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Archive pour juin 2009

L’ANKAMA Convention #4 vue du staff

ANKAMA Convention #4

ANKAMA Convention #4

Week-end crevant !

Ce blog n’a pas pour objectif de raconter ma vie, je vais donc essayer de limiter toute initiative qui pourrait se rapprocher d’une telle démarche. Néanmoins ça peut intéresser certains d’entre vous de savoir comment se passe ce genre d’événement du point de vue du staff, pour cette raison j’écris cet article.

Qu’est-ce que l’Ankama Convention ?

C’est une grande fête qui réunit les joueurs de DOFUS et l’équipe DOFUS, celle qui travaille sur le jeu. On peut sans doute donner d’autres définitions à l’Ankama Convention, mais c’est celle que je préfère.

Comment ça se prépare, une Ankama Convention?

C’est le boulot de l’équipe « event » ! Ca fait des mois que les pauvres petits triment sur le projet et ces derniers jours, la tension était palpable. En plus, on fait rien que les embêter en réclamant des invitations pour nos amis et bien sûr la possibilité de participer nous-mêmes : tout le monde souhaite participer aux Conventions, malheureusement les places sont limitées.

Et en pratique, ça se passe comment ?

« Les gars, aujourd’hui c’est le grand jour : tête haute, va falloir mouiller le maillot ! On peut pas se permettre de le perdre ce match !! » Le départ m’a ramené quelques années en arrière, à l’époque  pas si lointaine où je faisais encore du rugby… Mais cette fois, ce serait pour une compétition de Boufbowl : un sport dofusien, inventé on line mais dont nous allions pouvoir expérimenter l’adaptation IRL*.

On s’est tous retrouvé à 5h du matin à Lille, plus ou moins frais. Dans le bus, l’ambiance était au sommeil, sauf pour les plus toniques d’entre nous qui ont profité de l’occasion pour prendre des photos de ceux qui dormaient la bouche ouverte.

ANKAMA CONVENTION #4

ANKAMA CONVENTION #4

Arrivés porte de Versailles, nous avons cherché des yeux un symbole « DOFUS », « ANKAMA » ou « BOUFBOWL » sans rien trouver d’abord… Et puis finalement, en grand, l’illustration de Ntamak et Sephy, étalée sur l’immensité de la façade du salon, et, à ses pieds, déjà, une file de personnes qui attendaient malgré l’heure matinale. Des exclamations retentirent : « On est attendu ! » « P’tain ! » « Sérieux ? » « Ils sont déjà là !! »

C’est vraiment spécial une Convention. Je ne sais pas comment le prennent mes camarades, mais en ce qui me concerne, c’est le meilleur moment de l’année, lorsque, enfin, je peux rencontrer les joueurs pour et avec qui je travaille. Forcément, quand je bosse sur mon PC, je suis obligé de mettre une distance entre moi et mon millier d’interlocuteurs : c’est une question de survie. Mais ça reste frustrant de voir défiler des messages du style : « pourquoi tu réponds jamais ? » « la moindre des politesse serait de me répondre… » « en fait t’en as rien à faire des joueurs pas vrai ? »

Il est impossible de répondre à ces messages qui sont trop rapidement chassés de l’écran par leurs petits frères. Alors oui, une Convention, c’est l’occasion de prendre le temps de discuter avec les joueurs… Sauf que ce n’est pas si simple.

Le facteur notoriété

Mes premières Conventions, je me les imaginais un peu comme mes rencontres IRL du temps où je jouais à Adept. La vraie différence, c’est le facteur « notoriété » qui fausse les relations. Comment cela ? Eh bien les joueurs qui viennent me voir me connaissent (en tant qu’Oto Mustam) mieux que je ne les connais. Ils savent forcément qui je suis (d’ailleurs j’ai un badge), moi pas forcément qui ils sont. Ils peuvent me parler de moi, je ne peux guère leur parler d’eux (en tant qu’individus), et même si nous avons déjà échangé des mp**, c’est très difficile pour moi de me rappeler un pseudo parmi la foule de ceux que je vois défiler tous les jours. Je trouve ça embarrassant quand quelqu’un vient vous voir en vous assurant que vous avez parlé ensemble la veille mais que vous n’en avez pas le moindre souvenir… Ca jette un froid dès le début de la discussion.

Mais surtout, le vrai problème, c’est que les joueurs ont des attentes vis-à-vis de moi. Au salon du manga de Barcelone, quand j’incarnais encore « Mafaldrag, la dragonne la plus sexy du Monde des Douze », beaucoup de joueurs s’étaient déplacés pour voir à quoi je ressemblais, si j’étais une femme, déjà, et une dragonne, on ne sait jamais. Lors de cette Ankama Convention #4 j’ai senti qu’il y avait des déçus : je n’avais pas mon casque à cornes (bien que j’ai failli l’apporter !).

Par ailleurs, dès qu’on a un peu de notoriété, on se sent facilement jugé. Je peux être sûr que si je m’étais mis à poil pour courir partout en chantant « la digue, la digue » ce ne serait pas passé inaperçu.

Enfin, on ne peut pas parler de tout ce qu’on veut ni avec qui on veut lors d’une convention : on est là pour accueillir TOUS les visiteurs et pour parler de DOFUS avant le reste.

Bref, le facteur notoriété fait qu’on ne peut pas se comporter aussi naturellement qu’on le voudrait, pas aussi spontanément en tous cas, et bien que les heures soient comptées, il faut prendre le temps de rencontrer chaque personne et de faire tomber les barrières petit à petit en apprenant ce qu’on peut se permettre ou pas. Généralement, ça se passe bien, et j’espère qu’en nous rencontrant les joueurs réalisent à quel point nous prenons notre métier au sérieux et avec combien de cœur.

L’AC #4

Pas de souci pour la première journée, tout s’est bien passé, j’ai pu conduire mon animation sans anicroche et même assister, avec beaucoup de frustration, à un bout de la finale du Tournoi de DOFUS Arena que j’aurais gagné (cette fois j’en suis sûr !!) si seulement on m’avait laissé y participer. Mais je suis content pour Ténos, c’est un bon joueur qui a toute ma considération.

