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Archive pour septembre 2009

La philosophie de l’Aventure en pratique: Yom Kipour

Les symboles du judaïsme: une harpe, un shuriken, un livre, un truc, un pigeon et un drapeau.
Les symboles du judaïsme: une harpe, un shuriken, un livre, un truc, un pigeon et un drapeau.

Lundi dernier c’était Yom Kipur. Et comme je m’en veux de ne pas avoir pris le temps d’aller à la mosquée pour le ramadan, je suis allé à la synagogue avec ma mère, ma sœur, et deux de leurs amies respectives qui se sont chacune, à quarante ans d’écart, découvertes des ancêtres juifs il y a moins de quelques semaines.

Ca les a poussé à s’intéresser davantage à la religion et à la culture juive, et elles nous ont proposé de nous faire partager cette aventure !

Nous nous donnons donc tous rendez-vous devant la synagogue à 18h45, ma mère athéisto-protestante, ma sœur agnostico-sceptique, nos amies néo-juives et moi-même, panthéo-poétiste.

Devant la synagogue, quelques barrières permettent à un service minimal de sécurité de faire le tri entre ceux qui viennent pour les célébrations du soir, et ceux qui ne font qu’essayer de passer au travers de l’encombrement de la rue.

Je n’ai pas pu repasser chez moi et prendre la chemise blanche qu’on m’a recommandé d’emporter. Ma sœur et sa copine sont assises sur le trottoir avec leurs tatouages, leurs débardeurs et leurs cigarettes, elles passent les coups de fils nécessaires au rassemblement de notre petit groupe, initiative que nos coreligionnaires accueillent d’un œil soupçonneux.

Une fois réunis, pour entrer dans l’enceinte de la synagogue, nous nous présentons au jeune homme chargé de filtrer le passage des barrières.

Nous sommes tous censés être juifs, pour conserver la crédibilité de nos amies qui prennent le risque de nous faire partager cette expérience. N’étant pas reconnus du jeune homme, nous devons répondre à un certain nombre de questions en rapport avec notre généalogie avant de pouvoir assister à la messe.

BREF ! Une fois passés, ma mère en profite pour confesser qu’elle est en fait de culture protestante (voilà qui va rendre service à l’intégration de ses copines !).

On peut personnaliser sa kippa à volonté, pour faire de la pub ou véhiculer des messages.
On peut personnaliser sa kippa à volonté, pour faire de la pub ou véhiculer des messages.

A l’entrée de la synagogue, on me trouve une kippa (apparemment il y en a toujours à disposition pour qui n’aurait pas la sienne), puis je suis la foule jusque dans une salle de taille moyenne, bondée de gens, tous avec une kippa et un drap sur les épaules dont je ne connais pas la signification… (En fait, et contrairement à mon apparente érudition, je ne connais pas grand chose aux religions monothéistes en général et me borne donc à raconter ce qui m’a marqué).

Hommes et femmes sont séparés dans la synagogue, les enfants mis à part, qui sont libres de circuler un peu partout. On sent les petits très à l’aise d’ailleurs, salués et chéris par tout le monde (m’a-t-il semblé mais il m’a été impossible de déterminer si ceux qui les câlinaient parfois étaient liés à eux par le sang ou pas).

Il y a surtout des hommes d’âge mur autour de moi, qui lisent à voix haute un bouquin écrit avec des demi ou des tiers de carré sur une page, et en français avec l’alphabet latin sur l’autre page.  Je suppose qu’il s’agit de prières. Les hommes ne semblent pas tous réciter la même, et certains élèvent parfois la voix sur un passage, alors que d’autres non. J’en conclus peut-être à tort, qu’ils prient individuellement à voix haute.

Il se passe des choses aussi sur l’autel du fond de la salle mais trop loin pour que je les vois (on est tous debout, serrés comme des langoustes).

De temps en temps des groupes entiers d’hommes de tout âge me bousculent pour passer. Il s’agit (ai-je compris grâce à mon voisin qui chante « allez les Cohen, allez ! » à chacun de leur passage) de membres d’une même famille cherchant à accéder à une place de devant.

J'ai trouvé cette photo en tappant Yom Kipour sur google mais je n'ai assisté à rien de tel!
J’ai trouvé cette photo en tappant Yom Kipour sur google mais je n’ai assisté à rien de tel!

Ce qui me surprend, c’est lorsque, soudainement, les gens commencent à déployer les draps qu’ils ont sur l’épaule et à se serrer en dessous en les tendant au-dessus de leur tête. Ce faisant ils créaient une multitude de petits groupes… Une prière (je suppose) retentit. Un homme d’âge mur crie au garçon que j’ai pour voisin d’aller vite se cacher sous un voile, vite, vite ! Petit comme il est, il n’a pas de mal à se faufiler et à se cacher sous un dais. Mais moi je suis seul avec ma kippa, sans aucun drap sous lequel m’abriter, à moins de m’incruster brutalement dans un groupe, chose que j’hésite à faire parce que je n’arrive pas à déterminer si les groupes sont constitués de membres d’une même famille où si on peut s’y joindre à la bonne franquette. Je soulève donc timidement le bout de drap qui pend dans le dos du monsieur devant moi pour me cacher dessous en essayant de ne pas trop lui coller aux fesses.

J’ai la hantise qu’on voit que je n’y comprends rien, alors j’applique la tactique de l’autruche en engouffrant ma tête encore un peu plus. De temps en temps, je jette un coup d’œil hors du voile pour voir comment les choses évoluent. Parfois le monsieur qui tient le drap bouge le bras et je suis obligé de laissé échapper mon coin de tissu pour ne pas me faire repérer… Je le récupère tout de suite après, tout en douceur, même si je déteste qu’on me pique ma couverture.

Finalement je crois que j’ai plus ou moins réussi à faire illusion. Celui à qui appartient le drap et qui le tendait en récitant sa prière ne s’est pas rendu compte de ma présence. Ce rituel terminé, les gens commencent à s’embrasser en se rassurant mutuellement sur l’état du château. Je ne suis pas sûr de l’effet que ça aurait de taper la bise au semi barbu qui me colle à l’épaule, je préfère donc gagner la sortie et éviter, peut-être, de commettre une gaffe irréparable.

Non, cette photo n'est pas celle d'un rastaman en train de tirer sur un gigantesque bédo! Il s'agit d'un juif avec drap et corne de brume qui annonce la fin de Yom Kipour.
Non, cette photo n’est pas celle d’un rastaman en train de tirer sur un gigantesque bédo! Il s’agit d’un juif avec drap et corne de brume qui annonce la fin de Yom Kipour.

A la sortie de la synagogue (mais toujours dans le bâtiment : contrairement à une église la synagogue ne semble pas remplir tout l’immeuble), on refait encore deux fois le coup du drap cependant que résonne le son mélodieux des cornes de brumes… Apparemment il est possible de se passer de drap en se mettant la main sur la tête, si j’en crois l’exemple de certains de mes voisins que j’imite immédiatement. Puis des gens tombent dans les pommes. Je me précipite, ravi à l’idée que je vais pouvoir mettre en pratique le tout nouveau savoir que j’ai acquis lors de ma participation récente à une démonstration de la Croix-rouge (en plus il y a un débriefilateur accroché au mur donc c’est trop la bonne occase). Malheureusement, les deux ou trois victimes respirent toujours et n’ont donc pas besoin de mes massages cardio-vasculaires. J’apprends simplement qu’elles ont commis l’imprudence de ne pas manger de la journée ! Toutes les trois! Sacrée coïncidence…

J’attends sœur, mère et amies. Aucune ne vient. La synagogue, qui paraît petite de l’extérieur, se vide d’une quantité insoupçonnée de gens dont un grand nombre mache des petits pains qu’ils avaient dissimulés sous leur drap dont je comprends enfin la véritable utilité.

Non, cette photo n'est pas celle d'un ancêtre du minitel! Il s'agit d'un défollobrilateur qui permet de sauver des vies!
Non, cette photo n’est pas celle d’un ancêtre du minitel! Il s’agit d’un défollobrilateur qui permet de sauver des vies!

Devant le bâtiment, le staff de sécurité recommande aux gens de se disperser… Y aurait-il une menace d’attentat ??? Ou est-ce pour éviter de boucher la circulation et de faire chier les voisins ?

Je suis un peu déçu parce que je m’étais imaginé un banquet sur la fin. J’ai bien surpris, dans une salle, une famille ayant disposé des mets de toutes sortes sur une petite table, mais on était loin du barbecue.

