BONTA vs BRAKMAR: Chapitre 6ème

Voici la suite du précédent chapitre (que vous
pouvez lire ici). N’hésitez pas à vous manifester si ça vous plait ou si, pour, une raison X, ça ne vous plait pas. Si je n’ai pas suffisamment de retour je cesserai la publication,
tout l’intérêt de celle-ci étant de savoir quel intérêt présente le texte aux yeux des lecteurs.
Pendant ce temps là, à Bonta, la pure, le
Général Amayiro avait sollicité une entrevue secrète avec Monseigneur Danathor. Les deux hommes avaient le
poids des ans pour parure, l’un sous la cuirasse qui couvrait ses épaules, l’autre au bout du bâton clérical qu’il brandissait comme un sceptre. Leurs longues moustaches rousses et blanches,
soigneusement entretenues, tombaient au-dessus de la carte sur laquelle ils étaient penchés. Amayiro, le plus âgé des deux et pas le moins sage, expliqua ses
inquiétudes :
- Monseigneur, nos espions sont formels. L’armée de Brâkmar dynamise son recrutement.
Quelque chose se prépare.
- Vos inquiétudes ne sont pas nouvelles Général, vous êtes toujours sur le pied de
guerre, c’est tout à votre honneur. Mais enfin, pourquoi s’alarmer ? Les plaines de Cania sont sous contrôle, elles offrent une vue dégagée sur
plusieurs lieues autour de Bonta, ce qui court-circuite toute tentative d’invasion surprise.
- Monseigneur, si vous permettez : le danger est plus grand qu’il n’y paraît. Les
plaines de Cania s’étendent au sud, jusqu’aux landes de Sidimote… » le couteau ouvragé d’Amayiro survola le papier « A l’est, elles couvrent
tout le territoire qui nous sépare d’Astrub, une ville pleine de mercenaires, toujours prêts à mettre leurs épées au service du plus
offrant…
- Où voulez-vous en venir Général ? Vous voyez bien que Bonta est protégée par tous
ces territoires.
- Avec tout le respect que je vous dois Monseigneur, elle n’est pas protégée : elle
est isolée. Qu’arriverait-il si les forces brâkmariennes parvenaient à rallier Astrub ? Elles bénéficieraient d’un contingent tout frais qui surpasserait largement le
nôtre. »
Amayiro planta son couteau au travers de la carte et recula d’un pas. Il croisa les bras
et conclut en lissant sa moustache :
- Une alternative alléchante à laquelle Oto
Mustam, mon éternel rival, aura sûrement déjà pensé. Et s’il veut mettre ce plan à exécution, alors, il devra passer par là.
D’un geste de la main, le militaire invita Danathor à regarder l’endroit où il avait
planté sa lame. Danathor constata qu’il s’agissait de la région d’Amakna, de la forêt qui avoisinait le village et, plus précisément, le hasard l’ayant voulut ainsi, d’une clairière avec un
ruisseau où une jeune Osamodas essayait désespérément de faire obéir un bouftou géant au grand nombre de ses injonctions.
Au bord de la rivière, quelques animaux s’étaient rassemblés, curieux, pour observer le
spectacle.
« Debout Baalthor ! En garde ! Tu es un bouftou de combat : debout,
j’ai dit ! »
Depuis qu’il avait découvert la position assise, « Baalthor » n’en démordait
pas. Il mâchait ce qu’il restait de comestible à sa portée puis se traînait en avant avec ses sabots antérieurs, jusqu’à toute nouvelle chose qu’il eut pu ingurgiter. Ecureuils et petits lapins
éclatèrent de rire. Anyou s’énerva et les choisit pour cible :
« ATTAAAAQUE BAALTHOR !!! »
Hélas, Baalthor s’enfuit dans la direction opposée. Anyou eut juste le temps d’attraper
sa queue pour le retenir, mais elle ne parvint qu’à lui arracher quelques touffes de laine. « Viens ici sale bête où je te coupe les cornes !! Obéis je te
dis !!!! »
Sur le bord de la rivière, les animaux étaient tellement hilares qu’ils manquèrent de
tomber à l’eau.
« J’en ai marre ! hurla Anyou en dégainant son fouet, Pourquoi personne
ne fait comme je lui dis ?! COUChé, MAINTENANT ! »
Tout à coup, pour une raison inconnue, Baalthor valdingua dans les fourrés… Propulsé en
arrière par un énorme choc, il disparut dans un nuage de fumée semblable à celui qui l’avait vu naître.
A travers le rideau de poussière qui masquait de nouveau la clairière, Anyou perçut le
son d’une voix.
« Ca alors, vous avez vu ? Ce Bouftou Géant… C’était une
invocation ! »
Un groupe de trois personnes fit son apparition. De toute évidence ils étaient à
l’origine du coup qui avait fait chanceler Baalthor. Il y avait là deux hommes en armures légères rouges et noires, et une jeune femme, sans signe distinctif particulier si ce n’était le voile
qui lui couvrait une partie du visage et que surmontaient deux très beaux yeux clairs : ils dégageaient quelque chose de doux, triste et vulnérable, qu’on ne s’attendait pas à trouver chez
l’un des plus fameux assassins du pays… Anniki était une adoratrice de Sram, Dieu des voleurs. Elle était présentement accompagnée de deux éclaireurs brâkmariens. Mais tout cela, Anyou ne le
savait pas.