J’ai rencontré plusieurs joueurs de la communauté héroïque, dont certains qui s’y sont distingués mais ont arrêté de jouer depuis. Ca m’a fait plaisir d’avoir la confirmation que nos mésententes n’étaient que ce qu’elles devaient être, à savoir des divergences de passionnés et pas des haines irraisonnées et stériles.

Entre autres rencontres j’ai fait celle de [Tsoariveth], une modératrice de la communauté internationale venue tout droit de Los Angeles pour l’occasion (en fait elle se trouvait déjà en France alors disons plutôt que le hasard fait bien les choses)! Elle avait apporté une bouteille de whisky comme présent à mon intention (même si Tyn et Simsoft prétendent que c’était un cadeau pour l’équipe DOFUS -le débat suit son cours-), mais même lorsqu’ils ne nous offrent pas d’alcool nous sommes vraiment reconnaissants aux bénévoles pour l’incroyable soutien qu’ils nous apportent.

Le soir, avec toute l’équipe, on est allé diner dans une pizzeria, probablement comme l’ont fait les joueurs de leur côté. Et le lendemain rebelote !

Une partie de boufbowl!

Une partie de boufbowl!

Je ne m’étendrai pas sur ma défaite au cours d’un combat/animation qui m’a opposé à huit joueurs « haut level », laquelle est évidemment due au stress et aux terribles conditions de jeu qui m’étaient imposées par la foule.

En fin de journée, l’ambiance s’est encore détendue, des cartes-cadeaux ont volé dans les airs et nous avons pu faire une belle petite partie de Boufbowl, équipe DOFUS contre équipe WAKFU : ça m’a franchement étonné qu’on puisse faire du Boufbowl IRL un jeu aussi sympa avec des règles cohérentes.

Tout le monde s’est bien amusé : l’AC#4 est donc une réussite, ce qu’est venu confirmer les retours que nous avons eu sur le forum hier et aujourd’hui.

Finalement, c’est un peu comme s’il y avait eu une trêve de deux jours entre devs et joueurs où nous avons pu partager, sans nous disputer, notre passion commune : c’était vraiment à ne pas manquer.

*IRL : « In Real Life », dans la « vraie vie », par opposition à la « vie virtuelle »

** MP : Message privé

Tonio, le chef de la police italienne

Pinponpin!
Pinponpin!

Tonio est le Chef de la police italienne. Cette année, Tonio a bien bossé. Ses enquêtes prolongées, ses investigations dans le milieu et le reste l’on souvent éloigné de sa petite famille, de son fils, sa fille, mais surtout, surtout, de sa plantureuse femme dont il n’a pas eu l’occasion de s’occuper depuis des mois.

Alors Tonio a décidé de rattraper le coup pendant la première semaine d’été, en louant une chambre dans le plus bel hôtel de la côte pour sa femme et lui… et leurs enfants.

L’endroit est paradisiaque ! Tonio se repose, il retrouve sa vigueur d’adolescent dont il aimerait bien faire profiter sa femme… mais pas ses enfants.
Malheureusement ces petits merdeux leur collent aux basques et Tonio commence sérieusement à en avoir plein le cul de leurs jérémiades et de leur présence importune. Sa femme, au contraire, a l’air de se satisfaire de leur vie de famille, ce qui rajoute encore à l’énervement du fougueux italien.

Ainsi les jours passent, le premier, le second, le troisième… Tonio a bien tenté quelques approches mais sa femme l’a repoussé à chaque fois en évoquant le voisinage des enfants.

Tonio voit la semaine finir sans qu’il ait pu baiser ne serait-ce qu’une seule fois ! Lui, le chef de la police italienne, avec sa tour de Pise qui ne flanche pas et son moteur de Ferrari !

Au sixième soir, n’y tenant plus, il saisit sa femme par le bras et l’entraîne sur une plage isolée.
« Ma Tonio ! Arrête ! Ma parole, ma tou déviens fou, pas ici ! Des gens vont nous voir ! » proteste-t-elle, ce dont Tonio n’a strictement rien à foutre :
« Yé souis lé chef dé la police italienne ! Yé fais cé qué yé veux moi ! »
A peine ce sont-ils déshabillés sous le ciel noir de la nuit que gyrophares et sirènes s’immiscent dans leurs ébats.
« Vite Tonio ! La police, partons ! » s’exclame la jeune femme, en proie à une vive panique. Mais Tonio ne peut s’empêcher de rire : « La police ? Attend, tou vas voir qui c’est qui commande ici. »
Ni une ni deux, Tonio se relève et marche droit vers l’officier qui vient à sa rencontre :
- Polizia! Ma Monsieur, ma c’est dé l’exhibition ! C’est complètement interdit cé qué vous faites là.
- Eh ! Tou mé reconnais toi ? Tou sais qui yé soui ? Yé soui lé chef dé la police italienne !
- Ah ? Si… Ah ma si, yé vous reconnais !
- C’est bon, tou mé reconnais ? Bah c’est bien, alors tou va mé laisser tranquille maintenant ?
- Ah si, si, bien soûr chef, yé vous laisse tranquille… Par contre la salope qui est avec vous c’est déyà la troisième fois qu’on la choppe alors cé coup-ci on l’embarque!

Oto Mustam

Oto-Mustam (cette image est la propriété d'ANKAMA)

Oto-Mustam (cette image est la propriété d'ANKAMA)

Pour en savoir plus sur la catégorie “personnages” cliquez ici.

Après avoir incarné Mafaldrag en tant que Community Manager de la Communauté hispanophone des joueurs de DOFUS, j’ai, depuis l’automne dernier, décidé d’incarner le personnage d’”Oto Mustam“.

Qui est Oto Mustam? Dans le Monde des Douze (celui où se passe l’action du jeu DOFUS), Oto Mustam est le chef de la milice d’une des deux grandes cités en guerre: la sombre Brâkmar.

