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Méprise de risques : Chapitre 7ème

m-prise-de-risque2-copy-copy.jpgEt voici la dernière des nouvelles qui compose le recueil “Transports en commun”, à paraître bientôt ! Ne vous inquiétez pas
je vous donnerai toutes les infos nécesaires pour que vous puissiez le commander à sa sortie et l’offrir à parents, frères, soeurs, oncles, tantes, aïeux, etc. Même décédés, on sait jamais, ça
peut leur plaire !

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« Ma vieille, c’est trop bête. » dis-je, mais j’ai du mal à hocher la tête.
Pour plusieurs raisons : parce que tu n’es pas qu’un vieux camarade de classe et parce que ta couleur m’a frappé, plus qu’une autre.

Si je t’appelle tu ne réponds pas, si je t’écris tu ne réponds pas. Tu ne me laisses
pas t’expliquer qui je suis. Je n’ai plus aucun moyen d’activer les codes… Ou plus qu’un seul : c’est de m’en aller.

 

Je m’en vais. Je fais mes bagages. C’est ce que j’avais prévu de faire de toute
façon : partir en quête, ailleurs, notamment de ce que j’ai aperçu dans tes yeux. Ta rencontre m’a fait glisser le sac des épaules et je le réajuste. En embrassant la route qui me mène vers
l’avant j’entends ta musique dans le lointain.

La route m’entraîne au travers des frontières et des continents. Je quitte le palais
de verre occidental pour découvrir les vérités d’ailleurs. Mais quoi que je fasse, où que je sois, il y a un caillou coincé dans ma chaussure. J’irai en Inde et en Afrique, au Pérou et en Chine,
à Besançon aussi. Partout où je pourrai profiter du luxe qu’est la vie, et pour échapper à la ruée du temps qui précipite les années qui se ressemblent, pour que chaque marche de mon escalier
mérite ce nom et que j’échappe à l’abrutissement des jours qui sont les mêmes.

J’aurai de la joie, de la peine, des défis auxquels éprouver ma bravoure et savoir
mieux encore qui je suis. J’irai parfois puiser de la force dans mes souvenirs comme dans une galerie de portraits : le rire de Romain, l’amour de Céline, les colères d’Alix. Tout ce que je
connais voyage avec moi. J’ai mis dans mon sac un peu de l’aura de chacun comme autant de mousquetons pour me hisser vers l’avant.

Il y aura des moments où je penserai à toi aussi, et ils s’achèveront par des points
d’interrogation. Ils m’insuffleront amertume et inspiration. Je vivrai de nouvelles aventures, je ferai de nouvelles rencontres, mais s’il y a un jour sur trois cent soixante cinq qui reste vide,
il portera la marque de ton absence. Ce jour-là c’est à toi que je voudrai parler, mais je ne pourrai pas.


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