Archive pour novembre 2009
Illustrations de “Transports en commun”
je suis monté à Roubaix pour présenter ma candidature chez ANKAMA, c’était avec une valise pleine de dessins: on m’avait conseillé de les montrer tous, et surtout d’insister sur l’évolution de
mes progrès… Mais je n’aurais peut-être pas du commencer la présentation avec des dessins anotés par ma prof’ de CM1 (et pourtant j’avais 19 de moyenne).
Bref, on m’a clairement fait comprendre que le talent ne suffisait pas, il faut aussi apprendre à manier photoshop.
Aujourd’hui, dans l’objectif d’illustrer mon (excellent) recueuil de nouvelles (que vous pouvez lire ici même, sur ce blog, bande de fous de la chance!!!), j’ai fait un dessin, je l’ai mis dans
une boite magique pour qu’il apparaisse à l’écran, puis j’ai appuyé sur tous les boutons, et ça à fait ça:

bienvenu, la question étant: peut-on décemment utiliser cette image comme couverture d’un livre sans rougir de honte, voire en tirer de la fierté? D’avance merci à tous! (vous pouvez cliquer
pour agrandir)
Transports en Commun : Chapitre 7ème & 8ème
Voici la suite de la
sixième nouvelle qui doit figurer dans mon recueil. Comme d’habitude j’attends vos commentaires avec impatience. Vous pouvez lire le Chapitre 1er ici. Merci les Zamis!
Les Champs Elysées sont un véritable paradis où règne un perpétuel printemps : sur cette terre couverte de
verdure les oiseaux chantent interminablement.
Le sous-marin vert avance en compagnie de ses semblables, virant de bâbord en tribord
au gré des courants, plongeant dans un banc de poissons ou sous la coiffe ébouriffée d’une anémone de mer.
Il n’est pas commun qu’une rame se transforme en sous-marins. A l’intérieur, les
passagers, mesdames et messieurs, sont confrontés à une situation nouvelle. Pour y faire face, ils n’ont pas de modèle. Ils ne peuvent plus qu’exprimer ce qu’ils sont vraiment.
Dans les tréfonds marins ils aperçoivent une étoile de mer géante qui leur adresse un
clin d’œil coquin. A ce signal, le sous-marin vert prend de l’altitude, bientôt rejoint par ses pareils qui le suivent en file indienne. Un peu plus loin au devant d’eux, Monsieur et les autres
passagers remarquent une sorte de rampe. Les sous-marins s’y engagent les uns après les autres pour retrouver une forme semblable à l’originale : celle d’un petit train, de ceux qu’on voit
souvent transporter les touristes. Ce faisant, le petit-train gagne la surface : les passagers, trempés, sont arrivés sur une île. Elle est entourée d’une gigantesque rivière aux allures
d’océan, celui qu’ils viennent de franchir. Pas de ciel, mais une voûte qui rappelle l’intérieur d’une grotte où brille une sorte de soleil laiteux et tiède.
Les passagers sont rapidement secs. Le petit-train fait chauffer le moteur et
redémarre. Il les entraine, le long d’une route de briques jaunes, au travers d’une grande plaine battue par les vents. Plus ils avancent, plus la plaine se couvre d’arbres fruitiers, de sources
et d’animaux divers. Les pommiers surabondent de pommes, les fraisiers de fraises, les cocagners d’abricots, de poires, d’ananas et de tout le reste. Et puis le train s’arrête pour laisser monter
un jeune homme équipée d’une lyre à neuf cordes : encore un de ces musiciens !
« Kaliméra ! » s’exclame le jeune homme en posant son pied dans le
wagon.
Monsieur reconnaît celui qui l’a bousculé au matin, à son arrivée dans le
métro.
« Je m’appelle Orphée. » poursuit-il, « Y-a-t-il parmi vous quelqu’un
qui n’est pas tout-à-fait mort ? »
***
Le Tartare est une prison où les morts expient leurs fautes, enfermés dans une triple enceinte d’airain. L’endroit
est cerné de marécages, c’est un lieu dont on ne s’échappe pas.
Le petit train s’éloigne, emportant au loin la plupart des passagers. Monsieur ne
s’explique toujours pas pourquoi il est descendu à la suite du jeune homme. Il se rassure à peine en constatant qu’il n’est pas le seul.
Des prénoms sont échangés. Entre les partants, il n’y a plus de
« Monsieur » ou de « Madame » qui tienne car l’aventure abolit le néant.
Orphée explique à tous que le métro est arrivé aux Enfers. Tout autour d’eux s’étend
une plaine fertile qu’on appelle les Champs Elysées.
« C’est un lieu d’abondance, on y trouve de tout. Peu de gens souhaitent en
sortir mais, si vous le voulez, je peux vous montrer le chemin. » déclare-t-il le plus simplement du monde en tendant une main amicale au premier de ses interlocuteurs.