Au départ, rien ne me prédisposait à jouer ce rôle. Le serveur dit “héroïque” (car proposant un mode de jeu où la défaite d’un personnage en combat entraîne sa “mort définitive“) portait déjà le nom d’Oto Mustam.

Pour présenter ce nouveau concept, tout un plan de communication avait été prévu auquel, personnellement, je n’ai pas participé (ou sur le tard).

Bien qu’étant récemment passé « Lead » de l’équipe des Community Managers, je conservais mes responsabilités vis-à-vis de la Communauté hispanophone (je les ai conservées jusqu’à l’arrivée de Sir-Dal qui me remplace avantageusement depuis janvier).

Bref, pour ainsi dire, la seule chose qui me reliait au « serveur héroïque » c’est que j’avais très envie d’y jouer. Ca a d’ailleurs été un vrai plaisir et, tout en découvrant les particularités de ce mode de jeu dont la mascotte était ce personnage effrayant d’Oto Mustam, j’ai pensé que l’ambiance gagnerait à ce qu’Oto Mustam prenne de l’importance, et que le « serveur héroïque » donne naissance à sa propre communauté, plutôt que d’être un conglomérat de joueurs dispatchés sur de nombreux forums.

Je me suis donc appliqué à ce en quoi consiste mon travail, à savoir : créer et consolider une communauté.

Pour cela il fallait aux joueurs du « serveur héroïque » (ou « SH ») un forum commun où se rassembler et des symboles forts pour leur permettre de se reconnaître entre eux, de sentir qu’en participant au SH, ils participent à une expérience différente des autres, autour de laquelle ils peuvent débattre et se retrouver.

La Communauté Héroïque a obtenu son forum assez rapidement. J’ai tenté de lui donner d’autres particularités capables de la souder, comme la rubrique « Wanted » du forum qui permet de lancer des chasses à l’homme ou le symbole [RP] qui permet aux « rôlistes » de se reconnaître en jeu.

Les autres Communautés de joueurs se soudent facilement autour d’une langue commune, comme le SH n’a pas de langue officielle, il fallait lui trouver d’autres points rassembleurs… C’est dans cet objectif que je me suis finalement décidé à incarner « Oto Mustam ».

De prime abord, j’ai assimilé Oto Mustam à un « Falawis » simplifié et bonnifié. Le personnage en lui-même n’est pas très complexe : il s’agit d’un soldat, tête brûlé dans son jeune âge et devenu officier au sang chaud. Il est porté par un sens extrême du devoir, qui prime celui de la discipline : son obsession est de détruire Bonta. Il ne s’en rend pas malade car Oto Mustam est sûr de lui et de ses succès. En ce sens, il reste assez posé pour un personnage sujet à l’emportement. Oto Mustam se reconnaît un maître en la démoniaque personne de Djaul, lui-même soumis à Rushu, le roi des démons.

Néanmoins, dans le cadre du SH, le personnage d’Oto Mustam devait évoluer pour répondre à certains critères de neutralité vis-à-vis de la Communauté de joueurs dont il allait devenir le mentor. Voilà pourquoi j’ai fait en sorte que Rushu lui donne une toute puissance à même d’élever Oto au dessus des préoccupations humaines : Oto ne se préoccupe plus de qui l’emporte sur qui, de Bonta ou de Brâkmar, sa mission est désormais de mettre les habitants du monde dont il a la charge à l’épreuve, afin de sélectionner parmi eux les mieux à même de servir les desseins de Rushu. (Lire l’histoire RP)

Une fois le personnage posé en maître terrible mais impartial de la Communauté, j’ai pu commencer à m’en servir pour « communitymanager » (comme on dit dans le milieu très très fermé des rares personnes qui exercent ma noble profession).

Plusieurs difficultés se sont tout de suite présentées :

Tout d’abord le problème de la langue : j’étais sûr d’exclure la majorité des joueurs français en utilisant l’anglais. Je prenais le risque de chasser tous les joueurs non francophones en utilisant le français. Finalement je me suis décidé à utiliser l’anglais, le français et l’espagnol simultanément dans mes communications officielles, et l’une ou l’autre de ces langues en répondant directement au joueurs.

Ensuite l’incompréhension des joueurs, vis-à-vis du personnage d’Oto Mustam et de sa façon de parler. Les joueurs de DOFUS n’ont pas été habitués à jouer des personnages, et je n’étais pas sûr qu’ils adoptent les « maljour » et les « soyez maudits ! » qui ponctuent les interventions d’Oto Mustam, en digne héritier de Falawis Kâ… Finalement je dois dire que la chose est très bien passée, et que je suis régulièrement salué par des « maljour » et des « insultes/provocations RP » : sans doute ce que je pouvais espérer de mieux.

L’objectif d’un jeu, même comme DOFUS que beaucoup de joueurs abordent beaucoup trop sérieusement, c’est de jouer, et on devrait se saisir de toutes les occasions qui se présentent dans ce domaine, y compris celles qui consistent à jouer son personnage !

Enfin, et c’est sans doute ce qu’il y a de plus problématique autour de mon personnage : la question de l’impartialité. Contrairement à ce qui avait été fait jusqu’à présent, j’ai donné le sentiment, avec le personnage d’Oto Mustam, d’être impliqué au-delà de ce que pouvait l’être un Community Manager. C’est cohérent, compte tenu de mon approche : Oto Mustam fait partie du jeu, du Monde des Douze dans lequel évoluent les joueurs, il porte un intérêt à ce qui s’y passe puisqu’il y est une sorte de PNJ-PJ (personnage non joueur et joueur à la fois).

Je peux bien sûr garantir de n’avoir jamais favorisé personne délibérément, mais il est certain qu’à partir du moment où j’influe sur le cours du jeu, d’une manière ou d’une autre, je peux potentiellement créer des inégalités, donner des sentiments d’injustice, etc. C’est la conséquence normale de mon implication.

