thème central de notre littérature et de notre culture en général.
Probablement plus que chez nos voisins du nord, et sûrement plus que chez les autres cultures du monde… Comme si la laïcité avait laissé de la place aux amours humaines en écartant l’amour de Dieu et tous les interdits qu’il implique souvent dans les relations extra-maritales. C’est peut-être aussi ce qui fait qu’on ait hérité de ce titre plutôt que l’Italie ou l’Espagne, pourtant de culture très proche à la nôtre.
Une explication à cela pourrait être que la France s’est constituée comme nation plus tôt que l’Italie et l’Espagne, d’où viennent également les premières chansons de geste, ce qui fait qu’elle a pu être associée plus tôt à ce domaine, dans lequel elle a peut-être été plus prolifique.
Il faut également considérer que si la France est appelé le pays de l’amour, c’est surtout par les pays anglo-saxons. Compte tenu de sa position géographique et de son histoire, la France a plus sou vent échangé (que ce soit des coups ou autre) avec ces pays là que l’Italie ou l’Espagne, ce qui peut aussi expliquer qu’elle ait hérité de ce titre à leurs yeux et qu’ensuite, par répercussion, elle l’ait hérité aux yeux de tous pour finalement, toujours par répercussion, mériter le titre mieux qu’un autre.
Une autre explication, fournie par une copine espagnole, serait que ce soit du à l’implication que mettent les Français en amour, dans leur couple ou dans leurs aventures.
Une dernière explication serait que j’y suis né.
AI : C’est quoi « laïcité » ?
N : Ben, tu vois, en Inde c’est comme en Angleterre, toutes les cultes sont autorisés et tu peux distinguer des sikhs, des musulmans, des chrétiens, des shivaïtes, des jaïns etc ; dans la rue. L’Inde est donc un pays séculaire. Chez nous, tous les cultes sont autorisés aussi mais tu ne peux pas montrer ton culte en public car on considère que c’est du domaine privé : c’est la différence entre les deux systèmes, séculaires et laïcs. Je ne sais pas lequel est le meilleur mais je suis content qu’il existe plusieurs systèmes.
AI : Ah d’accord ! Et c’est comment la vie spirituelle chez vous ?
N : Hmm… C’est… Il n’y a pas grand-chose à dire là-dessus en fait. Ce qui est un plus et un moins. Je dirais que l’ensemble du pays est irréligieux, et qu’il ne connaît pas grand-chose aux religions. On a bien des communautés religieuses mais elles suivent leur culte pour conserver des traditions, la démarche n’est pas vraiment spirituelle, peut-être aussi parce que le monothéisme n’implique pas de « recherche » comme le fait l’hindouisme. C’est plus passif comme religion. Mais j’y connais pas grand-chose moi-même à vrai dire.
AI : Il paraît que vous détestez les Américains ?
N : Non. Je dirais qu’on a une relation d’haine-amour avec les Américains, mais Français et Américains ont plein de raisons de bien s’entendre. On est frustré lorsqu’ils ne nous estiment pas à notre juste valeur, mais un Américain qui aime la France est souvent un futur ami.
AI : Haha ! Mais vous êtes super chauvins en fait !
N :Pas du tout, c’est même le contraire ! Sauf lorsque nous parlons avec des étrangers.
AI : Considérez-vous les Indiens comme une race inférieure ?
N : Non, d’autant que le concept de « race » est banni en France. C’est un terme tabou. Pour nous il n’y a qu’une seule race humaine contrairement à d’autres pays, comme la Malaisie par exemple qui propose des statuts distincts selon « l’origine raciale ». Il n’y a donc personne de racialement inférieur à nos yeux.
Quant aux Indiens, leur pays est un sujet d’admiration pour les Français quand il leur évoque le yoga, la sagesse, le kama-sutra, les soieries, les danses, etc. L’Inde des bidonvilles les effraie en revanche… Mais les Indiens en eux-mêmes, à vrai-dire, ils ne les connaissent pas. Je dirais qu’ils en sont curieux.
AI : Quel point commun y-a-t-il entre l’Inde et la France ?
N : A première vue aucun.
AI : Et à seconde vue ?
N : Aucun. A part ce que la mondialisation rend commun à tous. Mais même ça, l’Inde le transforme à sa sauce. La culture indienne est très forte, j’espère qu’elle pourra résister à la poussée du « tous pareils ».
AI : Il y a beaucoup de violence en France ?
N : Assez oui. Ca peut-être un pays dangereux comparé à L’Inde et selon les endroits, notamment à cause des couteaux. Mais on peut y passer sans problème. L’Inde aussi à ses coins sombres je suppose ?
AI : Est-ce que vous êtes lunatiques ?
N : Comme je te l’ai déjà dit, nous sommes un peuple sophistiqué, ce qui fait qu’il y a un tas de règles compliquées qui régissent notre vie sociale. Pour un étranger d’une culture lointaine ça peut-être galère car, si tu enfreins une de ces règles, tu peux énerver un Français sans t’en rendre compte et en conclure qu’il est lunatique… Du genre si tu le fixes dans les yeux, que tu te colles à ses fesses dans la queue ou que tu craches dans sa direction… Là tu risques de l’énerver sans comprendre pourquoi. Y a même des règles implicites de distance à respecter avec ton interlocuteur, ou des façons de se tenir lorsque tu t’adresses à lui… Le pire c’est que tu n’auras pas droit à beaucoup d’indulgence si tu ne respectes pas ses règles, car les Français les considèrent en général comme évidentes et universelles.