Bref, j’ai rendu ma kippa et j’ai appelé les amis juifs de mon répertoire pour les rassurer : le château va et je me suis enrichi d’une nouvelle aventure, tintintin! Banga!

BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 22ème


Bonta Brakmar
La saga
continue! Soutenez-la en laissant vos commentaires et en en parlant autour de vous! lire le premier
chapitre ici



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VIII
Chapitre 22ème : La shushumancie à l’oeuvre


Les retournements de situation allaient bon train. Il y avait d’abord eu le vol de la « clef », une opération qui avait failli mal tourner pour les voleurs… Néanmoins, grâce aux capacités de l’un d’entre eux à contrôler le temps, ils purent
mettre les voiles sans crainte d’être retrouvés… Ce que leurs poursuivants réussirent à faire malgré tout, avec le soutien de Zeurg et de son ascendant
sur la faune locale : mulous et kanigrous leur avaient balisé la piste à grand renfort de hurlements nocturnes. Lorsque la bataille s’était engagée, la victoire avait changé de camp à
plusieurs reprises. A présent, Anniki et Barbra étaient hors de combat. Tandis qu’Anyou veillait leur mentor, Pouille faisait face à l’impie et Yesterday avec une détermination nouvelle. Le jeune Sacrieur émettait une aura étrange.


- Qu’attends-tu pour le neutraliser ?! questionna l’impie à l’intention de son complice.

- Mais j’essaye ! Seulement depuis le début il esquive tous mes sorts comme s’il les connaissait par cœur… A part
celui du « Raulebaque ».

- Eh bien voilà ! C’est tout simple ! Paralyse-le, je me charge de l’achever.


L’ennemi ignorait parfaitement Anyou. Pouille aussi. Il semblait avide de régler cette affaire tout seul. Yesterday
lui jeta son sortilège : chaque mouvement de Pouille régresserait désormais, à peine les esquisserait-il. Pouille n’essaya donc même pas de bouger. L’impie s’arma du bâton qu’elle dissimulait sous sa cape : de petites étincelles jaillirent de ses mains lorsqu’elle les posa sur le
manche. De toute évidence, elle savait se servir de cette arme-là. Elle en fit la démonstration en portant un premier coup à Pouille.


« Châtiment… » bredouilla-t-il en encaissant.


Ce mot n’était pas innocent. Il s’agissait d’une incantation dont les effets se déclenchèrent chez Pouille en même
temps que la douleur. Ses muscles se contractèrent et doublèrent de volume. Craignant qu’il s’agisse d’une contre-attaque, l’impie frappa de nouveau, par réflexe. Cela ne fit qu’augmenter les
effets de la mutation. Plus l’impie s’acharnait sur lui, plus l’enfant gagnait en volume… Pouille prenait désormais des proportions extravagantes, ses
muscles saillaient de toute part, de façon grotesque, tandis qu’il grandissait, grandissait pour dépasser la taille d’une maison ! Sa peau mâte prit une couleur noire, comme la nuit, comme
l’espace : elle était pailletée de constellations et d’étoiles filantes, on aurait dit que Pouille contenait un petit univers


L’impie cessa de le frapper. Yesterday cria qu’il échappait complètement à son contrôle. Pouille, ou plutôt la chose
qu’il était devenue, grandissait toujours. Son corps aux proportions immenses, semblait partiellement immatériel. Un croissant de lune vint se fixer sur son front tandis que des milliers de
comètes striaient ses avant-bras.


Le sortilège du « châtiment » permet normalement aux Sacrieurs
de convertir leur douleur en force. Mais Anyou reconnut dans la pratique que Pouille en faisait toutes les caractéristiques de ce qui les classait, elle et lui, dans une catégorie à part :
une propension à libérer des effets magiques excessifs dont ils ne pouvaient assurer le contrôle. Chez Anyou, en tant que disciple d’Osamodas, ces caractéristiques se révélaient dans ses invocations. Mais Pouille, disciple de Sacrieur, était la propre
cible de ses enchantements. Anyou n’eut pas à attendre longtemps pour se convaincre que les conséquences en étaient d’autant plus terribles.


Un grondement d’outre-tombe résonna dans la plaine. Anyou y reconnut les syllabes qui formaient les mot
« at-ti-rance ». Des filaments de nuit jaillirent du corps de Pouille en direction de Yesterday et de L’impie. Cette dernière invoqua un
bouclier qui ne laissa pas prise aux tentacules. Yesterday, quant à lui, fut aspiré jusqu’à l’intérieur du corps cosmique de son adversaire. Anyou le vit disparaître au milieu des étoiles,
s’éloigner dans l’infini d’une autre dimension dont Pouille était devenu la porte… jusqu’à disparaître.


Ce qu’était devenu Pouille avança vers l’impie. La terre ne trembla pas sous ses pas : il était parfaitement
inconsistant.


- Arrête ! N’avance pas où je brise le sceau ! cria-t-elle en montrant la « clef ».


L’impie avait abandonné son bouclier, elle jouait quitte ou double par la menace de son artefact. Anyou trouva cette
stratégie peu pertinente. Pouille n’était plus Pouille. C’était une gigantesque forme mue par les dernières volontés de ce qu’il avait été, mais qui se décomposait peu à peu. Une nébuleuse se
dessina là où devait se trouver le torse, dont les contours n’étaient plus très nets.


Quelque chose de terrible se préparait. Anyou avait pris les devants et hissé Barbra sur sa dragodinde. Elle mit la monture au galop aussitôt qu’elle le put.


A peine avait-elle fait quelques mètres qu’un deuxième grondement résonna. Elle reconnut un mot, « punition », avant de perdre l’ouïe et de s’affaler au sol, projeté à bas de sa dragodinde qui elle-même tourbillonnait en l’air à trente pas devant
elle.

Aucun son ne parvint plus à Anyou. Elle contempla le reste des évènements comme s’il eut s’agit d’un spectacle
muet.


La nuit fondit sur elle-même à l’endroit où s’était tenu Pouille. Le ciel passa du noir au blanc, puis du blanc au
noir.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 21ème


Bonta Brakmar
La saga
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chapitre ici



Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VII
Chapitre 21ème : Shushumanciens


L’impie brandissait la clef
devant Barbra. Les mouvements malhabiles de son corps chétif indiquaient qu’elle se remettait mal de son face à face avec cette lionne. Bien que la Iop
ne soit pas blessée à proprement parler, la pâleur qu’elle avait affiché au PPAF était revenue hanter son visage au teint d’ordinaire si
uni.


« Ah, tu la veux cette clef, pas vrai ? » L’impie rit d’un rire forcé. Sans doute cherchait-elle à se
donner confiance. Anyou distinguait mal l’objet qu’elle agitait en l’air : on aurait dit une sorte de fourche stylisée à peu près grande comme une
largeur de main. « Et tu as dit à tes petits shushumanciens ce que tu comptais en faire ? continua l’impie, J’en doute. »


De ce passage-là, Anyou n’avait rien compris. C’était à elle et à Pouille
que l’impie s’adressait à présent : « Alors les petits, vous qui êtes corps et âmes dévoués à votre maîtresse, avez-vous ne serait-ce que la moindre idée de ce que cette clef
représente ? » Barbra voulut interrompre l’impie mais elle s’affaissait bizarrement, comme si ses forces la quittaient. Pouille qui se tenait
tranquille pour éviter que Yesterday n’use de son sortilège contre lui protesta :


- On s’en fiche ! Nous sommes Bontariens et nous ferons tout pour protéger Bonta 

- Belle vocation de foi, minus. Tu serais moins rageux si tu savais que c’est cette clef qui a coûté la vie à ton ami
Mastigrin.


Pouille resta interdit. Anyou ne savait que penser. Tout paraissait si clair jusqu’à présent : eux c’était Bonta,
les gentils, qui combattaient Brâkmar, les méchants. Mais l’impie et sa clique ne ressemblaient pas à ces
soldats féroces que l’on tue ou qui vous font tuer, c’était vraisemblablement de vieilles connaissances, qui en savaient bien plus long sur Bonta et ses secrets que des Bontariens en herbe. Et
les voilà qui se mettaient à discutailler maintenant, à révéler des secrets dont Anyou subodorait qu’ils allaient compliquer la
situation.