La question que je me pose est donc : cette implication est-elle une plus-value pour la Communauté héroïque ? Il est évident que je cesserai de jouer le personnage d’Oto Mustam le jour où je serai convaincu que non. Pour l’heure, j’ai toujours la conviction que j’ai mon rôle à jouer dans l’équilibrage du jeu et l’évolution de la Communauté, notamment pour asseoir les règles qui pallient les faiblesses du code… Par exemple en ce qui concerne l’interdiction de faire du multicompte en PvP.

Ce sujet reste le plus épineux. Comment faire suivre des règles à des joueurs qui sont habitués à se moquer de leurs obligations ? En général, les règles de DOFUS, exposées dans les CGU et auxquelles tout joueur a consenti, ne sont pas respectées. La règle interdisant le multicompte en PvP a pour but d’éviter qu’un joueur avec de gros moyens techniques et financiers prenne systématiquement l’avantage sur un joueur ne correspondant pas à ces critères. Si ce genre de déséquilibre ne pose pas de problème sur un serveur classique, sur le SH où la mort est définitif, c’est une question centrale. L’équipe DOFUS et moi-même avons conclu que, si ce déséquilibre existait sur le SH, il y perdrait sa viabilité. Voilà pourquoi tout a été fait, techniquement, pour qu’il ne puisse pas y avoir de multicompte possible en PvP, et voilà pourquoi j’ai sanctionné/je sanctionne de manière aussi exemplaire ceux qui parvenait/parviennent à contourner la règle.

Sachant qu’une sanction invisible n’aurait eu aucun effet sur l’ensemble de la Communauté, j’ai fait en sorte que la première personne que je prendrais la main dans le sac soit punie publiquement. C’est ce qui a donné lieu à « l’exécution de Lil- » puis à un grand nombre de manifestations à mon encontre.

Beaucoup de joueurs ont condamné ma manière de faire, en se basant notamment sur des comparaisons avec la vie réelle.

J’ai trop conscience que DOFUS n’est qu’un jeu pour recevoir ce type d’arguments qui accusaient la forme. En revanche il est vrai, à présent que mes exécutions publiques sont rentrées dans les mœurs et qu’on me les réclame, que sur le fond, je déteste être dans la position de celui qui bannit.

S’il est absolument vrai que les joueurs, pour beaucoup, se moquent des règles et que je suis tout à fait dans mon droit (pour ne pas dire que j’en ai l’obligation) de les sanctionner, reste que ça me pèse. Ca me pèse autant que je ne m’explique pas qu’un contrôleur de métro puisse vous tirer 50 euros pour un ticket mal poinçonné ou ce genre de conneries… Mais dans le cadre de mon travail, en tant que Community Manager, je m’aperçois aussi que les sanctions que je prends sont toutes bénéfiques à mon efficacité et, tant que je n’en abuse pas, elles me permettent de rappeler les joueurs à leur devoir et d’installer entre eux et moi une relation plus saine que biaisée.

Je n’ai jamais de rancune pour les joueurs qui me poussent à sévir, d’abord parce que je ne mets rien de personnel dans ma façon de faire respecter les règles, ensuite parce qu’il me semble tout-à-fait incohérent d’appliquer des sanctions mesurées si c’est pour entretenir des rancunes démesurées : une faute doit pouvoir être purgée par la peine. Je crois faire en sorte que les joueurs connaissent mon état d’esprit à ce sujet. D’ailleurs, depuis sa célèbre exécution, j’ai reparlé avec Lil- en toute courtoisie.

En conclusion, Oto Mustam, contrairement à Falawis, m’apprend peu de chose au niveau du « rôleplay ». En revanche j’expérimente grâce à lui ce que ce doit être de « gouverner avec une main de fer dans un gant de velours », ou j’essaie, du moins.

Je ne sais pas quelle autre occasion la vie me donnera de jouer ce rôle, alors celle-là, je la prends.

 

Falawis Kâ, l’aveugle aux corbeaux

Falawis Kâ

Falawis Kâ

Falawis Kâ est un personnage très complexe dont la vie fera l’objet d’un roman, tôt ou tard je l’espère : voilà pourquoi je ne souhaite pas entrer dans les détails du personnage pour le moment.

En résumé : Falawis est un elfe noir de la pire espèce. Il est raciste (en particulier envers les elfes), fourbe, traitre, sadique, cruel, etc. Une caricature donc, mais subtile, du fait des nombreuses rancunes accumulées durant son enfance, passée au sein d’une société matriarcale, et des revers qu’il a connu tout au long de sa vie, notamment avec la perte de sa vue.

Pour Falawis, ce qui est bien, en général, c’est ce qui ailleurs est mal. Débarqué sur le continent adeptien (cf : Adept, le JDR sur jouer.org) à la recherche de sa sœur Zhannath, il va imposer sa vision extrémiste à toute une partie des elfes noirs qui tentent, à l’instar d’une multitude de personnages rassemblés en ligues plutôt que par race, de coloniser le désert.

Adept, le JDR, est ma meilleure expérience dans le monde du jeu de rôle. Le jeu se composait d’une partie en flash  qui permettait de se figurer les déplacement d’un personnage sur une map quadrillée, et d’un forum divisé en sections « Légendes », « Taverne » et « HRP ».

En dehors de ça, il n’y avait rien : c’est à dire qu’il y avait tout à faire.

Adept JDR

Adept JDR

Adept, le JDR, un jeu créé par « Gorgu » qui s’était juré de prendre sa revanche sur un mmorpg dont il avait été banni, a su rassembler des joueurs à la créativité intarissable. Ils ont inventé des Dieux, des cultures*, ils ont fait la guerre, battis des forteresses et des palais qui tombaient parfois en une nuit, parfois après des semaines de combat. Les actions effectuées sur la map étant rudimentaires, elles étaient retranscrites sous forme de récits et de textes RP (pour “Roleplay”) tous plus beaux les uns que les autres sur le forum, où plus de 2OO joueurs les alimentaient à loisir dans le respect de chacun, dans le respect surtout de la cohérence globale de l’histoire de ce monde dans lequel nous évoluions tous, sinon en paix, du moins en harmonie.