AI : Est-ce que vous êtes gays ?
N : Je ne crois pas que l’homosexualité soit une tendance nationale mais nous avons une communauté gay, comme la plupart des pays d’occident… Elle est bizarrement formulée ta question. Tu me demandes ça parce que nous sommes élégants ? Il y a un truc qui est vrai en tous cas, c’est que notre idéal masculin et guerrier n’a pas les muscles de Schwarzenegger et la chevelure de Tina Turner. Si on considère que notre idéal guerrier est une sorte de D’Artagnan, alors c’est un jeune homme à la main blanche et délicate, à l’esprit vif, à l’épée solide et au courage sans faille. C’est aussi un amoureux des femmes même si sa description peut paraître « gay » à un buveur de bière.
AI : Pourquoi tout le monde dit que vous êtes cons et arrogants ?
N : On passe pour des cons à cause d’une donnée géographique toute bête : chaque pays a, dans son histoire, bataillé avec ses voisins. Comme on est pas mal entouré on s’est fait détester des Anglais, des Espagnols, des Allemands et des autres, tous très influents à la surface du globe, et aujourd’hui on paye les pots cassés. C’est tout.
Quant à l’arrogance je vois pas.
AI : Puisque t’as l’air de tant aimer la France, pourquoi tu n’y retournes pas… ?
N : NOOOOOOOOOOOOOON ! JE T’EN SUPPLIE !!! Pitié… Piiiiitié, je… Je veux pas partir ! Ne me laisse pas retourner là-bas !! Rhaaa!
Tiger vs Lion
Let’s finally answer this question which inhabits the human brain since the dawn of time:
“WHO IS STRONGER, THE LION OR THE TIGER?”
The two individuals who will meet on the ring today are two champions, the most hefty of their species:

meow
THE MAN-EATER
To my left, the tiger!
300 kg, 330 cm long, 100 cm tall at the withers.
Canines 9 cm, retractable claws, protective collar.
Top speed: 50 km / h

GROARRR!!!!
THE KING OF THE JUNGLE
To my right, Tarza … uh … the lion!
250 kg, 250 cm long, 120 cm tall at the withers.
Canines 6cm, retractable claws, protective mane.
Top speed: 60 km / h
What strikes the eye, from that overview on their characteristics, is that the lion has the advantage of height in addition to carrying a natural armor around his neck, while the tiger has just a ridiculous little collar.
Moreover, thanks to its speed that far surpasses the one of the tiger, the lion may retreat at any time during battle, to develop a new strategy.
Of course, being impartial, I did not omit to mention the retractable claws of the tiger but look carefully… what do you see? What do you see?? The lion has retractable claws AS WELL! Enough to say that the tiger is in deep shit and it is not his 3 cm advantage on the canine length that will make a difference, especially against the lion’s mane.
Despite these flawless arguments, a bunch of idiots persist in spreading the preposterous idea that the tiger would have the advantage over the king of beasts. These outcasts publish videos on the internet that picture dwarf-asian-lions getting their ass kicked by Siberian tigers and of course, as always ladies and gentlemen; the brainwashing propaganda finds its audience. So enough talking, and let’s watch the duel, for real!
FIGHT !!!
The gong bells and the duel begins.
The tiger is camouflaged. Enjoying the advantage of his stripes, he hides behind a row of parallel bamboos facing the sun … pretty unlikely to happen but ok, let’s admit the lion has not seen him.
The tiger is a predator, a hunter, an athlete, a killer. His method is simple and proven: he catches his prey, jumps on it and breaks its neck (if the prey is small) or bites it to the throat (if the prey is larger) in order to choke it.
The lion passes near the row of parallel bamboos facing the sun… He whistles, he does not suspect anything … Suddenly the tiger jumps on him, seizes him by the neck and… Surprise! The lion has a mane!
- Fuck! thinks the tiger, what do I do now?
Indeed, because I forgot to mention that the tiger is not exactly a top intellectual. Its psychology is simple, he does what he is used to do, which he theorizes as follows:
hide + surprise + bite in the throat = kill = eat.
But this time, the expected result doesn’t show up, so what to do? The tiger wonders.
Meanwhile, the lion (who’s got a tiger hanging at his mane, remember?) understands that he has been mistaken with a young wandering little gazelle, that he has been attacked! He finds the situation pretty humiliating and, being accustomed to fighting, he also understands what the situation implements, for the lion, since its entry into adulthood, has been in constant struggle with other lions, leaving a good among of broken noses on his way, without which he would not have lasted much as a lion. The tiger is a hunter: he jumps on something that moves, kills it, eats it. If the something doesn’t agree to die, the tiger gets all confused, while the lion, which is more a warrior than a hunter, has got his share of fights before imposing himself as a leader and banging all the lionesses.

Usain is an impressive athlete. Smiling, happy after each new success, he has no idea of the toughness of the world in which evolves Bobby, his opponent.