 

L’impie poursuivit, Barbra ne semblait plus en état de l’interrompre :


- Mastigrin était un shushumancien lui aussi. Comme vous, il avait hérité du pouvoir
des démons
. Voilà pourquoi vos supérieurs le recrutèrent, parce qu’ils savaient que seul un démon pourraient utiliser cette clef…


L’impie leur montra ce qu’elle appelait la clef. L’objet était facilement visible dans l’obscurité parce qu’il s’était
mis à luire. C’était bien une sorte de fourche miniature, qui ressemblait à celles qu’utilisent les bergers
Féca
pour conduire leurs troupeaux de bouftous. A la base de la pointe scintillait une rune de couleur rouge.


- Car cette clef, écoutez-moi bien les enfants, cette clef, c’est celle des fers d’Uk
Not Allag
.


A ce nom, Anyou se rappela un de ses récents cours d’histoire : Uk Not Allag était un démon d’envergure qui avait
jadis soumis toute une province. Un berger du nom d’Allister avait mis fin à son entreprise, en lui présentant des offrandes dont le démon se gava,
puis en lui passant des fers magiques aux poignets et aux chevilles. Ces fers empêchaient la digestion : Uk Not Allag s’était retrouvé gonflé comme une baudruche et prisonnier de son propre
pouvoir.


- Qu’est-ce qu’on en a à faire ? gronda Pouille, Vous pouvez bien libérer Uk Not Allag. S’il a été vaincu par le
Roi Allister, il ne tiendra pas une seconde face à l’armée de Bonta !


Anyou n’avait pas jusque là compris le lien entre le berger de l’histoire et le Roi de son propre pays. Allister était
donc le héros de la légende ? Il remontait dans son estime. Cette pensée la ramena un instant vers les bois et le Clan du fouet d’Osamodas, toutes à ses ambitions, elles les avaient passagèrement oubliés. L’impie éclata de rire :


- Que m’importe, jeune sot, que nous libérions Uk Not Allag ? Il ne me manque rien de plus. Cette clef est le
sceau qui a retenu et contenu sa rage de s’évader pendant des années et des années ! A l’heure qu’il
est le démon mugit toujours, dans les caves de Brâkmar, en essayant vainement de se délivrer. Et s’il ne le peut pas c’est parce que ce ne sont pas de simples chaines de fer qui le retiennent,
mais ce sceau magique, d’une puissance rare, que j’ai maintenant en ma possession ! Chacun de ses efforts, chacun de ses gestes et de ses imprécations pour briser ses entraves là-bas est contenu ici par cette clef que tu vois là, qui se gave de son pouvoir et qui le stocke. Elle renferme désormais une énergie et une haine démoniaque telle qu’il suffirait de la libérer au bon endroit et au bon moment pour raser toute une cité…


A ces mots, Anyou et Pouille ouvrirent la bouche de frayeur en comprenant où l’impie voulait en venir. Son sourire
exprimait la folie à son plus haut degré.


- Quelle erreur d’avoir pensé que Mastigrin pourrait l’utiliser contre Brâkmar. Il était trop faible et inexpérimenté.
Mais moi, qui suis une vraie Brâkmarienne, et donc une démone, je saurai l’employer à mauvais escient… MUHAHAHAHA !

- Menteuse ! protesta Pouille, Mastigrin était plus fort que dix comme toi !


Dans un bruit sourd, Barbra tomba à terre comme vidée de ses forces. Pâle comme la mort,  elle gémit un nom dans
un effort couteux : « Anniki… »


Pouille et Anyou regardèrent Barbra puis Anniki qui n’avait pas bougé : debout près du feu elle tenait toujours
sa cape entre les mains pour dissiper la fumée. Une telle passivité était d’ailleurs incongrue…


« Ton fouet ! » s’exclama Pouille. Anyou n’était pas sûre de comprendre mais elle réagit vite, presque
spontanément : c’était le résultat de son entraînement. Le fouet jaillit de sa main et claqua dans le visage d’Anniki qui disparut dans un nuage
de fumée, comme s’il eut s’agit d’une invocation.


« C’était un double ! cria Pouille, L’impie nous parlait pendant
qu’Anniki assassinait le lieutenant ! » Pouille peinait à contenir son désespoir devant le résultat de leur fatale inadvertance. « Occupe-toi d’elle
» dit-il à Anyou en s’approchant de la
dragodinde sur laquelle l’Osamodas était assise. Puis il se retourna et transposa Barbra qui tomba au pied
de la monture d’Anyou. Pouille quant à lui, avait pris la place de la Iop et frappa dans le vide qui l’entourait. Anniki para mais perdit son invisibilité.


- MUAHAHA s’exclama l’impie devenue, avec ses acolyes, maître de la situation, il est trop tard pour résister à
présent. Rendez-vous !


Suivant la recommandation de Pouille, Anyou avait sauté à terre pour prendre soin de Barbra. La pauvre Iop était
livide, rongée de l’intérieur par un poison paralysant et mortel :


« Laisse pas… Pouille… perdre contrôle… » murmura-t-elle avant de s’évanouir.


Anyou releva immédiatement les yeux sur son compagnon. En face de lui, Anniki s’adonnait à cette danse envoutante
qu’Anyou l’avait déjà vu faire.


« Attention Pouille ! Elle invoque un piège de
masse !
 » Pouille tourna la tête avec un demi-sourire « Je sais » put-elle lire sur ses lèvres. Il attendit encore un instant qu’Anniki achève son sortilège puis il
s’écria :


« Attirance ! »


Anyou avait déjà vu effectuer ce sortilège, le jour de sa première rencontre avec Vanthar : un des suiveurs du beau capitaine l’avait utilisé pour capturer leur adversaire. Mais, était-ce parce qu’il n’avait pas mentionné le nom de sa déesse avant d’utiliser ce sort, ce ne fut pas un faisceau de filaments rouges qui jaillit du corps de
Pouille, ce fut une véritable pieuvre de chair qui se saisit d’Anniki et la traina jusqu’au Sacrieur


Sur la courte distance de son voyage forcé, Anniki déclencha tous les pièges qu’elle venait de poser. Elle en perdit
connaissance. Pouille la laissa tomber à ses pieds, vaincue. Il sembla à Anyou que les ailes blanches du jeune homme prenaient une nouvelle envergure.
Toujours est-il que, lorsqu’il se retourna pour faire face à l’impie et Yesterday, son regard avait changé.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 20ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VII
Chapitre 20ème : Face à face


« Muhahaha ! C’est bon, arrêtons-nous là pour bivouaquer, nous sommes sortis
d’affaire. »


Yesterday s’en remettait toujours à sa maîtresse, il obtempéra sans
rechigner. Anniki avait un avis différent.


- Nous ne devrions pas présumer de nos forces, l’impie.

- Je ne présume pas, répondit l’impie. Nous avons plusieurs heures d’avance, il fait nuit noire et nos éventuels poursuivants n’ont aucune idée de la direction que nous avons pu prendre. Au pire nous cherchent-ils au sud, vers Brâkmar… Mais certainement pas dans la direction d’Astrub. J’en profite pour rendre grâce à tes efforts Anniki, qui
permettront que nous soyons bien accueillis là-bas.


- Si nous y parvenons l’impie. Entends-tu ces mulous qui hurlent à la mort
et les kanigrous qui aboient ? La faune se réveille et s’agite depuis une heure… Ca ne me dit rien qui vaille.


Le visage de l’Impie se fendit d’un rictus moqueur.


- Allons Anniki ! Ce ne sont pas quelques cabots mal peignés qui vont te faire peur à toi, si ? Tu en as vus
d’autres. C’est pour ça que je t’ai engagée.


L’impie accompagna ses mots d’un frottement de son pouce à l’intérieur des quatre doigts de sa main tendue, ce qui
évoqua immédiatement à Anniki le montant qu’elle allait percevoir pour son implication dans les manigances brâkmariennes. Mais cette idée ne la fit pas
même sourire. L’impie avait quelque chose de malsain dans son visage maigre et sa petite voix fluette, quelque chose qui était profondément désagréable à Anniki. Si elle-même était la froideur
incarnée, c’est le démon qui habitait cette femme décharnée à la peau couverte de tatouages noirs, que laissait entrevoir une robe du plus pur style vampirique, pourtant recouverte dans le dos et
sur les flancs d’une cape de jute grossière à la capuche relevée. Anniki se trouvait en sa compagnie parce qu’elle voulait gagner de l’argent, pas pour mourir. L’impie, elle, était une
fanatique.