Généralement, dans les jeux de rôles, les joueurs n’ont pas le courage d’incarner véritablement un méchant.
C’était mon objectif avec Falawis : de toujours lui faire adopter la réaction la mieux capable de nuire à autrui selon ce que le personnage estimait justement être le mieux pour lui et les siens. Grâce à cette méthode un peu extrême, j’ai vraiment le sentiment d’avoir expérimenté ce qu’était le « jeu de rôle » au sens propre, d’avoir créé un personnage et de l’avoir fait vivre. D’un certain point de vue, ce sentiment est similaire à celui que je peux avoir en faisant vivre mes personnages dans mes projets d’écriture, ou de celui qui nait de la lecture d’un bon roman… Cela en moins que je ne rencontrerai jamais la multitude des personnages que j’invente ou que je lis, alors que, grâce au talent des personnes avec qui j’ai joué, j’ai bel et bien rencontré des nains, des elfes, j’ai combattu des barbares et asservi des villes, j’ai conquis des lettres de noblesses et fomenté des assassinats. Si j’ai joué mon rôle de méchant aussi implacablement, c’est pour offrir à ceux qui m’offraient de véritables héros et chevaliers à mettre en charpie, un véritable vilain qu’ils eussent été fiers et heureux de vaincre.

C’est dans ces interactions que naît la magie des mmorpg. J’ai passé 5 ans à alimenter et à partager les aventures de Falawis Kâ dans le monde d’Adept. Il dort pour le moment, mais un jour, il se réveillera…

OLATH PHOLOR UDOSSA !**

L'aveugle aux corbeaux

L'aveugle aux corbeaux

* Voir le site de Zhannath Kâ sur la culture
noirelfique

** « Que l’ombre soit sur nous ! » ; traduit du langage « drow » ou
« noirelfique »

 

Philosophie de l’Aventure, personnages & pouvoir absolu

Chat violet à rayures (en voie de disparition)
Chat violet à rayures (en voie de disparition)

On a tous une mécanique interne, quelque chose qui nous pousse à réagir à notre environnement de telle ou telle manière. C’est une sorte de petite « philosophie personnelle », bien qu’elle ne soit pas conceptualisée par tout un chacun et que, dans certains cas, elle soit toute entière héritée de l’éducation… Mais elle est là, chez tout le monde. C’est elle qui pousse la plupart des personnes à dire que le caca c’est sale, et qu’il faut pas y mettre les doigts.

Je veux exposer ma philosophie personnelle ici pour plusieurs raisons :
- Parce que sa lecture permettra de mieux comprendre les articles de ce blog
- Parce que si je me décide (tardivement) à investir de mon temps dans la tenue d’un blog, c’est dans l’objectif de partager (c’est le thème de « l’aventure blog »)
- Parce que cette philosophie personnelle est ma favorite (sans quoi j’en adopterais une autre) et que je l’estime donc forcément digne d’être partagée

Il est probable que les traits de mon raisonnement se retrouvent chez d’autres penseurs, qui les auront plus exactement exprimés que je ne m’apprête à le faire ici. Mais on n’y perd pas à faire son propre cheminement intellectuel et, pour être moins précis, mes mots n’en seront pas forcément moins éloquents aux yeux d’un public qui ne lit pas forcément ce philosophe inconnu qui a déjà tout dit.

La philosophie de l’Aventure

Pour s’ouvrir à cette philosophie, il faut passer certaines étapes (volontairement ou par hasard).

1.La première étape consiste à nier l’objectivité du bien et du mal : ce qui est mal ici peut-être perçu comme bien ailleurs. (cliquez ici vers un article qui approfondit et donne des exemples).

2.La deuxième étape consiste à tirer une conclusion du précédent constat : puisqu’il n’y a ni bien ni mal, tout ce que j’ai appris à reconnaître comme bon ou mauvais, ne l’a été que dans l’objectif de m’aider à survivre ou à m’adapter dans un certain milieu.

Une fois ces deux premières étapes franchies, on se retrouve avec le bagage suivant :
- Il n’y a pas de bien ni de mal tant que je me refuse à aborder la question sous cet angle là (la mort n’est donc pas un mal, la vie pas un bien).
- Tout ce que je connais n’a donc de valeur que celle que je suis prête à lui donner.

Equipé comme cela, la vie ne présente plus d’intérêt particulier, pas plus que la mort en tous cas, à moins de prendre en compte le facteur occasion/temps, ce qui est une des clefs de cette philosophie : si la vie ne vaut pas plus que la mort, on sait néanmoins qu’elle a un début et une fin, tout aussi bien qu’on sait que la mort est inévitable. La vie vaut donc la peine d’être vécue, au titre de l’expérience.

Puisqu’il n’y a ni bien ni mal, il reste les faits. Les faits c’est l’action (au sens « d’agir »), c’est l’expérience (au sens de « nouvelle expérience » ou d’ « aventure »).

Si la vie n’est ni bonne ni mauvaise et que la mort non plus, on aborde le fait d’être vivant sous l’angle d’une occasion à prendre: on n’a qu’une vie, ça ne coute rien d’essayer de la vivre puisqu’on y perd rien à mourir plutôt tard que tôt.

Mettons que poser la question de savoir si la vie vaut la peine d’être vécue ait été une troisième étape, et la réponse à cette question (considérer la vie comme une expérience qu’il ne coute rien d’essayer) une quatrième.

La cinquième étape doit normalement nous reconduire à l’état primaire: celui dans lequel nous étions avant de découvrir l’absence de bien et de mal, en train de « vivre notre vie ».