A fight between a tiger and a lion, in short, is a bit like a boxing game between Usain Bolt, record man of the 100 meters race since the Olympic games of Beijing in 2009, and Bob-the-barfly, drunkard of his neighborhood, champion of the Shamrock pub darts competition in 1999. Of course, Usain seems better built and one might tempted to bet on him, but Bob could write books about kicks in the ass (if he knew how to write), it’s not something that bothers him.
So the tiger clings to the lion’s mane. Perhaps that, taking advantage of the momentum, he manages to take the lion down… And then what? What does he do after, the tiger?? He has no idea!
Obviously, after a while, the lion frees himself. He uses his tremendous speed advantage (10km/h!!!) to distance the tiger so that he can peacefully give a thought to what the fuck is going on.
The tiger thinks as well, wondering how it is possible that his victim gets up and runs faster than him. That the very instant when the the lion roars. Yes, the lion had time enough to think and he has thought that it is a good moment to roar, to remind the tiger that he is not an innocent gazelle, but the king of beasts, fucking hell!
Thus the tiger understands its mistake (finally!): even he, is aware that gazelles do not roar.
At this point of the story, the tiger has only two solutions, either he faces a raging lion equipped with a canine-proof mane who wants him dead, or he runs away, tail between his legs, like a young kitten who woke up a mastiff …
And guess what? Tiger systematically opts for the latter. SYSTEMATICALLY! The only one exception to this rule is when the tiger is actually a polar bear (800 kg; 300 cm long; 40km / h top speed), in such case he gives a slap to the lion and the job is done.
In short: of the tiger and the lion, the strongest is the polar bear.

Look at this monster!!! The polar bear would be the real king of beasts if he was not wasting his time by drinking cola on the ice floe...
You also wonder who is stronger between Wolverine and Spiderman? Get a translation here!
Dragon Ball: a nazi message?
You can read the original article (in french) by clicking here!

- A bunch of Neo-nazis ready to kick the ass of a living melting-pot… SCANDALOUS!
As to my reading (I’ve read the entire series half a dozen of times), it appeared that one could address a number of elements that support the theory mentioned by the medias (always nimble to denigrate what appeals to the youth because old-timers are better financers) that Dragon Ball defends Nazi ideas.
What gave them a tip is that Saiyans (or “space warriors”, the “race” of Goku and his friends) become blond with blue eyes when they reveal their full power (how shocking!).
If you really want to, you can actually spot a large number of other details that support this “nazi” idea.
These Super Saiyans (or “Super Sayazu” in Japanese) have “SS” as their initials. They come from a planet that has been dominated and annihilated by a mestizo tribe (the troops of the tyrant Frieza consist of creatures of any kind).
Nevertheless they are “super warriors” convinced of their genetic superiority (Vegeta and Nappa do not hide their conviction on that matter, when they first arrive on Earth).

- On the left, Shen, incarnation of God on Earth. On the right, Hirohito, ex-emperor of Japan, major actor of the WWII. Same haircut, same glasses, Shen’s moustach is just a little more hitlerian. And look: they even wear the same shirt!
Drawing a parallel with the history of the Saiyans, we see that the Nameks (wise and uni-racial people) have suffered the wrath of the multi-racial troops of Frieza as well.
One might add that, when God is embodied for the World Martial Arts Tournament, he chose a human who wears a coquettish Hitler-style mustache as a host (not to mention that, with a little more imagination, this guy is the spitting image of Hirohito, Emperor of Japan at the time of World War II).
I would add that one of the few black characters in the manga is Mr Popo, who works as a servant (the servant of God but still), and that the Red Ribbon Army that Goku undermines isn’t without reminding the Red-communist army. His members are supposedly all gays and it is she who will eventually kill Goku at the end of the story, since Cell is nothing else than the result of a cloning project which was initiated by Professor Gero, who was working for the Red Ribbon…

- Mr Popo: a black slave or the closest servant of God?
Besides (Well, well!) it is a black characters who overthrow the Chief of the Red Ribbon Army when he proves himself not to be ambitious (devilish?) enough. This black dude was formerly his servant… (!)
You will all understand the many parallels with World War II, including the triumph of the communists (the wicked) on the Nazis (the gentiles).
Let’s also remember that the king of the world, in Dragon Ball, is a dog, which, no doubt, speaks volumes about the political opinions of Mr. Toriyama (except that since it’s a nice dog, negative interpretations become increasingly difficult for the review…).

- Any resemblance with a USSR symbol is purely coincidental.
All these elements lead to the following question: Does Dragon Ball delivers a Nazi or racist message?
Well… not at all. Goku, the hero, is a model of simplicity (purity?) who doesn’t give a shoe about appearances.
He is the defender of Earth and its half-blood population (which includes a large amount of talking animals).
Moreover, Gohan, his mestizo son, is more powerful than his father. Vegeta himself admits that the mix between humans and Saiyans gives very good results.
If Saiyans are clearly presented as a racist and domineering nation from an historical point of view, Goku expresses his own position very clearly (at the time he meets with his brother Raditz): he considers himself as an inhabitant of Earth by adoption.