Quant à Yesterday, c’était un jeune disciple de Xélor, d’une centaine
d’années à peine. De petite taille, vêtu d’une robe de mage, d’un chapeau pointu, et qui s’était évertué à allumer un feu pendant que les filles bavardaient. Elle ne lui en furent pas du tout
reconnaissantes :


- OMG et WTF ! Mais
qu’est-ce que tu fais imbécile ?! s’écria l’impie tandis qu’Anniki se précipitait pour étouffer le feu de sa cape et dissiper la fumée.

- Ben… J’allume un feu… C’est toi qui a dit qu’on allait bivouaquer… Un bivouac sans feu c’est pas un vrai
bivouac…


Yesterday avait du mal à s’exprimer car l’impie le secouait dans tous les sens. Elle s’arrêta en sentant la terre qui
tremblait sous ses pieds, comme pour vérifier que ce n’était pas de son fait… C’était celui d’une silhouette qui avait fendu l’air dans un bond prodigieux et qui venait d’atterrir à leur côté.


- Barbra ! hurla l’impie tant elle était surprise.

- L’impie ! rugit Barbra en reconnaissant son ennemie de longue date.


Aucun des protagonistes n’esquissa plus le moindre geste. Tous étaient sur leurs gardes. La scène en était là quand
deux dragodindes arrivèrent au galop. La première était montée par Pouille et Anyou, la deuxième, sans cavalier, suivait derrière. Les jeunes gens s’arrêtèrent aux abords du petit groupe. Leurs regards dévisagèrent chacun des personnages en
présence, et plus particulièrement Anniki que Pouille et Anyou avaient déjà rencontrée mais en différentes occasions. Anniki ne s’expliquait pas la présence d’Anyou. L’Osamodas ne chercha pas à
s’expliquer la sienne :


 

- C’est elle lieutenant ! C’est elle ! La Sram qui m’a attaquée
dans les bois d’Amakna !

- Décidément c’est la nuit des retrouvailles, conclut Barbra avec le plus grand sérieux. Tu remercieras bien ton ami
le cochon-chat pour son aide précieuse.


A ces mots, Barbra déploya dans son dos de grandes ailes blanches et
fluorescentes qui vinrent perturber l’obscurité de la nuit. Les pupilles de ses yeux disparurent tandis qu’une auréole circulaire se dessinait
lentement au-dessus de son front.


- Rend-moi la clef. Grinça-t-elle.

- Tu peux courir. Répliqua l’impie : une queue noire comme l’ombre claqua au niveau de ses jambes, des cornes se
dressèrent sur son front et une paire d’ailes rouge sang recouvrit ses épaules.


Anyou reconnut alors ce que les sentinelles de Bonta redoutaient tant et
qu’ils désignaient sous le nom de « démon ». Toute la vigilance de ses concitoyens qu’elle jugeait autrefois obtus, voire idiots, n’avait pas
suffi à empêcher que l’ennemi s’infiltrât jusque dans Bonta pour y commettre ses méfaits. Anyou comprit qu’il allait falloir se battre. Pour de bon cette fois-ci. Yesterday et Pouille s’étaient
fait la même remarque puisqu’ils avaient déployé leurs ailes respectives en avançant l’un vers l’autre. Même Anyou voyait les siennes briller du coin de l’œil, preuves qu’elle avait la
bénédiction de Bonta, que sa ville d’adoption chérie communiait avec elle. Seule Anniki restait à l’écart.


Comprenant que la Sram ne souhaitait pas se battre et bien qu’Anyou lui en voulût personnellement, elle jugeât plus
opportun de prêter main forte à l’un de ses amis. L’impie vit Anyou hésiter et Anniki qui n’intervenait pas, peut-être même songeait-elle à s’enfuir ? Elle préféra prendre les
devants :


- Je double ta solde Anniki et je ne minimiserai pas ton aide devant le seigneur
Mustam
. Ca ne peut pas te laisser indifférente !


Voyant qu’elle y perdait à attendre, Barbra déclencha les hostilités :


- Epée destructrice !


L’impie réagit aussitôt:


- Armure incandescente !


Une explosion d’une violence rare souffla Anyou qui fut projetée dans les airs. Elle n’eut que le temps de voir
l’impie parer le coup de Barbra d’un bouclier d’énergie avant de retomber la tête la première dans les hautes herbes. Anyou faillit tourner de l’œil
mais se releva. Les coups que Barbra portaient à son ennemie jurée résonnaient dans la plaine comme ceux d’un marteau qui s’acharne sur une plaque de taule. Grâce à ses yeux perçants, Anyou
voyait les ailes des quatre combattants s’agiter dans le noir et s’éloigner du lieu initiale de la rencontre. Les dragondindes avaient fui. Anniki n’était plus là non plus… Elle avait
imprudemment laissé tomber sa cape dans les flammes et le feu commençait à prendre. Une large colonne de fumée blanche s’élevait dans le firmament, visible à une centaine de lieues.


« De toute façon c’est fichu pour la discrétion » commenta une voix juste à côté d’elle.


Anyou se retourna. La Sram jaugeait la scène et Anyou en son centre, un doigt sur le menton. Elle s’amusa de la
surprise qu’affichait la jeune fille.


« Tu ne croyais pas que j’allais rechigner devant un travail facile
et aussi bien payé ? » s‘amusa-t-elle. Anyou comprit qu’elle ne parlait rien de moins que de l’assassiner. Cette femme devait avoir un enfer
à la place du cœur ! Pourtant Anniki s’exprimait avec le froid et la distance qu’Anyou lui connaissait déjà. La jeune Osamodas était d’autant plus perplexe qu’Anniki n’arborait aucune sorte d’ailes.


« Pas pressée d’attaquer ? s’enquit Anniki. Peu importe, je vais t’attendre. »


Anyou ne savait pas ce que ça signifiait. La Sram était là devant elle, qui commençait une danse sensuelle et envoutante. Anniki faisait un pas puis deux, relevait le genou et étendait la main au ciel. Parfois, des filins
brillants
apparaissaient au bout de ses doigts. Anyou pensa qu’elle cherchait peut-être à l’hypnotiser et décida d’agir :


« Par Osamodas le grand démiurge, j’invoque… Bouftou ! »


Un bouftou apparut dans une explosion de fumée. Il était de taille normale et Anyou n’eut aucun mal à se faire obéir.
Le bouftou gratta le sol et fonça sur Anniki. A peine avait-il fait quelque pas que la terre se souleva. Un millier de filins verts scintillèrent et
Anyou fut prise dans l’explosion.


A moitié ensevelie, elle parvint à s’extirper des décombres suffisamment vite pour ne pas donner à Anniki l’occasion
de l’achever. La Sram n’y avait même pas songé, elle n’avait pas bougé.


« Ca se présente mal pour toi, petite » s’amusa Anniki.


Anyou était aussi en colère qu’elle avait peur. Elle fit une deuxième tentative :


« Par Osamodas le grand démiurge, j’invoque… Tofu ! Tofu !
Tofu ! 
»


Trois tofus apparurent. Le premier ne fit pas un pas que les deux autres explosèrent, à son instar. Anyou ne subit pas
moins qu’eux les effets de ce nouveau piège.


« Ce sortilège s’appelle « Piège de masse » petite. Et tu es en
plein dans sa zone d’effet. » expliqua Anniki avec dédain.


Son ennemie bluffait-elle ? A sentir la douleur qui irradiait son corps, Anyou partit du principe que non. Elle
regarda autour d’elle pour voir si Barbra ou Pouille revenait. Elle ne vit que le feu qui prenait des airs d’incendie. Une colonne de flammes s’éleva puis vacilla. La lumière devint floue et
disparut. C’est alors qu’Anyou s’aperçut qu’elle était de nouveau à dos de dragodinde, juste derrière Pouille, dans l’exacte même position qu’au moment
où ils avaient rejoint l’impie, Barbra et les autres. Les deux femmes se faisaient face à nouveau. Pendant un instant, Anyou crut qu’elle revivait en
rêve
son passé récent. Mais Pouille qui était devant elle bondit à terre et se rua sur Yesterday, chose qui n’était pas arrivée plus tôt.


« Sale petit démon ! Cesse de jouer avec le temps !! » exigea-t-il.


Yesterday prononça une formule et tendit les bras vers Pouille qui rebroussa ses trois derniers pas en reproduisant
chacun des mouvements qu’il venait de faire, mais en marche arrière, un peu à la manière d’un mime. La scène eut presque était comique, dans une autre
situation.