Hélas/heureusement, ça n’est plus possible, ou partiellement : nous avons pris conscience de l’absence de bien et de mal et du fait que notre place sociale, le sens que nous donnions à notre vie, etc. n’étaient en fait que des subterfuges prodigués par la société dans le but de maintenir la cohésion (pour ne pas dire « asservir  l’esprit », dans la douceur ou dans la douleur) de ceux qui la composent.

Qu’on la chasse ou non, la conscience que tout ce qui nous entoure pourrait aussi bien être complètement différent reste tapie dans le coin de notre tête. On peut essayer d’enfouir cette conscience ou bien de la réveiller, c’est au choix et selon l’envergure des capacités psychologiques de chacun.

Néanmoins, une fois qu’on a fait cette démarche de vivre sa vie pour ce qu’elle est, c’est à dire une expérience (ou aventure), plutôt que la mort qu’on aura de toute façon l’occasion d’expérimenter plus tard, on va être confronté à de nouvelles occasions d’expérimenter, sans vraie raison de se refuser à ces nouvelles expériences puisqu’on n’est plus embarrassé de concepts tels que le bien et le mal.

C’est à dire qu’une fois passé les cinq premières étapes, il n’y a plus rien qui nous soit interdit par la morale, la conscience ou la peur.

Deux éléments mettent un bémol à ce postulat :
- Il est aussi difficile de faire abstraction du passage des cinq étapes en retournant à « l’état primaire » qu’il est difficile de faire abstraction des valeurs qui régissaient notre vie avant le passage des cinq étapes.
- Bien que mourir ne soit pas plus un mal qu’un bien, la vie revêt une certaine valeur du fait qu’elle ait une durée limitée. Ca reste intéressant d’essayer de la conserver.

Pour résumer la situation : un déclic basé sur la découverte de l’absence de bien et de mal nous convainc que la seule chose qui compte c’est l’action, l’expérience, c’est à dire l’aventure. La vie est la première grande aventure à saisir, il faut la préférer à la mort qui est une aventure à laquelle on sait déjà qu’on n’échappera pas. Une nouvelle question se pose quant à la manière de vivre sa vie désormais, puisque celle qu’on vivait jusqu’à présent n’a plus de fondements objectifs… Or, s’il est très difficile de changer radicalement de vie, il l’est aussi de reprendre le rôle d’un personnage dont on a brisé la coquille.

Nous voilà donc, passé les cinq étapes, revenus à l’état primaire qui est en fait, compte tenus des cinq étapes franchies, un état secondaire.

Dans cet état secondaire, beaucoup de choses n’échappent plus à notre perception. On a pu reprendre ses propres habitudes en n’ignorant pas qu’elles n’avaient pas de fondements objectifs, on n’en est pas moins devenu très critique au sujet de son propre comportement et du comportement des autres. Finalement, en ne cessant pas d’observer les choses et de se dire qu’elles pourraient être autres, on en vient à envisager la vie avec un grand manque de sérieux (d’ailleurs, le sérieux n’est il pas dépendant de l’idée du mal ?).

Voici un exemple concret :

Lundi matin, vous vous rendez à la fac de droit, vous croisez votre professeur dans le couloir, habillé en robe rouge, et l’homme illustre, récepteur de tout ce savoir que vous êtes venu acquérir par sa bouche vous adresse, ô joie, ô nirvana, un imperceptible mouvement du menton.

Dans la nuit de lundi à mardi, vous vous réveillez en sursaut : vous venez de réaliser que les kamikazes du onze septembre ont donné leur vie pour une cause qu’ils trouvaient juste et que les choses n’ont en fait de valeur que celle qu’on est prêt à leur donner… Mais comme vous ne savez pas bien où ça peut vous mener, vous vous rendormez et décidez de retourner à la fac le mardi matin bien que finalement ça n’ait plus aucune importance vu que la vie n’a pour objectif que d’être vécue, peu importe comment.

Mardi matin, vous croisez votre prof à nouveau dans les couloirs, il n’est plus un modèle, il n’est plus le sommet inaccessible d’une montagne faite de réussites financière et intellectuelle que ça n’aurait de toute façon aucun sens de gravir, il est juste quelqu’un qui fait la même expérience que vous, à savoir « vivre », et vous n’êtes même pas certain qu’il soit bien au courant.

A présent, tous les gens qui vous entourent sont devenus des personnages de fictions. Des gens qui, bon gré mal gré, ont décidé de jouer le rôle qui manquait à leur pièce de théâtre du quotidien. L’un aurait pu devenir prophète ou boulanger mais il est devenu professeur de droit, l’autre coureur cycliste ou poète, mais il est devenu chauffeur de taxi… Et vous-même, dans tout ça ?

Eh bien vous, vous avez découvert que vous étiez en fait sur scène et qu’ayant brisé la coquille de votre propre personnage, tous les rôles sont désormais à votre portée. Certains plus ou moins accessibles, certains abordables sous des angles restreints uniquement, mais tous accessibles, ça ne tient plus qu’à vous de les jouer, de saisir l’aventure que représente chaque interprétation d’un nouveau rôle.

Les aventures sont innombrables, elles sont richissimes, elles vont d’épouser une cause révolutionnaire à fonder une famille… Une aventure en est une tant qu’elle n’a pas été vécue deux fois. C’est la seule règle.

Vivre l’aventure qu’est la vie, en ayant conscience qu’il ne s’agit de rien de plus, mais en se refusant les plus petites aventures qui sont cachées en son sein n’a aucun sens à mes yeux : si je me contente de vivre ce dont je sais déjà que ça va m’arriver, à quoi bon le vivre ? Ce serait l’expérimenter deux fois. Ce ne serait pas cohérent.

Pour résumer: il faut saisir toutes les occasions qui passent, et embrasser l’aventure quand elle est à portée.