There are many lessons of tolerance that are given through Dragon Ball (Goku and his friends refuse to attack Dr. Gero before he commits his crime even though they know he will be guilty with certainty, thanks to Trunks who arrived from the future to warn them; Goku always spare his opponents’ life if he can of if they request so; Goku does not have any preconceived ideas about races, species or genders – that he can barely distinguish -).

- Any resemblance with a USSR symbol is purely coincidental.
Nevertheless, the main message conveyed by Dragon Ball, for me, is not “tolerance”, neither “friendship” (as opposed to Saint Seiya), it is that one must live his passion. This is what Son Goku does until he dies, not without putting several worlds at risk on his way.
This credo would be resumed later, in a more obvious way, by Monkey D. Luffy, through the episodes of One Piece. But if it’s a delight in reading the adventures of his crew, when I look at Luffy, it is Goku I see.
Dragon Ball, a major work of the late twentieth century? Yes! There are many things to say about this masterpiece, but the best, still, is to read it!
Get the Nabolo-blog translated and find more about Dragon Ball here and here!
Find lots of other funninteresting stuff here: SUMMARY
Confesses

- On lui donnerait un plat de panzani sans confession!
Dimanche, c’est ? C’est… ?
C’est jour de confesse, bien entendu. Aujourd’hui le père Dupin accueille dans son église les quatre jeunes brebis égarées de sa paroisse : Eva, Natacha, Fabiola et Gwendola. Elles sont toutes plus jolies les unes que les autres, mais leur âme est lourde de pêchés… Heureusement, le père Dupin sait lire au-delà des apparences ; celles des décolletés plongeants et des tétons tentateurs qui pointent dans sa direction comme les fourches de l’enfer ! Le père Dupin voit, sent, sait que l’âme de ces jeunes filles est noire, et que c’est à lui, su père Dupin, de les nettoyer !
Par ailleurs les quatre jeunes filles se gardent bien de minauder. Elles sont coupables et elles le savent. Elles tremblent, elles ont peur… Pourtant, Eva, la moins moins-pieuse de la bande se décide la première à répondre à l’invitation du prêtre et à entrer dans le confessionnal.
- Je vous écoute ma fille, lui dit-il de sa voie sévère, paternaliste et irritante, mais juste.
- Et bien voilà mon père, pardonnez-moi parce que j’ai pêché.
- C’est déjà bien de le reconnaître ma fille.
- Oui, je… C’était hier soir, avec Jojo… Il… Il… Il…
- « Il » ma fille ?
- M’a pris la main, et… et… et…
- Et… ?
- Et l’a mis dans son pantalon… Oh ! Je me sens tellement coupable mon père !
- Allons, allons, ce n’est pas si grave ma fille ! Moi-même je me rappelle que… Mais bref, n’en parlons plus. Allez laver l’endroit par lequel vous avez pêché dans le bénitier et récitez trois « pater noster ».
A l’idée que la rédemption lui est offerte, Eva bondit de joie, salut le prêtre avec dévotion et s’en va tremper sa main droite dans le bénitier.
C’est au tour de Natacha de passer aux aveux. Rassurée de voir comment Eva s’en est tirée, elle entre dans le confessionnal avec un peu plus d’aplomb.
- Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai pêché.
- Je vous écoute ma fille.
- Eh bien… C’était hier soir, avec Jojo… Il… Il… Il…
- …a glissé votre main dans son pantalon ?
- Non, pas du tout : il m’a léché les tétons.
- Oh oh ! Voilà qui n’est pas très catholique ma fille ! Allez donc laver cette partie de votre corps des impuretés dont vous l’avez souillé (et plus vite que ça) sans oublier de réciter trois « pater noster ».
Natacha ne se le fait pas dire deux fois : elle coure hors du confessionnal, jusqu’au bénitier dans lequel elle trempe abondamment sa poitrine abondante.
- Bien ! A qui le tour ? s’exclame le père Dupin en sortant la tête de l’isoloir.
Fabiola s’est avancée pour répondre à l’appel du sauveur… Mais elle est violemment poussée de côté par Gwendola, pourtant son amie, qui se précipite dans le confessionnal dont elle tire le rideau avec un empressement quasi-satanique !
- Pardonnez-moi-mon-père-parce-que-j’ai-pêché ! récite-t-elle à toute vitesse.
- Je veux bien ma fille, mais qu’est-ce qui vous prend ? Pourquoi pousser ainsi votre amie dans les candélabres ? Voyez : la pauvrette est en flammes ! Elle se tortille sur elle-même, agitée de soubresauts, ici même, au beau milieu de notre chère église ! C’est un scandale. Allons, expliquez-moi ça !
- Eh bien, hésite Gwendola, c’est à cause du bénitier… Je voulais m’y laver la bouche avant qu’elle s’y soit lavé le cul.
La playlist de l’Aventurier
Chers fans de l’excellent Nabolo-blog (papa, maman, et toi l’ami qui me lit quotidiennement parce que je t’ai fait du chantage affectif), aujourd’hui est un jour de taille moyenne : je pars ce soir pour la Chine, l’aventure continue ! Je vais passer des montagnes, des rivières, des forêts mais je devrais m’en tirer sans souci pour peu que l’avion ne s’écrase pas.