« Méfie-toi Pouille, l’avertit Barbra, il utilise le sortilège du « Raulebaque », le vingt et unième de sa confession, tu n’y es pas préparé. »


A la lueur de ces informations, Anyou comprit qu’il venaient tous de remonter le
temps
 : ils étaient revenus aux positions qu’ils occupaient cinq minutes avant le début du combat ! Le feu n’avait pas encore pris, Anniki tenait toujours sa cape. Quant à
l’impie et Yesterday, bien qu’ils aient bel et bien remonté le temps dans l’espace, leurs corps souffraient toujours des contusions de leur récente bataille : Yesterday était couvert de
plaies et de bosses, l’impie était sauve mais tremblait de tout son corps.


« C’est… c’est cette clef que tu veux, bourrique ? bégaya-t-elle
en exhibant le précieux trophée devant Barbra, et bien la voilà. »


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 19ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VII
Chapitre 19ème : La mision se poursuit


Barbra était dans une colère folle que seul son état semblait
atténuer : elle était toute pâle. Sa peau, d’ordinaire d’un beau sombre, virait au gris maladif. Les forces lui manquaient, mais pas la
rage.


« La clef… Elle a volé la clef… !» Ruminait-elle en brisant le
mobilier et le silence de la nuit. Pouille était à ses côtés. Il l’avait déjà retenue une première fois d’appeler la garde en lui rappelant le secret qui entourait leur mission et tentait de la calmer :


« Lieutenant… Ca n’va pas, vous devez voir un Eniripsa. »


Barbra cessa son va et vient. Elle frappa sa poitrine en préambule à l’utilisation de la magie de Iop et invoqua un sortilège de vitalité qui lui rendit un peu d’aplomb.


« Ca ira. Le voleur a piégé ma chambre… Les effet de son poison ne
dureront pas. »


Pouille acquiesça bien qu’il ne fut pas tout à fait convaincu : il savait son mentor plus courageux que réfléchi.
Anyou, quant à elle, restait à l’écart. Elle ne savait pas comment réagir, ni ce que représentait cette clef mais elle était prête à foncer tête
baissée dans la direction qu’on lui indiquerait. C’est Barbra qui se chargea de ça :


« Anyou, prépare nos affaires. Pouille, selle deux montures. La mission n’est pas annulée, elle est avancée. Nous allons simplement faire un détour pour récupérer la clef. Le ou les voleurs n’auraient pas pu approcher Bonta à dos de dragodinde sans se faire repérer et la ville est fermée pour toute la durée du couvre-feu. L’ennemi est forcément parti
à pied. Je vais trouver la garde et faire en sorte que les portes de Bonta restent closes sous un prétexte quelconque. On se retrouve ici dans un quart d’heure. »


Les adeptes de Iop n’étaient pas connus pour leurs capacités
intellectuelles
qu’ils ne prenaient guère la peine de développer. Barbra ayant vécu avec la hantise qu’on lui vole cette clef pendant toute une partie de sa vie elle venait de réagir
avec une vivacité peu commune pour quelqu’un de sa confession. Alors qu’elle quittait le P.P.A.F. en trombe, Pouille ne put néanmoins s’empêcher de
relever :


« Je sais pas à quoi sert cette clef mais ça m’étonnerait qu’on la retrouve un jour… Les plaines de Cania sont immenses, y a des rochers et des cachettes partout. Et de nuit en plus, c’est même pas la peine… »


Cette remarque frappa Anyou comme un éclair :


« Pouille, occupe-toi des affaires, je reviens tout de suite ! »


Et avant que le jeune Sacrieur ait pu dire en mot, Anyou imitait Barbra en
disparaissant à son tour.


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BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 18ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VI
Chapitre 18ème : La patrie en danger


L’après-midi se passa dans la salle de classe, jusqu’au soir. Pouille et
Anyou y étudièrent leurs leçons d’histoire. Ils revisitèrent toutes ces fois où les démons brâkmariens
avaient failli l’emporter sur les forces de la lumière : s’ils étaient mêlés à la prochaine il leur faudrait imiter l’exemple de leurs ancêtres. Oui, leurs ancêtres, car, déjà, Bonta, la blanche, l’enchanteresse Bonta avait fait d’eux un fils et une fille, protecteurs de sa pureté et de ses murs pour lesquels ils seraient prêts à donner
leur sang et leur vie.


Avant de se coucher, Barbra les convoqua dans la salle d’armes pour leur
rappeler ses instructions quant au départ du lendemain et chanter avec eux l’Hymne bontarien.


Concitoyens de la blancheur !

Anges de marbre ou de papier !

Contre la foule des pécheurs

Levons nos bras immaculés !

 

La pureté n’est pas un don

Qui se transmet de père en fils :

Chacun fait le choix d’être bon…

…Ou de mourir en sacrifice !

 

Qu’on se le dise, il n’est pour nous

Rien de plus sacré que la vie.

Mais… si vous gênez nos bouftous,

Nous vous massacrons à l’envie!

 

L’amour, toujours, guide nos pas.

Dans nos esprits règne la paix.

Mais ceux qui contrarient Bonta…

…Ils finiront tous étripés !

 

Bonta ! Bonta ! Bon ! T’as bon !

 

- Mieux vaut entendre ça que d’être sourd, dit la première.

- Quel chant grotesque, fit la seconde.


La troisième de ces trois ombres, qui observaient Barbra, Pouille et Anyou
à travers une lézarde du mur, préféra s’abstenir de commenter.


- Ca y est, ils vont se coucher ! s’exclama de nouveau la première ombre dans un chuchotement, alors que Pouille
et Anyou repartaient vers leur chambre.

- Oui, ils vont se coucher ! répéta la deuxième.

- Mais nom d’une targe, tu vas arrêter de répéter chacune de mes paroles ?! s’énerva la première.

- C’est que… avec tous ces retours en arrière, ces minutes qui avancent et ces scènes qui se répètent je finis par m’y
perdre moi !


La troisième silhouette ne se mêlait pas de la conversation. C’est pourtant à elle que la première silhouette
s’adressa, un peu plus tard : « Allez Anniki, à toi de jouer. Yesterday te couvre, il n’y a rien à
craindre. »


« Oui, dit la deuxième ombre, il n’y a rien à craindre, je… euh… pardon. » Finit-elle par s’excuser en
remarquant le regard sévère que la première silhouette fixait sur elle.


Anniki ne prêta pas attention à ces échanges qu’elle jugeait pathétiques. En un clin d’œil elle appela une brume
magique qui l’enveloppa comme un costume taillé sur mesure, la dissimulant aux yeux de ses comparses. Elle crocheta la serrure et entra au
« P.P.A.F. » : tel était le nom écrit sur le fronton de la maison.


Anniki avança avec le pas assuré de quelqu’un qui connaît déjà les lieux. Ses acolytes avaient fait un travail de
repérage irréprochable. Ca leur avait coûté plusieurs semaines de va et vient périlleux, des plaines de Cania jusqu’au sein même de la ville… S’ils
avaient craint, plusieurs fois en chemin, d’être capturés par un craqueuleur en rut, au final le jeu en valait la chandelle.


Anniki se dirigea directement vers la porte de Barbra qui restait entrebâillée. Barbra était allongée sur son lit,
endormie sur des draps qu’elle n’avait pas défait. Les Iops qu’Anniki avaient connu ronflaient tous comme des bêtes sauvages. Ce n’était pas le cas de
Barbra : elle avait trop de choses sur la conscience pour dormir d’un sommeil profond. Anniki flaira le danger. Son premier réflexe fut de matérialiser un piège magique qui neutraliserait Barbra au cas où elle se réveillerait. Cette précaution prise, la Sram se pencha sur
la Iop. Elle glissa la lame de son couteau jusqu’à sa gorge. Barbra ne broncha pas. Alors, d’un seul geste, Anniki trancha le fil qui pendait au cou de
Barbra pour libérer l’objet qu’elle y avait attaché. C’était une clef, d’apparence peu ordinaire, mais une clef tout de même. La voleuse s’en empara et
quitta la chambre sans demander son reste.


Toute à sa joie d’avoir réussi sa mission, Anniki avait oublié de maintenir le sortilège qui la rendait invisible. Or,
cependant qu’elle repoussait derrière elle la porte de la chambre, elle entrevit un mouvement sur sa gauche, en haut des escaliers : Pouille, dans un demi-sommeil, s’était levé pour aller faire pipi. En tournant brusquement la tête, comble de la déveine pour Anniki, elle laissa glisser le châle qui voilait son visage…


« Wow, le canon ! » s’exclama Pouille à qui aucun détail de la beauté d’Anniki n’échappait et avant
même de réaliser que la présence d’une étrangère au « P.P.A.F. » était tout à fait anormale.