Les mains se serrent et tous avancent, guidés par le poète. En s’éloignant des
champs, ils s’enfoncent dans une sorte de marais qui se confond bientôt avec les eaux d’un fleuve. On entend, dans le lointain, les cris échappés d’une gigantesque forteresse d’airain qui se
dresse comme une sentinelle… Mais les amis avancent et ne se retournent pas.
Transports en commun : Chapitre 5ème & 6ème
Voici la suite de la
sixième nouvelle qui doit figurer dans mon recueil. Comme d’habitude j’attends vos commentaires avec impatience. Vous pouvez lire le Chapitre 1er ici. Merci les Zamis!
Au-delà du Styx, les Enfers sont divisés en trois régions majeures : le Pré des Asphodèles, les Champs Elysées
et le Tartare.
Le métro accélère.
A chaque aller-retour, la rame prend de la vitesse. Il n’est plus guère possible d’en
descendre désormais. Le métal crie sous la pression, ses appels meurent dans les tunnels.
Un jour, la rame gonfle, tousse, gronde, et ralentit enfin. Monsieur qui est à
l’intérieur n’a toujours rien remarqué. Il fixe son journal.
« La Défense ». Le métro s’arrête ; il imprime un mouvement de hanche
à tous ses passagers.
Sur son strapontin, Monsieur a le nez dans son journal. Il ne le lit pas. Il ne le
regarde pas. Il le voit à peine, juste de quoi s’assurer que le papier à larges bords continue de le camoufler.
Des sons étranges proviennent de l’extérieur. Toujours ces grondements qui
ressemblent de plus en plus à un souffle, un peu comme si le métro était attelé à une locomotive à vapeur… Quelque chose se passe. Le sol tremble, légèrement. La vibration se répercute sur les
parois, jusqu’au plafond. Le métro se remet en marche. C’est un nouveau départ.
Une sonnerie retentit, les portes se ferment. La rame qui s’élance imprime à chaque
voyageur un léger mouvement de hanches… Le mouvement est perpétuel. Les hanches se balancent de gauche et de droite, sans s’arrêter : on dirait une danse. A l’extérieur, des clous sautent en
sifflant sous la pression : on dirait de la musique. Monsieur s’étonne et regarde autour de lui. On dirait qu’il se réveille.
***
Le Pré des Asphodèles est le lieu d’errance de ceux qui ont vécu modérément : ils y déambulent
en file indienne, formant un gigantesque huit auquel viennent en permanence se mêler de nouveaux défunts. C’est une ronde sans but qui ne connaîtra jamais de fin.
Voilà ce qui se passe : sous le métro, le fer des rails se tord comme de
l’argile, se replie comme un ressort, et propulse la rame dans une nouvelle direction, dépourvue de tunnel.
La terre résiste, s’oppose comme un mur à ce nouvel essor, puis cède douloureusement,
et le métro s’enfonce tandis que Monsieur s’accroche aux courroies de son compartiment.
Comme un vers géant, le métro perfore les entrailles de la terre. Il traverse les
strates qui recèlent les vestiges du passé, les souvenirs de Monsieur et de l’humanité toute entière.
Le métro se courbe pour prendre une ligne droite. En vrombissant de manière
effrayante, il atteint maintenant sa vitesse maximale. A l’intérieur cependant, tout le monde danse, même Monsieur, qui s’est levé. Soudain, dans une explosion de glaise et de roche, comme une
éjaculation furieuse de vie, le métro fait péter une paroi du sol et plonge dans l’océan. La vitesse s’atténue immédiatement.
Les wagons flottent à présent, comme en apesanteur. Il n’y a plus un son, plus rien.
Puis les wagons se détachent, un à un, comme des bulles de savon. A l’intérieur, les passagers ont collé leurs bouches rondes aux hublots : des poissons curieux s’approchent pour les imiter.
Dans le firmament marin on voit planer des raies géantes et nager des dauphins.
En survolant un groupe de coquillages couchés dans le sable, les passagers découvrent
sur leurs surfaces lisses, polies comme des miroirs, l’image d’un sous-marin vert. Alors ils s’étonnent de leur incroyable aventure, ils parlent à leurs voisins.
Transports en commun : Chapitre 3ème & 4ème
Voici la suite de la
sixième nouvelle qui doit figurer dans mon recueil. Comme d’habitude j’attends vos commentaires avec impatience. Vous pouvez lire le Chapitre 1er ici. Merci les Zamis!
Pour traverser le Styx il faut s’adresser à Charon, le nocher. C’est lui qui, contre une obole, offre les services
de sa barque aux trépassés.
Une sonnerie retentit, les portes se referment. La rame qui s’élance imprime à chaque
voyageur un léger mouvement de hanches. Et puis le bruit des rails s’impose sur les conversations que l’heure matinale ne permet pas. De toute façon, il n’y a rien à dire.