S’il s’écrase j’ai mon plan : j’ouvre la porte, je m’accroche à l’aile et quand il arrive à trois mètres du sol, hop ! Je saute ! Comme ça au pire je me casse une jambe (je pourrais sauter à un mètre mais le timing est ric-rac). S’il tombe dans l’océan, pareil, après j’ouvre mon gilet de sauvetage et j’attends qu’on vienne me chercher (ou je gagne une île à la nage si Monica Bellucci voyage avec moi ) Pour gérer les requins c’est un peu chaud mais j’ai calculé qu’en appuyant juste au bon moment sur le nez du requin avec les pieds, ça devrait me permettre de rester hors de porter jusqu’à ce qu’il abandonne.
Bref, vous l’aurez compris, je vais y arriver en Chine. Si donc vous n’avez plus de nouvelles de moi, ce sera pour de tout autres raisons, relatives aux prises de partie politiques de votre blog favori (cf: le jabberwocky).
Et cependant que je voyagerai, en prévoyant tous les dangers auxquels je risque de faire face, j’écouterai la playlist de l’aventurier qui me donne la force d’accomplir tous les hauts faits que vous avez lus jusqu’ici ou que vous allez lire dès maintenant parce que vous en avez l’envie, oui, très envie, par Osiris et par Apis regardez-moi, regaaaaardez-moi !
Spéciale dédicace à Mehdi qui se demandait quelles musiques écouter cette semaine : “avec ces chansons tu vas manger de l’ours blanc-euh; avec ces chansons tu s’ras plein d’energie… Avec ces chanson-ons : l’ours blanc est en toi !!”
(et si par malheur tu te laisses emporter, n’oublie pas de dire aux journalistes que c’est à cause de l’excellent Nabolo-blog !)
LA PLAYLIST DE L’AVENTURIER
- A l’aventure, compagnons (Pen of Chaos)
- Astérix est là (Plastic Bertrand)
- Clémentine
- Cobra
- Comandante Che Guevara (Nathalie Cardone)
- Creamy
- David le gnome (Chantal Goya)
- Des pays (Mano Solo)
- Edgar gentleman cambrioleur
- Emmenez-moi (Charles Aznavour)
- Flo et les Robinsons Suisses
- Heureux qui comme Ulysse (Georges Brassens)
- I love my dog (Cat Stevens)
- Il en faut peu pour être heureux
- Il est libre Max (Herve Christiano)
- L’île au trésor
- Jayce et les conquérants de la lumière
- On ira (Jean-Jacques Goldman)
- L’aventurier Bob Moran (Indochine)
- Johnny (Greame Allwright)
- La première fille (Georges Brassens)
- La tribu de Dana
- Il etait une fois la vie
- Le pouvoir des fleurs (Les Enfoires)
- Le vent nous portera (Noir Desir)
- Les oiseaux de passage (Geroges Brassens)
- Lily (Pierre Perret)
- Losome Cowboy
- Mon p’tit loup (Pierre Perret)
- N’importn’awak (Les Wriggles)
- Nadia et le secret de l’eau bleue
- Olive et Tom
- On est les rois (Hugues Aufray)
- Ouvrez la cage aux oiseaux (Pierre Perret)
- Rahan
- Renart Chenapan
- Rémi sans famille
- Tom Sawyer
- Sous le signe de mousquetaires 1
- Sous le signe de smousquetaires 2
- Sois fainéant (Coluche)
- The house of the rising sun (The Animals)
- Yakamonaye (Tryo)
- Tubthumping
- Ulysse XXXI
Ecoutez ces hymnes à l’Aventure, écoutez-les encore et vous obtiendrez… LA FORCE TOUTE PUISSANTE !
L’énigme du ticket de caisse indien
A chaque fois que je fais mes courses, c’est le même mystère : un vigil me rattrape, tampon à la main, pour tamponner mon ticket de caisse…
Aujourd’hui le Nabolo-Blog mène l’enquête sur ce douloureux sujet.
Je suis toujours en Inde où, je l’avoue, il m’arrive parfois d’aller au supermarché. Un supermarché Indien est l’équivalent d’une superette française, en propre, avec un ridicule petit nombre de choix au rayon « produits laitiers ». Il n’y a que quatre fromages à disposition, « vache qui rit compris », c’est vous dire ! Mais s’ils ont peu de fromages in shops, les Indiens ont en revanche trente-six milles façons d’accommoder le lait at home, en le tournant dans un sens ou dans l’autre, cent ou trois cent quarante-trois, pour obtenir des variantes de beurre et de crème plus ou moins sacrées, chacune avec des propriétés différentes…
Mais je m’égare.
Une fois que j’ai payé, en bonne et due forme, et que je me précipite pour retrouver l’odeur si particulière de la rue, malheureusement exclue de cet endroit propre et bien serpillé, je suis toujours rattrapé par un vigil à l’œil sévère, à la bouche contrite, au lobe d’oreille courroucé… Et pour cause ! Je ne lui ai pas fait tamponner mon ticket de caisse !!
J’ai eu plusieurs fois l’occasion de me demander quelle était l’utilité de cet usage étrange, et de poser la question à Mowglita et Baloota (mes gentilles hôtesses actrices et prof de psycho) sans qu’aucune ne soit capable de me fournir une réponse satisfaisante… que je suis allé chercher à la source, aujourd’hui même, au supermarché, où j’ai acheté des jus de fruits et du chocolat pour la partie de Scotland Yard de ce soir (ça nous changera du Sccrabble -_-).
