La partouze : Chapitre 9ème

Et voici le
dernier chapitre de la série. Laissez moi un commentaire si ça vous a plu (ou déplu). D’avance, merci!
Chapitre 9ème
Valentin tirait sur son sexe comme on s’amuse avec un bidule en
caoutchouc : pour passer le temps. L’extérieur n’était plus son seul problème désormais, même son corps ne réagissait plus. Parfois un frisson venait donner du volume à son
membre inerte, mais les désirs de Valentin étaient infirmes et ses fantasmes meurtris sous le choc qu’avait provoqué l’image du « néant ».
En se concentrant, il parvenait à provoquer une érection, un peu… Néanmoins ce demi miracle lui apportait de grosses
satisfactions en comparaison du désespoir que lui causait son impuissance.
Valentin se plaignait souvent de son état.
Or il arriva qu’un jour, un couple de ses amies s’offrit de l’aider. L’opération fut un succès, sans compter que le
trio avait beaucoup ri de l’incongruité de ce jeu. Ils se promirent de remettre ça, mais les occasions manquèrent. Pourtant, à travers ce moment
passé à trois plutôt qu’à deux, à travers les rires et l’absence totale de malentendu, Valentin avait retrouvé un peu de son Eden, de l’amour
enfantin.
C’est de là qu’il eut cette idée saugrenue, qui paraissait irréalisable de prime abord mais qui ne le quitta
plus : il allait organiser un gigantesque rassemblement amoureux, chez lui, où se rejoindraient tous ceux qui, comme lui, n’avaient pas
oublié.
Valentin s’attabla pour rédiger les invitations. Il y mit la forme, de l’amour et de la sincérité, puis il convint
d’une date et indiqua le lieu. Durant tout le mois qui suivit, Valentin distribua ses invitations partout où il allait, mais aussi dans tous les lieux de réunion : à l’église, à la
mosquée, à la synagogue, aux sièges des partis politiques, dans les entreprises et dans les soirées, dans les jardins et les parcs d’attraction, et bien entendu sur internet.
Il arriva que, selon les lieux, certains « invités » lui jettent des cailloux, ce sur quoi Valentin
partait en courant, mais sans tristesse : il n’attendait plus de tous qu’ils partageassent son approche du sexe et de l’amour, mais voulait dénicher parmi la foule ceux qui auraient
pu.
Enfin, le grand jour arriva. Le rendez-vous avait été fixé à la vingt et
unième heure. Valentin avait tout rangé, tout préparé, il s’était mis en costume pour recevoir. Mais à l’heure dite personne, ne vint.
Valentin se laissa tomber dans les coussins qu’il avait acheté par dizaines pour l’occasion. Il croisa ses bras sous
sa tête et regarda le plafond où il avait collé une ribambelle d’étoiles fluorescentes qui rappelait la constellation des Poissons. Il
soupira.
Soudain, on frappa à la porte.
« C’est ouvert. » dit-il sans même bouger les yeux.
On actionna la poignée et la porte grinça.
« Oh ! » s’étonna une voix aux accents féminins.
« Je suis désolée, j’ai du me tromper d’appart’… » puis en avisant les coussins : « A moins que je n’arrive trop tard ? ».
« Vous êtes en retard oui, » bougonna Valentin, « mais entrez, faites comme chez vous. »
Valentin n’avait pas bougé d’un pouce. Il entendit la porte se refermer puis ce qu’il prédisait être une jeune femme, d’après la voix, enlever ses chaussures.
- Je prends un peu d’eau si ça ne vous dérange pas ?
- C’est ça, faites comme chez vous.
Valentin se concentra pour ne pas tourner la tête. S’il n’en avait pas eu envie au départ, à présent la situation
l’intriguait. Il appréhendait de voir à qui il avait affaire.
La mystérieuse invitée prit un verre d’eau puis marcha sur les coussins. Elle finit par s’asseoir à côté de
Valentin, et lui demanda, entre deux gorgées : « Mais qu’est-ce que vous faites ? »
- Je regarde les étoiles.
- Ah. Mais ces étoiles sont fausses…
- Et alors ? Qu’est-ce que ça change ? Vous les voyez mieux, les vraies ?
- Euh… Non, c’est juste.
- Ce qui compte avec les étoiles, de toute façon, c’est la signification qu’on leur donne. C’est qu’elles puissent
servir de prétexte pour se parler.
Alors la jeune fille s’allongea à côté de Valentin, et ils parlèrent des étoiles comme des milliers d’amants
l’avaient fait avant eux, puis ils parlèrent encore, de tout et de rien, toute la nuit durant. Finalement Valentin se retourna pour la regarder, elle. Il la trouva belle, au point de vouloir la
toucher. Il approcha sa main de sa peau qu’il frôla… le contact fut électrique. Il y eut comme un court-jus qui manqua de faire exploser la chambre.
A l’endroit où la peau de Valentin touchait celle de l’inconnu, la passion, la tendresse et l’amour irradiaient de couleurs blanches, roses et rouges en une sensation que personne n’a jamais pu
deviner avant de l’avoir connue : le plus perturbant des sentiments humains circulait à travers leurs chairs à partir du point de contact entre leurs épidermes, distillant tout à la fois
une lancinante faiblesse et une énergie à soulever des montagnes.
Leurs corps s’embrassèrent, augmentant encore l’intensité du phénomène dont leur cœur ne suivait plus le rythme… Et
tout ce qui n’était pas sensations mourut à cet instant.
Quand il se réveillèrent le lendemain matin, ce fut avec le sentiment d’être frères, deux particules jumelles qui
s’étaient rencontrées dans la grande partouze de la vie.
FIN
Tiens, je lis un article du futur
L’idée de départ est originale, le sujet pas simple, mais la lecture fût agréable, et la fin inattendue.
Merci.
Merci pour le texte c’est très sympa, et le romantisme de début et de fin noie la réalité du milieude la nouvelle!
Continue comme ça!
C’est… spécial. Vu la façon dont sa évoluait, je voyais pas la fin comme ça. J’étais plutôt parti sur l’idée du désir inassouvi qui devient une obsession, et Valentin qui en devient violeur (pour de bon cette fois), mais n’étant toujours pas satisfait, finit par se suicider d’une façon symbolique. Quelque chose de bien hard quoi, pour finir en apothéose.
Enfin, chacun son approche
Cette fin-ci est bonne aussi et bien racontée, elle est juste plus “classique” et tranche (de mon point de vue…) avec l’originalité du reste du récis.
Trop facile la fin !!