A qui s’adresser surtout ? Tous les voisins de Monsieur, debout autour du
strapontin, font peser sur lui un sentiment coupable : c’est eux qu’il a grugé en s’asseyant, ils sont ses adversaires du quotidien, ses concurrents. Heureusement, Monsieur tient en mains un
journal, accepté sans y penser lorsqu’il est entré dans la bouche. Monsieur l’ouvre et le lit pour se donner une contenance, et finit par avaler ce qui y est écrit, mais sans y croire vraiment
car il se souvient que cette soupe est fade. Mais pour combien de temps ?
Deux stations plus loin Monsieur a vieilli. Suffisamment pour fondre sous son journal
lorsqu’une dame âgée monte à bord en râlant, avec sa canne. Monsieur constate que personne ne se lève pour lui céder la place. Il maugrée contre tous ces mal-élevés dont il ne sera pas la
dupe.
Quelque part, au niveau du plafond, un petit encart, vestige d’une courtoisie déchue
dont il cite les règles, a disparu sous un monceau de tags. Comme Monsieur, dans son journal.
A la station suivante, lorsque Monsieur s’apprête finalement à donner l’exemple,
c’est toujours là que la mégère descend. Dommage, mais Monsieur a la conscience tranquille.
Un miséreux a remplacé la vieille aux abords du strapontin qui constitue le
territoire de Monsieur. L’odeur est insoutenable. Il pue. Il sent le métro à vingt pas à la ronde. A croire que ce monsieur n’en est jamais ressorti.
Monsieur lui en veut de lui infliger cette souffrance olfactive. Pour s’en libérer
Monsieur lui donne un sou. Le miséreux s’éloigne, laissant sa place à une jeune fille toute en jupe et dentelles qui en comparaison paraît un bleu de ciel.
***
Quiconque penche la tête au-delà du canot de Charon apercevra les âmes, ombres sans force ni sentiment, simples
présences d’un passé à jamais aboli, comme autant de gouttes qui forment les eaux du Styx.
Monsieur tente de saisir les yeux de la jeune fille de son propre regard, mais
l’odeur du métro pèse toujours, comme une malédiction sur des possibilités.
Parfois néanmoins, les yeux de la fille se laissent attraper. Comme s’ils brulaient,
Monsieur les relâchent aussitôt. Puis il regarde la fille à nouveau qui ne le regarde plus. Ou si elle le regarde c’est lui qui s’en effraie.
Monsieur reste ainsi paralysé, la bouche muette, prisonnier d’un costume insensé qui
fait de lui Monsieur plutôt que Romain, Samuel ou Habyarimana, Tchang, Medhi, William ou Danse-avec-les-loups.
Le métro dépasse une station puis l’autre, puis l’autre. Monsieur sera bientôt
arrivé. Mais où ? Guère plus loin que son point de départ, c’est inéluctable pour qui marche en cercle.
Le problème de Monsieur, le seul, le vrai, c’est que la situation ne lui convient
pas. Il aimerait s’attacher à son cercle, en faire le rempart d’un bonheur solide, mais il n’y parvient pas. Chaque matin, lorsqu’il ferme sa porte, il a le sentiment d’oublier quelque
chose…
Le métro accélère.
Transports en commun
Une nouvelle tirée du recueil “Transports en commun”.
A l’extrême occident se trouve la porte des Enfers. C’est une sorte de caverne qui conduit au séjour souterrain des morts. Le gardien en est Cerbère, le chien à trois têtes qui laisse entrer l’âme des défunts, mais ressortir personne.
Personne se réveille. Non pas au lever du lit comme ça lui arrivait jadis, dans un passé dont il ne se souvient plus, mais dans la queue des personnes qui s’amoncèlent pour passer la borne d’accès au métro. Le chemin que Personne a effectué jusque là, son corps l’a parcouru tout seul, sans qu’il ait besoin d’intervenir : ça aurait pu durer indéfiniment si un jeune ne l’avait bousculé au moment d’enjamber une barrière, en toute illégalité.
Par acquit de conscience, Personne essaie de se remémorer ce qu’il a fait depuis que son réveil a sonné. Il l’a éteint, tout d’abord, pour somnoler jusqu’à ce que l’alarme se répète. Ensuite il s’est levé en soupirant. En allant aux toilettes, Personne se rappelle s’être senti « plus vieux ». Il a mangé quelque chose dans la cuisine, à la va vite car le « timing » du quotidien lui permet à peine de déjeuner. Puis il a pris une douche, il s’est brossé les dents, s’est habillé et a quitté son logement avec le sentiment d’avoir oublié quelque chose… Mais ce souvenir est-il d’aujourd’hui ou d’hier ?
Personne montre sa carte à la borne métallique et les trois têtes d’acier s’inclinent pour le laisser passer. Lire la suite... »
La complainte du vétéran de l’amour