Comme d’habitude donc, le vigil m’attrape par le bras et me conspue (oui, c’est un vrai mot marrant de la langue française). Je vous traduis ses paroles de l’anglais parce que vous êtes encore nombreux à résister à l’influence de ces connards qui ont brûlé Jeanne d’Arc (never forget) :
- Tampon ! Tampon ! Donner ça, je besoin tampon !
- Ah oui, c’est vrai. Mais pourquoi d’ailleurs ?
- Tampon ! Tampon !!* (*ça passe mal à la traduction mais le vigil parlait peu l’anglais… C’est donc bien ce qu’il m’a dit sauf que ça n’avait pas l’air aussi débile qu’à l’écrit…)
- Oui, oui, mais pourquoi ?
- Procédure ! Je besoin tampon !
- Mais, je veux dire, quelle est la raison pratique ?
- Procéd… hmm… Attend. Viens. Viens.
Le vigil s’approche d’un caissier, lui glisse quelque chose en hindi que je ne comprends pas ; peut-être pas qu’à cause de la langue car le caissier ne comprend pas non plus. Il renvoie le vigil vers le chef-caissier qui m’interroge aussitôt après :
- Monsieur ?
- Bonjour monsieur, c’est juste que j’avais une question. Par pure curiosité, je voulais savoir : pourquoi est-ce qu’on doit faire tamponner son ticket de caisse en sortant ?
- Ah mais c’est la procédure ! répond le chef caissier (et le vigil d’approuver, façon : « Eh toc ! Je te l’avais dit ! »).
- Je comprends bien monsieur, le rassuré-je, mais il doit bien y avoir une raison pratique à cette procédure, non ?
- Oui, oui : c’est pour éviter que les clients… hmm… Attendez.
Le chef-caissier s’entretient avec le caissier et le vigil puis, à l’issu de cet échange peu fructueux me redemande à nouveau de patienter. Je le vois disparaître quelque part au fond du magasin. Entre temps, d’autres employés, curieux et disponibles, sont venus s’intéresser au problème (d’autant que je suis le seul blanc du coin). Le chef-caissier met un moment à revenir ; profitant qu’il n’y ait personne à proximité, le caissier me susurre :
- Il n’y a pas de raison pratique…
- Vraiment ? Mais alors pourquoi vous le faite, il doit bien y avoir une origine…
- Non, me répète-t-il, la voix un peu plus basse, comme s’il trahissait un secret, il n’y a pas de raison…
Je comprends que j’ai peut-être mis le doigt sur quelque chose de gros, sur LA faille du système, sur la vérité du pourquoi du comment de la révolution future qu’il faut lutter contre la tyrannie, et je m’émeus des regards pleins d’espoir que tous ces caissiers et vigils tournent vers moi… Je me marre aussi, en voyant revenir le Chef Caissier accompagné du responsable du magasin : à partir de là je sais que je vais écrire un nouvel article.
Le responsable est passablement énervé :
- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous ? me demande-t-il vivement.
- Eh bien voilà, c’est à propos du tampon sur le ticket de caisse, je me dem…
- C’est la procédure !
- Oui, mais je me demandais pourquoi ? Il doit bien y avoir une raison pratique à cette procédure… Non ?
- Evidemment Monsieur, c’est tout simple : c’est pour éviter que le client s’en aille puis revienne, le ticket à la main, en clamant qu’il a oublié d’emporter tel ou tel produit qu’il a bien payé, preuve à l’appui.
- Aaah ! m’exclamé-je, tout s’éclaire ! Donc, si je comprends bien, en admettant que je quitte le magasin sans avoir reçu de tampon, et que je revienne avec mon ticket de caisse, je serai en droit de réclamer les produits qui sont sur ma liste, c’est bien ça ?
- Ah mais pas du tout.
- Ben alors, c’est quoi la différence ?
- Ecoutez monsieur, c’est comme ça dans tous les supermarchés. C’est la procédure. Ici c’est un supermarché, alors on applique la procédure, voilà. Allez voir dans les autres supermarchés et vous verrez qu’ils vous diront tous la même chose !
Là le responsable commence à vraiment s’énerver. Murmures dans l’assemblée ; brouhaha ; bruit de foule.
- D’accord, d’accord, je comprends, c’est la procédure, je demandais juste par curiosité… En fait vous êtes obligés de faire comme ça… Peut-être… à cause… d’une loi ou quelque chose ?
Le responsable bondit sur la perche :
- Voilà, c’est ça, c’est à cause d’une loi.
- Ah mais je comprends, je comprends !
Serrement de mains, embrassades affectueuses, rires, diner aux chandelles… Quel malentendu mes amis, quel malentendu ! Et dire qu’on était passé à deux doigts du conflit armé. Je me suis fait tamponner le ticket de caisse et tout le monde est reparti le cœur léger vers ce qu’il avait à faire… Mais pour combien de temps ? Combien de temps encore, ces gens accepteront-ils de vivre dans les ténèbres après avoir entraperçu la lumière ? Ils sont des millions dans ce pays, à se laisser tamponner le ticket de caisse sans savoir pourquoi. Aujourd’hui j’ai planté la graine de la rébellion. Mais, demain, le combat continue ; demain j’écris aux au parlement indien pour lui demander : « POURQUOI ? »*
*mais il se peut aussi que j’ai la flemme.