L’intervention du garçon alerta les complices d’Anniki qui attendaient à l’extérieur. Yesterday était aux aguets, il
réagit promptement, par une formule magique :


« Raulebaque !! Tic.Tac. »


Des cloches sonnèrent aux oreilles du jeune Sacrieur… Des bruits de
montres qui explosent, la course folle d’une trotteuse… Il se retrouva dans son lit avec une terrible envie d’uriner et, sans savoir pourquoi, collée sur sa rétine, l’image d’une très belle femme
qu’il ne se rappelait pas avoir déjà rencontrée. Il descendit les escaliers pour aller se soulager et ne croisa personne.


Une heure plus tard, Barbra, livide, les réveillait, lui et Anyou, pour leur annoncer que la patrie était en danger.


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Souches

souche

Je suis pas convaincu par le titre, mais l'image est jolie...

Quand le temps, fossoyeur fort de sa grande pelle,
Enfouit les souvenirs sous la glèbe des ans,
Ils gémissent, ils ploient… Mais répondent présent
à ceux qui les rappellent.

Ta mémoire aurait pu triompher de l’âge et
Faire des décennies une simple vétille.
Or si, pour moi, « jadis » et « hier »  s’entortillent
Peut-être as-tu changé ?

Entre deux postulats néanmoins je préfère
celui qui perpétue l’affection et l’amour ;
présumant qu’être amis c’est l’être pour toujours
sauf preuve du contraire.

Je sais ce que tu es car je l’ai déjà su,
J’ai senti et touché l’écorce de ton tronc,
Tes feuilles ont changé à force de saisons,
Oui, mais à ton insu,

Elles n’ont pas bougé d’un pouce nos racines :
Que ta branche s’éloigne en explorant les cieux,
Que ta cime, en croissant, se soustraie à mes yeux,
Tu restes ma voisine.

BONTA vs BRAKMAR : Chapitre 17ème


Bonta Brakmar
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Titre : BONTA vs BRAKMAR
PARTIE I : Anyou Whop
Episode VI
Chapitre 17ème : Mastigrin


Anyou et Pouille passèrent la mâtiné à
s’entrainer. Pouille avait essayé de matérialiser une épée éthérée par la seule force de sa concentration et de lui insuffler suffisamment de colère pour que,
devenue autonome, elle attaque sans relâche une cible désignée. Quant à Anyou qui maîtrisait le fouet plus ou moins bien désormais, elle avait tenté
d’invoquer un taon de taille normale, de façon à ce que ses piqures stimulent la combativité d’un bouftou de taille
normale. Il s’agissait d’une astuce on ne peut plus pratiquée chez les Osamodas, mais qui nécessitait un maximum de doigté.


Bien qu’elle sache parfaitement que Pouille avait reçu une formation autrement plus complète que la sienne, Anyou
jalousait la facilité avec laquelle il conjurait les excès de son pouvoir dont les symptômes extravagants étaient semblables aux siens : c’était cette
particularité qui réunissait les deux enfants sous la protection de Barbra.


Pouille avait raconté à Anyou qu’il était, avant de commencer sa formation, aussi dépourvu qu’elle en matière de
pratiques magiques. Les effets de ses sortilèges étaient dévastateurs et incontrôlés, au point qu’il avait décidé de renoncer à la magie et à sa foi, ce qui
n’était pas commun dans un Monde dont les habitants s’adonnaient tous plus ou moins à la sorcellerie, même de manière anecdotique, pour augmenter leurs
chances au loto ou résoudre certains problèmes de virilité par exemple.


Et puis Pouille avait rencontré Mastigrin.


Mastigrin était une célébrité en son temps. Lui aussi souffrait des mêmes maux que Pouille et Anyou mais, quasiment en
autodidacte, il était parvenu à contenir ses excès, voire à les maîtriser. Cela avait fait de lui un guerrier remarquable, ce qui n’avait pas échappé aux grands de la Cité. Danathor et Amayiro étaient venus lui proposer la tutelle de Barbra… Pour ne pas dire imposer. Mastigrin s’y était résolu à
contrecœur. Il avait tout de suite pris Barbra en grippe et mis un point d’honneur à contester son autorité. Les choses avaient changé lorsqu’il avait
rencontré Pouille à qui il voua toute la tendresse d’un frère jusqu’à ce qu’on l’envoie exécuter la mission pour laquelle il avait été formée, et dont il ne
revint jamais, il y avait de cela presque deux années.


C’était à peu près tout ce qu’Anyou savait au sujet de Pouille et Mastigrin : ce n’était pas quelqu’un qui se
préoccupait beaucoup de la vie des autres tant que celle-ci n’interférait pas directement avec la sienne. Malgré tous ces détails qui justifiaient amplement leur différence de niveau, elle
n’acceptait pas l’idée que Pouille la surpassât.


« Piqûre motivante ! »


Anyou fit un geste bref mais autoritaire en direction du bouftou et à l’intention du taon. Sans doute y avait-elle mis
trop de cœur car le taon s’emballa, vrombit comme une fusée et perfora le bouftou d’une quinzaine de coup d’aiguille. La réaction fut immédiate : les yeux du bouftou virèrent au rouge, sa
bouche écuma. Il chargea sans même prendre le temps de gratter le sol ! Sa cible, c’était Pouille, qui heureusement l’avait vu arriver. Il esquiva d’un
pas de côté. Le bouftou freina lourdement et attaqua de nouveau, encore et encore. Pouille esquiva toutes ses offensives avec aisance, jusqu’à ce que, à la surprise d’Anyou, Barbra vienne prêter
main forte au bouftou.


Pouille en fut étonné lui aussi, tout en évitant un premier coup : Barbra avait frappé de sa main droite, au bout
de laquelle s’était matérialisée une lame psychique. Ce sortilège, connu des Iop sous le nom de « Pression »,
était un sort rudimentaire mais un sort de combat tout de même. Barbra n’y allait pas pour rigoler. Alors que Pouille se trouvait à mi-chemin entre elle et le bouftou qui reprenait son souffle,
elle déclara :


« Pouille, c’est le dernier jour de ton entraînement. Si tu ne survies pas à nos coups aujourd’hui, c’est que tu
serais mort demain. »


Pouille hocha la tête et se concentra. Le bouftou porta un nouvel assaut. Barbra calqua son mouvement sur le sien et
fit pleuvoir les coups… Aucun ne touchait. Pouille les esquivait avec une rapidité et une incroyable souplesse. Si d’aventure il se sentait acculé, il utilisait une technique similaire à celle qu’il avait déjà employé sur Anyou le matin même et « transposait » le bouftou et Barbra qui s’y
perdaient à chaque fois, tant et si bien que Barbra finit par appeler Anyou en renfort.


La petite Osamodas hésita puis, après avoir pompeusement scandé le nom de son
Dieu, père de toutes les créatures vivantes etc., invoqua une série de corbeaux (de tailles normales) qui sortirent du néant, à proximité de ses mains, pour
foncer, bec en tête, en direction de Pouille.


Alors, Anyou se sentit de nouveau mordu par un froid glacial qui la paralysa
l’instant qu’elle échangea de place avec Pouille qui venait d’échanger la sienne avec le bouftou pour transposer Barbra à nouveau.
Les transpositions de Pouille étaient effectuées avec une telle rapidité que ses adversaires ne cherchaient même plus à le frapper de peur de s’estropier. Dans
des explosions de nuit qui transperçaient le temps et l’espace, il mit successivement ses adversaires à la place des uns des autres en renouvelant l’opération de plus en plus vite. Il ne s’arrêta
que lorsque Barbra pulvérisa le bouftou d’un geste maladroit et qu’Anyou vomit son petit déjeuner.


« Très bien, Pouille » affirma Barbra encore chancelante, car toute cette danse lui avait fait tourner la tête. « Je crois qu’il n’y a rien à redire sur la pratique. Nous nous occuperons du reste cet après-midi. » Et elle s’éloigna d’un pas peu
assuré.


Anyou finissait de cracher ce qui lui restait en bouche, Pouille s’approcha pour prendre de ses
nouvelles.