Engagez-vous, rengagez-vous qu'y disaient!
Mon bagage grossit à chaque nouveau point
De ralliement. Je vois peser de l’embonpoint
Sur mes sentiments. Elle envie l’officier,
La foule des soldats fraîchement engagés
Sur les sentiers d’Amour, marche au pas, qui s’exalte ;
Elle court les chemins sans s’accorder de halte !
Mais le vieux lieutenant, qui a connu le feu,
Avance à pas menus et ouvre grands ses yeux :
Là-bas dans la pénombre, il voit les revenants
Des batailles passées qui l’ont fait vétéran.
Il s’émeut, il a peur, il hésite, il redoute…
J’avance mon amour, en dépit de mes doutes.
Mon barda est gonflé de ces anciennes guerres,
Mais moi je ne veux plus regarder en arrière :
Je rêve de poser mon fardeau à tes pieds
J’ai simplement besoin de ta main pour l’ôter.
2012 – le film: humour cataclysmique

- Une affiche qui fait peur pour un film qui fait rire.
Je déconseille la lecture de cet article à tous ceux qui n’ont pas encore vu le film… Mais à vrai dire je déconseille surtout le film.
2012 prend le prétexte du calendrier Maya (qui annonce une fin du monde au 21 décembre 2012) pour mettre en image une succession de scènes d’action catastrophe.
Le calendrier Maya on s’en fiche pas mal finalement, le scénario ne l’inclut qu’à peine… Mais voyez plutôt.
Début et situation catastrophe :
Tout commence en Inde (le film doit toucher un public international) où le scientifique-héros du film découvre grâce à son ami-scientifique-indien, un truc incompréhensible en rapport avec les « neutrinos ». On n’en sait pas plus sur les neutrinos, à part qu’ils viennent du soleil et qu’ils vont détruire la terre. Effectivement, une demi-heure plus tard, nous recevons l’explication détaillée via la métaphore de l’orange exposée par Woody Harrelson déguisé en hippie à moitié fou. C’est toujours aussi incompréhensible, mais sans entrer dans les détails, on finit tout de même par comprendre que la Terre va prendre cher, car elle a été bombardée de micro-ondes par le soleil et qu’elle arrive au terme de sa cuisson.
Evidemment, les pontes de la planète sont déjà au courant, ils rassemblent les œuvres d’art, patrimoine de l’humanité, pour les protéger, et organisent un plan de survie qu’il garde secret pour ne pas alerter leurs concitoyens.
La bande à Cusack :
Pendant ce temps-là, John Cusack est confronté aux problèmes du péquin moyen : il aime secrètement son ex-femme d’avec qui il est séparé parce qu’il ne passait pas suffisamment de temps avec ses enfants. Du coup son fils l’appelle par son prénom, plutôt que « Papa », sa fille de sept ans porte des couches parce qu’elle fait toujours pipi au lit la nuit (elle est également obsédée par les chapeaux) et sa femme s’est re-maquée avec Gordon, un chirurgien plastique qui est devenu le meilleur ami du fils de Cusack.

- Woody explique à John qu’on va tous mourir.
A la base, Cusack est écrivain, mais il n’a vendu qu’un peu plus de 400 exemplaires de son bouquin, ce qui est certes 400 fois mieux que moi mais ridicule quand même. Donc pour vivre, il conduit la limousine d’un milliardaire russe appelé Youri, ancien boxeur, père de deux adorables bambins-ogres et copain de jeu d’une beauté dont la poitrine a été refaite par Gordon (ce qu’on ignore au début : c’est le coup de théâtre de la moitié du film !).
J’ajoute qu’une des seules personnes à avoir lu le bouquin de Cusack est bien entendu le scientifique-héros du départ (qui du coup est fan de Cusack parce que son livre est en fait excellent).
Tout pète :
Décembre 2012, finalement tout pète. Il y a des crevasses un peu partout, notamment au supermarché, ce qui est l’occasion de glisser subtilement à l’écran l’image des boîtes de céréales que les héros s’apprêtaient à choisir : Frosties de Kellog’s, et le tigre est en toi ! Plus besoin d’entracte publicitaire, les marques sont suffisamment mises en valeur dans le film : c’est une Bentley qu’il vous faut pour survivre en cas de cataclysme, et sachez que tous les membres du gouvernement américain sont équipés d’un ordinateur portable Sony-Vaio.
Le début du film insiste surtout sur deux points :
Familial : Cusack est un père irresponsable alors que Gordon est super cool.
International : Les membres du G8 gèrent la situation en envisageant de ne sauver que l’élite financière de l’humanité.