The Jabberwocky – traduction française

Merci Walt, t'as vraiment fait du beau boulot sur ce coup-là.
J’y aurai passé des mois, des semaines, des jours (le temps, le temps, qu’est-ce que le temps ?!), mais je suis enfin en mesure de vous présenter ma traduction du célèbre poème de Lewis Caroll : « The Jabberwocky » (cf : « De l’autre côté du miroir ») que vous ne m’avez pas réclamée hier
Vous noterez que ma version se démarque des interprétations classiques (surtout la première strophe), pour la simple raison que je ne me fie pas aux connaissances d’Humpty Dumpty, personnage peu crédible, que Lewis Caroll n’utilise que pour détourner la véritable signification de son poème, un peu trop défavorable au mariage et aux femmes, en général.
J’ai par ailleurs fait de gros efforts pour respecter le forme originale (pieds, rimes, rythme), ce que ne font pas les autres traductions.
Ma version se veut donc moins soucieuse de dissimuler le VRAI message du poème et sa parenté avec la légende de Méduse… Mais voyez plutôt (la version originale est à la suite) :
Le Barigouany
Il fouazouillait, les comboniles
Gyraient et pageaient sur l’alaire ;
Tous les bazmèss étaient scouiviles,
Et la mom rait d’olère.
« Gare au Barigouany, mon fils !
Le croc qui mord, l’ongle qui trape !
Gare à l’oiseau Paftap, et fuis
Le frumeux Bontagrape ! »
Il prit l’épée d’orpale en main :
Longtemps il chercha l’hainemie –
Jusqu’à trouver l’arbre Tomtomté,
Où s’arposer un pi.
Comme il poissonnait dans ses rêves,
Le Barigouany, l’œil en flashs,
Vint rensiflant du bois touffrèye,
En piplotant sa marche !
Un, deux ! Un, deux ! Et d’outre en outre
L’épée d’orpale fit frencas !
La tête au mort, il prit du corps
Et chez lui galompha.
« T’l’as tué le Barigouany ?
Viens sur mon coeur, enfant binoi !
Ô frabieux jour ! Délu ! Délien ! »
Il s’extourziait de joie.
Il fouazouillait, les comboniles
Gyraient et pageaient sur l’alaire ;
Tous les bazmèss étaient scouiviles,
Et la mom rait d’ilère.

Humpty Dumpty décrit les raths comme des cochons verts, à l'origine...
’Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
“Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!”
He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought—
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.
And as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!
One, two! One, two! and through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.
“And hast thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!”
He chortled in his joy.
’Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
Le Naboloroscope
Les fidèles lecteurs de l’excellent Nabolo-blog le savent, cela fait un peu plus d’un an que nous tutoyons l’excellence, ici même, dans l’intimité de ce site internet que ne fréquente que l’élite de l’élite (et même « de l’élite » si j’en crois mes dernières statistiques…).
Mais si c’est un bonheur sans cesse renouvelé de lire tous les excellents articles de l’excellent Nabolo-blog, une ombre pèse sur l’allégresse de tous les excellents lecteurs… Une ombre qui s’apparente à un nuage, un nuage de questions : combien de temps cela va-t-il encore durer ? Y aura-t-il toujours de nouveaux articles pour nous faire rire et chanter ? De quoi demain sera-t-il fait ? Ai-je pensé à fermer la porte à clef ? (et autres phrases interrogatives se terminant par « é »)
Pour dissiper vos doutes et répondre à vos questions, je me suis plongé dans les strates de l’avenir… Alors je vous le dis tout de suite : j’ai rien trouvé. En fait je cherchais juste à faire une intro pour le Naboloroscope mais c’est parti un peu dans tous les sens… Bref, sans plus attendre, voici le « Naboloroscope », un horoscope qui se veut la synthèse de tous les horoscopes du monde (en toute modestie, comme d’habitude), sans compter qu’il est vraiment fiable, lui :
Le Nabolorosocope :
Bonjour cher lecteur d’horoscope superstitieux et dépressif ! Hier était mauvais, aujourd’hui sera moins pire. En effet nous approchons de l’équinoxe d’automne, les planètes sont en mouvement et Mars vient de pénétrer Vénus, un peu comme au temps du Gang-Bang. Tout ça annonce pas mal de changements…
Heureusement que les excellents conseils du Naboloroscope sont là pour vous guider au quotidien. Nous allons tout de suite passer en revue les différents signes, en commençant par le Bélier pour la simple raison que tout le monde fait pareil.
Vous êtes… Bélier :
Méfiez-vous, si vous êtes en bonne santé, ça risque de ne pas durer… Mais dans le cas contraire, dites-vous que ça ne pourrait pas être pire ! De toute façon si je me goure vous allez faire quoi hein ? Vous allez faire quoi ?
En amour ça va plutôt pas mal ; travaillez plus et vous gagnerez peut-être plus.