« C’est bon, ça va. Je suis un guerrier moi aussi. » Dit-elle fièrement en relevant son menton dégoulinant.
Pouille acquiesça, peut-être pour ne pas la vexer, mais c’était un jeune homme franc qui s’embarrassait peu des manières lorsqu’il parlait.


- Tes corbeaux étaient vraiment rapides. J’ai failli me faire avoir… Mais j’ai vu partir le coup.
expliqua-t-il.

- N’empêche, c’était impressionnant, avoua Anyou, mais si tu peux tout esquiver comme ça, tu es quasiment
invincible ?

- Oh non, répondit simplement Pouille, j’ai juste énormément d’entraînement et je connais parfaitement bien les
vingt sorts majeurs des onze confessions. Alors je peux les deviner, les anticiper… et donc les esquiver.

- Ah, je comprends mais… Il y a douze confessions, n’est-ce pas ? Anyou
chercha à se remémorer ce qu’on lui avait inculqué durant le temps de sa formation qui s’était déroulé sur les bancs de la classe aménagée dans leur résidence personnelle. « Chaque
confession pour un Dieu ou une Déesse… Il y a OsamodasIop et Sacrieur bien sûr…
Crâ pour les archers comme mon beau Vanthar -soupir-… Sram pour les assassins et les voleurs, Eniripsa pour les rebouteux et les médecins, Sadida : Dieu de la nature et des plantes, Féca et son bouclier protecteur… Xélor, le Dieu du temps, Pandawa, Déesse des boissons
fermentées et… Enutrof ? Ah oui j’allais oublier Enutrof, Dieu de l’ambition et de l’aventure. Oh ! Ca fait onze ! Mais
alors… ?

- Non, il y en a bien douze mais tu en as oublié un et c’est justement les sorts de cette confession que je ne peux
pas anticiper et esquiver, tout simplement parce qu’ils sont imprévisibles !

Anyou chercha mais sans trouver. Pouille lui sourit :


- Alors ma sœur, tu donnes ta langue au chat?


Anyou sursauta :


- Ah-mais-oui-bien-sûr ! C’est Ecaflip, le Dieu-Chat : Dieu du hasard
et des jeux ! Oui, effectivement, ça colle avec ce que tu disais… Donc les Ecaflips sont plus forts que toi ?

- C’est difficile à dire, le seul que j’ai connu c’était Mastigrin. Je ne l’ai jamais battu mais les pouvoirs de
Mastigrin, comme les tiens et les miens, n’étaient pas normal.


Pouille se donna le temps de la réflexion.


« Pour te répondre, je dirais que pas forcément,  mais qu’ils ont un petit avantage que les autres n’ont
pas.
»


Pouille était confiant
en ses capacités. Il fit un clin d’œil à Anyou.


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Le RP dans DOFUS

Voilà ce qui arrive quand le pas RP se mélange au RP !L’objectif de cet article est de présenter une courte analyse (digeste) de la pratique du RP dans le jeu DOFUS. Je vais essayer d’être le plus concis possible pour présenter un sujet qui apparaît comme barbant aux yeux de nombreux joueurs alors que c’est très certainement le côté le plus fun d’un MMORPG. Cet article ne s’adresse pas aux débutants, mais plutôt à ceux qui se sont intéressés au RP mais se sont découragés.

QU’EST-CE QUE LE RP ?

Le « RP » ou « Role Play » est le nom anglais du « jeu de rôle ». En quoi ça consiste ? Ca consiste à se plonger dans un rôle plutôt qu’à simplement jouer à un jeu vidéo. Voici l’exemple tout bête de deux joueurs qui jouent à DOFUS :

- Le joueur pas RP est devant son ordinateur, il clique sur sa souris pour faire bouger son personnage à l’écran, et quand les pixels simulent un coup d’épée, on calcule le nombre de dommages qu’on retranche aux points de vie de l’adversaire, etc. = 0% de RP

- Le joueur RP incarne Banga, l’Enutrof de légende à la pelle duquel personne ne résiste ! Après une course rapide, il tombe face à face avec un arbraknyde qu’il pourfend d’un coup de son arme en répandant de la sève et des bouts d’écorce un peu partout, etc. = 100% de RP

D’un célèbre joueur « pas RP » on dira qu’il a obtenu un max de bonus dans toutes ses caracs et qu’il tape comme un GB.

D’un célèbre joueur « RP » on dira que c’est le plus grand aventurier de tous les temps et qu’il a une force incomparable.

Il n'est pas nécessaire de tout savoir du background mais connaître les bases est un plus: ça vous servira de repère pour rester sur la même longueur d'ondes que vos camarades de jeu !

Il n'est pas nécessaire de tout savoir du background mais connaître les bases est un plus: ça vous servira de repère pour rester sur la même longueur d'ondes que vos camarades de jeu !

DOFUS est un mmorpg tactique basé sur un monde médiéval-fantastique original, ce qui implique qu’on en connaisse un minimum les ressorts avant de se lancer dans la pratique du RP et l’incarnation de personnages. Dans DOFUS, les combats s’effectuent au tour par tour ce qui favorise l’échange, le dialogue, et au travers du dialogue, la pratique du RP.

APPLICATIONS DU RP EN GENERAL ET DANS DOFUS EN PARTICULIER

Le RP peut se pratiquer via tout support qui permet l’échange. On peut donc pratiquer le RP sur les forums, via le tchat, ou même via le jeu au travers des actions de son personnage (certaines sont destinées au RP comme les e-motes par exemple).

1-La pratique du RP via forum

Cette pratique est complexe, elle nécessite un certain investissement et le respect de règles interactionnelles pas toujours évidentes.

Souvent, parce que ces règles sont trop compliquées, les joueurs de DOFUS ont tendance à s’en passer. Les sections RP des forums se transforment alors en salles d’expositions de textes littéraires, plus ou moins intéressants mais qui n’invitent pas à l’interaction. Il ne s’agit plus là de RP, on n’est plus dans le domaine du « jeu de rôle » au sens propre, mais dans celui de l’écriture/littérature. Cette pratique du RP rebute énormément de joueurs.

2-La pratique du RP via le tchat

Cette pratique demande un léger effort, parfois conséquent si on veut l’appliquer de manière continue, mais c’est la plus interactive et donc la plus fun, pourvu qu’on trouve quelqu’un avec qui la partager.

Les joueurs de DOFUS utilisent parfois ce type de RP sans s’en rendre compte, et parce que le jeu les y pousse naturellement (ex : « je vends du pain ! » est une phrase RP usitée parce qu’elle est plus pratique que la phrase « je vends un item qui donne +50 en vie ! » mais elle n’en est pas moins une phrase RP).

Cela est parfaitement normal que le jeu pousse au RP, c’est tout l’intérêt du graphisme et des textes de background. Si le RP n’avait aucun intérêt, les joueurs pourraient tout aussi bien jouer à un tape-case sur un échiquier en noir et blanc… Mais ce qui les attire dans DOFUS, au contraire, c’est de se faire une place dans l’univers que le jeu représente. Or, en ne pratiquant pas le RP, ils nuisent à la crédibilité de cet univers et donc à leur propre objectif, ils sont, sans le savoir, en contradiction avec eux-mêmes.

3-La pratique du RP via les actions en jeu

On pense notamment à l’utilisation des smileys et des e-motes. Mais le simple fait de s’asseoir pour attendre, au lieu de rester debout, est une attitude qui peut être caractérisée comme RP dans le sens où elle matérialise la réaction probable qu’aurait eu tel personnage s’il avait été vivant. Rien que le fait d’approcher son personnage pour le mettre en face d’un autre personnage avec lequel il dialogue est une attitude éminemment RP puisque rien n’empêche de dialoguer via message privé ou aux extrémités d’une même map en regardant dans des directions opposées, ce que ne feraient certainement pas les personnages s’ils étaient vivants.

4-Conclusion

Le RP est latent dans DOFUS. Sa pratique fait peur car le nom de « RP » renvoie à de longs textes postés sur les forums auxquels les non-initiés ne comprennent rien. Or, le véritable RP est partout au stade d’étincelle, il suffirait de l’entretenir un peu pour qu’il ajoute une véritable saveur au jeu. Mais ça, personne ne peut le faire à la place des joueurs, ce n’est ni le rôle des CCM, ni le rôle des MJ, car le RP est avant tout une démarche personnelle (même si l’équipe d’animation peut néanmoins encourager sa pratique).