- La Californie sombre dans l’océan pacifique, contrairement aux prévisions d’un certain gouverneur…
Assez rapidement la croute terrestre se déchire, puis ça créé des tsunamis qui vont tout ravager. On assiste à cette occasion à d’improbables scènes :
- la fille de Cusack devant sa maison effondrée dont elle et sa famille ne se sont échappées que de justesse dans une scène filmée au DV et qui déclare : « Oh non, ma collection de chapeaux ! »
- un jeune boxeur, favori de Youri le milliardaire russe, qui perd son match en voyant que Youri a quitté son siège alors qu’il était venu pour le supporter (en fait Youri a reçu un texto pour l’avertir qu’il fallait embarquer dans une des arches de survie auxquelles seuls les milliardaires ont accès).
Les héros s’en sortent de justesse grâce à Cusack qui effectue des sauts de bagnoles à la « Shérif fais moi peur » et à Gordon qui sait en fait piloter des avions (même si pour une raison de crédibilité il lit d’abord le manuel de décollage).
Evacuation :
La terre entière va être submergée par les eaux, donc les membres du G8, souhaitant assurer la pérennité de l’humanité, ont décidé de construire des arches pour sauver l’espèce. Comme les billets coûtent très cher il n’y a que des vieux milliardaires qui sont prévus à bord.
La bande à Cusack :
Cherche par tous les moyens à rejoindre les arches.
Niveau international :
Les membres des gouvernements du G8 embarquent dans les arches SAUF le président des Etats-Unis (joué par un noir au passage : vive la crédibilité) qui a des remords et le premier ministre italien qui décide de rester à Rome pour s’adonner à la prière (Berlusconi ?!).

- Gordon, pilote inexpérimenté, parvient à sauver toute sa famille en lisant les instructions du guide pour débutant… Vachement bien foutu ce manuele.
Finalement, tous ceux qui veulent survivre se retrouvent en Chine où les arches ont été construites dans la montagne. Il y a donc la Cusack family, les membres du G8 et les milliardaires, ainsi que des travailleurs Chinois. C’est la panique parce que les tsunamis arrivent. Les membres du G8 flippent et décident de fermer les portes des arches en abandonnant les milliardaires. La Cusack family, elle, a réussi à monter grâce à l’aide d’un travailleur chinois. Et là c’est un feu d’artifice :
Scène poilante n°1 :
Dans la cohue, alors que les milliardaires cherchent à grimper dans les arches et qu’une bonne moitié tombe dans le vide, la beauté aux seins refaits appelle son chien qui passe entre les jambes de la foule, marche le long d’une amarre et rejoint sa maîtresse à bord de l’arche. Scène magnifique, où sa petite touffe remue en premier plan alors qu’il avance au péril de sa vie au-dessus du précipice (on imagine très bien le stagiaire, sur le plateau de tournage, en train d’agiter son plumeau en dessous de la caméra).