Vous êtes… Taureau :
Un tantinet nerveux, vous avez tendance à foncer sur tout ce qui bouge… Fumez-la donc au lieu de la brouter ! A part ça : demain est un autre jour ; un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ; qui vole un œuf vole un bœuf. Aujourd’hui est un autre jour aussi, d’ailleurs.
Vous êtes… Gémeaux :
Vous avez une double personnalité, et vous le savez. En tous cas l’un de vous deux le sait, alors méfiez-vous de vous car vous vous mentez à vous-même, ce qui peut nuire à votre santé commune, ainsi qu’à celle des gens que vous séquestrez.
Vous êtes… Cancer :
Ne restez pas dans votre carapace, allez donc serrer la pince aux gens ! Santé : votre médecin raconte n’importe quoi, fumer ne vous fera que du bien.
Vous êtes… Lion :
Vous ne regretterez pas d’être reparti en août : la concurrence était trop rude en mars. J’ajoute que si votre signe chinois est le « Tigre », vous avez la méga classe.
Vous êtes… Vierge ?! :
Coquine va ! Mais ça ne prend pas avec moi ! ;-)
Vous êtes… Balance :
Pareil qu’hier, ne désespérez pas : demain vous trouverez du boulot ! Amour : si vous trompez votre conjoint (et qu’il s’en aperçoit), il y a une possibilité non négligeable que vous courriez au devant de gros ennuis. Ne vous jetez pas du balcon ; évitez de manger des bouts de verre.
Vous êtes… Ecureuil :
Ah merde, non, y’a pas écureuil.
Vous êtes… Scorpion :
Aujourd’hui vous êtes… méchants. Parce que VOUS ÊTES méchants (tous les horoscopes le disent). Vous êtes nés comme ça, c’est comme ça et vous n’y pouvez rien. Vous avez toujours été méchants. Tout petit déjà, vous profitiez du moindre avantage pour nuire à vos camarades, en rapportant, en fayotant, en cafardant, que sais-je encore ? Vous en avez fait tellement des coups bas ! Ah ! Si, j’oubliai « en trahissant », parce que vous êtes menteurs aussi, très menteurs ! Et là pour le coup on ne peut pas dire que ce ne soit pas un peu de votre faute : vous mentez comme vous respirez, et vous faites le mal autour de vous… Et ça vous fait plaisir ! Oui, beaucoup de plaisir : vous n’êtes pas loin d’être de vrais sadiques les Scorpions, quand même, avec votre air fourbe et votre langue fourchue, à semer la zizanie partout où vous allez, sournois et viles comme des serpents… Sauf que vous êtes des Scorpions, ce qui rime avec « félon » et avec « con », deux adjectifs qui vous collent à la peau. D’ailleurs tout le monde sait à quoi s’en tenir avec les enfoirés de votre espèce, et c’est pour ça que vous préférez vous faire passer pour des Balances ou des Sagittaires, mais il n’y a que les Scorpions pour rassembler autant de tares, pour accumuler tant de vilenie… Je vais vous le dire franchement : vous êtes la lie de l’humanité ! Si j’étais à votre place et que j’avais un minimum de respect pour mon entourage, je me jetterais d’un pont à l’instant même ! Mais non, du respect, c’est clair que vous n’en avez pas ! Ah ça ! C’est tout pour votre gueule, pas vrai ?! Vous vous en foutez des autres… Egoïstes, hypocrites… Mais quel tas de merde vous faites les Scorpions ! Quelle bande d’enflures ! Vous êtes des putains de bâtards, y a pas à chier ! En fait j’ai jamais pu blairer vos tronches de bite avec vos yeux et votre nez et… et… ALLEZ TOUS MOURIR LES SCORPIONS !!! Quoi …? Quoi ? QUOI ?! KESSTA SCORPION DE MES DEUX ?? TU ME CHERCHES ENCULE ?!? TU ME CHERCHES ?!!
Vous êtes… Sagittaire :
Méfiez-vous des Scorpions.
Vous êtes… Capricorne :
Aujourd’hui, pour vous les Capri… c’est fini ! Voilà, c’est tout, j’ai rien trouvé de mieux à dire sur les Capricornes. Faut avouer que c’est vraiment un signe chelou, « Capricorne », non ? Personne sait vraiment à quoi ça ressemble un Capricorne… Une sorte de chamois avec une queue de poisson… Mort de rire ! Le truc trop improbable quoi ! Bref, on n’en a rien à foutre des Capricornes.
Vous êtes… Verseau :
…mais un peu rectaux quand même, pas vrai ? C’est bon, avouez-le ! On est au XXIème siècle, merde ! Il n’y a plus de honte à se mettre des trucs dans le cul ! Un peu de confiance en soi que diable : vous en tirerez rapidement les bénéfices auprès de votre entourage.
Vous êtes… Poissons :
Signe d’eau (et non pas signe de feu et de terre – luttons contre la tyrannie des apparences-) vous flottez dans votre imagination. Très créatifs, vous souffrez que votre art soit souvent mal compris de ces ombres inexpressives qui tournent, sans arrêt et sans but, autour de votre bocal.
BONUS EXCLUSIF !!! -> le Naboloroscope chinois :
Les coqs sont tous prétentieux ; les singes sont tous malins ; les cochons sont des porcs, les dragons sont verts avec des écailles et le reste ça se vaut.