Les graphismes du jeu poussent naturellement à la pratique du RP... Alors que faire lorsque c'est à l'adversaire de jouer?

Les graphismes du jeu poussent naturellement à la pratique du RP... Alors que faire lorsque c'est à l'adversaire de jouer?

Pour améliorer le RP dans DOFUS, plusieurs voies peuvent être empruntées. La première étape, pour que le RP devienne populaire, ce sera de le désacraliser. La pratique du RP via forum est trop complexe pour atteindre cet objectif. Ca ne signifie pas qu’il faut l’abandonner, pour ceux qui aiment ça c’est le pied, mais elle est trop contraignante pour engendrer l’engouement général. La pratique du RP via les actions en jeu s’abreuve facilement à la source de la pratique du RP via le tchat (les actions illustrent les paroles), et c’est donc cette source qu’il faut développer.

1-Développer la pratique du RP via le tchat

Le gros avantage de DOFUS, dans ce cadre là, c’est son mode de combat au tour par tour. Je m’explique : si le RP est présenté comme quelque chose de contraignant, il ne séduira jamais personne… Lire un texte de trois pages de long alors que je pourrais XP ? Non merci. Jouer les alcooliques à la taverne alors que je pourrais XP ? Non merci. En revanche, écrire (et donc jouer un rôle) alors que je suis en combat et que ce n’est pas mon tour de jouer ne pénalise pas le joueur compétitif qui court après le temps perdu. C’est la bonne occasion pour se lancer dans le jeu de rôle, quitte à y consacrer quelques moments exclusifs un peu plus tard, une fois qu’on aura été séduit par cette pratique.

Bien sûr, pour se lancer, il faudra prévoir une ligne de développement du rôle de son personnage, seul ou avec des amis.

2-Ligne de développement inspirée du Background du personnage

Il s’agit d’axer votre jeu de rôle (ce que vous allez écrire dans le tchat) sur l’histoire personnelle ou le caractère que vous aurez imaginé pour votre personnage.

Par exemple, si vous jouez un Ecaflip, disciple du Dieu Chat, vous pourriez décider de remplacer votre ponctuation par des « Miaou ! », si vous jouer un Iop pas très fûté, vous pourriez, pourquoi pas, parler à l’infinitif…

Exemple :

Ecaflip : « Ce n’est qu’un piou, MIAOU ! Je vais n’en faire qu’une bouchée ! »

Iop : « Ca être un piou. Moi faire qu’une bouchée de ça. »

Cet exemple concernait la forme. Pour le fond, imaginons que vous soyez amené à reculer devant les assauts répétés d’un scarafeuille rouge alors que vous n’avez aucune « résistance feu » vous pourrez toujours prétexter : « J’ai toujours eu peur du feu depuis que maman est morte brûlée dans un chaudron alors qu’elle préparait le cassoulet… »

Ce faisant, vous enrichirez l’histoire de votre personnage, vous donnerez un autre intérêt au combat en le dotant d’une nouvelle envergure qui peut amener des fous rires parfois (ne vous fiez pas à l’exemple du cassoulet…) !

L’univers de DOFUS est particulièrement comique, il donne de nombreuses occasions de rire pour qui veut bien s’y plonger, et s’y plonger ça signifie faire du RP, justement ! Rires à part, c’est aussi le meilleur moyen de donner de l’envergure à votre personnage.

3-Ligne de développement inspirée du background d’un guilde

Le guildes aussi peuvent avoir leur propre histoire, au même titre que les personnages. Si vous êtes investi dans la votre vous pourrez tenter de pratiquer un jeu de rôle qui lui correspond. Votre guilde s’appelle « Les Losers dépressifs » ? Soyez un digne représentant de ses valeurs, idem si elle s’appelle les « Chevaliers X », comportez vous en chevalier, référez vous à votre guilde, donnez de la crédibilité à votre personnage et, à vos compagnons de jeu, des occasions de rire et de dialoguer avec vous en s’immergeant un maximum dans l’univers dofusien.

4-Ligne de développement inspirée du background des classes

C’est probablement la ligne la plus suivie, involontairement, par un grand nombre de joueur, et puisque le jeu les y pousse : en plein combat les adeptes d’Eniripsa sont amenés à soigner, conformément au background de leur classe, et les adeptes de Iop à frapper comme des brutes. Bien sûr, toutes les lignes de développement d’un jeu de rôle que je recense ici ne sont pas forcément cumulables, il faut aussi savoir faire les choix qui donneront à votre personnage son caractère unique.

5-Ligne de développement inspirée du background des alignements

Les alignements aussi peuvent entrer en compte dans la pratique du jeu de rôle, bien entendu, puisqu’ils ont trait au background. Si vous êtes amené à participer à un combat impliquant des Bontariens alors que vous êtes vous-même Brâkmarien, pourquoi ne pas dire à tous ces emplumés ce que vous avez sur le cœur ? Que vous n’avez jamais aimé la volaille et qu’ils risquent d’y laisser des plumes à trop vouloir vous fréquenter, etc.

6-Ligne de développement inspirée du background des métiers

Plus qu'un pixel, devenez un véritable aventurier!

Plus qu'un pixel, devenez un véritable aventurier!

Beaucoup de personnages se définissent aussi par le métier qu’ils pratiquent. Lors d’un combat, si vous êtes pêcheur, pourquoi ne pas comparer l’adversaire au poisson qui résisterait à votre canne à pêche ? Cherchez à engendrer ces situations où la personne avec laquelle vous interagissez et vous-même, vous vous retrouverez embarqués dans le délire du jeu, où vous jouerez véritablement ensemble, au second degré, plutôt qu’au premier, lequel est parfois moins fertile en amusement.

CONCLUSION

Le RP est à la portée de n’importe qui, mais le nom fait peur, et il est synonyme d’ennui auprès des non-initiés. C’est à ceux qui en connaissent les bienfaits de le promouvoir, pas de manière rigide en imposant des jeux qui impliquent des répliques minutées et des dialogues cohérents, mais en restant spontané, en se contentant chacun de jouer le rôle de son personnage pour le plaisir des autres et le sien propre sans chercher à juger la prestation de chacun, mais au contraire en invitant tout le monde à se lâcher ! Le RP doit être spontané, accessible, fun, c’est l’aspect le plus ludique d’un mmorpg, laissez-vous tenter !

Le cours de math de Toto

Zéro plus zéro égale la tête à Toto!
Zéro plus zéro égale la tête à Toto!

Toto, notre éternel, estimé et irremplaçable ami Toto, assistait à son cours de math du lundi. La maîtresse, au tableau, énonçait le problème du jour et Toto, pour une fois studieux, y prêtait la plus grande attention :

« Ecoutez-moi bien les enfants », dit la maîtresse, « trois oiseaux sont perchés sur une branche d’arbre. Un chasseur sort son fusil et en tue un. Combien reste-t-il d’oiseaux sur la branche ? »

Les doigts se lèvent… A l’égal de Toto qui bondit sur sa table et gesticule de toute part en répétant « Moi Madame ! Moi ! ». Le phénomène est suffisamment rare pour que la maîtresse y accorde toute l’attention qu’il mérite :
- Toto, je t’écoute, tu connais la réponse ?
- Oh oui Madame, c’est zéro !
- Hmm hmm, et tu peux nous expliquer ton raisonnement Toto ?
- Ben c’est facile : le chasseur tue un des oiseaux et les deux autres s’envolent !

La maîtresse ne peut s’empêcher de sourire : « Ce n’est pas la réponse que j’attendais Toto, mais j’aime bien ta manière de penser. »

Un peu déçu, pensif surtout, Toto se rassoit. Mais à la fin de l’heure, lorsque la classe se vide peu à peu de tous ses élèves, il s’en va trouver la maîtresse :
- Madame, moi aussi j’ai un problème à vous soumettre !
- Vraiment Toto ?

La maîtresse connaît bien le garnement pour lequel elle a d’ailleurs beaucoup d’affection, aussi n’hésite-t-elle pas à l’encourager :
- Vas-y, je t’écoute.
- Ben voilà, explique Toto, c’est trois jeunes femmes qui sont sur un banc, chacune avec une crème glacée. La première la suce, la deuxième la lèche, et la troisième la croque… A votre avis, laquelle est mariée ?

Il n’en faut pas longtemps à la maîtresse pour répondre :
- Je dirais que c’est celle qui la lèche.

Et Toto de la détromper :
- Non, c’est celle qui porte une bague au doigt, mais j’aime bien votre manière de penser.