- Même la fin du monde ne saurait venir à bout du noeud de cravate de John Cusack!
Gordon meurt écrabouillé dans les rouages du mécanisme de fermeture de la porte de l’arche, ce qui a pour effet de bloquer cette dernière. A partir du moment où Gordon meurt, son nom ne sera plus jamais évoqué dans le film, ni par sa compagne (l’ex-femme de Cusack) ni par son fils. Gordon disparu, Cusack et son ex-femme se retrouvent, se disent qu’ils s’aiment et on oublie Gordon qui décidemment était de trop. D’ailleurs sa présence aurait probablement foutu la merde sur l’arche, et comme les survivants vont devoir repeupler le monde, autant se débarrasser au plus tôt des gêneurs. Bref, tout ça pour dire que les familles recomposées n’ont aucune chance face à la détermination du destin.
Scène poilante n°3 :
Le scientifique indien du début, celui qui a découvert le pot-aux-roses avec les neutrinos, participe à un gigantesque exode pour échapper à un non moins gigantesque tsunami. Voyant que le tsunami les rattrape, il dégaine son téléphone portable et appelle le scientifique-héros du film pour lui signaler d’un air de chien battu que, contrairement à ce qu’il avait promis, aucun avion n’est venu le mettre en sécurité. On se dit qu’il est bien rancunier pour faire culpabiliser son pote juste avant de mourir, mais surtout qu’il a vraiment du bol que son téléphone portable émette encore.
Scène poilante n°4 :
Le scientifique-héros du film qui vient de perdre son ami indien fait un speech devant les membres du G8 pour les convaincre d’ouvrir les portes aux multimilliardaires qui frappent aux portes. Il explique qu’oublier la solidarité c’est perdre son humanité et que, par voie de conséquence, ça ne sert plus à rien de chercher à sauver une humanité sans humanité… Mouais. Ca peut paraître con comme ça mais lorsqu’il conclut qu’il vient de perdre un ami, tout le monde (je parle de ceux qui sont à bord avec lui et qui ont abandonné femmes, enfants, parents, etc.) verse sa larmichette, au point que les chefs d’Etats russe et chinois, probablement les plus humanistes du monde, demandent à ce que les portes soient rouvertes. Suite à quoi la France et compagnie donnent leur accord aussi.

- Ceci est une photo de lapin, sans rapport aucun avec le film 2012. Ouf! Trop mignon ce lapin, ça faisait un moment déjà que je cherchais à le placer quelque part… (il avait été uploadé par erreur dans ma base de données).
Youri, le russe milliardaire resté à l’extérieur (il a été séparé du groupe lorsque des Chinois qui transportaient une girafe par hélicoptère son venus lui demander sa carte alors qu’il les croisait dans l’Himalaya suite à un accident d’avion où meure l’amant de sa copine ce qui justifie qu’elle périsse noyée vers la fin) avec ses deux fils, arrive trop tard pour embarquer au moment où les portes de l’arche sont rouvertes. Il fait passer son premier fils alors que le pont levis remonte, mais le pont est déjà trop haut pour qu’il puisse faire passer le deuxième. Alors, prenant son élan, Youri jette le petit en l’air où il est rattrapé par son frère tandis que lui-même tombe dans le gouffre en disant « haaaaa ».
Scène poilante n°6 :
27 jours plus tard, on retrouve, dans une des cabines de l’arche, le scientifique-héros de l’histoire qui drague la fille du président. Il a commencé son petit manège beaucoup plus tôt car déjà, dans l’avion qui les emmenait en Chine, les deux tourtereaux échangeaient des niaiseries sans le moindre regret pour leurs pères, respectivement en train de mourir noyés. Un mois plus tard, que découvre-t-on ? La fille du président n’a toujours pas fini de lire le navet de Cusack (c’est pas comme s’il y avait trente six mille choses à faire sur cette arche!) et les deux amoureux ne se sont pas encore embrassés ! S’ils faut compter sur les puritains et les vieux milliardaires pour repeupler le monde, on est plutôt mal barré…
La FIN:
La fin du film vaut son pesant d’or puisqu’on conclue sur cette phrase, pleine de sens, de la fille de Cusack montée sur le pont de l’arche pour apercevoir le soleil levant : « Je n’ai plus besoin de couches-culottes désormais. »
Ca laisse perplexe… A moins d’y voir l’accession précoce de cette fille au statut de femme féconde, femme dont l’humanité aura tant besoin dans les années à venir ? Glauque.
Communiquer avec les Parisiens

- Depuis longtemps déjà, les Parisiens portent des vêtements (image d’archive).
Après quelques semaines d’expérience parisienne, j’ai découvert quelque chose de très particulier, vraisemblablement propre à la capitale et qui lui vaut sans doute son titre de « Reine de la mode ».
Ici, les gens ne portent pas de vêtements pour lutter contre le froid (ils pourraient), ou pour lutter contre le ridicule (comme le préconise la bible) mais pour se parler. Si un Parisien ne vous répond pas, refuse de vous indiquer où se trouve la rue Tiquetonne, néglige les « bonjour », « au revoir » et « merci » au cas où vous auriez déjà eu le privilège d’interagir avec lui, c’est tout simplement parce que la majeure partie de sa communication s’effectue par l’entremise de ses vêtements. Eh oui. Ca coute plus cher que d’utiliser la bouche, mais du coup ça permet de parler simultanément (de soi) à tout son entourage, badauds, passants, chalands et autre synonymes du même mot.