L’artifice de la création de personnages

Au plus je vis des aventures différentes, au plus j’incarne des personnages différents, soit que ces personnages naissent de l’expérience que m’aura apportée une aventure, soient qu’ils constituent un outil pour me permettre de m’y plonger. Parfois ces personnages ont pris suffisamment de consistance pour que j’ai pu leur donner un nom. Ils ont alors des traits distincts du socle que je constitue, même si la plupart des éléments se recoupent toujours et que, tous ces personnages fusionnés en un seul, forment celui que je suis constamment en train de devenir, avec cette valeur que je donne à la vie qui n’est pas autre que celle d’une aventure, comme une poupée russe, garnie d’autres aventures à saisir.

Le “pouvoir absolu”

C’est le nom que je donne au franchissement des cinq étapes (il en fallait un), une sorte de découverte qui permet de s’émanciper de tout sauf la mort. On peut essayer d’oublier ce pouvoir, mais c’est difficile, on peut aussi en abuser mais le fait est que l’esprit humain a besoin d’une certaine structure s’il ne veut pas sombrer dans la folie. Même si la folie n’est pas un mal en soi (comment pourrais-je dire le contraire à présent ?) reste que c’est une caractéristique qui peut nuire à l’aventure qu’est la vie… ou pas d’ailleurs, mais accéder à la folie n’est pas forcément un processus réversible, c’est une aventure que je ne tenterai donc que plus tard, s’il me reste du temps après avoir vécu toutes ces autres expériences qui me font davantage envie.

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>> Lire le “Tableau simplifié: Evolution du philosophe de l’Aventure

Roman

Où sont les merguezes?

Où sont les merguezes?

La bougie coule sur le pantalon.
Le papier, dru et râpeux, jaunit sous la flammelle,
Et ma plume griffonne comme une patte d’ours.
J’entends craquer le mot depuis la cheminée.
La table de bois lourd est massive comme un chêne.
Le parchemin s’y plait et jaunit, de plus belle.
J’inscris la date: en lettres de Roman.
Peut-être il pleut dehors?
Mais la peau de bête ne dit rien.
Alors j’attends.

La bougie est toute ratatinée,
Le papier s’est recroquevillé,
La table est tiède…
La peau de bête s’est rapproché du feu,
Et la plume a des marques de dents.

Parlons mieux qu’un ministre

Le Schtroumpf chiant
Le Schtroumpf chiant

Mlle Dauxin, professeur de français au Lycée Vauvenargues, à Aix-en-Provence, nous aura légué un précieux héritage avec ses cours « Parlons mieux qu’un ministre ! » baptisés ainsi parce que les fautes de français, commises chaque matin à la radio par les membres du gouvernement, la mettaient en rage.

Faire des fautes de français, ça arrive à tout le monde. Il n’y a pas de honte à faire quelque chose mal tant qu’on cherche à le faire mieux. Je ressors mon vieux cahier de seconde et je le complète pour vous livrer ici les trucs et astuces qui vous permettront d’éviter les fautes que l’on rencontre fréquemment par les temps qui courent.

  • Voire même

Ca ne se dit pas ! Le « même » est sous entendu par le « e » à la fin de « voire ». Préférez donc « voire » tout court à « voire même » qui n’est pas correct.

  • Je m’excuse

S’excuser soi-même revient à être franchement malpoli. Il faut donc mieux « présenter ses excuses » plutôt que s’excuser soi-même : c’est à celui à qui vous destinez vos excuses d’accepter (ou non) de les recevoir.

  • Malgré que

A part dans l’expression « malgré qu’il en eût », « malgré » ne peut pas être suivi de « que ». Mais vous pouvez dire « bien que » à la place.

  • Avoir le sens de la réparti

A le sens de la « réparti » celui qui sait faire un partage équitable. Ceux qui « repartent » (pour répondre) rapidement ont, eux, le sens de la « reparti ».

  • Au jour d’aujourd’hui

« Aujourd’hui » signifie « au jour où l’on est ». Donc si vous dites « au jour d’aujourd’hui », c’est comme si vous disiez « au jour du jour où l’on est »… C’est laid, et ça fait perdre du temps : faites tout pour lutter contre cette mauvaise habitude sans quoi, d’ici vingt ans, tout le monde dira « Au jour du jour d’aujourd’hui ».


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Citations de route

Ce type a une tête à connaître plein de citations

Ce type a une tête à connaître plein de citations

Les citations/expressions/proverbes (hormis “pierre qui roule n’amasse pas mousse” que je boude parce qu’il m’a fallu vingt ans pour en trouver le sens) sont de bons moyens mnémotechniques pour se rappeler des lignes de conduite qu’on a jugées pertinentes et s’éviter la migraine d’un nouveau débat interne à chaque nouvelle aventure: on saute d’un bond jusqu’à la conlusion, facile à retenir puisque, la plupart du temps, elle rime, présentant alors l’avantage non-négligeable de pouvoir être déclamée en société pour se la péter (ce qui ne fonctionne pas avec “pierre qui roule n’amasse pas mousse”, bien entendu).

Amour

“L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent ; il éteint le petit, il allume le grand.”
Roger De Robutin, comte De Bussy (1618-1693)… Ca m’a laissé pas mal de cendres.

Ligne de conduite

“De l’audace! Toujours de l’audace! Encore de l’audace !”
G. Danton 2 sept. 1792 cité par mon oncle dans les voeux qu’il m’adressa en ce début d’année 2009 (mon oncle, généalogiste, nous a récemment découvert une parenté commune avec Danton -parenté au 147ème degré qui redouble l’intensité de cette citation-).

“Il vaut mieux avoir des remords que des regrets.”
A n’utiliser que dans les cas extrêmes! (l’auteur a préféré rester anonyme, bien sûr…)

Social

“Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes c’est celui de chacun.”
Boris Vian, “L’Ecume des jours.”

“Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons.”
“Le Pluriel”, Georges Brassens.

Diplomatie/Baston

“Never complain, neither explain, nor apologize.”
Son excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Inde (printemps 2006), avec es bajoux et son air coquin.