- Regardez ! Une petite Osamodas ! s’écria le premier éclaireur, apparemment
le plus bavard de la bande, Hahaha ! Ca n’est quand même pas toi qui a invoqué cette grosse bêbête… ?
Anyou recula, cherchant des yeux le retour inespéré de Zeurg.
- C’est dangereux les petites comme toi poursuivit le soldat, alors le mieux, c’est que
tu grandisses pas.
Il s’avançait à présent, avec l’intention évidente de porter un coup à Anyou. Derrière
lui, la Sram s’écria : « Non, attend ! » Mais avant qu’il puisse faire quoi que ce soit, Anyou, bien que paniquée, avait eu le temps de formuler une invocation :
« CORBEAU!! »
Un point noir apparut sur le front du brâkmarien, grossissant à vue d’œil. Bientôt, une
ombre le recouvrit de la tête aux pieds et le soldat eut tout juste le temps de bondir pour éviter la chute d’un gigantesque oiseau noir, lequel vint percuter le sol à l’endroit précis où il se
trouvait.
Les yeux écarquillés, le guerrier regarda le corbeau, colossal et immobile, qui était
planté par le bec à quelques centimètres de lui. Anyou partageait sa surprise. Elle n’en oublia pas pour autant de s’enfuir, tout en répétant « CORBEAU ! CORBEAU ! » aussi
rapidement que son souffle le lui permettait.
« Vite, attrape-la ! » ordonna la Sram à l’éclaireur, sans cacher son air
amusé tandis que le soldat poursuivait la jeune fille en évitant de peu les oiseaux géants qui s’abattaient sur son chemin.
Finalement, couvert de poussière, l’éclaireur rapporta Anyou, qu’il avait coincée sous
son bras, jusqu’à ses deux compagnons. Il poussa un petit cri de surprise lorsqu’elle lui mordit les fesses avec fureur, puis la laissa rouler à terre.
« Intéressante cette petite. » constata la Sram avec un regard absent,
« Mais dangereuse, incontrôlable… » conclut-elle en s’écartant. Derrière elle, l’autre soldat avait sorti son épée. Il en vérifia le tranchant et l’abattit sur Anyou… Un éclair de métal
jaillit lorsque sa lame heurta l’extrémité d’une lance de fer. L’épée du soldat vola dans les airs : on l’avait désarmé.
Anniki n’eut pas besoin de tourner la tête pour deviner l’identité de celui qui venait
d’intervenir. « Tu en as mis du temps… » estima-t-elle simplement.
« C’est que vous n’êtes pas les seuls à faire du grabuge dans cette
forêt. » répondit une voix grave, presque métallique. Celui qui avait parlé était revêtu d’une armure de plate complète. Ses mains tenaient fermement la lance avec laquelle il venait de
sauver la vie d’Anyou. Son visage était protégé d’un heaume d’argent qui scintillait sous le plein soleil de midi. Il s’en échappait une barbe blanche, laquelle tombait en cascade sur la partie
supérieure de son plastron.
« Mais qui… qui êtes-vous ? » bredouilla Anyou, encore sous le choc des
évènements.
« Ah ! Merci ! J’attendais que quelqu’un me pose la question !
repartit le combattant, « Je suis : Neuthr. James Neuthr, chevalier errant, protecteur d’Amakna et de tous les sages qui refusent de prendre
part à une guerre de fous qui ne connaîtra jamais de fin. »
« Tu es surtout un vieux fantôme ahuri qui se mêle de ce qui ne le regarde pas,
renchérit l’éclaireur qui venait de ramasser son arme, et puisque ces bons à rien de Bontariens ne sont pas fichus de t’éliminer, nous allons faire ça nous-mêmes. » ajouta-t-il en faisant
signe d’avancer à son compagnon, lequel brandit son sabre à son tour.
Lire la suite – Chapitre 7ème
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C’est la première fois que je viens sur ce site et j’ai donc découvert un petit passage de “Bonta vs Brakmar”, que j’ai trouvé, vraiment très bien écris… J’en attend même la suite, moi qui d’habitude n’aime pas trop la lecture, je pense que je risque de venir plus souvent ici pour lire ces histoires. Je tiens à te féliciter Nabolo, j’aime bien ton style d’écriture, et particulièrement tes histoires.
Et bien, je ne peux être qu’impressioner par votre talent de l’écriture.
J’ai dévoré les quelques chapitres déjà écrits.
Vivement que le prochain soit publié.
Continuez comme ça, vous êtes vraiment bon.
Les choses se précisent vite tout à coup… J’aime bien
Géniale ! Enfin nous y voilà ! le debut avec bonta et brakmar.
Franchement j’adore ;p
Chapitre que j’ai adoré lire, hum que dire. Neutr qui fait son apparition, ce qui nous mene à 3 types de personnes (Brâkmariens, Bontariens et les ”Neutres”) qui ne veulent en aucun cas faire
partie de cette guerre entre les 2 cités.