- Des Parisiens en masse se regardent les pieds à l’entrée du métro. L’histoire ne dit pas s’ils se marchent sur les yeux.
Donc, quand vous débarquez quelque part, la première chose que regardent les Parisiens ce sont vos chaussures, qui représentent votre personnalité. Pourquoi les chaussures ? Aucune idée, mais pourquoi pas, admettons, plutôt que de vous regarder dans les yeux on vous regarde dans les pieds et on conclue : classe, cool, rétro, sexy, rasta, caille, hype, etc.
Les amis qui me servent de guides dans ce nouvel environnement culturel que représente pour moi la ville lumière, se sont empressés de me faire comprendre que le must du must, en ce moment, c’est d’être « hype ».
Que signifie « hype » ? Personne n’étant en mesure de répondre à cette question je google :
Nom commun : promotion exagérée, tromperie, adepte de stupéfiants, danse du hip-hop.
Verbe : stimuler, augmenter
Adjectif : génial, cool, de première classe

- Vrai qu’il n’est pas évident de deviner la personnalité de quelqu’un sans avoir d’abord vu ses chausses… Nom d’une pipe, mais que veut donc ce monsieur?!
J’en conclus qu’être « hype » c’est se promouvoir soi-même, de manière un peu exagérée, dans le but d’être génial, non sans s’adonner au hip-hop et à la consommation de stupéfiants. Ok. Rien n’est impossible. Quand on veut on peut.
Le problème, c’est qu’être « hype » n’est pas à la portée de tout le monde. En fait ça coute très cher, car être « hype », c’est porter des vêtements hors de prix spécialement designés pour faire croire que vous venez de les trouver, roulés en boule, dans une poubelle. Les jeans, par exemple, sont soigneusement déchirés et usés à des endroits stratégiques, localisés sur le pantalon par des ténors de la haute couture. Autant dire que si vous déchirez vos jeans vous-même, en amateur, personne ne s’y trompera et vous connaîtrez cette expérience ô combien enrichissante que trop de monde a tendance à redouter : celle du ridicule (alors que, comme ce qui ne tue pas rend plus fort, et que le ridicule ne tue pas, il s’agit d’un des premiers vecteurs de force auquel on puisse s’abreuver : « Le ridicule rend plus fort. » Mais passons…)
Tous ces vêtements hors de prix, n’en sont pas moins de mauvaise qualité, ce qui importe peu puisque lorsqu’ils tomberont en loques (je veux dire vraiment, pas pour faire exprès) la mode sera passée, et il sera temps de devenir autre chose que « hype », un autre adjectif, anglophone, très probablement, à moins que la Chine ne devienne la première puissance culturelle d’ici là mais j’en doute car les échéances de la mode sont très très courtes.

- Cette clocharde qui vient de se faire rouler dessus par un camion n’en est pas une! En fait, c’est juste une fille à la mode, voire hype (peut-être).
Donc une fois devenu pauvre après avoir acheté vos vêtements de pauvre (mais qui sont en fait des vêtements de riche, c’est juste que le pauvre est à la mode en ce moment), les Parisiens devineront que, récemment encore, vous étiez riche, mais que, comme eux, vous avez fait le sacrifice de vos économies pour pouvoir leur parler, avec vos vêtements. A l’égal des gens normaux, les Parisiens apprécieront que vous ayez fait cet effort (même si vous ne le faites qu’avec vos habits) et, de gratitude, ils vous regarderont. Comme vous leur parlez avec vos vêtements, des Parisiens qui vous regardent, c’est un peu comme des provinciaux qui feraient l’effort de vous écouter. La communication est établie.
Je dois reconnaître que la plupart des conversations humaines ayant pour objectif, avoué ou inavoué, de permettre aux humains d’exprimer qui ils sont, le fait qu’ils y parviennent par la parole ou par habits interposés revient à peu près au même. C’est simplement qu’il faut s’habituer ( ?).
Dragon Ball : message nazi ?
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- Une bande de néo-nazis s’apprête à faire sa fête à un véritable melting pot vivant, un clone ambassadeur de la diversité génétique. SCANDALEUX!
Au fur et à mesure de mes lectures (j’ai du lire la série complète une demi-douzaine de fois), il est apparu qu’on pouvait relever un certain nombre d’éléments qui étayent la théorie déjà évoquée par les médias (toujours prestes à dénigrer ce qui plait aux jeunes puisque ce sont les vieux qui payent) selon laquelle Dragon Ball défendrait des idées nazis.
Ce qui leur a mis la puce à l’oreille, c’est que les Saïyens (ou « guerriers de l’espace », la « race » de Goku et ses amis) deviennent blonds aux yeux bleus lorsqu’ils révèlent toute leur puissance (Diable ! Ils sont observateurs les bougres !).
Des détails comme ça on peut en trouver d’autres. Ces Super Saïyens (ou « Super Sayazu » en japonais) portent les initiales S.S. Ils viennent d’une planète qui a été dominée puis anéantie par une sorte de peuplade métisse (les troupes du tyran Freezer sont constituées de créatures de toute forme). Néanmoins ce sont des « super guerriers » convaincus de leur supériorité génétique (Végéta et Nappa ne s’en cachent pas en arrivant sur Terre).