“Vous êtes cent contre un! Pardieu! Le bel effroi!
Fils, cent maravédis valent-ils une piastre?
Cent lampions sont-ils plus farouches qu’un astre?
Combien de poux faut-il pour manger un lion?
Vous êtes peu nombreux pour la rébellion
Et pour l’encombrement du chemin, quand je passe.
Arrière!- “
Roland, chevalier errant (d’après Victor Hugo) résumé en “Et depuis quand dix centimes font-ils un franc?” par moi, avant une baston, qui de ce fait n’eût jamais lieu. Comme quoi, le bluff…

Mort / Immortalité

“Ce n’est pas la mort qui doit nous inquiéter puisque nous ne savons pas ce que c’est.”
Porthos, ex-mousquetaire du Roy.

“L’art de faire des vers, dût-on s’en indigner,
Doit être à plus haut prix que celui de régner.
Tous deux également nous portons des couronnes
Mais, roi, je la reçus ; poète, tu la donnes. […]
Ta lyre, qui ravit par de si doux accords,
Te soumet les esprits dont je n’ai que les corps ; […]
Elle amollit les coeurs et soumet la beauté :
Je puis donner la mort, toi l’immortalité.”
Charles IX à Ronsard -il se dément tout seul du coup-.

“C’est une forme d’immortalité. La mémoire est une forme d’immortalité. La nuit, quand le vent se tait et que le silence règne sur la plaine de pierre scintillante, je me souviens. Et tous revivent.”
Toubib, grâce à Glen Cook, qui clot ainsi le 13ème volume des “Annales de la Compagnie Noire”.

Autres
“Voici venu le temps des rires et des chants [...]”
Casimir, prophète (et monstre qui fait rire).

Savoir distinguer une chèvre d’un mouton

Petite coquine...

Petite coquine...

Aujourd’hui j’aimerais pousser un coup de gueule contre les directeurs de zoo !

Il arrive très fréquemment qu’on trouve, dans les zoos de France et d’ailleurs, des chèvres et des moutons se partageant un même enclos. Or, cela complexifie de beaucoup la tache de ceux qui, comme moi, adorent se rendre au zoo pour mettre les doigts dans la bouche des animaux.

En effet, qui n’a jamais essayé de nourrir les chèvres en passant la main à travers la grille de leur enclos ? Au début la main tient des feuilles ou du pain, et c’est donnant-donnant entre la chèvre et soi. Mais, une fois la nourriture consommée, la chèvre continue de chercher et de farfouiller avec sa langue : Paf ! On se fait sucer la main gratis.

Et ça, c’est trop rigolo ! Ca chatouille et tout, en plus j’aime bien l’odeur des chèvres qui me permet, pendant quelques instants, de communier avec la nature. Evidemment, rien de tout ça n’est possible si la chèvre est en fait un putain de mouton !

Il faut savoir que les chèvres n’ont quasiment pas de dents dans la bouche, mises à part de petites molaires gracieuses, cachées tout au fond… Contrairement au mouton. Avec sa grosse langue râpeuse, le mouton est capable d’aspirer les doigts dans sa moissonneuse batteuse garnies d’incisives de canines et de trucs qui piquent.

Attention! Ceci est un mouton!

Attention! Ceci est un mouton!

Alors, puisque les directeurs de zoo s’entêtent à rassembler moutons et chèvres dans un même enclos, comment les distinguer les uns des autres me direz-vous ?

Regardez bien les cornes. En général, les moutons n’en ont pas : ce sont alors des brebis. En revanche, une brebis avec des cornes, c’est un bélier, soit l’équivalent d’un bouc qui est en fait une chèvre… On comprend que les directeurs de zoo s’y perdent.

Le meilleur moyen reste donc, pour les distinguer, de leur mettre les doigts dans la bouche : croyez moi, ça vous évitera bien des ennuis.


>> Lire la bd de Maliki en rapport avec ce sujet

Gourmand l’éléphant

L'innocente victime...
L’innocente victime…

L’éléphant se balade dans la forêt (pompompom), à la recherche de nourriture. Apercevant un parterre de fougères il s’en approche et, grâce à sa trompe, il se sert à volonté. Quel régal ! Il y a beaucoup de fougères et l’éléphant a tout le temps de se rassasier.

Sur ces entrefaites arrive le hérisson. Le hérisson est un petit animal inquiet, voire anxieux : ça fait des mois et des mois qu’il n’a pas baisé. En passant la tête de sous les buissons, le hérisson aperçoit le gigantesque cul de l’éléphant qui mâche des fougères. Ce spectacle, pour le hérisson frustré, c’est un peu comme la terre promise, comme un rêve devenu réalité… comme un mirage peut-être ? Le hérisson se frotte les yeux, mais le cul de l’éléphant est encore là, bien réel !
Ni une ni deux, le hérisson prend son élan. Il jaillit des fourrées et grimpe le long des pattes arrière de l’éléphant. Arrivé en haut, sans perdre une seconde, le hérisson sort son membre et l’engouffre dans l’arrière-train du pachyderme qui ne s’aperçoit de rien, tout occupé qu’il est à mâcher ses fougères. Une véritable fête commence alors pour le hérisson frustré : il baise l’éléphant dans tous les sens, une fois deux fois, il remet ça encore et encore, rien ne peut plus l’arrêter ! L’éléphant, de son côté, continue son repas.

A ce moment là arrive le singe. Le singe est tout-à-fait outré par le spectacle du hérisson en train d’abuser de son ami l’éléphant ! Il crie, il vocifère ! Mais l’éléphant ne l’entend pas et le hérisson ignore ses injures et ses menaces, tout occupé qu’il est à baiser l’éléphant comme un véritable dingue. Ni tenant plus, le singe saisit une noix de coco et, de rage, il la jette de toutes ses forces sur le hérisson. Malheureusement, il le rate, et décide de réitérer la manœuvre, une deuxième puis une troisième fois… Encore raté ! A la quatrième tentative, la noix de coco, partie trop loin, frappe la tête de l’éléphant qui interrompt son repas et se retourne pour protester :
« Aïe ! »
Alors le hérisson, s’arrête et lui dit :
« T’aimes ça hein ?! »