- A gauche Shen, incarnation de Dieu sur terre. A droite Hirohito, ex-empereur du Japon, acteur majeur de la seconde guerre mondiale. Même coupe de cheveux, même lunettes, la moustache de Shen est juste un peu plus hitlérienne. Et regardez bien: même leurs chemises se ressemblent!
En faisant le parallèle avec l’histoire des Saïyens, on s’aperçoit que les Namek, peuple sage et uni-racial, subi lui aussi les foudres des troupes métissées de Freezer. On peut ajouter que, lorsqu’il s’incarne au championnat du monde des arts martiaux, Dieu choisi un humain qui porte une coquette moustache hitlérienne (sans compter qu’en poussant un peu, c’est le portrait craché de Hirohito, empereur du japon à l’époque de la seconde guerre mondiale).

- Mr Popo, esclave noir caricatural ou homme le plus proche de Dieu?
J’ajoute que l’un des rares personnages noirs du manga est Mr Popo qui exerce le métier de serviteur (bon c’est le serviteur de Dieu mais quand même) et que l’armée du Ruban Rouge que Goku met à mal n’est pas sans rappeler l’armée rouge ; que les membres qui la constituent sont prétendument tous homosexuels et que c’est elle qui viendra finalement à bout de Goku à la fin de l’histoire (puisque Cell est issu d’un projet de clonage qui avait été initié par le professeur Guero, à la solde du Ruban Rouge)… D’ailleurs (Tiens, tiens !) c’est un personnage de couleur qui est à la tête de cette armée (au début le larbin du Chef, il en prend les commandes quand celui-ci se révèle incompétent).
Vous aurez tous compris les nombreux parallèles avec la seconde guerre mondiale, notamment le triomphe des communistes (les méchants) sur les nazis (les gentils). Je souligne par ailleurs que le roi du monde, dans Dragon Ball, est un chien, ce qui, à n’en pas douter, en dit long sur les opinions politiques de M. Toriyama (sauf que comme c’est un chien sympa les interprétations deviennent de plus en plus difficiles pour la critique…).

- Toute ressemblance avec le symbole de l’armée rouge serait parfaitement fortuite.
Tous ces éléments conduisent à la question suivante : l’histoire de Dragon Ball délivre-t-elle un message nazi, ou raciste ?
Eh bien pas du tout. Goku, le héros, est un modèle de naïveté (pureté ?) qui se moque des apparences. Il est le défenseur de la Terre, une planète métissée au possible (qui inclut notamment une forte population d’animaux qui parlent). Par ailleurs, Gohan, son fils métisse, est plus puissant que son père. Végéta admet lui-même que le métissage entre terriens et sayens semble donner de très bons résultats.
Si les Saïyens sont clairement présentés comme un peuple raciste et dominateur dans l’histoire, Goku, qui les a reniés, annonce tout aussi clairement sa position : il se considère comme terrien d’adoption. Il y a de nombreuses leçons de tolérance qui sont données au travers de Dragon Ball (Goku et ses amis refusent d’attaquer le Dr Guero avant qu’il ait commis son crime bien qu’ils le sachent coupable par avance de façon certaine grâce à l’entremise de Trunk arrivé du futur pour les en avertir ; Goku épargne toujours ses adversaires qui lui en font la demande ; Goku n’a d’a priori sur rien, ni sur les genres – qu’il distingue mal -, ni sur les races ou les espèces).

- Goku et Luffy échangent le maillot: l’avenir est au second désormais!
Néanmoins, le message principal véhiculé par Dragon Ball, pour moi, ce n’est pas la tolérance, ce n’est pas non plus l’amitié (contrairement aux chevaliers du zodiaque qui en font des tonnes) : c’est qu’il faut vivre sa passion, chose que San Goku fait jusqu’à la mort, non sans mettre, au passage, plusieurs mondes en péril.
Ce crédo sera repris plus tard, et de matière un peu plus grossière par Monkey D. Luffy, au travers des épisodes de One Piece.
D’ailleurs si je me délecte à lire les aventures de son équipage, quand je regarde Luffy, c’est Goku que je vois.
Dragon Ball, œuvre majeure de la fin du XXème siècle ? Oui ! Il y a énormément de choses à dire sur ce chef d’œuvre, mais le mieux c’est encore de le lire !
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